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A la une / Récit de grossesse

Un premier trimestre en dents de scie

Voilà, Bébé qu’on appellera Petite Merveille s’est installé dans mon utérus, qui a déjà eu une occupante en 2013, puis en 2016. Autant te dire qu’il y a de la place, ce que ne manquera pas de me faire remarquer la médecin qui fera la première échographie.

Crédit photo : widephish

Les cachotteries des premières semaines

Le premier trimestre, pour moi, c’est celui du secret à garder avec Chouchou. On a toujours préféré ne pas révéler mes grossesses avant l’échographie du premier trimestre.

C’est aussi notre moment à nous où on parle du futur bébé, de ce que cela va impliquer dans nos vies. Et bien sûr, pour une troisième grossesse, on se demande comment les filles vont gérer la nouvelle. Little Girl a presque quatre ans et a déjà vécu une grossesse, je pense qu’elle saura le gérer. Je suis plus inquiète pour Poupoune qui n’aura 15 mois quand on leur annoncera (on préfère aussi garder le secret pour les filles). Je me demande ce qu’elle va comprendre, et surtout, je ne veux pas qu’elle se sente lésée, en sandwich entre deux enfants.

Ce sont des questions nouvelles pour nous, les autres sont relativement bien connues et comme j’ai des grossesses rapprochées, on se souvient bien du processus. On s’amuse à regarder comment évolue le bébé dans mon ventre, mais c’est vrai qu’avec deux petites filles à gérer à la maison, on a beaucoup moins le temps d’y réfléchir.

Le challenge, c’est surtout d’arriver à expliquer pourquoi j’ai sans arrêt envie de dormir quand on passe une semaine chez ma belle-soeur… Arriver à faire croire que j’ai bu de l’alcool aux soirées lors d’un week-end entre copines…

J’ai de la chance car à part la fatigue intense, je n’ai pas d’autres symptômes – quand je pense à Doupiou et ses nausées, je m’estime chanceuse de « juste » m’effondrer de fatigue tous les soirs à 21 heures. Je prends même une journée de congé pour dormir, tellement je suis au bout du rouleau. Chouchou trouve ça inquiétant et préfère que je consulte.

Mon médecin me confirme qu’une 3ème grossesse, avec des enfants en bas-âge, c’est épuisant, c’est normal. Mais que pour être sûr que tout va bien, il me prescrit une échographie : au cas où j’attendrais des jumeaux.

Ah ! Le mot est lancé ! Avec Chouchou, on commence à paniquer ! Des jumeaux ? Nan, pas possible, on a absolument jamais envisagé cette option. Autant, passer de 2 à 3 enfants de nous fait pas peur, mais de 2 à 4, on passerait à un autre niveau !

Mais, on se fait à l’idée en attendant l’échographie. Bien sûr, pas de jumeaux. Juste un bébé Petite Merveille qui va bien et qui pompe toute l’énergie de maman.

L’échographie du 1er trimestre

Le premier trimestre aurait pu se passer entièrement sereinement si le jour de l’échographie de 12 semaines, le médecin n’avait pas trouvé une clarté nucale trop épaisse.

Là, tout bascule. On l’a vue nous aussi cette clarté nucale. On se souvient que ce n’était pas comme ça pour les filles. Le médecin nous dit que ce n’est pas très bon et qu’il faut absolument qu’on fasse la prise de sang pour les marqueurs sériques afin de savoir s’il y a vraiment un risque de trisomie.

On s’apprêtait à annoncer à tout le monde ma grossesse, je devais l’annoncer à ma future chef, puisque je change de poste au mois de mars, et finalement, tout est en suspens. Je ne veux plus voir, ni parler à personne le temps d’attente des résultats.

Cette grossesse est soudainement mise en pause dans ma tête. Je me dis que c’était trop beau pour être vrai. Ma sage-femme me rassure comme elle peut en attendant ces fameux résultats qui arrivent au bout de la plus longue semaine de ma vie.

