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A la une / Vie de maman

Tourner la page de la maternité

Durant ces derniers mois, Barbouille a fait de grosses acquisitions. Il a dépassé le stade du bébé, celui du petit être qui ne se déplace pas et ne tourne qu’aux biberons. A quatre mois, nous avons commencé la diversification alimentaire et à neuf mois, il ne prenait plus qu’un biberon par jour, celui du petit-déjeuner.

J’ai commencé à remplir des cartons de vêtements trop petits, à ranger du matériel de puériculture, à donner mes vêtements de grossesse… Toutes ces objets matériels que j’ai précieusement conservé après la naissance de PetitePerle dans l’optique d’un second enfant.

Mais c’est un fait. Je ne veux pas de troisième enfant et ranger toutes ces bricoles qui ont appartenu à ma fille, puis à mon fils, me laisse dans un étrange état. Je tourne la page de la maternité (j’entends par-là, la grossesse et la période bébé) et je m’apprête à élever deux enfants et non plus un enfant et un bébé.

Ces objets qui disparaissent

Comme je te le disais dans mon introduction, c’est le fait de voir certains objet remisés au fond d’un placard, donnés à une association, prêtés une sœur ou revendus qui me fait prendre conscience qu’une page se tourne.

Lorsque trônait dans mon petit salon, mon super transat de compétition, je n’avais qu’une hâte, qu’il disparaisse pour faire de la place. Je l’ai prêté à ma maman dont le sien était cassé. Étrangement je n’étais pas prête à le vendre et à le voir disparaître à jamais. Il fera le bonheur du dos de mes parents et de ma petite nièce qui y fait ses siestes.

Je trie régulièrement les vêtements de Barbouille pour vendre ou donner ceux qui sont en bon état. C’est toujours drôle pour moi de voir ce petit pyjama dans lequel il a passé tant de nuits, plié et rangé au fond d’un carton. Cela me fait plus souvent un choc quand c’est un vêtement qui a précédemment appartenu à PetitePerle.

Je ne suis pas matérialiste, du tout. Pourtant c’est avec émotion que je me sépare de ce tapis à langer devenu trop petit ou de cette combinaison d’hiver qui sera bien trop petite pour l’année prochaine !

Mari Barbu est bien plus nostalgique. Quand il me voit plier, encartonner et passer des coups de fils à mes sœurs et belles-sœurs pour savoir qui serait intéressé par ce tapis d’éveil, il me demande doucement « tu es vraiment sûre qu’on en aura plus besoin …? »

La peur d’une nouvelle grossesse

Lors de ma première grossesse, je n’avais pas aimé cet état. Ma seconde grossesse n’a fait qu’empirer mon ressenti. Je te passe tous les maux, mais juste à penser aux prises de sang mensuelles, aux nombreuses consultations et aux restrictions alimentaires, la perspective de voir mon ventre rond à nouveau ne me réjouis pas le moins du monde !

Parlons-en de ce corps. Celui qui porte les marques de la vie, les vergetures, les seins moins toniques et mes cicatrices des césariennes. J’ai fait la paix avec tout cela, je n’en ai plus honte. Mais j’ai énormément travaillé pour avoir un corps qui me convient, pour retrouver ma ligne. Je veux pas tout sacrifier à nouveau. C’est égoïste ? Sûrement.

L’éventualité d’une nouvelle césarienne me terrorise. Pas uniquement l’opération en elle-même, mais les suites de couches, les douleurs… J’en viens à être apeurée d’une éventuelle grossesse. Certains professionnel de santé m’ont dit que mes propos étaient liés à mes accouchements traumatiques. Peut-être. Mais je ne veux pas revenir dessus. C’est du passé et la maternité ne passera plus par moi.

crédit photo : jill111 (pixabay)

Un sentiment ambivalent

Pourtant, je me sens traversée par des sentiments contradictoires par moment. J’ai eu ce déclic le jour où, en rangeant les armoires de vêtements, je suis tombée sur une couverture que j’avais acheté pour la naissance de PetitePerle. Même si elle ne l’avait pas beaucoup utilisée, j’adorais cette couverture. C’est donc avec grand plaisir que je l’ai ressortie pour la naissance de Barbouille. Elle est bien trop petite désormais. Mais je n’ai pas pu la mettre dans le sac de vêtements à vendre. Je ne peux pas me résoudre à la voir quitter ma famille proche. Comme si cette couverture était là, en attente de réchauffer un troisième bébé.

Je suis en colère contre moi-même. Non je ne veux pas d’autre enfant. C’est sûr. Je veux pouvoir tourner la page de la maternité, c’est terminé pour moi. Alors pourquoi ai-je plus de mal à me débarrasser de certaines choses ? Pourquoi il y a des jours où je doute ? Dans ces moments-là, je m’imagine avec un troisième enfant. Parfois cela me dégoûte, parfois cela me fait envie. Il n’y a pas de juste milieu, pas de « on verra dans quelques années ».

Pourtant je suis heureuse avec ma famille, j’arrive de mieux en mieux à tourner sereinement la page de la maternité. Me dire que je ne porterais plus la vie ne me dérange pas. Je ne suis pas nostalgique des boîtes de lait en poudre qui remplissent le fond du chariot, je ne suis pas demandeuse de l’odeur si enivrante d’un nouveau-né.

Je suis heureuse de pouvoir sortir des nuits chaotiques, des pleurs sans raisons et de l’angoisse du moindre petit coup de froid.

Alors tu remarqueras que je n’ai pas utilisé le mot « jamais » dans cet article. Il parait qu’il ne faut jamais dire jamais…

J’ai été ravie d’avoir pu connaître l’expérience de la grossesse, de l’accouchement. J’ai été contente d’avoir un petit corps si dépendant à serrer contre moi. Je suis reconnaissante de tout ce que cette aventure de la maternité m’a apportée. Mais maintenant, je tourne la page.

Et toi ? As-tu décidé de tourner la page de la maternité ? N’es-tu pas encore prête ? D’ailleurs, penses-tu qu’on puisse être prête ? Dis-nous tout !

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !