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Le troisième enfant et le désaccord dans le couple

Après mon second accouchement, le corps meurtri par l’opération, le moral dans les chaussettes à cause de l’anesthésie générale qu’on m’a imposée sans m’expliquer, je me suis retrouvée à pleurer dans ma chambre d’hôpital. On pourra dire que c’est la faute à la descente d’hormones, à l’accouchement compliqué qui venait de se dérouler mais dans ma tête, je pensais à autre chose.

Mari Barbu est entré à ce moment-là et il a immédiatement compris. Je l’ai regardé droit dans les yeux en lui disant « plus jamais ça ».

C’est rude de dire balancer cette phrase après la naissance d’un bébé en excellente santé. J’avais juste l’impression d’être allée au front, un sentiment d’injustice, moi qui pensais avoir enfin un bel accouchement comme pour conjurer le précédent.

Le mois ont passé mais je suis toujours décidée : je ne veux plus d’autre enfant. Seulement Mari Barbu est bien moins catégorique que moi… On entend beaucoup de témoignages de la maman qui souhaite un troisième ou quatrième enfant alors que le papa y est radicalement opposé. Chez moi, c’est tout le contraire.

Ma décision est prise

Maintenant que tu lis mes articles, tu sais que je dis souvent qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Moi la première : j’avais des idées arrêtées sur tout et maintenant j’ouvre un peu plus mon esprit !

Mais force est de constater que cette décision de ne plus avoir d’enfants est claire pour moi.

Je déteste la grossesse. Ce n’est pas une partie de plaisir pour moi. Pour mes deux grossesses j’ai vomis, plusieurs fois par jour, constamment. J’étais épuisée. Pourquoi en serait-il différemment pour une troisième grossesse ? Je ne me vois pas être à nouveau enceinte, avec les maux que cela engendre.

Mes deux accouchements ont été compliqués. Après ma première césarienne en urgence, le gynécologue avait programmé une césarienne pour Barbouille. J’étais plutôt sereine car je me disais que ça ne pouvait pas être pire que pour PetitePerle, la seule chose qui pourrait faire un sorte que cet accouchement serait horrible serait une anesthésie générale puisque j’étais préparée à la césarienne. Et voilà, c’est chose faite, mon cauchemar se réalise.

Naïvement, je pensais qu’un accouchement pouvait en « réparer » un autre. Les douleurs post-opératoires, cette affreuse balafre… Non merci mais je n’en veux plus.

Il faut dire aussi que je gère seule mes enfants de 7h15 à 20h30 du lundi au samedi. Autant avec un enfant ça passe, autant avec deux c’est la course tous les matins. Je ne vois pas comment je pourrais faire avec trois !

J’ai l’impression d’être comblée, que ma famille est au complet. Comme si un petit troisième serait « de trop ».

L’envie de Mari Barbu

Lui s’est toujours vu en patriarche d’une famille nombreuse. Quatre enfant, c’est son idéal. Quand Barbouille est né, j’ai eu plusieurs fois la question : aller un petit troisième pour la route ? Moi je riais aux éclats. Mari Barbu était bien plus mesuré et répondait qu’on verra ce que l’avenir nous réserve.

Lorsque nous avons fait les plans de notre maison, il y a une quatrième chambre. Elle sera utilisé comme salle de jeu et chambre d’amis mais Mari Barbu me demande régulièrement s’il faut la cloisonner : sous-entendu –> en faire une vraie chambre pour un autre enfant.

Il dit souvent à notre entourage qu’il ne faut jamais dire jamais, qu’il se verrait bien avec un troisième enfant. En public, ses remarques me font bondir donc il s’en amuse.

Une petite discussion sérieuse s’impose entre lui et moi. Oui il aimerait vraiment avoir un troisième enfant. Mais il a vu ma souffrance physique et morale, il sait les conséquences d’une troisième césarienne, il a conscience qu’en tant qu’homme c’est facile à dire : il ne porte pas l’enfant et ne le met pas au monde. Il se rappelle quand j’hurlais de douleur pour mon premier accouchement qu’il s’était excusé de me faire subir cela.

Mais dans ses tripes, dans sa chair, ce petit troisième c’est l’aboutissement de sa famille parfaite.

Il me dit que l’accouchement de Barbouille est encore frais. Le temps va passer alors il me convaincra de changer d’avis. Il ne voit pas d’un bon œil le fait que je me débarrasse sans hésitation des choses devenues trop petites pour notre fils.

Mon mari veut un troisième enfant... pas moi !

crédit photo : pexels

Et si ?

Personne ne veut me ligaturer les trompes. Je suis trop jeune parait-il et mon dernier accouchement tronque ma perception. Je dois laisser couler de l’eau sous les ponts avant de prendre une décision définitive. Peut-être.

J’ai mon DIU pour cinq ans. C’est le délai que je me suis laissée pour réfléchir à cette opération.

Je connais quelques amies qui sont devenues enceintes avec un DIU. Si ça m’arrive ? Je crois que je garderais ce bébé.

Mais l’organisation familiale sera complètement remise en cause, je ne pourrais pas m’occuper seule de trois enfants en travaillant à 100%. Mari Barbu devra mettre la main à la pâte.

Je n’ai pas peur d’être nostalgique de l’époque des nourrissons.

Mari Barbu et moi savons que cette discussion ne trouvera pas d’issue pour le moment. On en a fait un sujet tabou à la maison. Il n’en parle pas mais je vois bien qu’il espère que le temps fasse son œuvre et me fasse changer d’avis. Je le sens sûr de lui et convaincu. Peut-on y voir une certaine forme d’égoïsme de sa part ? Est-ce moi qui suis égoïste de ne pas céder ? Pour l’instant la discussion est en stand-bye et ne créer pas de problèmes dans notre couple. Pour l’instant…

Et toi ? Est-ce que ton conjoint te pousse à avoir un autre enfant ? Est-ce plutôt l’inverse ? Est-ce source de tensions dans ton couple ? Dis-nous tout !

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !