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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement long mais serein : une jolie parenthèse

Dans mon dernier article, je t’expliquais comment t’occuper en attendant l’arrivée de petit bout. Finalement, j’ai accouché deux jours après avoir écrit cet article, à 39 SA et quelques ! Il ne me restait donc plus beaucoup à attendre…

Les signes précurseurs

Une semaine avant d’accoucher, j’ai fait faux travail sur faux travail. Je commençais à avoir des contractions douloureuses pendant deux-trois heures, et ensuite, plus rien… Perturbant, non ? Ma sage-femme m’a conseillé de marcher et de prendre des bains chauds pour me soulager.

Paradoxalement, ces techniques qui soulagent peuvent aussi provoquer le travail, si ton corps est prêt. En fait, mon petit bout ne savait pas ce qu’il voulait…

La situation la « moins pratique »

Bref, juste quelques heures après avoir mis ces techniques en pratique, je me réveille au milieu de la nuit. Je me sens bizarre…

Attention, partie glamour ! En me levant, je suis « un peu humide », mais rien de très important. Mon médecin m’a prévenue qu’en fin de grossesse, on pouvait avoir de petits soucis urinaires, et que si c’était une fissure de la poche des eaux, on avait cette sensation d’humidité sur plusieurs heures.

Je ne suis donc pas plus stressée que ça. En attendant de voir la suite, je me recouche. Et je fais très bien ! Au moins, j’ai passé une dernière bonne nuit de sommeil avant la grande aventure !

Réveil à 8h ! Je vois mon mari qui compte partir tranquillement au travail. Euh, comment te dire ? Ce que j’ai ressenti cette nuit se confirme en me levant. J’ai fissuré, donc pas la peine d’aller au travail aujourd’hui.

Je commence un peu à stresser. Est-ce que tout est prêt pour partir à l’hôpital ? Après une bonne douche et un petit-déjeuner frugal dans la salle de bain (histoire de ne pas inonder l’appartement…), nous partons à l’hôpital. Les contractions sont régulières, mais peu douloureuses.

Du premier examen clinique à la salle de naissance…

Pour une fissure de la poche des eaux, le travail s’annonce bien. Col ouvert à 1, presque effacé, et contractions déjà très régulières à 10h. Dans tous les cas, je vais avoir droit à des antibiotiques. Eh oui, l’inconvénient d’une fissure (ou rupture) est le risque d’infection pour bébé, qui n’est plus totalement protégé.

Le monitoring est parfait, et j’utilise un ballon pour accélérer le travail. Par contre, le col n’étant pas encore assez ouvert, je ne peux pas aller en salle de travail.

Je me retrouve donc à 13h dans une chambre de l’hôpital. Si le travail ne « s’accélère » pas dans les heures qui viennent, si je n’ai toujours pas de contractions vraiment efficaces, je serai déclenchée le lendemain matin.

Une heure plus tard, les contractions sont régulières (6-7 minutes) et douloureuses.

À 16h, les contractions se sont rapprochées (2-3 minutes). Je sors marcher autour de l’hôpital pour accélérer le travail. Je pleure un bon coup toutes les demi-heures environ. Ça me permet de relâcher la pression et de mieux gérer la douleur.

À 17h, le col est assez ouvert (enfin !) pour descendre en salle de travail. J’échappe au déclenchement ! Petit bout est bien décidé à arriver !

Au moment de descendre en salle de travail, je me sens bien. J’avais eu un petit coup de stress en début d’après-midi, car j’avais peur de souffrir et un peu peur de la poussée, mais au final, l’angoisse s’est vite envolée. Les contractions sont vraiment gérables en respirant bien. Je n’ai qu’une hâte : rencontrer notre petit bout !

Accouchement naissance

Crédits photo (creative commons) : Nate Davis

Et c’est parti pour une nuit de travail !

À 18h, j’arrive en salle de travail, et je veux prendre un bain pour me soulager. Manque de chance, la baignoire est déjà utilisée par une autre future maman. Du coup, je prends une douche bien chaude, j’utilise un ballon, je marche, je continue à pleurer régulièrement…

Bref, je tiens grâce à ces petites astuces, mais aussi grâce au soutien de mon mari (non, je ne lui écrabouille pas les doigts !). Sa présence me permet de mieux gérer les contractions.

La bonne nouvelle, c’est que le médecin qui m’a suivie pendant toute ma grossesse prend la garde de nuit. Il passe me voir, et on plaisante entre deux contractions !

À 22h, mon mari est épuisé. J’aurais bien continué à marcher pour accélérer le travail, mais ça fait maintenant douze heures que nous sommes à l’hôpital, et je souffre depuis 14h. Pleurer me permet de bien gérer, mais je vais peut-être m’arrêter. Ça peut paraître étrange, mais j’aurais pu encore continuer sans péridurale. L’inconvénient de la péridurale, c’est l’obligation de rester alitée une fois qu’elle est posée, alors que je voulais encore marcher.

Quoi qu’il en soit, en dix minutes, je suis soulagée, et mon mari peut enfin se reposer. En plus, je peux la doser comme je veux en appuyant sur un petit bouton. Le produit me procure une certaine chaleur dans le bas du dos, qui me fait beaucoup de bien.

À minuit, la péridurale n’a pas accéléré le travail (alors que c’est le cas pour beaucoup de femmes). Mon col n’est ouvert qu’à 5.

Je passe quatre heures à changer régulièrement de côté pour que le col s’ouvre. Le bébé continue à descendre doucement, mais c’est long, très long… Chaque heure, soit bébé descend, soit mon col s’ouvre d’1 cm. J’ai droit à une perfusion de spasfon, histoire de détendre tout ça. La péridurale ne fonctionne plus d’un côté, mais la douleur est gérable, et va m’être d’une grande aide pour sentir mes contractions lors de la poussée.

Pendant ce temps-là, mon mari ronfle paisiblement à côté de moi. Je me sens plutôt cool… et bizarrement, je ne vois pas le temps passer ! Je somnole un peu, sans véritablement dormir. La nuit est rythmée par le passage de la sage-femme toutes les heures.

Les choses sérieuses (enfin !)

À 6h, mon col est presque à 10. Youpi ! J’aimerais accoucher avant 7h, car c’est l’heure où la super sage-femme qui me suit et mon médecin auront fini leur garde.

Mais à 7h30, toute l’équipe est encore là pour moi. La sage-femme et mon médecin sont restés, alors que leur garde est terminée ! J’avoue que ça me touche énormément !

Maintenant, il est temps de pousser.

Bébé bouge comme un petit fou pendant la poussée. D’après la sage-femme, je fais un travail super. Je veux que tout fonctionne bien. Cette grossesse, c’est un beau pied de nez à la maladie, à mon histoire personnelle, et surtout, à celle de ma maman. Mais je ne pense pas vraiment à ça pendant la poussée. Je ressens plutôt du courage, de la force… Je ne suis pas fatiguée, et je veux y arriver !

Sauf que bébé a une tête un peu trop grosse… Finalement, mon médecin arrive pour m’offrir une petite aide (les spatules). Je suis déçue : il manque un tout petit millimètre pour que bébé passe. La sage-femme y croyait, mais au bout d’une heure de poussée, il est nécessaire de m’aider. Comme il ne manque pas grand-chose, les choses se débloquent très rapidement.

À 8h38, notre petit prince est arrivé. Il pleure bien, et est très vigoureux. La première chose que je fais, c’est le bercer. Puis je remarque ses petites oreilles, qui sont celles de son papa. Mon mari coupe le cordon. Je suis hors du temps. Je suis maman, nous sommes parents. Tout est simple, tout est évident. Je n’ai pas peur, je n’ai pas mal : je le regarde, je l’admire.

La puéricultrice le prend ensuite pour les premiers soins, effectués dans la salle d’accouchement. Mon mari fait un peu de peau-à-peau avec lui. Vient ensuite la tétée de bienvenue : un beau moment tous les trois après toutes ces heures d’attente !

La première photo de notre petit bout est juste magnifique, avec son petit bonnet bleu et ses petites mains en l’air. Il a l’air serein. Il a déjà tellement changé à l’heure où j’écris cet article ! Je suis déjà nostalgique de ce moment.

Et pour conclure : mon ressenti !

Mon accouchement a certes été très long, mais je le considère comme un très bel accouchement. L’équipe a été super, bébé a été super (malgré la durée !) et le papa aussi.

Je n’ai pas vraiment ressenti de peur (ou un bref instant : c’était la peur de l’inconnu !), et je n’ai pas vraiment souffert physiquement. Les contractions sont douloureuses, mais leur réception dépend du tempérament de chacune et de sa résistance à la douleur.

Cet accouchement est une belle revanche sur mes soucis de santé et les appréhensions que j’ai pu ressentir pendant ma grossesse. Quand on écoute son corps, qu’on prend soin de soi et qu’on est très bien suivie, on met toutes les chances de son côté pour que les choses se passent bien. Bref, je suis tellement heureuse que mon fils soit né à terme et en bonne santé. C’est un bonheur immense !

Le séjour à l’hôpital a été très différent de ce joli accouchement, mais je te raconterai tout ça dans un prochain article !

Et toi ? Comment as-tu vécu ton accouchement ? Comment as-tu géré les contractions ? Est-ce que ça a duré longtemps ? Raconte !

Toi aussi, ça te plairait de nous raconter ta grossesse mois après mois ? Toutes les infos pour devenir chroniqueuse grossesse, c’est par ici !

A propos de l’auteur

Je suis la maman de Petit Prince né en 2015 et de Petit Poussin né au printemps 2019. Après deux grossesses bien surveillées, j'assume pleinement ma vie professionnelle avec le soutien sans faille de mon mari et beaucoup de flexibilité & d'organisation. Depuis un peu plus d'un an maintenant, nous avons quitté la région parisienne pour vivre dans l'Est de la France suite à une opportunité professionnelle. Bref beaucoup de changements pour notre famille en très peu de temps !