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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement : concilier ses rêves et la réalité


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Revenons à nos moutons, si tu le veux bien. La dernière fois, je te racontais mon terriblement long dernier mois de grossesse, l’envie que tout s’arrête et ma résignation devant le fait que NON, je n’avais toujours pas accouché.

On est donc à quelques minutes du dimanche 24 avril, le jour de mon terme. Je vais me coucher, non sans avoir envie d’un bon long bain. Après tout, si on me déclenche dans quelques heures, je sais bien que je n’aurai pas le temps de prendre un bon bain avant longtemps. J’éteins The Voice, je mets à chauffer la salle de bain, je me brosse les dents et je file aux toilettes avant.

Oui, mais voilà. Ma culotte est trempée. De sang. Je saigne. Tout doucement, je vais réveiller l’amoureux (qui en fait m’attendait pour essayer de « déclencher » la chose, apparemment). « Euh, je saigne, là… J’appelle la maternité. » Bouffée d’angoisse qui dégrise en une seconde l’amoureux.

La sage-femme me demande de venir immédiatement. Je mets ma culotte à tremper, me rhabille, prends ma valise (et fais un sourire forcé à l’amoureux) et on y va. On est tous les deux silencieux. Je ne veux penser à rien. Je préfère attendre que me faire des idées.

1 départ

Crédits photo : Photo personnelle

Sitôt arrivés, on est pris en charge par l’adorable sage-femme que j’ai eue au téléphone. Elle me fait un monitoring. Le cœur du bébé bat. Fort. Et vite. Très vite. Trop vite. Et j’ai toujours des contractions, comme depuis un mois… Mais toujours indolores. Et je saigne toujours un peu.

Je reste en observation une heure. Le rythme cardiaque de Cookie finit par redescendre. Il bat toujours vite, mais c’est moins alarmant. Je respire enfin. Mais comme je saignote toujours, par sécurité, la sage-femme insiste pour que je reste la nuit. Le gynéco de garde ne se déplacera pas avant demain 7h.

« Euh… Mais je reviens demain à 10h, de toute manière… » Je la supplie de me laisser rentrer chez moi. Dormir un tout petit peu dans mon lit, contre mon amoureux, avec mon chat à mes pieds. J’angoisse à l’idée de rester à l’hôpital « pour rien ». Au bout d’une demi-heure de discussion, je cède et accepte de rester. Il est 1h du matin. Je suis crevée. Énervée. L’amoureux n’ose pas me laisser, mais je le congédie. Autant qu’il se repose. Je promets de l’appeler s’il y a un souci.

Je m’installe, et j’essaye de me calmer. Il faut que je dorme. Ça m’énerve de rester là pour rien, à chercher le sommeil, alors que je pourrais être dans mon lit, à dormir. SPLASH. Une gigantesque bombe à eau vient d’exploser entre mes cuisses. Euh… C’est ce qu’on appelle perdre les eaux ?

Je sonne, j’enlève mon leggings et ma culotte. Je me sens à la fois gênée (j’ai trempé tout le lit, la chambre et la salle de bain…) et rassérénée (finalement, je ne suis pas restée « pour rien »). La sage-femme revient me voir, elle m’ausculte. Je suis à peine dilatée à 1 doigt et demi. Monitoring : j’ai (encore et) toujours des contractions. Toutes les cinq minutes. Indolores. Je râle un peu pour la forme. J’ai ENVIE d’avoir mal. Ça me rassurerait. Il est 2h27.

Tout à coup, BAM. Ah tiens, ça lance dans le bas-ventre. Deux minutes plus tard, BAM encore. Oh tiens, ce ne serait pas ça, des contractions ? Effectivement, ça pique un peu. J’essaye de dormir, mais non. Toutes les deux ou trois minutes, je ressens cette vive douleur qui me prend le bas-ventre. Je me concentre sur mes exercices d’hypnose et je réussis à endormir la douleur. Parfait.

Ah mais… j’ai mal dans les reins aussi. Et je n’arrive pas à me concentrer sur le bas-ventre ET sur les reins en même temps. Zut. Je finis par me lever et par marcher. C’est supportable dans les reins quand je reste debout, et je maîtrise les contractions du bas-ventre.

On me propose le ballon, j’accepte aussitôt. Mais pfiou. Ça n’arrête pas de couler. Ma chambre est comme inondée. J’enlève mon (deuxième) leggings. Tant pis. Mais comme j’ai froid, j’enfile mon gilet et je monte le chauffage à fond. J’ai fière allure en culotte-filet et gros gilet.

