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A la une / Récit d'accouchement

Mon premier accouchement… en 37 heures !

Je suis une jeune maman de 25 ans qui a tout fait « dans l’ordre » : le chéri, le mariage après neuf ans de relation et, forcément, le bébé un an après le mariage. Classique, quoi !

Ma grossesse s’est très bien passée sur le plan médical, même si je n’ai pas été touchée par la magie d’être enceinte. Je n’ai qu’une hâte : accoucher !

À deux semaines de mon terme, le ras-le-bol est à son comble, il me tarde de voir ma fille et de dégonfler.

Mon gynécologue m’annonce qu’un risque de césarienne existe, car mon bassin est trop étroit et le bébé, trop haut. Il se laisse le choix pour le jour où j’accoucherai. Incertitude totale : voie basse ou césarienne ? Je me prépare aux deux options !

Enceinte et doudou

Crédits photo (creative commons) : Carlo Scherer

Le jour J

Mardi matin, à quatre jours du terme, je ressens de légères contractions. Rien de très violent, elles sont situées dans le dos, mais tout de même très régulières (toutes les six minutes).

À 12h30, j’arrive aux urgences avec mon mari : c’est l’effervescence. Des sages-femmes courent dans tous les sens et nous attendons une heure avant d’être pris en charge par une interne.

Échographie et monitoring, je suis bien en travail, mais le col ne s’ouvre pas encore. Je me prépare à rentrer chez moi, lorsqu’elle m’annonce qu’il n’y a plus de place pour accoucher dans cet hôpital, et qu’il va falloir aller à l’autre antenne de l’hôpital, trente kilomètres plus loin !

Impossible : je suis suivie ici dès le début de ma grossesse, et j’ai un risque de césarienne. Elle s’excuse platement, mais je comprends que je vais devoir partir.

Complètement perdus, nous arrivons à 17h30 dans l’autre hôpital (avec toujours mes contractions depuis le matin !). L’ambiance est beaucoup plus calme et je suis rapidement prise en charge : on me fait un monito, mais le col n’est ouvert qu’à 1.

On me laisse marcher une heure dans l’hôpital. Lorsque je reviens en salle de pré-travail, rien n’a bougé au niveau de mon col. Je commence à en avoir marre et fais mes exercices de respiration pour atténuer la douleur.

À minuit, rien de nouveau sous la lune. La sage-femme me prépare un bon bain chaud ! J’y reste une heure, à me faire masser par mon mari, puis retourne dans la chambre : col ouvert à 1,5 ! Je suis dépitée, j’ai mal, et comme je n’arrive pas à dormir, une sage-femme m’injecte de la morphine.

À 4h du matin, la morphine ne fait plus effet : on me propose enfin la péridurale. Surtout que mon col est ouvert à 2, chouette (ironie inside) ! La pose se fait dans la douleur : toujours légèrement affectée par la morphine, je vomis sur mon mari et fais un malaise. À ce moment, plus le droit de boire ou de manger. Il fait 30°C dans la salle de travail, et c’est le premier jour de canicule !

Sous péridurale, j’arrive à me reposer un peu, en bénissant son inventeur. Le ballet des sages-femmes commence : j’en vois une toutes les heures. Mon col ne s’ouvre toujours pas assez vite.

Après vingt-quatre heures de travail, on m’injecte dans le cathéter toutes sortes de produits et on me met sous oxygène. Sans résultat. Mon mari insiste sur le fait qu’une césarienne a été envisagée par mon gynéco, mais personne ne le prend au sérieux.

À 14h, on m’injecte des ocytocines (hormones accélérant le travail). Je réagis très mal : j’ai des contractions dans les reins extrêmement douloureuses toutes les quarante secondes. Je perds complètement pied, et hurle à chaque contraction, la péridurale ne faisant plus effet. L’anesthésiste arrive, me remet une dose de cheval, et on retire les ocytocines.

Le col est ouvert à 4. Les sages-femmes ne savent plus quoi faire pour faire avancer les choses, et appellent la gynéco de garde. Pour elles, la césarienne doit être la prochaine étape. Mais la gynéco arrive, refuse de faire la césarienne et, malgré ma violente réaction, décide de me refaire une injection d’ocytocines. Je pleure, je sais ce qui m’attend à nouveau…

Nouvelle injection, nouvelles douleurs horribles, avec une péridurale qui ne fonctionne que d’un côté. Entre 15h et 19h, le col s’ouvre à 9, puis stagne et refuse d’aller plus loin. Je suis à bout, épuisée, je pleure, j’ai soif !

L’anesthésiste et un nouveau gynéco de l’équipe de nuit arrivent et crient au scandale : ils décident d’arrêter le carnage et me préparent pour la césarienne.

Au final

J’entre dans le bloc, et laisse mon mari dans le couloir. Je suis rassurée, je sais qu’il ne quittera pas notre fille d’une semelle dès qu’elle passera la porte.

Arrivée dans la salle, une petite dizaine de personnes, blouse verte et masque sur la bouche, s’affairent. La césarienne ne se passe pas très bien, je ressens beaucoup de choses, et l’anesthésiste est derrière ma tête pour me caresser les cheveux et m’expliquer les gestes de l’équipe médicale.

À un moment, un gynécologue s’assoit presque sur mon ventre pour faire descendre mon bébé. Puis, j’entends un premier petit gémissement, et un second. L’infirmière me montre très rapidement ma fille, car elle est bleue : elle a avalé du liquide. Je ne réalise absolument pas.

Je l’ai à peine aperçue. Alors qu’on me retire le placenta, je me dis que c’est terminé. L’anesthésiste m’explique que je dois me reposer, il va me faire une anesthésie générale. À cet instant, je suis prise de violentes nausées. Je fais un malaise et vomis (pourtant, je n’ai rien pu avaler de la journée !). C’est ce moment qu’on choisit pour me faire à nouveau voir ma fille. Je lui dis coucou en vitesse entre deux nausées, et tombe dans les pommes.

On m’emmène ensuite en salle de réveil, et on me demande de dormir. Je m’exécute, en pensant que mon mari et ma fille vont arriver dans les minutes qui viennent.

Une heure passe, je demande à voir ma fille, mais on me répond qu’il faut que je dorme encore. Une autre heure, même réponse. À la troisième heure, je me fais franchement insistante, et on me descend dans ma chambre où mon bébé et mon mari m’attendent. La famille est enfin réunie…

Je ressens beaucoup de regrets suite à cet accouchement : l’acharnement de certaines personnes de l’équipe médicale pour me faire accoucher par voie basse, et le fait que personne ne m’ait expliqué qu’après la césarienne, je ne verrais pas ma fille tout de suite (la salle de réveil a été un épisode très difficile).

Je n’ai pas ressenti cette émotion intense qui submerge toute maman lors de la rencontre avec son bébé. Avec le recul, j’ai eu l’impression d’avoir été étrangère à mon propre accouchement.

Et toi ? Ton accouchement a aussi été très long ? Comment l’as-tu vécu ? Est-ce qu’il s’est également terminé en césarienne ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !