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Témoignage / Vie de maman

Le point allaitement d’Albertine – partie 2 : continuer à allaiter malgré la reprise du travail

Cet été (faisons durer l’été jusqu’en octobre ;)), les chroniqueuses de Dans Ma Tribu ouvrent leur cœur et te disent tout tout tout… sur l’allaitement ! Régulièrement, une chroniqueuse viendra t’expliquer ses choix sur l’allaitement, artificiel ou maternel, subi ou choisi, grande fierté ou grosse culpabilité, elles ne te cacheront rien !

Aujourd’hui, Albertine vient te raconter comment elle a continué à allaiter malgré sa reprise du travail.

La reprise du travail

Je t’ai laissé dans mon dernier article à la fin du deuxième mois de Petit Viking. Mon allaitement est bien lancé et c’est déjà l’heure de commencer l’adaptation chez la nounou !

Petit Viking étant déjà habitué aux biberons, cela ne lui pose aucun problème d’être au sein matin et soir et au biberon dans la journée.

De mon côté, il faut que je m’organise pour… tirer mon lait. Et oui tu as bien lu ! Alors que je ne voyais pas l’intérêt de tirer mon lait, j’ai finalement décidé que je continuerai à nourrir mon bébé exclusivement au lait maternel, malgré ma reprise du boulot. Ce n’était pas du tout ce que j’avais prévu au départ, mais finalement, ce choix s’est imposé rapidement sans que je puisse vraiment l’expliquer.

Mon allaitement se passait tellement bien que j’avais très envie de continuer et je savais qu’avec uniquement la tétée du matin et celle du soir, ma lactation ne suivrait pas longtemps. Et puis, ça va paraître un peu bizarre, mais je me sentais très fière de nourrir mon bébé. Peut-être y avait-il aussi une culpabilité de reprendre aussitôt le boulot à temps plein, sans poser de congés supplémentaires, comme le font de nombreuses mamans. Mes principes de départ n’avaient pas changé, et je pense que Petit Viking aurait été aussi heureux au lait artificiel, mais j’avais besoin de le faire, ça a fonctionné donc je suis très contente de mon choix.

Tirer son lait au bureau demande quand même pas mal d’organisation. J’ai la chance de disposer d’un bureau personnel et d’une salle de réunion avec un frigo.

Je tirais deux fois par jour :

  • une fois le midi
  • une fois vers 16h.

Cela me permettait d’être “rechargée” pour Petit Viking quand je rentrais. Le tirage du midi ne posait pas trop de souci, en revanche, c’était parfois plus difficile de me bloquer une demi-heure dans l’après-midi (entre les différentes réunions) mais je me débrouillais toujours pour y arriver !

Je me souviens d’une fois où mon supérieur hiérarchique m’a appelé pour que je vienne dans son bureau situé dans un autre bâtiment alors que je venais juste de déballer mes seins. “Hum dans 20 minutes c’est possible ?”.

Mes collègues directs ont été très compréhensifs. Je mettais simplement un petit mot sur la porte en disant qu’il ne fallait pas me déranger (et je leur avais dit que je restais joignable par téléphone durant ces moments). J’avais en effet investi dans un bustier qui me permettait de tirer mon lait en ayant les deux mains libres. Je pouvais continuer tranquillement à rédiger mes mails et à répondre au téléphone (même si j’évitais les coups de fil trop importants car j’avais peur que l’on entende le tire-lait).

Je faisais ensuite ma petite vaisselle discrètement.

Ma grosse angoisse était de m’emmêler les pinceaux avec tout mon matériel. Il me fallait : le tire-lait électrique, les pompes qui sont composées de plusieurs morceaux, le bustier et les biberons pour stocker le lait. Je mettais tout dans un sac à dos (le tire-lait pèse son poids quand même) que je ramenais chaque soir à la maison et chaque matin au bureau. J’avais toujours peur d’oublier un morceau, mais finalement, à part un oubli de bustier (le moins grave) tout s’est bien passé.

Le matin (ou la veille au soir) je déposais à la Nounou les deux biberons tirés la veille (ou le jour même). Elle avait également un stock de lait en cas d’appétit féroce.

Le vendredi soir je congelais la production du jour et le week-end je tirais en plus des tétées pour préparer les biberons du lundi.

Le rythme variait d’un jour à l’autre. Le tire-lait étant moins efficace que Bébé j’étais souvent un peu “à sec” le vendredi soir et Petit Viking s’énervait parfois car ça ne venait pas assez vite à son goût. Le week-end mes seins repartaient en mode « production intensive » et j’avais souvent des engorgements le lundi matin… et ainsi de suite !  

Photo personnelle

Quatrième et cinquième mois

Novembre et décembre passent sur le même rythme, et tout fonctionne toujours aussi bien.

Petit Viking fait 4 repas par jour en moyenne : matin, midi, goûter et soir.

Mais la tétée du soir est souvent coupée en deux : une première partie quand je rentre du travail et la deuxième le soir juste avant de se coucher.

Quand je rentre un peu tard du travail Petit Viking « m’attend » (c’est-à-dire qu’il ne réclame pas à manger tant qu’il est avec son papa mais dès que je passe le pas de la porte il hurle à la mort pour manger tout-de-suite-maintenant ) !

Le week-end, je savoure : j’adore la tétée du matin tous les deux blottis devant le canapé en regardant les dessins animés…

Si côté allaitement tout se passe donc très bien ; professionnellement c’est plus compliqué. En plus de mon poste j’assure l’intérim de ma N+1 en attendant le recrutement d’un nouveau directeur (en résumé : je fais deux boulot en un). Et je prépare également un concours de la Fonction Publique.

Je suis donc trèèèèès fatiguée et j’ai parfois des baisses de lactation. Dans ces cas-là je remets le paquet : deux litres d’eau par jour + fenugrec + levure de bière + tisane d’allaitement et la machine redémarre !  

Vers 4/5 mois nous commençons un peu la diversification (qui se passe très bien) et Petit Viking commence à manger purées, compotes et yaourt. Ça me permet de faire sauter la tétée du midi et donc de ne tirer mon lait qu’une fois par jour quand je suis au travail ce qui est quand même un soulagement.

Les vacances de Noël arrivent et comme il me reste des jours de congés accumulés durant mon congé maternité je pose deux semaines complètes. Deux semaines sans tire-lait le rêve !

Le début de la fin

Janvier arrive et avec lui un peu de lassitude.

J’adore autant les tétées matin, soir et week-end mais le tire-lait commence à me sortir par les yeux. Tout déballer deux fois par jour, tout laver, ne rien oublier… ça commence à me peser.

Et puis j’en ai marre d’être coincée au bureau tous les midis. J’ai envie de faire autre chose, de sortir m’aérer, d’aller faire quelques courses ou d’aller déjeuner avec mes collègues.

Un énième coup de fatigue arrive et cette fois je ne me ressens pas de relancer une énième fois la lactation. En plus Petit Viking n’a pas l’air spécialement attaché au sein : que ce soit ça ou le biberon, du moment qu’il mange ça lui convient.

Du coup, à la fin du mois de janvier, pour ses six mois, nous introduisons le premier biberon de lait artificiel… qui passe comme une lettre à la poste ! Petit Viking n’a même pas l’air de sentir la différence et il se gloutonne ça cul sec.

A ce moment-là mes sentiments sont un peu partagés. Je suis soulagée qu’il accepte aussi bien le lait artificiel et en même temps je sens que c’est la fin d’une étape.

Pendant plusieurs mois je continue en allaitement mixte : lait en poudre chez la Nounou et tétée quand il est avec moi. Je tire encore parfois entre deux, mais de moins en moins. En revanche je termine les stocks de lait congelé et il y en a encore un gros paquet.

Au début du 8ème mois ma lactation diminue de plus en plus et je commence à compléter la tétée du matin avec du lait en poudre. Ensuite c’est au tour de la tétée du soir de sauter.

Un peu avant les neufs mois de Petit Viking mon allaitement s’arrête tout en douceur. Un matin je me dis que cette fois, c’est la dernière tétée et j’en profite à fond. Mais je remets ça le lendemain, puis le surlendemain. Et finalement la vraie dernière tétée arrive et voilà. Je n’allaite plus.

Je suis à la fois soulagée et un peu triste. Soulagée car c’était le bon moment pour arrêter, aussi bien de mon côté que du sien et triste car j’ai vraiment adoré allaiter et qu’une petite partie de moi aurait voulu que ça ne s’arrête jamais !

Côté forme je vois immédiatement la différence : je suis beaucoup moins fatiguée. Je savais que l’allaitement me demandait beaucoup d’énergie mais je n’imaginais pas à quel point surtout que j’avais d’autres source de fatigue notamment au boulot. Mais là je pète la forme.

Côté « formes » je le vois aussi ! Pendant l’allaitement je mangeais comme 12 et j’avais vite retrouvé mon poids d’avant grossesse. Mais une fois l’allaitement terminé je stocke trois jolis kilos. Mais ça tombe bien je vais pouvoir me remettre à la piscine ! 😉

Le bilan

Le bilan, tu l’auras compris, est positif : j’ai adoré allaiter ! Ça n’a été (presque) que du plaisir pendant 9 mois et j’en garde un excellent souvenir.

Je n’avais jamais imaginé allaiter aussi longtemps, ni tirer mon lait, et finalement les choses se sont enchaînées assez « naturellement ».

J’ai adoré tous ces moments complices, les tétées-câlins du matin, les siestes post-repas où Petit Viking s’endormait en tétant.

J’ai adoré allaiter partout et tout le temps : au resto, en balade, sur la plage, sur une aire d’autoroute…

Et j’ai apprécié aussi de pouvoir me servir de l’allaitement comme excuse pour être au calme quand nous avions des visites (« désolée Belle-Maman mais il a faim là, je vais m’isoler une heure ou deux…)

J’étais vraiment partie en me disant que je verrais bien et finalement l’allaitement nous a convenu à tous les deux et j’en suis très contente !

Vivement le petit deuxième pour remettre ça 🙂

Et toi ? Tu as continué à allaiter malgré la reprise du boulot ? Tu as allaité finalement plus longtemps que prévu ? Viens nous raconter ?

A propos de l’auteur

Lilloise d'adoption, j'ai 27 ans, un poste à responsabilité dans le domaine de la culture et une légère tendance à l'hyperactivité ! En couple avec L'Amoureux, Petit Viking nous a rejoints en juillet 2016. J'aime les journées bien remplies, l'automne, la pluie, faire ma valise et les films de zombies !