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Comment transporter ses enfants à vélo

Je t’ai déjà un peu parlé vélo lors de l’article « la draisienne et l’enfant ». Aujourd’hui je voudrais aborder avec toi des questions pratico-pratiques sur comment on peut continuer (ou commencer !) à se déplacer à vélo alors qu’on a un ou des enfants à transporter.

Car des solutions, il y en a. De plus en plus, même. Enfin, pas exactement, car celles qui émergent, en fait, elles ré-émergent. Dès l’invention de la bicyclette à la fin du XIXe siècle, on a tout de suite cherché à l’utiliser pour le quotidien, c’est à dire transporter plein d’autres choses que soit-même. Il ne faut quand même pas oublier qu’à l’origine, la bicyclette a été inventée pour remplacer le cheval. Donc à priori, tout ce qui se faisait avec un cheval devait pouvoir se faire à bicyclette. Et tu verras que pour le coup, l’élève a dépassé le maître !

Donc, pour conclure cette intro, au lieu de te faire une liste bateau de toutes les solutions qui existent, je vais te présenter les solutions que j’ai testé, par ordre chronologique où je les ai utilisées depuis que je suis devenue maman.

La carriole à vélo

Avant la naissance de Crapouillou, je me suis naturellement posé la question de comment nous allions faire pour transporter notre bébé à vélo. En cadeau de naissance, mes parents nous ont donc offert une carriole à vélo. Et nous avons acheté en complément le « hamac » spécial bébé (qui coûte un bras, juste parce que c’est écrit « bébé » !). Ainsi, dès que nous étions équipé, c’est à dire quand Crapouillou a eu trois semaines, nous l’avons transporté en carriole. Il était dans son hamac jusqu’à ses neuf ou dix mois (jusqu’à ce qu’il tienne bien assis), puis nous l’avons enlevé pour l’asseoir directement sur le « banc » de la carriole. C’est aussi à cette période là que nous avons acheté…

Crédit photo ; photo personnelle.
Comme tu le verras, la carriole n’a pas servi qu’à transporter un bébé…

Le siège à l’arrière

Pour mettre un enfant dans un siège vélo, il faut qu’il tienne bien assis. Ils sont généralement vendus pour être utilisés dès l’âge de neuf mois, et vont généralement jusqu’à 15 kg.

Nous avons choisi un siège qui se clipse sur un support fixé sur le cadre, sous la tige de selle. Nous avons acheté deux supports, comme ça nous pouvions très facilement permuter le siège de mon vélo à celui de mon mari, ou inversement, en fonction de nos besoins.

A la naissance de P’tit Matelot, nous avons recommencé à utiliser la carriole (cf : photo ci-dessus), lorsque nous avions les deux enfants à transporter. L’avantage c’est qu’elle permettait également de transporter aussi les sacs (tu n’es pas sans savoir que « bébé » = tout un tas d’affaires à transporter !).

Puis, quand P’tit Matelot a été assez grand, nous avons acheté un deuxième siège arrière. C’est aussi à ce moment là que j’ai recommencé à travailler, et notre organisation consistait à en emmener chacun un le matin et le soir. Je me chargeais de déposer et de récupérer P’tit Matelot à la crèche, et Monsieur Solex se chargeait de faire la même chose avec Crapouillou chez sa nounou. Autant, Monsieur Solex portait deux sacs à dos sur son dos, sans que cela ne gêne Crapouillou (son vélo lui offrant une position plus penchée), autant moi je me suis retrouvée embêtée pour transporter : P’tit Matelot + ma sacoche pour aller au travail + son sac de crèche. C’est là que j’ai équipé mon vélo de…

Crédit photo : photo personnelle.
Siège arrière avec système de fixation amovible sur le cadre.

La rallonge de porte-bagage

J’avais déjà changé mon porte-bagage quelques temps avant, afin d’avoir une double barre, qui me permettait d’accrocher à la fois ma sacoche et à la fois de mettre mon panier arrière. J’ai aussi, depuis le début, mon panier à l’avant où j’y met principalement mon sac à main (mais aussi un pull, une écharpe, une baguette de pain, etc.).

La rallonge de porte-bagage m’a donc permis d’accrocher ma sacoche + le sac de P’tit Matelot (grâce à un tendeur), derrière son siège vélo. Car même si son siège vélo n’était pas directement fixé sur le porte-bagage principal, il le couvrait complètement et donc empêchait son utilisation.

Lorsque nous avions besoin l’un ou l’autre, seul, de transporter les deux enfants, nous continuions d’utiliser la carriole. Même si au bout d’un moment j’aurais adoré avoir un vélo à assistance électrique pour la tirer car la carriole (12 kg) + Crapouillou (13 kg à l’époque) + P’tit Matelot (11 kg à l’époque) + les sacs ou les courses (facile 5 kg voir beaucoup plus), ça commençait à faire un sacré poids. Et je peinais un peu dans les montées, surtout les jours de canicule ! Mais là où on s’est sérieusement posé des questions de ré-organisation et de ré-équipement, ça a été lorsque j’ai dû emmener les deux enfants le matin puis aller prendre le train. Hors de question de laisser la carriole toute la journée à la gare : déjà c’est pas pratique car les stationnements vélo ne sont pas prévus pour les carrioles, et puis j’avais peur des dégradations. En attendant de trouver mieux, j’ai eu l’opportunité d’emprunter…

Crédit photo : photo personnelle.
Le porte-bagages à double barres + la rallonge.