2 ventre

Crédits photo : Photo personnelle

De magnifiques zébrures apparaissent…

Je continue à gérer mes contractions sereinement, l’une après l’autre. Je marche, je fais du ballon, je me cambre dans un sens ou dans l’autre suivant les contractions. Toutes les demi-heures, je file sous la douche pour apaiser mes douleurs dans le dos. L’eau (quasi brûlante) me soulage.

À 4h du matin, j’envoie un SMS à l’amoureux : « J’ai perdu les eaux, j’ai quelques contractions mais tout va bien. Dors, je t’appelle quand ça bouge. » Bien entendu, il me rappelle vingt minutes plus tard, paniqué et désolé de ne pas avoir vu mon message avant. Je le rassure, lui conseille de dormir. Pour l’instant, il n’y a rien de nouveau. Et puis, entre nous, je crois que je me sens vraiment bien à gérer comme ça, dans ma bulle.

La sage-femme me propose de faire un nouveau monito, mais assise sur le ballon pour que je puisse continuer à gérer, et elle me réexamine. Je suis dilatée à 2cm. Youpi ! Elle me demande si je désire la péridurale. Non, ça va, je gère, là.

Finalement, vers 5h30 du matin, je renvoie un message à l’amoureux en lui proposant de venir. Comme je m’en doutais, il ne dormait pas et patientait devant le téléphone. Une quinzaine de minutes plus tard, le voilà qui arrive. Allez hop, c’est parti mon kiki. Maintenant que Papa est là, Cookie, si tu veux arriver, vas-y.

Tranquillement, je gère les contractions entre ballons, petits pas et douche ultra chaude. Je parle un petit peu avec l’amoureux. Du bébé qui pleure à côté, de mes sensations, de mon angoisse du bébé trop gros, des prénoms qu’on n’a toujours pas choisis, du sexe, aussi, qu’on va découvrir…

L’amoureux reste assis dans le fauteuil, les yeux sur son téléphone. Purée, j’accouche, moi ! Occupe-toi de moi ! De temps en temps, il me masse le bas du dos, entre deux contractions. Ça fait du bien. Mais ça m’énerve aussi. Parce qu’il ne le fait pas assez souvent pour que ça me soulage vraiment. Et comme je reste silencieuse, bah… il ne comprend pas.

Je finis par m’énerver un petit peu contre lui. B**del, mais fais quelque chose ! Ce qui finit par me faire perdre ma concentration et en un instant, mes contractions deviennent un peu plus douloureuses et ingérables. Zut.

La sage-femme me présente celle qui va prendre la relève à 7h30 et me conseille de manger un peu. Alors j’accepte le petit-déjeuner. Que je vomis quasi instantanément. Oups.

Vers 9h30, la nouvelle sage-femme me refait faire un monito. Cette fois, on m’oblige à rester allongée sur le lit. Aïe, ça fait mal. J’ai vraiment du mal à rester allongée sans bouger, mais je serre les dents. Après examen, il s’avère que je suis dilatée à 5. Ça progresse bien, je suis contente. Et non, je ne veux toujours pas de péridurale, même si ça fait sept heures que j’ai des contractions douloureuses toutes les deux minutes. Je gère.

Ma mère appelle. Je demande à l’amoureux de répondre, de lui dire que je suis sous la douche, avant de partir à mon rendez-vous du terme. Je sais que si je dis que je suis en train d’accoucher, elle se précipitera à la maternité. Et moi, je n’ai vraiment pas envie de ça. Laissez-moi gérer seule, puisque j’y arrive très bien !

L’amoureux grogne, râle, s’inquiète :

  • « Freesia, on ne sait pas combien de temps ça va durer. »
  • « Freesia, t’es fatiguée, prends la péri et tu pourras dormir ! »
  • « Freesia, tu gères maintenant, mais on ne sait pas comment tu vas gérer dans deux ou six heures ! »
  • « Freesia… »
  • « Freesia, prends la péri, ça te soulagera. »
  • « Freesia, s’il te plaît… Pourquoi tu fais exprès de souffrir ? »

Tu l’auras compris, l’amoureux VEUT que je prenne cette fichue péridurale. Pour l’instant, je gère. J’y arrive bien. Pourtant, ses remarques me déconcentrent, me saoulent, même. Oui, je suis crevée, ça fait plus de quarante-huit heures que je n’ai pas dormi. Mais je veux y arriver sans. Je crois que j’aime le fait de repousser mes limites, de savoir jusqu’où je peux aller.

