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A la une / Vie de maman

Ma façon d’être mère

Je ne sais pas si tu connais ce médecin, Baptiste Beaulieu, qui tient un excellent blog. J’ai lu l’un de ses derniers articles concernant l’attitude des parents avec leurs enfants lorsqu’ils sont en consultation chez lui. Des parents qui parlent mal à leurs enfants, avec agressivité ou grossièreté.

Crédit photo (Creative Commons): komposita

Introspection

Je me suis interrogée : suis-je toujours bienveillante avec Choupinette ? Est-ce que moi aussi, parfois, je ne la renvoie pas quand elle me sollicite ?

Je ne lui parle pas avec grossièreté, c’est sûr. Mais il m’arrive parfois de m’impatienter après elle, de lui refuser des moments de jeu (quelle mère n’a jamais crisé quand son enfant de deux ans préfère galoper en couche à travers la maison plutôt que d’enfiler son pantalon, alors qu’il est déjà 08h15, heure de dépose théorique à la crèche ?). Il m’arrive de lui dire qu’elle m’agace, que je suis fatiguée, que moi aussi, j’ai le droit d’avoir des moments de calme. Il m’arrive de lui refuser de tripoter mon ordinateur quand je travaille dessus (instant vis ma vie : si toi aussi, pour essayer de concilier vie pro et vie perso, tu travailles tous les soirs depuis la maison pour tenter de rattraper les heures qui manquent, on est dans la même galère !). J’essaie de ne pas lui crier dessus. D’ailleurs, j’y arrive plutôt bien à ma grande surprise (ma technique perso : compter jusqu’à 10 en expirant par le nez). Mais parfois, oui, j’élève la voix. Surtout quand elle se met en danger. Parfois, je lui refuse un câlin parce que je suis en train de préparer le diner, qu’il est déjà 19h15, que M. Tad n’est pas rentré, qu’il faut vite se dépêcher pour aller prendre le bain, diner et se coucher, le tout à des horaires compatibles pour que ma toute petite fille reste en pleine forme.

J’essaie d’être constructive, de passer des moments avec elle. Exemple : le soir, en rentrant de la crèche (où je la récupère à 18h15), j’accepte de rester dans la pénombre et dans le froid (merci l’hiver), enceinte de 8 mois, pour qu’elle joue au square. Et de prendre 30min pour regarder les trains, les gens qui y montent et descendent, les escalators, l’ascenseur en verre de la gare. De regarder les lumières des lasers de Noël sur la place de la mairie. Sauf que mon grand bébé de deux ans ne comprend pas la notion de temps. Et qu’après avoir demandé/négocié/posé des limites, je finis par l’attraper et rentrer à la maison manu militari. Avec une petite fille hurlante, qui insiste pour descendre de sa poussette, sous le regard réprobateur des passants.

Le regard des autres

Alors oui, pour le voisin moyen qui me croise, je suis une mauvaise mère, qui s’impatiente après son enfant, qui ne la laisse pas s’épanouir, qui la laisse hurler au lieu d’être dans le dialogue. Mais au fond, voisin, qui es-tu pour me juger ? Qui es-tu pour me dire comment gérer cette petite fille, si mignonne et pourtant au caractère si affirmé ? Cette petite fille qui te dit si gentiment « ponsoi’ misieu » quand elle te croise dans le couloir, et qui dès la porte de l’appartement fermé, se transforme en Hulk (moins la taille, moins la couleur verte).

J’ai essayé les techniques de Super Nanny : se mettre à la hauteur de l’enfant, et lui parler en le regardant dans les yeux, posément. Oui très bien. Sauf que ma fille à moi, elle refuse de me regarder quand je suis à sa hauteur, et quand elle est contrariée, elle se met en boule, tête dans les bras, assise sur ses talons. Impossible de la raisonner. Donc elle pleure, elle hurle. Et puis au bout de 5min, elle finit par se calmer, et venir me voir tout sourire, pour réclamer un câlin.

Je ne suis pas sûre que M. Tad ressente la même pression sociale par rapport à son autorité sur Choupinette. Quand on lit des articles un peu psycho, on parle toujours des mauvaises mères, des mères toxiques. Et les pères dans tout ça ? Globalement, il me semble qu’ils ont un rôle plus facile. Je dois rendre hommage aux qualités de M. Tad, sinon je ne serai pas juste : il s’occupe du petit déjeuner le matin, prépare quelques affaires de Choupinette, lui donne tous les soirs son bain, et la couche. Mais pour le « morning run » (tu sais, la course du matin, où tu es ultra-méga-super en retard à la crèche, et qu’ensuite tu dois galoper pour attraper ton train pour arriver à cette foutue réunion qui débute à 08h30, et pour laquelle tu auras de toutes façons 30min de retard), et le « evening rush » (ce créneau 18h-20h30 où tu dois être prête à tout gérer, sortie à l’heure de la crèche, jeux de fin de journée, diner, rangement, préparation du lendemain, ta mère au téléphone et les factures à payer…), je me sens bien seule. Et ce sont évidemment des créneaux qui sont les plus sensibles pour Choupinette, parce que soit elle est en pleine forme (le matin), soit elle est très fatiguée (le soir).

Le regard des autres peut être difficile à supporter. Je trouve que globalement, être devenue mère m’a appris la patience et l’empathie. Maintenant quand un enfant pique une crise dans le train, au supermarché, dans la rue (aucune mention inutile à rayer), je me sens solidaire du parent ou de la nounou qui doit gérer ça. Non, ce n’est pas forcément de notre faute si l’enfant se conduit mal, ce n’est pas un manque d’éducation, c’est l’apprentissage de l’éducation, nuance. Donc cette année, avec l’arrivée imminente de Numérobis, je reste zen, je me détache du regard des autres et je fais de mon mieux. Et ça sera déjà très bien !

T’arrive-t-il de t’énerver après ton enfant ? Comment gères-tu les crises ? Te sens-tu toujours soutenue ou le regard des autres te pèse ?

A propos de l’auteur

Je suis Rigel, mariée, maman d'une Choupinette née début 2016, et de Numérobis, de début 2018. Je n'aime pas le matin et le dimanche soir. J'aime les plannings bien organisés, le sport et le chocolat.