Le siège enfant à l’avant

Lorsque j’ai découvert l’existence des sièges enfants avant, j’ai mis du temps à être convaincue. Et ce, malgré tous les retours hyper positifs que j’ai eu ! Et finalement, si c’était à refaire, je m’équiperais directement de ce genre de siège plutôt que d’un siège arrière ! D’avoir son enfant entre ses bras, de pouvoir discuter avec lui sans avoir à crier, qu’il puisse participer (utiliser la sonnette par exemple !) et voir ce qui se passe devant. Sans parler du porte-bagage qui reste libre, du coup ! (si tu n’as qu’un enfant, bien sûr).

Alors il existe plusieurs sorte de sièges avant en fonction de leurs systèmes d’attache. Certains se fixent sur le guidon, d’autres sur la fourche, d’autres sur le cadre. J’aime bien ceux qui ne sont pas fixés sur le guidon, car je vois bien à quel point je peux être déséquilibrée lorsque je met trop de poids dans mon panier avant par exemple. Celui qu’on nous a prêté se fixe sur la fourche, et franchement, je ne sens pas le poids de P’tit Matelot et je ne suis pas du tout déséquilibrée. Le seul inconvénients c’est que ça m’oblige à avoir les genoux un peu en canard, ce qui n’est pas très esthétique. Mais je pense aussi que ce siège n’est pas parfaitement adapté à mon vélo, car il est un peu près de la selle. Si nous avions dû en acheter un, nous n’aurions pas pris ce modèle là.

Bref, du coup pendant quelques semaines je me suis retrouvée avec moi au milieu, un enfant devant, un enfant derrière, ma sacoche et deux sacs sur la rallonge de porte-bagage ! Là aussi ça faisait du poids, et je remercie mon vélo d’avoir supporté autant de charge sans se plaindre ou montrer de signe de faiblesse ! Mais j’ai été agréablement surprise de la stabilité de l’ensemble, puisque finalement le poids à l’avant équilibrait le poids de l’arrière, et c’était beaucoup moins difficile que de tirer la carriole pleine.

Puis, enfin, nous nous sommes équipé d’un vélo qui nous faisait rêver…

Crédit photo : photo personnelle.
Le siège enfant à l’avant.
Crédit photo : photo personnelle.
Le convoi du matin !

Le vélo rallongé (ou longtail)

Cela faisait un moment qu’on se posait des questions concernant le transport des enfants à vélo. Nous commencions à nous intéresser aux vélos cargos, qu’ils soient biporteurs ou triporteurs. Vous savez, les vélos avec une grande caisse à l’avant dans laquelle on peut caser plusieurs enfants, des courses, tout un tas de matériel, etc. Les vélos cargos sont aujourd’hui considérés comme les véhicules citadins de demain. Et beaucoup de familles abandonnent leurs deuxièmes voitures pour s’équiper d’un cargo.

Et puis, comme ça, au hasard d’une de mes animations, j’ai découvert le longtail. En fait, j’en avais déjà entendu parler, mais vous connaissez certainement le phénomène, très présent chez les enfants, de la fenêtre d’apprentissage. On ne s’intéresse à une chose que si c’est le bon moment dans notre vie et notre développement intérieur !

Bref, quand j’ai vu le longtail, ça a fait une étincelle dans ma tête et je me suis dis « banco ! C’est ça qu’il nous faut ».

Crédit photo : photo personnelle.
Notre long-tail, avec en arrière plan le biporteur d’un couple d’amis.

Je ne veux pas faire l’apologie du longtail par rapport au biporteur ou au triporteur (ces trois modèles de vélo rentrent dans la catégorie des vélos cargos) car ils sont tous très bien, mais je peux te donner les arguments qui ont fait mouche chez nous pour que nous choisissions ce modèle plutôt qu’un autre.

Comme les autres cargos, le longtail permet de transporter plusieurs enfants plus des affaires (sacs, courses, etc.). Je pense que pour les autres cargos ça demande moins d’équipement par contre (on met tout dans la caisse) tandis que pour le longtail il faut rajouter des grandes sacoches et le grand panier à l’avant.

Le longtail ayant la forme d’un vélo classique, il me semblait plus maniable : plus facile de se faufiler entre les voitures, de monter sur un trottoir, de passer entre des plots ou des barrières posées de façon incompréhensibles en plein de milieu d’itinéraires cyclables (oui oui, malheureusement ça existe encore beaucoup trop !). Celui que nous avons choisi est en plus un longtail « compact », c’est à dire qu’il ne fait que quelques centimètres de plus qu’un vélo classique. Nous pouvons donc le transporter dans le train, ou même le mettre dans la voiture. Le côté « intermodalité » était important pour moi. Il existe des modèles de longtail bien plus long, pouvant transporter jusqu’à quatre enfants, et ceux-là doivent être plus compliqués à utiliser en intermodalité.

J’ai aussi été sensible au fait que je pourrais utiliser le longtail pour aller chercher quelqu’un à la gare, tandis qu’avec une caisse à l’avant, même si c’est faisable, je trouve ça un peu plus « infantilisant » pour l’adulte transporté. Ceci n’est que mon ressenti personnel hein !

Bon, voilà, après de nombreuses recherches, de longues semaines d’attente, un compte en banque vidé (c’était là qu’on gardait des sous qu’il nous restait du mariage), je peux enfin vous présenter notre Boda Boda ! Comme c’est un vélo encore très atypique, et que je reçois énormément de questions le concernant, et que cet article commence à être beaucoup trop long, je te prépare de ce pas un deuxième article pour te le présenter plus en détails !

Et toi, quelles ont été tes solutions pour transporter tes enfants à vélo ? Connaissais-tu toutes ces possibilités ? En as-tu expérimenté d’autres ? Serais-tu tentée par ces solutions de transport pour moins utiliser ta voiture ?

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).