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A la une / Récit d'accouchement

Mon deuxième accouchement, ma fierté

Je suis à onze jours de ma DPA, épuisée par les chaleurs du mois d’août (super les pics de chaleur à 37°C…) et par ma fille aînée de 2 ans et demi, adorable, mais qui me sollicite énormément en ce mois d’août sans crèche…

Je n’ai qu’une envie : que ce bébé arrive pour que je puisse retrouver l’autonomie habituelle de mon corps, arrêter de me piquer six fois par jour et de prendre de l’insuline matin et soir (oui, oui, à la fin, c’était matin et soir) et manger un éclair au chocolat, parce que j’ai envie d’un éclair au chocolat !

Lors de la dernière visite à la maternité, je suis dépitée. Non seulement l’interne m’annonce que ce n’est pas pour tout de suite, mais en plus, il me donne rendez-vous pour le jour de la DPA, et me dit que s’il ne se passe rien ce jour-là, ils me renverront encore chez moi, puisqu’ils déclenchent à J + 6.

J + 6 ?! J’éructe ! Il est hors de question que je garde mon bébé dans le ventre encore quinze jours ! Je ne tiendrai pas, il faut qu’elle sorte ! Oui, oui, c’est un peu excessif comme réaction, mais si tu as déjà accouché, souviens-toi comme les derniers jours te paraissaient longs ! Et si tu n’as jamais accouché, eh bien… tu verras !

Accouchement voie basse fierté

Crédits photo (creative commons) : breity

Je rentre à la maison, non sans avoir demandé à Chouchou de m’offrir un éclair au chocolat. Oui, au point où j’en suis, je me dis qu’un peu de sucre ne peut pas me faire de mal : je me suis astreinte à ce régime depuis plus de six mois maintenant, vu que mon diabète gestationnel a été détecté très tôt.

Le soir, je tourne et me retourne dans le lit, je n’ai pas sommeil. J’ai des contractions, mais ce sont de fausses contractions, habituelles en fin de grossesse. Je ne fais pas trop attention au fait qu’elles sont plus nombreuses que d’habitude.

Vers 22h, c’est tout de même un peu douloureux, c’est bizarre. Je continue de regarder ma série TV, puis le sommeil me gagne et je m’endors. Je me réveille vers minuit à cause de la douleur. Là, tout de même, je sens bien que c’est l’utérus qui travaille. J’ai envie d’aller aux toilettes – attention, la partie glamour commence…

Il y a un truc visqueux sur le papier toilette. Tiens, ça ressemble à la description du bouchon muqueux. Bon, j’ai lu plusieurs fois que la perte du bouchon muqueux ne signifiait pas qu’on allait accoucher dans l’heure. Donc, je ne panique pas, je me dis que c’est déjà bon signe, que mon utérus travaille. J’ai tout de même de plus en plus mal, mais rien d’insoutenable. Je retourne me coucher.

Mais impossible de me rendormir, la douleur revient régulièrement. Je décide de chronométrer. Effectivement, ça revient presque toutes les cinq minutes. Je commence à souffler presque naturellement, comme si j’avais toujours su affronter cette douleur. Je ne veux pas réveiller mon mari, et surtout ma Babygirl, pour rien, donc je reste dans le salon.

Vers 1h du matin, je n’arrive plus vraiment à me lever, la douleur est trop intense. Tu te demandes ce que j’attends, hein ? Bah, à ce moment-là, je me dis toujours que ce n’est pas l’accouchement qui démarre. Je décide de calmer la douleur avec du spasfon. (Mais oui, bien sûr, ça va certainement me soulager, c’est très intelligent comme réaction !)

Bien évidemment, le spasfon ne fait rien du tout. Les contractions se font de plus en plus fortes, mais je les gère très bien. Je m’assois bien droite, je souffle pour les accompagner. Je repense aux conseils avisés de ma sage-femme : prenez les contractions comme si c’étaient des vagues, acceptez la douleur, détendez-vous, relâchez tout pour la laisser passer.

Ça fonctionne bien pour moi. Je souffle de plus en plus fort, ça réveille mon mari. Je lui dis que je ne me sens pas super bien, que peut-être, il faudrait aller à la maternité, et que je suis désolée de faire ça en pleine nuit.

Chouchou me connaît très bien : si je dis qu’il va falloir aller à la maternité, c’est que VRAIMENT, ça ne va pas. Je suis plutôt du genre à serrer les dents et à attendre le dernier moment pour aller me faire soigner… Il prend tout de suite les choses en main.

En fait, le scénario catastrophe que je craignais est en train de se passer : on doit partir au milieu de la nuit pour la maternité, il faut réveiller Babygirl, et on n’a personne pour la faire garder – ma meilleure amie arrive le lendemain et ma mère quelques jours plus tard.

Babygirl, du haut de ses 2 ans et demi, est un amour. Alors que je prends ma douche assise sur un tabouret, histoire d’arriver propre à la maternité, elle ne bronche pas quand son père la réveille, l’habille et lui explique qu’on va à l’hôpital pour accueillir le bébé. Elle est trop mignonne dans la voiture, à poser des questions – j’avoue que je ne suis pas en état de répondre, concentrée sur mes contractions.

On habite à dix minutes en voiture de l’hôpital (bien sûr, j’ai l’impression que ça dure beaucoup plus longtemps cette fois-là). Il est 3h du matin quand j’entre à la maternité. Je suis prise en charge tout de suite.

La première sage-femme m’engueule à moitié en découvrant que je suis dilatée à 5. C’est imminent. « Pourquoi vous n’êtes pas venue plus tôt ? » J’ai envie de lui dire : « Ok, bah on remonte le temps et je viens plus tôt, comment on fait ? », mais je ne dis rien parce que je souffle (et souffre). Je maintiens mon rythme avec les contractions. Heureusement, c’est une autre sage-femme qui va me faire accoucher, parce que la première s’énerve également de ne pas trouver ma veine dans mon poignet gauche…

Chouchou, pendant ce temps-là, doit trouver quelqu’un pour garder Babygirl. Coup de chance, un de ses collègues de boulot lui répond (à 3h du matin, c’est vraiment un coup de bol !) et accepte de garder notre fille jusqu’au matin. En plus, il n’habite pas très loin de l’hôpital. Il me rassure et me dit qu’il revient le plus vite possible.

Je continue toute seule et encaisse le coup, jusqu’à ce que la sage-femme me dise qu’ils ne pourront peut-être pas poser la péridurale car le travail est trop avancé. Là, je panique un peu… J’ai réussi à tenir jusqu’ici parce que dans ma tête, on allait me poser la péridurale. Aller jusqu’au bout, ce n’est pas la même chose. Je n’y arriverai jamais. Je me remotive, et la sage-femme m’encourage, elle dit que je fais du super boulot. C’est bien d’être encouragée ! Mais je veux la péridurale quand même.

L’anesthésiste arrive en urgence. Bon, je t’arrête tout de suite, « en urgence », ce n’est pas comme dans les séries médicales : personne ne court et l’acte n’est pas effectué en cinq minutes. Non, il faut que je me positionne – vas-y, essaye de t’asseoir correctement quand tu as des contractions toutes les deux minutes… Et il faut qu’elle insère l’aiguille quand je n’ai pas de contraction, tu vois le délire ? Mais j’ai de la chance, elle y arrive, et quelques minutes plus tard, je suis soulagée. Ah, merci la médecine.

Chouchou revient au moment où on me perce la poche des eaux (oui, elle ne s’était pas rompue depuis tout ce temps !) et il m’aide à faire avancer le bébé, qui ne descend pas assez vite, en faisant balancer mes jambes de gauche à droite. Comme je suis sous péridurale, on a le temps de papoter et de rigoler un peu. C’est détendu.

Quand j’ai de nouveau des sensations, sans la douleur, la sage-femme m’annonce qu’on va y aller, qu’il va falloir pousser maintenant. Ok, sauf que moi, bah je n’ai jamais poussé, je ne sais pas ce que c’est (mon premier accouchement, c’était par césarienne).

Ma première poussée est nulle, la sage-femme ne se gêne pas pour me le dire avec humour. Il va falloir faire mieux que ça, sinon, je n’accoucherai pas aujourd’hui. Ha ha, facile à dire ! Je me lance de nouveau. Ça y est, j’ai trouvé le truc. C’est comme si j’étais constipée, quoi.

C’est l’épreuve sportive de l’accouchement. Je pousse très bien, mais mon bébé n’est pas bien positionné. Comme pour sa sœur, elle a les yeux vers le ciel au lieu de vers le sol. Ça ne sera pas facile, mais je devrais y arriver. La sage-femme appelle tout de même un gynéco pour me faire une épisiotomie avant les deux dernières poussées.

Incroyable ce moment où je pousse une dernière fois, et pouf, on me pose mon bébé sur moi. Waouh, je suis submergée par l’émotion. Ma petite fille est enfin là ! Elle est parfaite, bien entendu, elle a une toute petite voix, elle est toute petite (mon aînée faisait 4,7kg à la naissance, alors oui, ma deuxième m’a paru toute petite avec ses 3,2kg). Il est 6h32.

Juste le temps de la voir et de la câliner un peu avant qu’on ne me fasse expulser le placenta. Quoi ? Mais c’est pas fini, le sport, alors ? Nan, il faut encore pousser un peu. Et puis, il faut me recoudre, aussi. Mais je m’en fiche : je ne sens rien, et on m’a redonné mon bébé.

La sage-femme, qui a été géniale pendant tout l’accouchement, me félicite en me disant que ce n’était pas facile vu la position du bébé. Ça fait plaisir, c’est vrai qu’un sentiment de fierté m’a envahie lorsque j’ai tenu ma fille dans mes bras, un sentiment très différent de celui éprouvé lors de la naissance de ma fille aînée.

Pendant la tétée d’accueil, que j’ai souhaité faire même si je ne veux pas allaiter, Chouchou va chercher Babygirl pour l’emmener à la crèche. Mais la demoiselle est trop impatiente de voir sa sœur, ils font donc un crochet par l’hôpital. Normalement, elle n’avait pas le droit d’entrer en salle de naissance, mais le personnel a été sympa et lui a accordé quelques minutes.

Ma grande fille s’approche de nous timidement. Elle me paraît vraiment grande ce matin, comme si elle avait grandi dans la nuit. Et c’est vrai qu’elle a grandi : elle est devenue une grande sœur maintenant.

Elle sourit en voyant sa petite sœur et dit : « Coucou bébé ! » avec tendresse.

Mes deux filles, mes deux amours.

Et toi ? Comment s’est passé ton accouchement ? As-tu beaucoup attendu avant de te rendre à la maternité ? As-tu ressenti beaucoup de fierté en accueillant ton bébé ? Viens nous dire !

A propos de l’auteur

Trentenaire (eh oui !) mariée, maman d'une géniale Little Girl et d'une ravissante Poupoune, j'aime écrire, lire et commenter mes séries TV et films préférés. J'adore voyager, d'ailleurs, avec Chouchou, nous avons fait un tour du monde d'un an : que nous rêvons de réitérer, avec notre tribu !