Menu
A la une / Vie de maman

Les premiers mois avec mes jumeaux, entre grosse fatigue et baby-blues

Après de longs mois d’absence, me revoici enfin ! Je te prie de me pardonner, j’étais un peu… occupée ! Étonnant, non ?

La dernière fois que je t’ai raconté mon après grossesse, je te racontais que les débuts avaient été émotionnellement difficiles et je te disais comment nous avions survécu aux premières semaines avec des jumeaux. Depuis, comment dire… j’ai découvert que survivre aux premières semaines, c’était, bien mais que les enfants étaient installés chez nous durablement (surprise !!) et que par conséquent nous allions devoir assurer à long terme, pas juste quelques semaines !

Crédit photo : alexisnyal

Grosse fatigue

Ça semble évidemment un peu idiot comme ça mais, vraiment, j’avais le nez sur les premières semaines, les 16 biberons / tétées et 16 couches par jour, les réveils toutes les trois heures. J’étais persuadée que dès qu’ils mangeraient moins et feraient leurs nuits (genre, à deux trois moi, non ? Et ben… non !), hop hop hop nous irions beaucoup mieux et que ce serait beaucoup plus facile.

Ah. Ah. Ah.

Bon, en vrai, peut être que je me serais enfuie très très loin si j’avais pris conscience de la charge de travail totale et à long terme que représentent deux bébés du même âge. Mais peut être aussi que si j’avais compris à quel point la fatigue s’accumule et la pente difficile est à remonter je me serais un peu plus ménagée au départ. Par exemple, nous n’avons pris aucune aide la nuit. C’est pourtant possible (moyennant un gros budget tout de même 100 à 120 euros la nuit) mais nous nous sommes dit «  on prendra quelqu’un pour nous soulager seulement si ça devient trop difficile ». L’erreur, c’est qu’une fois que c’est vraiment devenu trop difficile ce n’est pas une nuit de sommeil de temps en temps qui te remet d’aplomb…

Baby blues

Voilà mon état les premiers mois .

La fatigue, donc. Celle qui s’accumule en couches et refuse de s’en aller. Celle qui finit par faire partie de toi, qui est là, toujours en toile de fond, quelles que soient les heures de sieste que tu arrives à grapiller. Celle aussi qui te rend irritable et impatiente, ce qui n’est jamais bon ni pour toi, ni pour tes enfants ni pour ton conjoint. Le mien étant, heureusement, un maître zen il n’y a pas eu trop de dégâts de ce côté là.

Et puis la terreur. Oui, oui, la terreur. Celle qui t’empêche de dormir, te coupe le souffle, te fait verser des torrents de larmes, te fait culpabiliser. J’imagine que les mamans qui ne font pas de baby blues ont « simplement » peur. Celle qui plongent comme moi sont terrifiées. Terrifiées de mal faire, de se tromper, de rater quelque chose, de ne pas être à la hauteur. Les livres disent que tellement de choses se jouent les premières semaines, les premiers mois ! Qu’il faut répondre aux besoins de ton enfant, faire du peau à peau, le porter le plus possible. Mais comment faire avec deux bébés ? Comment vivre en sachant que faire de ton mieux ne sera jamais suffisant ? Comment faire quand l’un des deux souffre de coliques et que tu dois l’avoir très souvent dans les bras ? Comment supporter de voir celui qui ne pleure pas, qui ne demande rien, seul dans son berceau, te regarder porter son frère et pas lui ? J’en ai versé des larmes de frustration, de culpabilité et de terreur.

Je les aime tellement mes bébés chéris. Je voudrais tant le mieux pour eux. Je voulais que tout soit parfait, que leur vie soit belle et facile et je me sentais tellement responsable… en fait ce que je voulais c’est… être une mère parfaite pour eux, ne commettre aucune erreur.

Le bout du tunnel

Ça a été dur, vraiment dur. Pendant plusieurs semaines j’ai souffert même si j’étais en parallèle folle de joie de tenir mes bébés dans mes bras. J’ai fini par consulter la psy dont la sage-femme à domicile m’avait donné l’adresse. Je l’ai vue plusieurs fois et cela m’a beaucoup aidée. J’ai compris que la mère parfaite n’existe pas. Et qu’elle serait même plutôt néfaste car elle obligerait son enfant à être parfait lui-même.  Qu’une mère « suffisamment bonne* » était assez. Et aussi que non, je n’étais pas responsable de TOUT, que mes bébés sont des personnes à part entière et que leur avenir et leur vie ne dépend pas que de moi.

Ca m’a apaisée et j’ai petit à petit cessé de pleurer.

Bon en revanche, je suis toujours crevée ! 🙂

 

*La mère suffisamment bonne, de Donald W. Winnicott, PAYOT, “PETITE BIBLIOTHEQUE”.

 

Et toi, as-tu ressenti cette peur après la naissance de ton premier enfant ? ou au contraire as-tu assumé sereinement tes responsabilités ?  je suis curieuse, raconte-moi !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !