Menu
A la une / Vie de maman

Notre sixième mois ensemble

Ce mois-ci va être riche en péripéties concernant la santé de Kate. Pour être très honnête avec toi, si je devais rebaptiser l’article, ça donnerait quelque chose comme : « Les pédiatres sociopathes : ils sont parmi nous, et j’en ai fait les frais ! ».

Prête ? C’est parti !

Bébé 6 mois intolérance PLV

Crédits photo (creative commons) : Donnie Ray Jones

Allergie et intolérance aux protéines de lait de vache

Après notre première mésaventure, nous allons voir une autre pédiatre, réputée pour traiter les problèmes de RGO. Elle nous reçoit bien, nous explique que les protéines de lait de vache peuvent en effet être une cause potentielle du reflux, et que dans le doute, nous pouvons passer à un lait à base de poudre de riz. Nous changeons donc le lait de Kate, et je me retrouve à devoir arrêter provisoirement les PLV de mon côté également (tu te souviens ? J’allaite !).

Et là, la traque commence.
Des PLV, il y en a partout.
Et quand je dis « partout », c’est PARTOUT.

Dans ton jambon sous vide, dans ta soupe moulinée en brique, dans tes rillettes industrielles, dans tes desserts, dans tes plats préparés, dans tes gâteaux, dans tes boîtes de conserve, parfois même dans ton chocolat noir.

Il faut ne consommer que des produits « bruts », renoncer à dîner dehors, et surtout : cuisiner, cuisiner, cuisiner. Pour m’aider, je vais en magasins bio : ils regorgent de produits à base de laits végétaux, ce qui m’aide beaucoup, même si le lait de soja m’est aussi interdit (coucou le risque d’allergies croisées !).

Avec un petit bébé, je manque grandement de temps, mais je n’ai pas trop le choix. C’est une course permanente, une traque de chaque instant. Tu penses que j’exagère ? Pas vraiment !

Il n’empêche : il ne suffit que de quelques jours pour qu’enfin, Kate arrête de pleurer de douleur.

Par contre, les quantités bues lors des biberons stagnent. Il n’y a plus de cris, plus de larmes, mais arrivée à une certaine quantité (presque toujours la même), Kate s’arrête tranquillement de boire et repousse le biberon, ou essaie de jouer avec. Et Kate ne fait plus caca (oui, ce détail a son importance pour la suite).

Ce qui pose problème, puisque l’adaptation à la crèche commence. Nous entrons alors dans une véritable course contre la montre : il faut sevrer Kate, tout en s’assurant qu’elle arrive à s’alimenter. Pas évident.

Pour corser le tout, et ajouter une épreuve supplémentaire à tout ça, Kate nous sort deux superbes dents et choppe une crève carabinée (que je récupérerai ensuite : merci chérie). Je vis une sorte de baptême du feu de jeune maman au cours de ce mois-ci.

Un peu perdue, je retourne donc chez la gentille pédiatre.

Alors, je ne vais pas entrer à nouveau dans les détails, mais je t’invite à lire ce billet, rédigé après mon passage chez elle. En gros, pour faire très résumé, la pédiatre, en apprenant notre deuil périnatal lors de la consultation, n’ausculte même pas Kate et m’accuse de ne pas avoir noué de relation avec elle. Pour elle, c’est limpide : si Kate ne se nourrit pas, c’est de l’anorexie. Rapport à sa sœur. Et à moi. Je serais donc en pleine dépression post-partum, je ne serais pas attachée à ma fille, et je ne m’en rendrais même pas compte.

Je pleure. Je rentre chez moi, prête à me jeter sous le premier bus qui passe. Puis je relativise : la pédiatre a tout faux, Kate a beaucoup de difficultés (douleurs, probable allergie aux produits laitiers, refus d’être sevrée, dents qui poussent, premières maladies…), mais elle n’est pas anorexique. Un bébé anorexique, ça ne réclame pas le sein à longueur de champ. Un bébé anorexique, ça décroche des courbes de poids. Et puis, je suis toujours suivie psychologiquement, et pas vraiment du genre à faire un déni de cette nature ou de cette ampleur.

La solution à nos problèmes…

Je suis, de mon côté, un peu traumatisée : après le pédiatre qui m’accusait d’être « trop stressée à cause de l’entrée à la crèche, Madame, elle le ressent », et m’enjoignait à être « plus directive » lors des biberons (mouiiiiii…), cette dernière visite m’a achevée.

Je décide donc de raisonner rationnellement. Et seule.

Mettons le deuil complètement de côté, il n’a rien à voir avec Kate. Il s’agit de notre histoire, pas de la sienne.

Prenons les éléments dont nous disposons : Kate n’a plus mal, mais Kate refuse d’être sevrée. Ses courbes de poids restent normales. Kate boit peu, comme si, arrivée à un certain seuil de lait, elle n’avait plus de place pour continuer. Et Kate est constipée.

Tiens : on ne s’est jamais intéressés à ce point de détail, les pédiatres ayant jusque là considéré que Kate était constipée parce qu’elle s’alimentait peu.

Je choisis de demander leur avis aux assistantes maternelles de la crèche : après tout, des bébés, elles en voient passer, elles doivent bien avoir un ou deux conseils sous le coude. Elles me suggèrent de rajouter un peu d’eau riche en magnésium dans certains biberons. Pas tous, pas tout le temps, pas l’intégralité du biberon. Mais un peu quand même.

Nous n’avons rien à perdre à essayer. En parallèle, nous décidons également de débuter la diversification en douceur. Je glisse donc deux ou trois cuillères à café de légume pur dans les biberons de Kate.

MIRACLE ! L’eau et les légumes « débouchent » dans un premier temps la situation. Au bout de quelques jours, Kate recommence donc à boire plus. De plus en plus. Nous passons de 30ml bus laborieusement à 60ml. Puis à 90ml. À l’heure où j’écris ces lignes, Kate boit désormais des quantités parfaitement normales pour son âge (180ml).

Kate était donc bêtement… constipée. Nous avons ENFIN la réponse à des mois de tergiversations et de culpabilisations pédiatriques (ça se dit ?) en tout genre.

Mon message, si tu me lis : si ton bébé semble souffrir, si tu ne te sens pas écoutée par le corps médical, fais-toi confiance. Je ne te dis pas de donner des médicaments sans ordonnance à ton bébé, ou d’expérimenter des trucs un peu chelous, hein. Mais juste d’écouter la petite voix intérieure qui te dit : « Non, ce n’est pas ça, ils se trompent. Cherche encore. »

Je reviens le mois prochain pour te parler cette fois-ci d’une graaaaaaande étape pour un petit bébé : l’adaptation à la crèche.

Et toi ? Ton bébé souffre aussi d’intolérances/allergies alimentaires ? Comment les gères-tu ? Trouves-tu du soutien auprès des professionnels de santé ? Viens nous dire…

A propos de l’auteur

Je m'appelle Julie, executive woman le jour, blogueuse/ instagrammeuse la nuit. Passionnée de littérature et de séries TV, je suis aussi et surtout maman d'une petite fille absolument adorable (#zéroobjectivité), mais aussi de deux bébés qui n'auront pas pu vivre. Tu peux me suivre sur mon blog perso (La Marmotteuse) et mon compte instagram spécialement dédié au deuil périnatal : à nos étoiles