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L’haptonomie pour se préparer à la naissance : mon expérience !

Je te l’ai dit dans un article récemment : j’ai décidé de ne pas suivre de cours de préparation à l’accouchement classiques, mais de prendre des cours privés d’haptonomie avec une sage-femme libérale. Et aujourd’hui, je te raconte tout ça.

Pourquoi ne pas suivre une préparation à l’accouchement classique ?

Eh bien, en raison de ce qui nous est arrivé l’année dernière. Courant avril, je m’étais rendue, frétillante d’impatience, à un cours classique de préparation à la naissance. Je n’avais jamais eu l’occasion d’en suivre l’année dernière, alors j’avais plutôt hâte.

Et puis, je me suis retrouvée dans la salle, devant la sage-femme, pour lui présenter un papier expliquant mes « antécédents » de façon discrète. J’ai vu toutes ces femmes enceintes de leur premier enfant, des étoiles plein les yeux (et un peu d’angoisses aussi) à l’idée de vivre ce petit miracle que peut être une  grossesse. Et je me suis vue, moi, avec mon histoire pas très drôle, au milieu de toutes ces femmes.

Je l’ai souvent dit, je refuse de devenir celle qui racontera des histoires sordides à une femme enceinte. Je ne veux pas être celle qui viendra polluer son rêve de grossesse idyllique. Je ne veux pas lui retirer les étoiles qu’elle a dans les yeux (elle a tellement de chance d’en avoir !). Donc j’ai menti quand il a fallu me présenter (« Bonjour, je m’appelle Urbanie et c’est ma première grossesse ! »). Et puis, avec Jean-Mi, on a décidé de ne pas y retourner.

Il existe tellement d’autres façons de se préparer à la naissance… Nous avons jeté notre dévolu sur l’haptonomie, sur les conseils d’un médecin.

L’haptonomie, késako ?

Wikipédia la décrit comme « la science de l’affectivité ». Appliquée à la grossesse, elle consiste à accompagner les parents tout au long de ce parcours pour leur apprendre à communiquer avec leur bébé, mais aussi à se préparer (avec le bébé) à l’accouchement. Il s’agit donc d’une préparation complète, qui peut tout à fait se substituer à une préparation classique.

J’ai ainsi demandé à la maternité où je devais accoucher de me donner le nom d’une sage-femme pouvant nous donner des cours. Coup de bol : une des sages-femmes de la maternité pratiquait justement l’haptonomie ! Prendre rendez-vous a donc été, pour nous, plutôt facile !

Je vais préciser une petite chose avant d’aller plus loin : je ne suis pas très axée « médecines alternatives », surtout lorsque ça concerne la maternité. J’ai tendance à me réfugier dans la médecine classique, qui me rassure. Je suis donc allée à mon premier cours avec pas mal d’interrogations (et de préjugés) en tête.

Autre information importante, si ça t’intéresse : les cours d’haptonomie doivent impérativement se suivre à deux. La présence du papa est en effet indispensable ! Il faut donc que ton conjoint soit d’accord pour s’investir dans cette préparation, car on lui demandera de jouer un rôle très actif. (Non, il ne sera pas assis sagement dans un coin en attendant que ça se passe ! Bien au contraire !)

Mains papa et maman sur le ventre

Crédits photo (creative commons) : Andrés Nieto Porras

Je ne vais pas entrer dans le détail de chacune des séances que nous avons suivies, mais je peux te dire globalement à quoi elles nous ont servi.

Nous avons appris, avec Jean-Mi, à communiquer, en douceur, avec le bébé : en apposant nos mains, doucement, sur mon ventre. En effet, à travers l’haptonomie, tu vas apprendre à « parler » au bébé, sans formuler de demande verbale. Comment ? Tout simplement en mettant beaucoup d’amour et de tendresse dans chacun de tes gestes. Par exemple, pour inviter le bébé à venir se loger dans la main et faire un câlin à toi ou à ton mari. Ce qui fera dire à Jean-Mi cette phrase désormais culte à la maison : « Eh, mais en fait, c’est comme une formation Jedi pour bébé ! » (Tu sais désormais quoi dire à ton tour à ton conjoint un peu geek s’il se montre réticent à suivre ces cours avec toi !)

Mais l’haptonomie, ce n’est pas que ça. La sage-femme nous a également appris à « communiquer physiquement » entre nous, avec Jean-Mi, de la même façon que nous avons appris à communiquer avec le bébé, par le toucher et les émotions. L’objectif ? Que, le jour J, Jean-Mi soit capable de m’accompagner physiquement lors de l’accouchement, pour que je n’accouche pas « seule ». Qu’il m’aide à gérer la peur, la douleur, et l’arrivée du bébé.

Nous avons également bénéficié de conseils pour soulager les maux de dos, trouver une meilleure position assise ou couchée (toujours avec la participation active de mon mari, qui a pu apprendre les mouvements qui aident et qui soulagent). Enfin, la sage-femme nous a également donné une petite leçon d’anatomie particulièrement bienvenue, pour comprendre comment pousser lors de l’accouchement et inviter son bébé à venir s’il se retrouve, à un moment, « bloqué » lors de la sortie. Bref, des tonnes de conseils et d’exercices pratiques extrêmement instructifs !

Ah oui, juste une petite précision : avant d’aller à une séance, pense bien à… t’épiler. Accaparée par mes nausées et ma fatigue intense, j’ai oublié ce léger détail avant une session… Où, comme par hasard, je me suis retrouvée en petite culotte devant Jean-Mi et la sage-femme lors d’un exercice pratique. Alors, certes, comme me l’a dit la sage-femme, « Vous savez, des poils, j’en vois tous les jours ». Il n’empêche : moi qui aime bien me présenter un peu apprêtée, je n’en menais pas large…

Le bilan que j’en fais…

Globalement, en huit cours, j’ai énormément appris : sur mon physique, sur la façon d’interagir avec mon bébé, sur comment soulager mes maux de grossesse.

Ça m’a également permis de me frotter à une technique « alternative » de préparation à l’accouchement, moi qui, en la matière, ne jurais que par la médecine pure et simple. Certes, je souhaite toujours une péridurale, mon obstétricien, et un cadre hospitalier le jour J, mais j’ai appris à être plus réceptive aux méthodes naturelles.

J’ai pu, en prime, dialoguer avec une sage-femme en privé. J’ai pu lui poser toutes les questions qui me passaient par la tête, et parler de mes antécédents sans tabou, sans risquer de heurter la sensibilité de qui que ce soit. Ces séances d’une heure, parfois plus, ont été de vrais moments d’échange, extrêmement rassurants.

Enfin, ça a permis d’impliquer à 100% mon mari dans la préparation à l’accouchement : il m’a ainsi réellement accompagnée pendant ma grossesse. J’ai adoré le savoir « actif » et complètement investi à mes côtés.

Voilà pour le positif.

Pour le moins positif : il faut savoir que l’haptonomie exige de s’entraîner régulièrement… et ni moi, ni Jean-Mi ne l’avons fait. La faute au deuil périnatal de l’année dernière, très certainement.  Et puis, j’avoue qu’on n’est pas vraiment du genre à faire nos « devoirs » à la maison. En général, on pense plutôt à regarder une bonne série, à sortir, ou à vaquer à nos occupations quotidiennes. Pourtant, nous avons essayé, mais rien n’y a fait. L’assiduité, ce n’est pas pour nous !

Je reste globalement très satisfaite de ces séances : elles ont permis de réduire (un peu) mes angoisses, de me rapprocher (encore plus) de mon mari pendant la grossesse, et d’échanger de façon privilégiée avec une sage-femme.

Cela dit, je ne sais pas si, le jour J, j’arriverai à appliquer les exercices appris en cours à la lettre : j’ai trop peur de paniquer devant la douleur et d’oublier tous les conseils que j’ai reçus ! Je reste en effet très réaliste sur ma capacité à rester stoïque lors de l’accouchement…

Ce qui ne m’empêche pas de vouloir y retourner avec le bébé et mon mari après l’accouchement : l’haptonomie se pratique en effet aussi après la naissance. Il est même plutôt recommandé de ne pas s’arrêter à la naissance, mais de continuer ensuite quelques temps, cette fois-ci avec le bébé dans les bras !

Et toi ? Tu as eu des séances d’haptonomie ? Ou tu as suivi une préparation à l’accouchement plus classique ? Tu aimerais apprendre à communiquer avec ton bébé et impliquer plus ton conjoint ? Viens en parler !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles