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A la une / Récit de grossesse

Mes derniers (longs) jours de grossesse

Il y a quelques semaines, je te racontais comment j’avais vécu ma grossesse… Mais en vrai, elle n’était pas vraiment terminée, j’étais à 38sa au moment de l’écriture de l’article.

Et bien sûr, j’étais en mode « je peux accoucher à tout moment ».

Alors qu’à 36 semaines, rien n’était prêt, à 38 semaines, il n’y avait plus rien à faire et je commençais à dire à mon bébé « eh, tu viens quand tu veux ! »

Sauf que bébé s’est fait attendre. Et c’était long.

Je t’épargne le suspense, j’ai accouché à 41 semaines et un jour.

Tu vas me dire, ce n’est pas si long, c’est un jour de plus que la DPA…
Sauf que c’est la DPA française, dans tous les autres pays du monde (à ma connaissance), on fixe la date prévisionnelle d’accouchement à 40 semaines.
Apparemment, la plupart des naissances arrivent entre 40 et 41.

Bien sûr, je savais cela. De plus, je n’étais pas tout à fait convaincue par la date de conception calculée à l’échographie donc je m’étais dit depuis le début que je risquais d’accoucher en novembre.

Mais bon, quand même, y avait cette date, le 31 octobre…

Et c’est celle que j’avais communiquée. Donc je n’étais pas la seule impatiente.
(Nota Bene : si une de tes amies est en fin de grossesse, évite les messages « alors ? » ou « pas encore accouché ? » ou « pas de nouvelle, bonne nouvelle ? ». Un « comment vas-tu ? » sera beaucoup plus apprécié)

De plus l’amoureux et moi nous étions tous les deux arrivés avant 40 semaines (38 pour moi, 39 pour lui) – oui, j’avais fait des investigations, on s’occupe comme on peut.

Au début de ma grossesse, je me disais que ce serait bien d’accoucher en novembre, j’aurais un peu de temps pour moi, j’avais une liste de choses que j’avais envie de faire… Mais j’en ai vite eu marre. Et la seule chose constructive que j’ai faite, c’est faire une version 2 du site de mon école. Sinon, je passais mes journées à me morfondre sur mon canapé, en comatant, trainant sur les réseaux sociaux depuis mon portable, somnolant à l’occasion, dans l’impossibilité de trouver une position confortable.

Après, ce n’est pas facile de prévoir des trucs quand toutes tes phrases et celles de ton entourage contiennent une hypothèse avec le verbe accoucher dedans.

Comme on m’a répété à l’envie « il faut bouger / marcher » pour que bébé sorte, je me forçais à sortir chaque jour, mais au bout de 5/10 minutes de marche, j’avais mal partout.

J’ai aussi testé : les tisanes (framboisier, sauge), la « méthode italienne », les dattes, les nids de poule en voiture (ce n’était pas voulu en vrai hein, je ne suis pas maso, on s’est retrouvé dans un petit chemin cabossé en voulant aller en forêt)… J’ai regardé mon aspirateur et mes carreaux pour voir s’ils me faisaient du charme parce qu’on sait tous que quand tu vas accoucher, tu trouves le ménage trop sexy (la bonne blague !).

Bref, rien, bébé était au chaud, pas décidé à montrer le bout de son nez et moi je commençais sérieusement à en avoir marre de chez marre.

En plus, il commençait à cailler grave et, je n’avais pas du tout investi dans des fringues de grossesse pour l’hiver… Résultat, j’étais toujours avec ma veste d’été et mes ballerines… En essayant de multiplier les couches.

Et à la question : est-ce que ça travaille ? Je ne savais que répondre.

Il y a eu un jour vers 39 semaines où j’ai eu l’impression d’avoir des contractions toute la journée et le bain ne les a pas calmées… Mais elles ont fini par passer. Et puis ce n’était pas franchement douloureux. Inconfortable oui mais pas douloureux.
Je suis toujours incapable de dire si j’ai vraiment eu des contractions dans les derniers jours de ma grossesse, ça restera un mystère… Des douleurs, des tensions, le ventre dur, oui. Mais pour la cause, j’hésite avec bébé qui bouge alors qu’il n’y a plus assez de place.

Et puis, il y avait mes soirées. Mon système digestif avait décidé de se mettre en grève, je crois et j’avais des douleurs au ventre et le souffle court, comme si quelque chose était bloqué… Glamour bonjour, j’aurais pu facilement gagner des concours de rots.
La première fois que j’ai eu une grosse crise, j’ai paniqué et pleuré. Et puis, soir après soir, j’ai appris à gérer, notamment grâce à mon super ballon (qu’on avait hésité à acheter à 37 semaines en se disant que ça serait que pour quelques jours… Qu’est-ce qu’on a bien fait d’investir !)

Le ballon, c’est bien pour s’asseoir dessus mais pas que !

Dans ces longues journées à attendre, il y avait les jours où l’amoureux ne travaillait pas et où on a profité pour faire des choses sympa, principalement aller manger à l’extérieur pour le midi ou le goûter.

Je suis également plusieurs fois allée à la piscine, le seul endroit où je me sentais bien (dans mon bain aussi mais c’était compliqué d’en sortir…).

Et puis, il y avait mon amie M-L aussi. J’avais rêvé que j’accouchais tellement vite que l’amoureux et la sage-femme n’avaient pas le temps d’arriver et je me retrouvais sur mon canapé avec mon nouveau-né et la sage-femme à la porte, à qui il m’était impossible d’ouvrir dans mon état… Comme mon amie M-L a les clés de chez moi, je me suis imaginée l’appeler pour qu’elle vienne nous sauver. Ahaha, la pauvre, ce rêve lui a mis la pression et elle m’a invitée à déjeuner chez elle tous les jours où l’amoureux travaillait parce qu’elle n’était – je cite – pas tranquille de me savoir toute seule chez moi.
Et comme c’est une cuisinière hors pair, elle m’a fait beaucoup de gâteaux.
C’est comme ça que les jours passaient (et je me disais que vraiment, si bébé mettait autant de temps, j’allais vraiment finir énorme…).

Pendant ce temps, bien sûr je me faisais des films de tous les potentiels « signes » d’accouchement imminents : « ah j’ai envie de vomir », « oh mais j’ai perdu un bout du bouchon muqueux », « mon ventre est bien descendu », etc etc.

Tous les mardis, j’avais rendez-vous avec une de mes sage-femmes (et aussi cours de yoga le soir où tout le monde s’étonnait de me voir revenir – à vélo – encore et encore…).
À 41 semaines (la veille de mon accouchement mais bien entendu, je ne le savais pas encore, sinon, ça ne serait pas drôle) avec la sage-femme, nous avons sérieusement parlé du dépassement et d’un possible déclenchement.
Autant te dire que ça me déprimait sévère. Ce n’était pas du tout mon idée d’un accouchement le moins médicalisé possible (à partir du dépassement, je passais avec l’équipe de l’hôpital).
La sage-femme m’a proposé de faire un toucher vaginal avec décollement ce jour-là. J’ai hésité mais refusé. Oui, j’en avais marre, non, je n’avais aucune envie de me retrouver avec un déclenchement à plus de 42 semaines mais quelque chose dans l’idée m’arrêtait… J’avais l’impression que si bébé ne voulait pas sortir maintenant, c’était sans doute pour une très bonne raison et que je ne devais pas le forcer pour le moment.
La sage-femme m’a rassurée en me disant que je pouvais le demander quand je voulais avant d’envisager d’autres choses… Que le vendredi, si je n’ai toujours pas accouché, il me faudrait aller à l’hôpital pour des examens qui permettraient de voir que tout va bien mais que ça ne veut pas dire directement que je vais être déclenchée… Et puis bébé avait toujours le temps d’arriver entre deux.

Ce jour-là, j’étais en mode « j’ai la patience d’un moine tibétain, bébé va finir par arriver, laissons-lui le temps ». On est même allé se promener en forêt avec l’amoureux pour profiter.


Bon, j’ai eu très vite mal au ventre et la promenade n’a pas duré longtemps mais dans ma positive-attitude, je me disais « ça travaille, ça travaille ».

Sauf que le lendemain, le moine tibétain, il s’était évaporé. L’amoureux est parti travailler. Et moi, je me sentais super mal. J’avais envie de vomir, pas d’énergie mais surtout l’impression que je n’accoucherais jamais !
Ça faisait des jours, des semaines que je voyais des signes mais rien, j’allais me retrouver avec une grossesse d’éléphant ou en tout cas, on allait devoir aller chercher mon bébé (et j’ai tout d’un coup eu peur que ça finisse en ce qui me faisait le plus peur : la césarienne).
Ce 8 novembre 2017, j’étais donc en crise de larmes dans mon lit dès le matin.

Au bout d’une demi-heure de craquage, je me dis qu’il faut faire quelque chose… Je décide donc de prendre une journée à prendre soin de moi et de commencer par prendre de la distance avec les réseaux sociaux (parce que même un « ça va ? » me devient insupportable). Je coupe Internet de mon téléphone et file dans mon bain. Ensuite, je complète « l’album de mon bébé » pour ce qui est de la grossesse. Je vais déjeuner chez mon amie M-L et cette fois, il n’y a même pas de gâteau. Et enfin, je décide de regarder un film (je m’étais fait une liste au début de mon congé maternité et pourtant, jusqu’à là, je n’en avais regardé aucun !)

– On se demandera plus tard ce qui a décidé bébé à sortir : le ras-le-bol de maman ? L’absence de gâteau quotidien pour la première fois depuis des jours ? Le fait qu’enfin, je prends une journée sans penser à ma petite entreprise ? –

Le choix du film n’était peut-être pas très judicieux.  Ce que le jour doit à la nuit n’est pas exactement un « feel good moovie » mais il est suffisamment long pour occuper mon après-midi…

Quand l’amoureux rentre vers 18h, il me demande comment ça va et je m’effondre en larmes à nouveau. « Je ne vais jamais accoucher, j’en ai maaaaarrreeee »

Pour nous remonter le moral, il y a la totalité des photos de notre séance photo de grossesse qui vient d’arriver… Et puis, l’amoureux propose de tester une spécialité polonaise achetée il y a quelques jours (Gołąbki si tu veux tout savoir et c’est trop bon). Mon moral remonte en flèche…

Et puis, quand je me lève pour mettre les assiettes dans le lave-vaisselle, je sens comme un plop et me retrouve avec une flaque dans ma cuisine.
Il est 19h30, le 8 novembre, « chéri, ne panique pas, mais je crois que je viens de perdre les eaux ».

La suite, je te la raconte la prochaine fois !

Mais toi, tu es aussi allée jusqu’au bout des 41 semaines ? Tu as eu la patience d’un moine tibétain ou plutôt eu sacrément marre ? Raconte !

Crédit toutes photos : photos personnelles 

A propos de l’auteur

Maman d'une petite fille merveilleuse née en novembre 2017 et d'un petit garçon fantastique né en juillet 2019, j'habite aux Pays-Bas avec mon amoureux, j'ai été prof de FLE et directrice d'une école de langue que j'avais co-créée... Aujourd'hui, j'explore de nouveaux horizons et si tu veux continuer à me lire, ça se passe sur www.claire-schepers.com