Mais vers 11h, pour ne plus entendre l’amoureux, j’appelle et demande la péridurale. Je n’en veux pas. Je sais que je peux le faire. Mais pour rassurer l’amoureux (et le faire taire), je cède. L’infirmière appelle l’anesthésiste de garde. Je m’en veux immédiatement. Je le fais contre ma volonté, juste pour faire plaisir à l’amoureux. Mais ça me permet de me re-concentrer et de mieux gérer ma douleur. Finalement, maintenant que l’amoureux ne m’embête plus, j’ai beaucoup plus de facilités ! Les vagues vont et viennent. Je souffle, bouge, marche et passe sous l’eau régulièrement.

Je fais le deuil de mon accouchement naturel. Adieu la super salle nature. Ça me contrarie et je demande intérieurement très fort à Cookie de se dépêcher de sortir. Vers midi, on m’emmène en salle de naissance. Je passe devant la salle nature, et soupire. L’anesthésiste se déplaçant juste pour moi, je me sens gênée de vouloir faire machine arrière puisque tout roule. Je ne dis rien, je prends sur moi. On propose à l’amoureux de manger pendant qu’on m’installe en attendant.

Et dans cette salle, j’ai toujours froid. On me rajoute des couvertures, mais je continue de trembler. Et puis… j’ai mal. Plus mal qu’avant. Je demande si on peut me réexaminer. Mais soit la sage-femme ne m’écoute pas, soit elle oublie. Toujours est-il que je reste là avec mes contractions, pendant qu’on s’affaire autour de moi. J’aimerais qu’on me réexamine avant. J’ai de plus en plus de mal à gérer. Je le dis. On me répond que c’est la fatigue, qu’on m’examinera après la pose de la péridurale. J’essaye de rester concentrée, mais ça m’énerve.

3 avant moi

Crédits photo : Photo personnelle

L’infirmière anesthésiste arrive. Je l’ai déjà rencontrée, elle est gentille. Elle me perfuse et me prépare. Je me concentre seulement sur mes contractions, qui arrivent toutes les minutes. Entre chaque contraction, je rigole avec les trois femmes. Ça me détend.

Il est 13h45, et l’anesthésiste arrive au moment où les contractions sont vraiment douloureuses. Je dois rester immobile, ce que j’ai énormément de mal à faire. Ça y est, c’est posé. Je demande à ce qu’on me réexamine, mais la sage-femme a dû quitter la salle un moment. L’amoureux me rejoint. Il se prend en photo, la dernière photo de lui avant qu’il ne soit papa !

3 avant ben

Crédits photo : Photo personnelle

Il me parle. La sage-femme revient à cause d’un bip qui ne cesse de sonner. Un truc en rapport avec le sucre, je crois. Je la fais m’examiner immédiatement.

« Bon, bah il est engagé, en fait. Je vois sa tête. » JE LE SAVAIS.

« On va essayer de pousser ? » Yes please. Je sens un truc qui me gêne. Je veux l’enlever, le faire sortir.

Alors, sur le côté, je pousse. J’attends mes contractions, qui sont devenues irrégulières et plus ou moins longues, et je pousse. Je fixe l’amoureux. On rigole beaucoup avec la puéricultrice, la sage-femme et l’amoureux parfois. Je touche en bas, je sens bien quelque chose. Allez, entre deux éclats de rire, je pousse. La tête est sortie. Je passe sur le dos. Je pousse et je rigole de plus belle quand la sage-femme sort : « Elle va nous le pondre en riant, Freesia ! »

Quelques minutes plus tard, ce qui me gênait ne me gêne plus et, comme pour le confirmer, un cri retentit.

Mais moi, je ne regarde que l’amoureux. Je ne vois que l’amoureux. Que ses yeux, emplis de fierté, brillants et amoureux. Je ne vois que ses lèvres, pincées d’émotion. Je ne vois que cette larme qui coule. Il est 14h27. On est une famille.

Et toi ? Comment as-tu su que c’était le moment de partir à la maternité ? Comment gérais-tu les contractions ? Comment le futur papa les gérait-il ? As-tu pu aller au bout de ton projet d’accouchement ? Raconte !

A propos de l’auteur

26 ans, mariée depuis quelques mois, en couple depuis six ans et maman d'un bébé chat et d'un bébé (plus si bébé) Cookie né en avril 2016, je suis prof de français pour migrants, optimiste, bordélique, passionnée de voyages, de contes, de cuisine et de tout ce que essayer de faire avec mes dix doigts, je fatigue (légèrement) mon entourage. Mais c'est souvent pour la bonne cause ! Pour me contacter : Instagram : @djawene Email : freesiabdv@gmail.com