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A la une / Récit de grossesse

Le sexe du bébé

Lors de l’échographie du premier trimestre, le médecin nous avait dit « ohh je pourrai éventuellement savoir, mais le bébé est mal placé, alors bon, vous saurez la prochaine fois ». Bon, bon, bon. Soyons patients !

Pour l’échographie du deuxième trimestre, la médecin qui nous reçoit nous demande si nous souhaitons connaitre le sexe. Oui, oui, oui ! Cent fois oui ! Moi, j’ai BESOIN de savoir pour me projeter, et j’admire la patience de celles et ceux qui font le choix d’attendre. Ce n’est pas comme si je ne pouvais pas savoir (par exemple, dans certains pays tels que l’Inde, il est strictement interdit de révéler aux futurs parents le sexe du bébé), et à partir du moment où je suis rassurée sur la santé globale du bébé, le but de cette échographie pour moi était de savoir ! Je crois que j’aurai été incapable de penser à autre chose pendant la grossesse et l’accouchement. Et donc nous avons su. Apparté : je remercie les médecins et sage-femmes de nous redemander systématiquement à chaque examen si nous savons/voulons savoir, je trouve que c’est un grand respect de leur part que de tenter au maximum de garder la surprise pour les couples qui le souhaitent.

J’aime beaucoup l’idée américaine de la « Gender Reveal Party », mais ce n’est pas vraiment dans notre culture (et surtout, je n’aurai absolument pas le temps de m’en occuper !). Si tu ne connais pas, c’est une fête durant laquelle le sexe du bébé est révélé aux proches (et même éventuellement aux parents), sous forme d’un gâteau dont la génoise est colorée

Crédit photo : LAWJR

Et nous… Nous avons fait le choix de garder le secret pour nous ! Dans notre entourage, il y a eu plusieurs phases :

  • le déni : « non, mais vous ne tiendrez JAMAIS autant de temps, forcément vous allez craquer ! » ;
  • le marchandage  :
    • de la part de ma maman « on mais que tu ne le dises à personne, OK, mais MOI, je ne dirai rien à PERSONNE ! Je suis ta mère quand même ! » (oui maman, mais nous savons toutes les deux que « personne », ça veut uniquement dire que tu ne le diras pas à la voisine du 3e étage, quand tout le reste de l’immeuble sera au courant !) ;
    • de la part d’amies « si tu ne me le dis pas, le jour où je serai enceinte, je ne te dirai RIEN ! » (et c’est sûr qu’à aucun moment je ne m’en rendrai compte, je croirais simplement que tu fais de l’aérophagie !) ;
    • globalement « non mais si vous ne nous dites pas, on ne pourra pas acheter des trucs pour le bébé ! » (ou alors vous achetez des cadeaux non genrés ? ou pas de cadeau du tout, ce n’est pas grave !) ;
  • la résignation (ou presque) : « non, mais on s’en moque en fait, du sexe, vous pouvez nous le dire ! Garçon ou fille, ça sera une bonne nouvelle ! Alors, c’est quoi ?! ».

Pourquoi fait-on ça ?

Déjà, parce qu’avec M. Tad, nous préservons notre bulle. Nous avons, pour quelques mois, l’impression que ce bébé nous « appartient » exclusivement. Que notre petit secret grandit. Que nous sommes les seuls à pouvoir le projeter tel qu’il ou elle sera. Et c’est agréable, d’avoir cela à partager uniquement en couple !

Ensuite, parce que Numérobis est le deuxième bébé de la famille. Lorsque j’étais enceinte de Choupinette, toute l’attention se focalisait sur l’arrivée de ce bébé. Tout le monde savait qu’elle serait une petite fille, c’était l’Héritière en titre. Pour Numérobis, l’annonce de la grossesse n’a pas suscité le même « enthousiasme ». En fait, tout le monde est content, mais l’attrait de la nouveauté n’apparaitra que quand le bébé sera présent parmi nous. Les grands-parents sont déjà grands-parents, et les oncles et tantes sont déjà oncles et tantes. Il n’y aura pas de changement de statut. Alors du coup, le fait de ne pas connaitre le sexe renforce l’intérêt que nos proches ont pour cet enfant. En tous cas, c’est comme ça que je le ressens.

Ce qui est plutôt drôle, c’est que depuis qu’on a dit qu’on tiendrait notre langue, tous les pronostics, y compris les plus loufoques, y passent !

Les gens -et pas forcément des proches, mais aussi certains de mes collègues- sont à l’affût de nos propos « Ah ! tu as dis elle ! C’est que c’est une fille ! » « Mais non, je n’ai pas dit elle ! » « si, si, j’ai bien entendu, tu as dis elle, je le sais, je le savais, c’est une fille ! ». Ils scrutent également ma silhouette « c’est quand même bizarre, pour Choupinette ton ventre n’était pas DU TOUT pareil ! Je suis sûr que c’est un garçon ! ». Il y a eu les méthodes divinatoires « je vais poser la question « est-ce que c’est une fille ? », et si le pendule se met à tourner d’une certaine façon, alors je SAURAI que c’est une fille ! ». Et les méthodes pseudo-médicales « haaaann on t’a dit que si le bébé arrivait à terme, ça serait un gros bébé. Les garçons sont plus gros que les filles ! CQFD ! ». Il y a la méthode d’enquêteur « et la chambre du bébé, elle est quelle couleur ? » (NDLR : jaune, pour info !), « vous avez racheté des vêtements ? » « bah en fait, on a beaucoup de layette mixte, donc aucun problème pour les vêtements ! ». « Et vous avez le prénom ? » « oui » « c’est quoiiiiiii ???? » « Claude-Dominique. Franchement, tu as cru que j’allais te donner le prénom alors que je refuse de révéler le sexe ?! ».

La naissance approche, tout le monde trépigne (même le bébé, qui commence à trouver sa piscine étroite !) et le secret de 2018 sera bientôt révélé !

Et toi, as-tu fait le choix de garder la surprise ? Ou au contraire, toi aussi tu veux savoir pour imaginer ce futur bébé ? Raconte-moi !

A propos de l’auteur

Je suis Rigel, mariée, maman d'une Choupinette née début 2016, et de Numérobis, de début 2018. Je n'aime pas le matin et le dimanche soir. J'aime les plannings bien organisés, le sport et le chocolat.