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A la une / Témoignage

Post-accouchement : ma contraception non choisie

« On n’a pas bien le choix. »

Tels sont les mots de mon gynécologue-obstétricien lors de ma dernière consultation, pour évoquer la contraception après mon accouchement. Je reste abasourdie : la contraception, c’est un choix, justement ! Le choix de ce qui est mieux pour moi et pour mon corps, non ? D’ailleurs, il n’y a pas un site qui s’appelle choisirsacontraception.fr ? Petit flash-back !

La sacro-sainte pilule

Dès mes 16 ans, je débute ma vie sexuelle avec celui qui me passera la bague au doigt huit ans plus tard. Comme pour beaucoup de jeunes couples, les préservatifs ne suffisent qu’un temps, et nous décidons rapidement de passer à l’étape supérieure.

Rendez-vous chez mon premier gynéco pour la pilule. Comme j’ai des règles très douloureuses, c’est tout bénef ! Première pilule micro-dosée, que je ne prends que quelques mois, car j’ai des saignements entre les règles.

Autre rendez-vous, autre pilule, mais deuxième génération, cette fois-ci. Je ne la supporte pas du tout : grosse acné, prise de poids, et j’en passe !

Et puis, je commence une pilule qui va être mon Graal ! Ok, c’est une pilule quatrième génération, mais je ne fume pas, je ne suis pas en surpoids (loin de là, même !) et cette pilule me fait une peau magnifique ! Je la prends quelques années, même si le scandale des pilules troisième et quatrième générations me fait un peu peur. Mais après tout, s’il avait fallu que quelque chose se passe mal, ça se serait produit depuis longtemps.

Je n’oublie jamais ma pilule, que je prends tous les jours à 6h30 le matin. Pour moi, c’est la contraception optimale ! Je me fais confiance sur la prise, et ça compte beaucoup, car nous avons plusieurs accidents de préservatif et je n’ai pas trop confiance en ces bouts de latex… En plus, je peux choisir de ne pas avoir mes règles de l’été, ce qui est super pour mon mariage !

Après nos épousailles (j’adore ce mot !), j’arrête donc mon petit comprimé, pour mettre Mini-nous en route ! Les deux premiers cycles sans pilule sont une véritable torture : j’avais complètement oublié l’atroce douleur de mes règles sans pilule ! Puis, le mois suivant, je suis enceinte.

Lors de la préparation à l’accouchement, nous abordons la contraception après la grossesse avec ma sage-femme. Elle m’explique que je vais sortir de la maternité avec une ordonnance pour une pilule, qui dépendra de si j’allaite ou non. Je ne me pose pas plus de questions, tout est très clair.

Après l’accouchement

Comme prévu, je sors de la maternité après huit jours d’hospitalisation, avec mon ordonnance. J’allaite, c’est donc une pilule spéciale qui m’est proposée. Je suis tout de même très étonnée de reprendre la pilule si tôt après l’accouchement, mais je me dis que les médecins savent ce qu’ils font !

Je choisis de ne la commencer que deux semaines après mon accouchement. Premier jour de prise, baisse significative de ma quantité de lait ! Sur le coup, je ne fais pas le rapprochement. Mais plus les jours passent, plus ma quantité de lait diminue, à tel point que je dois faire des biberons de lait artificiel pour compléter.

Je prends rendez-vous avec ma sage-femme, qui me fait essayer plein de méthodes : boire beaucoup, me reposer, prendre des tisanes d’allaitement. Rien n’y fait. Puis, je lui explique que j’ai repris la pilule. Pour elle, pas de hasard : je dois l’arrêter si je veux allaiter correctement à nouveau.

Mais comme j’ai repris une vie sexuelle et que je ne souhaite plus allaiter, je décide de continuer la pilule, et j’en profite pour sevrer en douceur ma fille. Néanmoins, cette pilule me fait saigner en continu depuis que je la prends, il va falloir en changer !

J’ai rendez-vous avec mon gynéco un mois et demi après l’accouchement, pour le « contrôle technique ». Je lui explique que je veux changer de pilule et que je souhaite rependre celle que j’avais avant ma grossesse. Refus catégorique de sa part : cette pilule est trop dangereuse post-accouchement (thrombose veineuse, AVC…). Je repars avec une ordonnance pour une autre pilule, mais je suis très déçue !

Je tente ensuite de me faire prescrire ma Précieuse par ma sage-femme et mon médecin généraliste, mais les deux refusent aussi, pour les mêmes raisons. C’est sans grande conviction que je démarre ma nouvelle pilule. Tout de suite, j’ai un mauvais pressentiment. C’est idiot, mais je ne la « sens pas ». Au bout d’un mois de prise, ce qui devait arriver arrive.

Un samedi soir, je suis tranquillement dans mon salon à attendre que mon mari rentre du travail avec les sushis. Ma fille joue dans son transat. Je me lève pour changer sa couche, et mon œil droit se trouble d’un coup. Je me rallonge, pensant m’être levée trop vite, mais c’est comme si un filtre venait recouvrir mon œil. Je n’y prête pas attention, mais je me sens toute bizarre.

Je prends ma fille dans mes bras et, tout en me dirigeant vers son plan à langer, je tente de lui expliquer que je vais changer sa couche. Sauf qu’aucun mot ne sort de ma bouche. Je commence à paniquer et pense tout de suite à l’affiche sur les AVC dans la salle d’attente de mon médecin : « Répétez une phrase simple : Le ciel est bleu. Si vous n’y parvenez pas, prévenez les secours ». Je me concentre à mon maximum, regarde ma fille (heureusement, je l’ai posée) et ne parviens à sortir que : « La…eu…iel. »

Je tente de garder mon calme et appelle les pompiers. Comment expliquer ce que j’ai alors que je n’arrive pas à parler ? Le peu de mots qui sortent n’ont aucun rapport ! Je crie : « Eu fai AVC ! » au téléphone, et le pompier me met directement en relation avec le SAMU car « on n’aura pas le temps d’arriver ». Ça veut dire quoi, « pas le temps » ?

J’appelle mon mari sur l’autre ligne, et parviens à lui dire : « Pompiers pompiers pompiers ! » Il raccroche et appelle les pompiers, qui lui expliquent que je suis en ligne avec le SAMU. Le médecin au bout du téléphone me fait faire plusieurs exercices. Je peux bouger les bras, les lever. Ce n’est pas un AVC.

Après une bonne demi-heure, je retrouve progressivement la parole, même si j’hésite sur les mots. Le SAMU m’envoie d’urgence chez le médecin de garde (qui se trouve être mon généraliste). Mon mari, ma fille et moi partons sur le champ.

Après un examen complet et une ordonnance pour une IRM cérébrale, mon médecin me demande d’arrêter immédiatement la pilule. De ne pas finir la plaquette. Troubles de la vision, de la parole, maux de tête violents et soudains, tout cela est écrit dans la rubrique « effets secondaires nécessitant l’arrêt immédiat du traitement et une consultation en urgence ».

Arrêt pilule santé

Crédits photo (creative commons) :

L’adoption du stérilet, par défaut

Mon mari me demande d’arrêter définitivement la pilule, il veut qu’on trouve une autre solution. Je me renseigne donc sur les autres moyens de contraception et prends conseil auprès de ma sage-femme. Je dois impérativement stopper les hormones. Mais suite à ce constat, les méthodes de contraception se réduisent comme une peau de chagrin. Elle me conseille le stérilet au cuivre (mon mari est allergique au latex, donc exit préservatifs, diaphragmes et capes).

Je prends rendez-vous avec mon gynéco et évoque mon malaise. Effectivement, il faut arrêter la prise d’hormones. Seulement, il n’est pas très emballé par le stérilet, car mon utérus est très petit et cicatriciel, à cause de ma césarienne, et mon col, très court et bien fermé.

Mais « On n’a pas bien le choix. »

Il m’explique que la pose risque d’être très douloureuse, car je n’ai pas accouché par voie basse, et donc mon vagin ne s’est pas élargi. J’ai accouché en trente-sept heures, mon ami, alors franchement, un stérilet, c’est peanuts, pour moi !

Quelques semaines après, il me pose mon petit DIU en cuivre. La pose se passe très bien et, au final, ce qui est douloureux n’est pas l’introduction du stérilet, mais l’écarteur que mon gynéco utilise pour ouvrir mon col. Il peut ensuite écouter mon flot de questions débiles, du genre : si je mets des tampons, est-ce que les fils vont s’accrocher ? Est-ce que mon mari va le sentir ? Est-ce qu’il peut se promener dans mon corps ?

« Pas le choix. »

Voilà les mots qui résonnent encore ! Moi qui vouais un culte à ma chère pilule, je dois lui dire adieu. Je n’ai pas vraiment eu le choix de ma contraception, et je me sens un peu prisonnière de ce DIU. Il va falloir que je l’adopte progressivement, qu’on fasse équipe, tous les deux.

Mais il a quand même quelques avantages, ce petit : j’ai retrouvé une libido que la pilule avait endormie, et (selon mon mari) si un jour on est sur la paille, on pourra toujours revendre le cuivre du stérilet !

Et toi ? Tu as eu du mal à trouver une contraception qui te convenait après l’accouchement ? As-tu déjà fait des réactions aussi violentes aux hormones ? Quelle solution contraceptive as-tu adoptée ? Viens en parler…

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !