Vivre en famille : le bonheur, le bazar... et tout le reste !

Histoire de mon troisième trimestre – Partie 3 – Quand le déclenchement se profile


Publié le 23 janvier 2020 par Étoile

Je t’avais laissé dans l’attente de l’échographie de contrôle de la 37 SA. Quoiqu’il en soit dans ma tête, j’ai déjà fait le deuil d’un « accouchement normal ». Mon hospitalisation m’a profondément atteinte. Entre les sages-femmes qui veulent me faire rentrer à la maison, les médecins qui me laissent le choix, ma famille qui se soulève pour que je reste hospitalisée à cause des antécédents familiaux, Petit Prince qui me manque beaucoup… Je suis perdue dans mes émotions et mon ressenti. Avec mon mari, nous attendons ainsi avec impatience l’écho de contrôle pour faire le point.

L’échographie et ses résultats

Après une semaine à l’hôpital, l’échographie ne révèle rien d’alarmant. Bébé est toujours en RCIU sévère : 4ème percentile vs 2, la semaine précédente – à prendre avec des pincettes car ce n’est pas la même personne qui a fait cette nouvelle échographie. La bonne nouvelle, c’est que les dopplers sont bons et c’est un énorme soulagement, et bébé aurait pris 200 g. Il est estimé à 2,2 kg à 37SA+3, mais la sage-femme me dit que le poids n’a pas tellement d’importante sur un RCIU sévère. C’est la qualité des dopplers qui est le plus importante. Le jour de cette échographie mes tensions ne sont pas folles : entre 15.9 et 16.10, ce qui nécessite de refaire un bilan sanguin qui ne décèle pas d’anomalies. Bref, je suis toujours sur une tangente d’un point de vue médical. Il n’y a rien d’alarmant et tant mieux.

La décision du déclenchement et mon état d’esprit

Résultat le lendemain de l’échographie, on me confirme un déclenchement à 38 SA, soit encore 3-4 jours à tenir. Dois-je rentrer à la maison ou pas ? Je crois qu’au point où j’en suis, je ferai mieux de rester (même si je préférai être chez moi). C’est l’assurance d’être bien surveillée et au fond, pourquoi rentrer juste pour quelques jours ? Mon cœur me dit de rentrer parce que je serai mieux chez moi moralement et cela me permettrait d’enlever le sentiment de culpabilité qui me ronge : peut-être que je prends la place d’un cas plus grave ? Ma tête me dit que dans ma famille, nous avons déjà trop souffert, que rien n’est au rouge, mais rester à l’hôpital, c’est l’assurance d’une certaine sérénité. En effet, nous n’avons pas de famille et de support dans notre nouvelle région. A l’hôpital, je n’ai rien à faire à part me reposer et mon mari est convaincu que les choses ne se sont pas aggravées parce que je suis à l’hôpital justement. Il faut que je pense à mon bébé d’abord. 

Après pour être honnête, j’ai peur d’un revirement de situation et que l’équipe médicale change d’avis sur une date de déclenchement. En outre, l’équipe médicale est toujours aussi peu transparente : pas de date précise (je pense que cela se décidera en fonction de la place), voie basse ou césarienne ? Bref, je ne sais rien. J’ai toujours ce sentiment très fort d’être un pion pour les soignants (mais je sais aussi que les soignants font ce qu’ils peuvent avec leurs moyens – je ne suis qu’une personne au milieu d’autres…). C’est dégradant et cela m’atteint dans ma fierté. Je n’arrive plus à envisager mon accouchement et je ressens un fort sentiment de honte. J’ai hâte que tout se termine, mon mari aussi. 

Crédit photo (creative commons) : Flachovatereza – Pixabay

Mes antécédents familiaux et ce sentiment de devoir se battre pour être écouté

La sage-femme qui m’avait fait la préparation à l’accouchement, m’avait dit de me battre et de tenir ma ligne de conduite avec l’hôpital : elle estime que j’ai un profil trop à risque. Peut-être qu’il ne se passerait rien de grave si je rentrais à la maison, mais le doute existe. Ce n’est pas rien un bébé en RCIU sévère couplé à ma tension en yoyo, ma maladie génétique et à mes antécédents familiaux. Je me raccroche à cela pour m’enlever ce sentiment de culpabilité.

C’est douloureux d’en parler, mais il faut savoir que ma maman a perdu un bébé à 6 mois de grossesse pour de l’hypertension. On l’a fait rentré sans surveillance après lui avoir donner un traitement hypertenseur. Je suis le bébé d’après, celui pour qui on a déclenché à 7 mois et demi par précaution et ça s’est très bien passé. Le troisième bébé, c’est mon petit frère. Les médecins ont été tellement zen suite à ma naissance qu’ils ont renvoyé ma mère à la maison après quelques alertes. Résultat : crise d’éclampsie à 6 mois de grossesse. Heureusement ma mère et mon frère ont survécu sans séquelles. Mon père l’a vécu, et sait à quel point tout peut se dégrader en quelques heures.

Alors je comprends l’équipe médicale : si tout le monde réagissait comme nous, les hôpitaux seraient toujours surbookés, mais je crois qu’il y a eu trop de souffrances dans notre famille, et qu’on aimerait juste pas le revivre – en tout cas, mes parents car pour ma part, j’ai de vagues souvenirs sur ce qui s’est passé pour mon petit frère. Il y a d’autres choses qui m’ont fait tenir ma ligne de conduite que je n’exposerai pas ici & en rapport à la qualité des soins.

Et toi, as-tu ressenti ce sentiment de culpabilité et de honte face à l’équipe médicale lors de ta grossesse / ton accouchement ?


Pendant la grossesse, tu t’imaginais épanouie, heureuse, avec un joli ventre rond, et bien sûr, il y a de ça. Mais tu n’étais peut-être pas tout à fait préparée pour les vergetures, les coups de pied dans la vessie à 2 heures du matin et les galères administratives. On ne te la refera pas deux fois. Avec le guide hyper complet et concentré de Dans Ma Tribu, tu sauras exactement ce qui t’attend après l’accouchement. Clique ici pour en savoir plus.

Guide accouchement

Commentaires

Piso

Purée t’es articles me font vraiment peur pour toi et ton bébé. Vu comme tu le décrit j’ai envie de crier à l’équipe médicale de te declancher au plus vite! Avec tes antécédents familiaux tu es en droit de le demander plus que les autres il me semble.

le 23/01/2020 à 18h19 |

Les commentaires sur cet article sont fermés.