Après avoir eu les résultats de marqueurs sériques, plus encourageants que la clarté nucale, ma sage-femme m’a pris rendez-vous dans un centre de médecine foetale où nous avons été reçus par un professeur spécialiste. Elle m’avait prévenue qu’il était un peu brusque, mais j’ai apprécié son discours. Il nous a clairement exposé les possibilités qui s’offraient à nous :

  • Ne rien faire et accepter l’éventualité de donner naissance à un enfant porteur d’une trisomie
  • Faire une prise de sang (DPNI) qui permet d’analyser l’ADN du bébé pour détecter une trisomie. Cette prise de sang est sûre à 99.9%, et non invasive. Par contre, elle ne détecte que la trisomie. Elle a également un coût car elle n’est pas remboursée (390€). Si résultat positif, il faudra procéder à une amniosynthèse pour confirmer et préciser le diagnostic.
  • Faire une biopsie du trophoblaste. Résultats fiables à 100%, mais invasive puisqu’il s’agit de prélever du liquide du placenta. Il y a un risque de fausse couche à hauteur d’un peu moins d’1%. La biopsie permet de détecter toutes les trisomies, et d’autres malformations.

Bien entendu, le médecin nous rappelle, que même après des résultats rassurants de biopsie, il ne peut nous garantir que nous aurons un enfant en parfaite santé, puisqu’on étudie uniquement les chromosomes du futur bébé.

Après quelques minutes de réflexions, nous décidons de faire la biopsie. Je suis tellement angoissée depuis l’échographie, que j’ai besoin d’être totalement rassurée.

La biopsie du trophoblaste

Je suis prise en charge quasi immédiatement pour aller faire la biopsie. Je te raconte comment ça s’est passé pour moi, au cas où tu serais confrontée à cette expérience un jour, cela peut être rassurant de savoir à quoi s’attendre.

Je me suis entièrement déshabillée dans un vestiaire, et revêtue de ma blouse, mes chaussons et mon bonnet, je suis entrée dans la salle d’opération. Je dis opération, car il y a bien une table, des instruments, et nombreuses personnes dans cette pièce ! Le gynécologue-obstétricien est très sympa, je l’avais déjà vu lors de ma précédente grossesse, je suis rassurée de le voir. Il y a aussi une interne et une externe (normal en hôpital universitaire), infirmière, sage-femme.

Je m’allonge, on me badigeonne le ventre de bétadine tout en m’expliquant la procédure. La sage-femme me fait l’échographie, et on voit apparaitre le bébé à l’écran, qui vit sa vie, tranquillement. Le gynéco doit déterminer où il va insérer l’aiguille pour prélever le placenta, en étant le plus loin possible du bébé. Pour moi, ça tombe pile dans mon nombril, du coup, il est obligé de chercher un autre endroit.

C’est parti, l’aiguille s’enfonce dans mon ventre. Mon cœur palpite à l’idée que l’aiguille puisse déranger Petite Merveille, mais le bébé continue sa vie à l’écran. L’introduction de l’aiguille ne fait guère plus mal qu’une prise de sang, par contre quand elle atteint l’utérus, je la sens bien…

La sage-femme aspire le liquide visqueux du placenta, qui se bloque presque tout de suite dans l’aiguille. Ils essayent un moment de débloquer le liquide, avec un mouvement d’aspiration. J’avoue que ça me fait un peu mal, mais je serre les dents. Le gynéco salue même ma résistance à la douleur !

Finalement, ils arrêtent, en espérant que ça ait marché. J’espère aussi, parce que j’ai moyennement envie de renouveler l’expérience. Après vérification auprès du laboratoire, il s’avère qu’il y a suffisamment de liquide pour faire les analyses. On me nettoie, un petit pansement sur le ventre, et c’est terminé.

Je dois rester me reposer l’après-midi et ensuite, je peux reprendre une activité normale.

Cinq jours plus tard, une sage-femme du centre de médecine fœtale nous rappelle pour nous donner les résultats : absence de toute forme de trisomie. Elle me prévoit une échographie cardiaque du fœtus pour s’assurer que tout va bien. Je suis soulagée, bien plus sereine et je vais pouvoir de nouveau profiter de cette grossesse.

En prime, elle nous annonce que nous attendons une petite fille. Notre 3ème fille, notre Petite Merveille.

Et toi, as-tu eu un premier trimestre angoissant ? As-tu connu la biopsie, l’amniosynthèse ou la prise de sang DPNI ? Raconte-nous ton expérience…

A propos de l’auteur

Trentenaire (eh oui !) mariée, maman d'une géniale Little Girl et d'une ravissante Poupoune, j'aime écrire, lire et commenter mes séries TV et films préférés. J'adore voyager, d'ailleurs, avec Chouchou, nous avons fait un tour du monde d'un an : que nous rêvons de réitérer, avec notre tribu !