Menu
A la une / Témoignage

Et si on parlait des papas ?

J’ai essayé de convaincre mon mari d’écrire cet article, mais il n’en a ni le temps, ni l’envie (pudeur, quand tu nous tiens !).

Monsieur est chef d’entreprise. Ses horaires ressemblent à 7h – 20h du lundi au samedi, et lorsque nous avons choisi de mettre bébé en route, je savais que je passerais beaucoup de temps seule.

La place du père

Crédits photo (creative commons) : Kate Williams

Pendant la grossesse

J’ai beaucoup de mal à me projeter « future maman » pendant les quatre premiers mois de ma grossesse. Et du coup, mon mari aussi ! Mais lorsque nous sentons notre bébé bouger, au début du cinquième mois, tout change ! C’est en posant sa main sur mon ventre que Monsieur le sent pour la première fois, et moi aussi ! Un super moment de partage, qui nous ouvre les yeux sur l’aventure que nous vivons !

Au début de ma grossesse, mon mari scrute dans les moindres détails ce qui entre dans ma bouche. C’est de l’espionnage alimentaire ! Même si c’est rassurant, ça me gonfle rapidement, surtout lorsqu’il s’en prend au pizzaïolo, qui n’a pas de fromage pasteurisé pour ma pizza ! Et à Noël, il insulte toute sa famille, qui trouve que je fais beaucoup trop attention parce qu’avant-on-ne-se-prenait-pas-la-tête-comme-ça-et-nos-bébés-allaient-bien.

J’en viens à me demander qui est enceinte ! Monsieur fait clairement une couvade, et m’accompagne joyeusement dans ma grosse prise de poids.

Au cinquième mois, je chute violemment sur une plaque de verglas en allant faire ma petite prise de sang mensuelle. Je file aux urgences, complètement sous le choc, et lorsque j’appelle Monsieur pour l’en informer, je minimise les faits pour ne pas le faire paniquer. Bien m’en prend ! Il me pourrit, me gronde comme une gamine, m’insulte, me dit que je ne suis pas capable de prendre soin de notre bébé in utero ! Au septième mois, nouvelle chute, toujours sans gravité, et toujours les mêmes représailles ! Comme si j’avais besoin de ses réflexions en plus de ma culpabilité…

La découverte du sexe de bébé le touche beaucoup. Nous étions persuadés d’attendre un petit mec, tant ça gigotait dans mon ventre (une fille, c’est plus calme, non ?). Lorsque le gynécologue annonce une « petite puce » (ce sont ses mots), Monsieur est ravi ! Une petite crevette à son papa !

Ma grossesse se passe comme prévu, finalement : très seule ! Monsieur rechigne à faire le ménage, car il est fatigué de la semaine, et il m’emmène faire les courses pour pouvoir passer à la caisse prioritaire !

Je vois qu’il essaie de faire des efforts, mais malheureusement, rien n’est suffisant pour une femme enceinte ! J’adorerais qu’il me masse les poteaux qui me servent de jambes, ou mon dos tout engourdi, mais rien à faire, il n’aime pas faire les massages !

L’accouchement

Pendant le travail, Monsieur se métamorphose, tel une petite chenille qui devient un majestueux papillon ! Il m’emmène très sereinement à la maternité, reste calme, m’aide dans mes exercices de respiration.

Lui qui rouspétait quand la sage-femme a annoncé un travail d’environ dix heures pour un premier bébé (« C’est hyper long ! Je fais quoi pendant ce temps-là, moi ? ») déchante vite avec mon accouchement de trente-sept heures !

Mais pendant tout ce très très très long accouchement, il reste d’un calme implacable, rassurant. Qui atteint son apogée lorsqu’il me masse le dos dans le bain de la maternité à chaque contraction ! Je dis souvent que ce jour-là, nous avons été deux à accoucher. Il me voyait souffrir sans paniquer, et je l’encourageais à se dégourdir les jambes, et surtout à se changer les idées, toutes les deux heures !

Après ma césarienne, il doit prendre en charge seul notre PetitePerle. Comme un grand. Pendant les trois heures où je suis dans la salle de réveil, je ne m’inquiète jamais, je sais qu’il va gérer. Je pense qu’à ce moment-là, un lien très fort se crée avec sa fille, je ne suis plus au milieu d’eux. Ce sont deux êtres qui se connaissent sans se connaître et qui s’apprivoisent.

Il donne le premier bain, change la première couche (huuum, le méconium tout collant !) et même s’il a l’habitude avec ses neveux, il paraît tout empoté avec sa propre fille ! Il est aussi présent pour la tétée d’accueil, très ému !

Avec son travail, je sais qu’il ne sera pas beaucoup disponible. Mais je reste hospitalisée pendant huit jours, et il fait le trajet au moins deux fois par jour pour venir nous voir. Et puis, dès le retour à la maison, je suis de nouveau seule avec ma fille.

Les mois qui suivent

Il n’est pas plus présent maintenant, mais le moindre petit moment à la maison, il le passe avec PetitePerle. Que ce soit le temps d’un bain ou d’un biberon. Enfin, ça, il le fait tous les quinze jours environ, car le dimanche, il rénove l’appartement que nous venons d’acheter. Mais je sais que ce n’est pas par choix.

Il regrette de ne pas avoir assisté à son premier sourire, ses premiers gazouillis, son premier éclat de rire. La plupart du temps, PetitePerle dort quand il part et quand il rentre. Il est très triste de voir qu’il y a des moments où sa fille semble ne pas le reconnaître.

Du coup, il est incapable de prendre des décisions concernant notre fille. C’est moi qui gère presque tout, et lorsque je lui demande son avis ou un conseil, sa réponse toute faite sort à chaque fois : « C’est toi qui sais, c’est toi la maman. » Il cherche à se déresponsabiliser, pensant probablement que rester seule à la maison à s’occuper d’un enfant, c’est de la tarte ! Il essaie de me motiver à mettre un second bébé en route, mais il ne se rend malheureusement pas compte du boulot que c’est !

Des fois, la maman, elle a besoin de souffler et de laisser un peu de responsabilité au papa…

Et chez toi ? Quelle est la place du papa ? Est-il assez présent pour son enfant ? Arrivez-vous à prendre les décisions à deux ? Viens nous raconter…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !