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10 choses qu’on dit aux couples infertiles qui appuient là où ça fait mal


Publié le 19 mars 2015 par Mia Fievez

Pour être moi-même passée par la case infertilité (il m’a fallu plus de 4 ans et demi avant de connaître les joies de la maternité), je sais combien c’est difficile tandis qu’on galère d’entendre les propos de certaines personnes qui ont des enfants à la minute même où ils l’ont décidé !

Et pourtant, si j’écris aujourd’hui, c’est pour donner quelques infos aux personnes qui souhaitent aider leurs amis infertiles. Parce qu’avoue, ce n’est pas évident…

Pour comprendre, voici les principales difficultés auxquelles font face les couples qui ont des problèmes de fertilité :

  • L’incertitude totale : si on nous disait « Il faut attendre deux ans avant d’être parents. », on pourrait encore se dire « OK, soyons patients. » Mais l’infertilité, ce n’est pas ça. Et cette incertitude nous enferme dans une solitude énorme, on se sent complètement seul (ce qui est incroyable d’ailleurs, quand on sait qu’un couple sur cinq connaît des difficultés à concevoir un enfant !).
  • Bien sûr, il y a la lourdeur du médical : le rythme fatigant des traitements hormonaux, des examens à n’en plus finir (et en prime, si tu es dans un hôpital universitaire, tu as droit à toute la promo de médecine qui vient assister…).
  • Les échecs à répétition : chaque mois est un constat d’échec, et les jours qui précèdent l’arrivée des règles sont des faux espoirs, nourris du moindre symptôme de grossesse.
  • Le couple en prend un coup, parce qu’en plus des câlins programmés (pas top pour la libido, surtout avec les années…), un sentiment de culpabilité peut aussi émerger (surtout si un seul des deux est diagnostiqué comme ayant un problème de fertilité).
  • En prime, cette infertilité remet en question toute la féminité ou virilité de la personne. Ça va bien plus loin que l’enfant tant attendu, c’est son corps qu’on finit par détester ! (Les femmes détestent souvent leur ventre puisqu’il n’est pas capable de donner la vie, elles se sentent « vides à l’intérieur ».)
10 choses qui font mal qu'on dit aux couples infertiles

Crédits photo (creative commons) : Simon & His Camera

Au fur et à mesure de mon parcours, j’ai fini par comprendre que les maladresses des amis fertiles partaient en fait d’une bonne intention (enfin au moins 9 fois sur 10). Mais je confirme qu’on ne le perçoit pas du tout comme ça au moment même…

Je te présente donc ces quelques conseils si tu veux éviter les maladresses… Voici les 10 choses qui ont tendance à remuer le couteau dans la plaie :

1/ « C’est parce que tu y penses trop ! »

Celle-là, vraiment, on n’en peut plus ! 
Parce qu’avec les mois (et les années) qui passent, cette sacrée horloge biologique qui s’est mise à faire tic tac, les examens à n’en plus finir, les câlins sur commande et les traitements à heure fixe, avec la meilleure volonté, je ne vois pas trop comment on pourrait arrêter d’y penser ?!

En prime, ça sous-entend que c’est un peu de notre faute. La culpabilité en plus, non merci !

2/ « Je te comprends »

À moins que tu sois toi-même passée par là, tu ne peux pas comprendre… Tu peux imaginer, oui, mais pas comprendre.

Le pire c’est quand on nous dit « Ah oui, moi c’était pareil, on a attendu 3 mois ! » 
Nooooon, ce n’est pas pareil ! Même sans être dans la compétition d’expérience (on n’est pas là pour savoir laquelle a le plus mal), compare des pommes avec des pommes : quelques mois versus plusieurs années, ce n’est pas comparable (surtout passé la trentaine, où le taux de fertilité diminue constamment).

3/ Nous demander constamment « alors, vous en êtes où ? »

En gros, la réponse c’est « toujours au même point » ! En PMA, la lenteur médicale est à peu près identique à l’arriéré judiciaire, on met 3 ans ! 
Le pire surtout, c’est que ça nous renvoie à ce stand by. Dis-toi bien que le jour où il y aura du nouveau : tu le sauras !

4/ « Vous devriez partir en vacances/vous marier/déménager… »

Si des vacances, un mariage ou un déménagement étaient un remède à l’infertilité, ça se saurait !

5/ Te plaindre devant nous de tes gamins qui n’ont pas rangé leur chambre (ou des maux de grossesse)

Ces problèmes-là, on donnerait tout l’or du monde pour les avoir…

6/ Les remarques du style « Vous, au moins, vous pouvez profiter ! »

Profiter de quoi ? Des rendez-vous médicaux à 7h du mat’ quand tu as une heure et demie de route pour te rendre au centre PMA ? Profiter des piqûres que tu peux te faire seule comme une grande  (et de te cacher dans les toilettes du restaurant en évitant de passer pour une toxicomane qui prend sa dose !), des hormones qui jouent aux montagnes russes (et les kilos qui font pareil !) ?

7/ Nous rappeler la lourdeur des traitements et des examens

Je me souviens d’une amie qui me disait « Oh lala, moi je ne sais pas comment tu fais pour tenir le coup. Après 4 mois et sans aucun examen, j’étais déjà complètement démoralisée… ». Oui c’est sûr qu’en pensant comme ça, on n’aurait aucune chance de savoir ce que c’est que d’être parents. C’est suffisamment dur, ce n’est pas la peine d’en rajouter.

8/ Partir du principe que l’un des deux dans le couple a forcément un « problème »

Aujourd’hui, 15 à 20% des cas d’infertilité sont inexpliqués. Qu’un diagnostic médical ait été posé ou non, le fait de demander lequel des deux a un problème revient à nous demander : « c’est qui le coupable ? ».

9/ Vouloir rassurer sur les fausses couches, en nous disant que « c’est bon signe, ça veut dire que ça marche ! »

Non, une fausse couche n’est pas un bon signe! C’est une douleur supplémentaire, c’est tout.

10/ Nous rassurer sur notre âge

Avec la meilleure volonté du monde, la sympathie vis-à-vis de notre âge ne changera en rien les statistiques médicales. Nous dire « vous êtes encore jeunes », c’est peut-être vrai pour un job, mais malheureusement pas pour la fertilité.

Le sujet des problèmes de fertilité met mal à l’aise, bien sûr. Il y a des moments où on ne sait pas quoi dire. Et bien tu sais quoi ? Ce n’est pas grave. Une simple petite phrase pour nous dire « si tu as envie d’en parler ou de te changer les idées, je suis là pour toi » suffira largement.

Chacune réagira de façon différente, certaines voudront parler de leur infertilité, de leurs examens, alors que d’autres n’en diront pas un mot. Peu importe, il n’y a pas de mode d’emploi. On a juste besoin de savoir qu’en amitié, l’autre est là pour nous. Que ce soit pour se changer les idées ou se confier.

Et toi ? Il t’est déjà arrivé de te montrer maladroite en essayant de remonter le moral à un couple en PMA ? Tu es toi-même en PMA et tu as entendu tout ça mille fois ? Comment réagissais-tu ? Raconte !

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Commentaires

29   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virginie

Merci pour ceux qui le vivent et pour ceux qui voient des proches le vivre. Ce n’est évident pour personne car, lorsque cela touche un proche, ça fait vraiment mal de savoir qu’il doit vivre ça et on voudrait tout faire pour l’aider mais tu sais quoi ? ba, on est impuissant.

le 19/03/2015 à 08h59 | Répondre

Mia FIEVEZ

Merci pour votre commentaire Virginie. L’infertilité « dérange », tant celui qui la vit (évidemment!) que ses proches qui se sentent effectivement complètement impuissants et qui tentent de réconforter parfois par des phrases maladroites. Le plus important est juste de montrer à l’autre qu’on est là, tant pour lui changer les idées que pour l’écouter lorsque ça ne va pas.

le 19/03/2015 à 10h00 | Répondre

Madame fuschia

Merci pour ce témoignage, je me sens moins seule. Nous attendons la cigogne depuis maintenant 18 mois ..
Nous sommes en plein dans les différents examens. C’est très stressant, très long et très culpabilisant.

Je te comprends tellement quand tu dit qu’on déteste son corps. chez moi énormément de culpabilité.
Pour l’instant nous ne l’avons pas dit, mais nous avons les remarques du style :  » c’est pour quand?  » vous avez perdu le mode d’emploi???…
Bref des moments pas faciles et je le pressentiment que ça va encore être très long…

le 19/03/2015 à 10h06 | Répondre

Two Love

Coucou Madame Fushia, as -tu reçu mon mail?

le 19/03/2015 à 15h01 | Répondre

Madame fuschia

oh oui j’ai reçu ton mail… je l’ai bien gardé de coté. Je vais t’écrire bientôt mais il me fait du temps. et j’en manque un peu bcp…. je suis désolé. Encore merci de ta gentillesse et du temps que tu m’accordes.

le 19/03/2015 à 15h35 | Répondre

Two Love

Ah ok, j’avais peur d’avoir une mauvaise adresse!
A bientôt alors!

le 19/03/2015 à 16h50 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Merci pour ton témoignage, je ne suis dans aucune situation pour le moment, mais je connais pas mal de gens qui essayent d’avoir un enfant et je trouve que tes mots sont justes et j’apprecierais sans doute de les avoir en tête si jamais je me retrouve dans la situation !

le 19/03/2015 à 10h15 | Répondre

Lunaly

J’ai un couple de connaissance qui est en PMA depuis deux ans maintenant et j’avoue que je n’ose pas demander comment ça va au niveau des examens et du coup, je préfère ne rien demander même si j’aimerai bien les aider mais j’ai trop peur de paraître trop indélicate. J’ai eu l’occasion de lire des blogs et témoignages de femmes qui sont en PMA et ça me fait mal pour elles mais là encore j’ose pas écrire un petit mot de réconfort vu que je ne suis pas concerner même si j’imagine les moments de tristesse que ces couples endurent.

le 19/03/2015 à 10h17 | Répondre

Madame Tout Court

Tu peux juste leur demander comment ils se sentent et leur dire que tu penses à eux! Ça fait toujours plaisir de se sentir écouté et épaulé 🙂

le 19/03/2015 à 13h22 | Répondre

Two Love

Je crois aussi que l’important c’est de montrer qu’on est là sans poser de questions. C’est à dire laisser la possibilité au couple qui a des soucis de parler de son parcours, dans les détails autant technique que psychologique, mais aussi accepter qu’ils ne souhaitent pas en parler, ne pas être le centre d’intérêt du repas de famille. Juste avoir envie pour un moment, de penser à autre chose!

le 19/03/2015 à 15h08 | Répondre

Madame Suisse

Bonjour!

C’est un très bon article et à vrai dire, ce n’est pas le premier que je lit sur ce sujet (qui touche beaucoup plus de personne qu’on ne le pense).
Je suis bien d’accord avec toi sur certains „conseils“ qui n’ont absolument pas leur place, tel que „Arrête ‚y penser“. Même en n’ayant pas eu de problème, j’y pensait tout le temps. Ce n’est pas possible autrement.

Je suis d’accord sur tous les points que tu évoques, sauf un:

Te plaindre devant nous de tes gamins qui n’ont pas rangé leur chambre (ou des maux de grossesse)

J’espère que mon point de vue ne va blesser personne, mais j’ai un peu de mal à comprendre ce que tu voudrais. Voudrais-tu que tes amies, qui ont des enfants ou sont enceinte, ne se plaignent pas du tout/n’en parle pas et donc occultent une partie de leur vie? C’est une vrai question, pas une provocation, mais je pense que dans ce cas, tu risque de t’isoler encore plus car la plupart des gens auront peur de faire des gaffes. Il est difficile de ne jamais parler de son quotidien et si ca se trouve, ce quotidien peut leur peser très lourd et dans certains cas, être un véritable problème. On peut être très angoissée par raport à sa grossesse, et ces angoisses peuvent être très envahissantes. Pareil avec les enfants. Je vis actuellement une période un peu difficile et le quotiden avec mes enfants en fait partie. C’est une grande partie de ma vie de tous les jours et si je ne peux pas en parler du tout, je pense que je verrais moins la personne. Tout simplement parce que moi aussi, je ne vais pas très bien et on ne peut pas systématiquement mettre ses problèmes de côté, quels qu’ils soient.

J’espère que je me suis bien exprimée, mais je voulais juste apporter un point de vue des „autres“, cequi n’ont pas eu ce problèmes, mais peut-être beaucoup d’autres.

le 19/03/2015 à 11h11 | Répondre

Urbanie

Merci pour cet article, c’est toujours utile d’avoir le point de vue de personnes qui traversent des épreuves que nous ne pouvons pas comprendre, à moins d’y avoir été confrontées directement.

Moi j’avoue que, spontanément, j’ai tendance à essayer de rassurer coute que coute, en disant « mais si, ça va marcher ». En vrai je n’en sais rien, mais je pense que c’est juste humain d’essayer de consoler comme on peut. Malheureusement quand on console on est souvent… maladroit. :/

Je ne suis pas passée par l’infertilité, mais par une autre forme d’épreuve très différente (le deuil périnatal), mais j’ai du aussi faire face aux personnes qui essaient de consoler (et parfois, qui font plus de dégats qu’autre chose); le pire pour moi, ce n’est pas tant quand la personne est maladroite mais pleine de bienveillance, mais plutôt quand j’ai l’impression qu’elle cherche à « nier » ou minimiser le vécu: les « vous au moins, vous pouvez profiter », c’est un peu dans le même style. …. ouh que ça m’agace! Même si je sais que, là encore, ce n’est rien d’autre qu’une forme de maladresse!

Par contre je rejoins Madame Suisse: quand on est enceinte, parfois ça se passe bien, parfois plutôt mal. C’est en effet compliqué de mettre de côté son ressenti lorsque ça se passe mal. Je sais que, en plein deuil périnatal, je faisais attention à ne pas fréquenter de femmes enceintes pour ne pas leur en vouloir si elles abordaient leur grossesse, en particulier si certaines en bavaient – parce que, on peut être enceinte, et en baver. Certes la mienne s’était terminée de façon dramatique mais… ça n’était pas de leur faute à elles. c’est difficile quand on souffre de ne pas hierarchiser sa douleur par rapport à celle des autres, mais si une douleur existe… elle existe, et on ne peut pas la nier.

De la même manière, lors de ma première grossesse (celle qui s’est mal terminée), je me suis parfois retrouvée confrontée à des personnes que je connaissais très peu mais qui devenaient agressives ou m’expliquaient leur dossier médical de but en blanc, ce qui me mettait extrêmement mal à l’aise; C’est également très compliqué à gérer, parce qu’une femme enceinte ne peut pas faire « semblant » de ne plus être fatiguée ou malade si elle est fatiguée ou malade. Je me doute que, les 3/4 du temps, les réactions hostiles face à une femme enceinte ou une jeune maman sont très probablement liées à un vécu difficile, mais pour avoir connu les deux côtés de la maternité (le bon, le pas bon du tout), j’insiste vraiment sur la difficulté pour la femme enceinte ou la jeune maman de devoir faire « abstraction » de ce qu’elle vit en ce moment.

Comme Madame Suisse, j’espère ne pas trop mal m’exprimer, mais je veux simplement nuancer la difficulté pour une jeune maman de se positionner aussi, même si sa situation semble mille fois plus enviable que celle d’une personne qui ne parvient pas à tomber enceinte.

le 19/03/2015 à 11h57 | Répondre

Madame Tout Court

Je suis à la fois d’accord avec vous deux, et pas d’accord.
Bien sûr, on peut éprouver des difficultés enceinte ou en étant maman, et il est absolument légitime d’avoir besoin et envie d’en parler!
Mais je pense aussi qu’il faut savoir s’adapter à la personne à qui on parle. Si tu sais que la personne en face de toi a des difficultés à concevoir un enfant, ce n’est peut être pas la meilleure personne à qui parler de ton bébé qui fait pas ses nuits – même si c’est très dur à vivre pour toi, ta situation lui paraîtra forcément plus enviable que la sienne.
Ça ne veut pas dire que tu ne dois pas en parler du tout, mais pas la peine de s’épancher là dessus dans toutes les largeurs avec elle – trouve qqn d’autre de plus réceptif à tes malheurs !

le 19/03/2015 à 13h19 | Répondre

Urbanie

Je comprends ce que tu veux dire, et en fait c’est très complexe comme sujet: peut-on se plaindre de souffrir devant quelqu’un qui souffre aussi, voire plus? (Vous avez 3 heures! 🙂 )

Je suis en effet tout à fait d’accord lorsqu’il s’agit d’un proche qui souffre: oui, il faut savoir s’adapter et ne pas en rajouter une couche avec ses « nuits blanches » ou autres petits tracas de future/ jeune maman (sinon, c’est qu’on est pas une très bonne amie, on est juste un peu égoiste!).

Mais (et c’est là que je nuance mon propos) on ne peut pour autant pas demander au reste du monde de faire « comme si »: comme s’ ils n’étaient pas parents, comme s’ ils ne souffraient pas non plus lorsqu’ils rencontrent de réelles (j’insiste sur « réelles »!) difficultés (avec leur bébé, pendant leur grossesse). Chaque souffrance, du moment qu’elle existe, a le droit d’être dite. Sinon c’est qu’on hiérarchise la douleur des gens et, non seulement c’est totalement subjectif, mais en plus… on ne s’en sort jamais (c’est affreux à dire mais il y’a toujours « pire »!)

Je suis enceinte en ce moment, j’en chie (on va appeler un chat, un chat, hein! 😉 ): oui, je réalise ma chance d’être enceinte à nouveau; non je n’irai pas me plaindre devant une copine qui n’arrive pas à avoir d’enfants (sinon je serais une horrible personne!).

Mais, parfois, quand je me fais rentrer dedans par de quasi inconnues (ça m’arrive, j’ai ce qu’on appelle une « bonne tête », c’est à dire que j’attire facilement les gens, qu’ils se confient facilement à moi… et disons le clairement: ils essaient de se défouler aussi beaucoup plus facilement sur moi, c’est le revers de la médaille), je suis désolée mais… ce n’est pas de ma faute, je ne peux pas faire semblant de ne pas être enceinte dans la rue ou à un diner auquel je ne connais pas tout le monde.

C’est injuste, je compatis pour ces personnes que je connais très peu (voire pas du tout), mais je n’y suis pour rien! J’en parle d’ailleurs dans un article qui va paraitre prochainement, par pure coincidence (je précise, hein!).

Parce que, même en étant la meilleure personne du monde, la plus à l’écoute, parfois, en cas de souffrance, la colère de l’autre peut devenir trop grande. Et dans ce cas, que fait-on? Je ne ne pense pas que devoir mettre un mouchoir sur sa propre vie soit une solution très saine non plus, ni que cela calmera la douleur de l’autre, en fait.

Je n’ai pas de solution, hein, je précise 🙂 . Personnellement, je me suis donc éloignée des femmes enceintes pendant quelques semaines, et j’ai été parler à « quelqu’un » de ma douleur et de ma colère. Chacune aura sa propre façon de faire et de gérer sa douleur. Mais je pense qu’il y’a un équilibre à trouver.

Et puis parfois, il vaut mieux s’éloigner de certaines personnes lorsqu’elles sont trop toxiques: la « copine » qui n’arrive pas à comprendre que tu souffres de ne pas avoir d’enfant et qui te raconte les mauvaises nuits de son petit dernier, bon: on est d’accord, c’est pas indispensable de la voir trop souvent! (ni de la voir tout court).

le 19/03/2015 à 14h27 | Répondre

Demetra

Je suis passée par la case FIV et je connais deux couples qui traversent ça.
J’ai servi de guide pour les copines, histoire de les soutenir mais l’une d’elle le demande toujours comment va ma puce et j’avoue voir des scrupules à lui parler de mes ennuis de jeune maman. J’ai d’autres amies pour ça mais ma copine est adorable et futée. Elle a bien compris que je refusais de lui raconter mes soucis et elle m’a gentiment rappelé que la vie n’est pas toujours rose et que je ne devais pas culpabiliser, car j’ai connu la PMA aussi 😉
A sa place, j’ignore si j’aurais été aussi « charitable » 😀

le 04/04/2015 à 21h37 | Répondre

Two Love

Je suis assez d’accord avec madame tout court. Il faut adapter ses paroles à son public, même si une souffrance pour cause d’infertilité ne « vaut  » pas mieux qu’une souffrance parce qu’un petit est « difficile ». Je pense qu’il vaut mieux aller se plaindre à sa copine qui a des enfants, qui pourra certainement mieux comprendre et peut-être apporter une aide, plutôt qu’à une personne qui ne connait pas ce genre de problème car elle n’a pas encore d’enfant.
Taire ses problèmes n’est pas la solution mais peut-être en parler de façon différente, le nuancer.

le 19/03/2015 à 15h04 | Répondre

Sophie

C’est « drôle » cette manie qu’ont les gens de toujours se mêler de ce qui ne les regarde pas, et surtout de ce qui ne les touche pas.
J’ai ma meilleure amie en essai depuis un an, et elle commence à s’inquiéter; plutôt que de lui donner des « conseils », je ne fais que l’écouter, lui donner des pistes à la limite, mais que si elle me le demande.

J’ai un couple de cousins de mon mari qui sont passés par des fiv à répétitions.
Et moi, qui arrive dans cette famille, et qui tombe enceinte rien qu’en le demandant… Deux fois de suite. Et pendant ce temps là, eux galéraient comme pas possible. Et bien personnellement, je me taisais. Je sais qu’elle m’a haïe, son regard sur mon ventre rebondi ne trompe pas, mais je ne lui en ai jamais voulu, parce que c’est une réaction tellement normale, tellement humaine!
J’ai pris soin de ne jamais me plaindre de mes grossesses devant eux, de ne jamais me plaindre des nuits pourries ou autre de mes fils devant eux: ça aurait été inconvenant et incroyablement cruel de ma part que de relater mes « petits » malheurs alors qu’ils auraient aimé être à ma place.

Leur 3e FIV a marché, et j’ai été ravie pour eux, surtout qu’on a vécu notre grossesse « ensemble », moi c’était ma 3è, et elle la 1è, et je me suis toujours effacée lors des repas familiaux, pour lui laisser toute la place qui lui revenait. Je détournais l’attention (normale, vu mon bidon bien rebondi) sur elle et le sien 😉
Parce que normalement, elle aurait du être la première à agrandir la famille.

Sa dernière FIV lui a offert des jumeaux, après une grande soeur, et maintenant on partage nos galères, et on se comprend d’un seul regard au moindre pleur ou autre de nos petits ;). Nos relations ont toujours été très bonnes malgré mes deux grossesses « maladroites » (dans le sens ou je suis tombée enceinte tout de suite pour les deux, alors qu’elle a eu un parcours médical très lourd pendant que mon ventre s’arrondissait)

Mais je suis de nature hyper empathique, je me mets toujours à la place de l’autre surtout quand il est en souffrance.

le 19/03/2015 à 12h24 | Répondre

Dine

Merci Sophie pour ton commentaire qui montre que tu es une personne sensible et respectueuse.
Le fait que tu ai « laissé sa place » à cette cousine quand enfin elle a eu le bonheur d’être enceinte est très généreux. Si tout le monde pouvait être comme toi !
On imagine pas à quel point les femmes enceintes (pas toutes, je me doute) peuvent avoir besoin d’être « importantes » aux yeux des autres dans ce moment là de leur vie. Moi qui ai arreté la pilule il y a maintenant 6 mois, j’essaye évidemment de ne pas « trop y penser » comme on dit mais impossible, j’ai peur que le temps passe et que ça ne marche pas naturellement, les gens ne comrprennent pas toujours cette inquiétude (forcément quand on est une femme qui est tombé enceinte en quelques semaines à peine !) mais pourtant c’est normal de s’inquiéter, tellement de couples rencontrent des difficultés qu’on se demande forcément: et si j’en faisais partie ? Et si mon homme était stérile ?
Je fais partie de ces jeunes femmes qui ont une réelle envie de connaître l’état de grossesse (depuis des années. Ce qui me faisait plus peur par contre c’était le fait d’être maman, car je suis qqn d’angoissé, mais maintenant je suis prête pour les 2 ; grossesse et maman !).
J’ai 28 ans dans qq mois et j’aimerai tellement être enfin enceinte avant mes 30 ans ! Oui je sais il reste encore 2 ans, mais si je pouvais connaître ce bonheur cette année je serai très heureuse (et mon mari tout neuf aussi).
Et puis comme cet article le dit si bien, la pression sociale, l’entourage, pèse lourd aussi. Je commence moi aussi à avoir qq réflexions (parce que j’ai déjà 27 ans passés, que je me suis mariée en été dernier et que donc tout est apparemment réuni pour que le bébé soit la prochaine étape !).

le 19/03/2015 à 14h24 | Répondre

Yaelle

j’imagine bien la difficulté, cependant j’ai moi même souffert du point n5. ayant exprime la difficulté ( relative ) d’avoir des enfants très rapproché les vilaines réflexion du type  » de quoi tu te plaind moi j’arrive pas a en avoir » sont très mal venue ! cela reviendrai a renvoyer au point n2 et n6 du moins si on a envie d’être pas sympa… ce n’est la faute de personne ! pour le reste j’ai grace a ces conseils pu adapter mes paroles parce que je me rend compte qu avant j’aurais sûrement eux des paroles indelicate bien que partie d-une bonne intention!

le 19/03/2015 à 14h05 | Répondre

Laura

Après trois ans d’essais, une année en PMA, deux fausses couches (sur-naturelles) en moins d’un an ces derniers mois et toujours dans l’attente de devenir parents, je comprends cette douleurs que les mots peuvent provoquer même si ce n’est pas intentionnel. Le fameux  » c’est parce que vous y pensez trop »…comme si toute personne qui a un projet d’enfant n’y pensait pas… Je crois que c’est plus simple pour certaines personnes de se rassurer en se disant que ça ne peut qu’être psychologique. Ca nous fait mal effectivement d’entendre certaines réflexions, surtout lorsqu’elle touche au final à une certaine culpabilité mais avec le temps je pense qu’on relativise et qu’on se dit que c’est difficile pour autrui d’appréhender ce qu’il ne connait pas et qui touche des proches, il en va de même pour la maladie, la mort, et tout autre sujet tabou . Du coup, pour notre part, on a prit le parti d’expliquer justement le parcours, de détailler, pour que les gens qui nous aiment puissent comprendre la difficulté de ce long chemin. Et puis ça n’empêche pas aussi d’être désolée pour la copine qui a un bébé qui ne fait pas ses nuits, du moins pour ma part, parce que c’est l’enfant qu’elle a mis au monde, je peux l’envier d’être mère oui, mais je ne l’envie pas d’être la mère de cet enfant, et ne la deteste pas parce qu’elle n’est pas toujours être émerveillée par lui. Mais il est vrai que parfois, lorsque pour la énième fois les règles débarquent et que l’on a une amie au téléphone en plein baby blues, on peut ne pas être la meilleure oreille :). Ce que je retiens de ton article et que je comprends et partage, c’est que parfois, quand une personne qu’on aime souffre, ce qui importe n’est pas de trouver les mots, mais juste d’être présent.

le 19/03/2015 à 14h25 | Répondre

Urbanie

complètement d’accord! 🙂

le 19/03/2015 à 14h29 | Répondre

Madame Suisse

C’est exactement ca, tu as trouvé les mots juste: on n’est pas forcément une bon oreille pour un/une amie, suivant ce que l’on vit nous même. Cela ne met pas en cause l’amitié.
Mon enfant a été hospitalisé 3 mois et je ne pouvais plus aider une amie au chômage, comme elle ne « pouvait » pas vraiment entendre mes problèmes. Maintenant que tout est reglé, on se revoit volontiers! C’est juste qu’au même moment, nous n’étions pas très ouvertes aux problèmes de l’autre.

le 19/03/2015 à 15h32 | Répondre

Laura

Tout a fait d’accord Madame Suisse, lorsqu’on est dans une situation difficile ce n’est peut-être même pas bon pour le moral d’être avec d’autres personnes en difficulté, non pas que l’amitié soit que pour les bons moments mais je comprends qu’une maman qui est inquiète pour son petit bout hospitalisé a besoin de personnes qui puissent l’épauler. Pour donner une petite note positive, pour le cas de l’infertilité, ce n’est pas un événement tragique, on vit avec, parfois c’est difficile mais ça n’empêche non plus d’être heureux et capable la plupart du temps d’écouter les problèmes de ses proches, et aussi de se réjouir de leur bonheur par là même ( arrivée d’un bébé, etc…). Pour moi, mon travail est une bouffée d’oxygène et pourtant j’y suis entourée d’enfants en bas âge et quelques fois de familles dans des situations plus ou moins difficiles.

le 20/03/2015 à 16h30 | Répondre

Nounie

Je suis d’accord à 100%… Moi aussi suis passée par un parcours PMA, en Belgique en plus, donc merci les allers-retours et les suivis hasardeux en France… 4 ans pour avoir mon fiston, ça laisse des traces.

le 19/03/2015 à 14h58 | Répondre

Mademoiselle Espoir

Comme ton article résonne en moi, je peux l’imprimer et l’accrocher à mon boulot par exemple ?! 😉 Même si je suis très souvent en colère contre ce genre de réflexion qui me font très mal, je me dis que si j’étais de l’autre côté, je pourrais moi-même parfois manquer de tact. Mais quand même, parfois les gens ne réfléchissent pas. Aujourd’hui, après 5 ans d’attente, je le vis mieux (et encore) mais c’est surtout à l’annonce de notre infertilité que cela a été dur à encaisser et à entendre. Et comme tu le dis très bien, je n’attends pas des mes proches qu’ils me comprennent ou qu’ils me rassurent mais seulement qu’ils soient présents.

le 23/03/2015 à 14h37 | Répondre

Mia FIEVEZ

Excellente idée : imprime-le et encadre-le Mademoiselle Fleur, si ça peut te faire du bien! Bien sûr que ces réflexions font très mal, on se les prend en pleine figure. Mais il est vrai qu’il peut aussi nous arriver d’être maladroites (genre se plaindre de son chéri à la copine célibataire qui rame…!), les maladresses sont humaines. La seule chose, c’est que dans des situations d’infertilité, c’est l’accumulation de remarques (même bienveillantes) qui est dure à gérer. Continue à y croire, et prends soin de toi surtout (je sais qu’on a parfois tendance à s’oublier soi-même dans la PMA,on ne vit que par et pour ça…). Et si tu as besoin d’un peu d’aide, n’hésite pas. Je te souhaite un beau ++

le 23/03/2015 à 19h54 | Répondre

Mademoiselle Espoir

Je pense que c’est à moi que tu répondais Mia FIEVEZ, merci c’est très gentil à toi. En effet, il est très important de penser à soi et à son couple durant ce long parcours et je l’ai appris à mes dépends.

le 24/03/2015 à 09h44 | Répondre

Nadou

Bonjour,

Mon mari et moi essayons depuis 4 ans, sans succès. Une amie de mon mari nous fait garder son bébé de deux mois et cela me met mal à l’aise. Je me demande si c’est un sentiment légitime, de ne pas vouloir garder son bébé, ou si c’est juste de la jalousie mal placée. J’ai honte de lui refuser ce service car mon mari lui avait déjà proposé (sans me demander mon avis). Je trouve qu’elle abuse de la gentillesse de mon mari car ils se connaissent depuis longtemps.

le 05/03/2016 à 22h31 | Répondre

Merci

Merci pour cet article , je me suis reconnue dans la plupart des points,

Je rajouterai une qui fait aussi mal « pourquoi vous n’adoptez pas ?  » c’est tellement facile de dire cela quand on peut en avoir naturellement , de plus le couple désire tellement en avoir naturellement , pour moi cela veut dire  » laisse tomber , abandonne et adopte c’est mieux pour vous  »

L’adoption est un dernier recours , selon moi …

Voilà courage à toutes

le 11/08/2016 à 13h22 | Répondre

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