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A la une / Récit de grossesse

La tradition du cadeau de naissance

Aujourd’hui, je viens te parler babioles. Quelque chose de complètement futile mais auquel j’attache beaucoup d’importance : le cadeau de naissance. En en parlant à droite à gauche, je me suis rendue compte que ce n’était pas systématique. Dans ma famille, c’est une tradition et je trouve que c’est une très belle tradition. Je t’explique tout de suite pourquoi. (évidemment, dans tout ce qui suit, j’ai grossi le trait. Mais je suis sûre que tu comprendras l’idée !)

Crédit photo : Amy the Nurse (creative common)

Avant la grossesse

Ça commence très tôt. Dès la puberté, la femme est incommodée tous les mois. Quelle collégienne n’a pas vécu la tragédie de ne pas avoir de serviettes hygiéniques le jour où il en faudrait ? Qui n’a pas tremblé la première fois qu’elle a déposé ses tampons sur le tapis roulant du supermarché après avoir vérifié quarante fois qu’il n’y avait pas une connaissance dans les parages ? Evidemment, en grandissant, on prend de l’assurance. Mais on le sait toutes, au début ce n’est pas facile.

Et l’homme ? Dans le meilleur des cas, rien ! Pour certains, ils se fendent même de remarques débiles pour embarrasser les filles (oui, l’âge de la puberté n’est pas tendre, on le sait)

Ensuite la jeune femme trouve son +1. Leur histoire évolue. Paillettes et licornes, ils sont dans le monde des bisounours. Mais si beaucoup d’hommes sont d’accord pour dire que la contraception est une affaire de couple, c’est souvent la femme qui s’y colle. A elle d’ingurgiter des hormones, de redouter d’éventuels effets secondaires, de peut-être subir une modification de sa libido.

Et l’homme ? Rien à signaler !

Et un jour, ce beau couple décide de se lancer dans la folle aventure de la parentalité. Évidemment, ils préfèrent ne pas trop en parler autour d’eux. Mais, ça fait quelques années qu’ils sont ensemble, voire ils se sont même mariés. Alors l’entourage attend cette bonne nouvelle. La femme peut alors se sentir traquée. Une sortie au restaurant ? Chacun va étudier son menu. Elle refuse un verre d’alcool ? Les conclusions sont immédiatement tirées. Un peu fatiguée ? Ah ah, il y a anguille sous roche.

Et l’homme ? Rien à signaler !

Pendant la grossesse

Ça y est ! Madame est enceinte. Je ne reviens pas sur la traque qui continue. Sauf que cette fois-ci, il y a un joli secret à préserver ! Et à elle les réjouissances du premier trimestre de grossesse. Les nausées, la fatigue chronique, les sautes d’humeur… Les tests mensuels, avec éventuellement les prises de sang

Et l’homme ? Rien à signaler !

Le deuxième trimestre arrive doucement, et avec lui l’accalmie. La 1ère écho vient. Bébé va bien. La nouvelle peut enfin être annoncée. La femme a un peu peur des réactions de ses collègues. Pour eux, ça veut dire une longue absence et donc une surcharge de travail. Et puis ça y est, son corps ne lui appartient plus vraiment. Son ventre s’arrondit. Dans le meilleur des cas il n’y a que ça. Sinon… c’est tout le corps qui en prends un coup. Si elle n’a pas de chance, elle va apprendre qu’elle développe un diabète gestationnel. A chaque fois qu’elle monte sur la balance, elle voie les kilos qui s’envolent et ça lui fait peur pour l’après.

Et l’homme ? Rien à signaler !

Puis vient le 3ème trimestre. L’accalmie semble loin. La femme se meut péniblement. Ce gros ventre qu’elle ne peut rentrer l’embarrasse quelques fois, dans des gestes du quotidien. Elle a quelques douleurs. Oh, rien de bien grave. Mais c’est franchement désagréable. Mal de dos, sciatique, remontées acides… Sans compter les coups que lui donne bébé. Sa silhouette ne ressemble en rien à ce qu’elle était avant et si elle est fière d’avoir ce ventre de femme enceinte, elle redoute de plus en plus ce qu’il va lui rester après la naissance, les efforts qu’elle devra fournir pour retrouver un corps avec lequel elle peut cohabiter. Et puis des fois il y a des problèmes plus grave : pré-éclampsie ou autres maladies que peu d’entre nous connaissent (et on en est bien contentes !)

Et l’homme ? Rien à signaler !

L’accouchement

Ce n’est un mystère pour personne, c’est la femme qui trinque ! L’homme est là, le plus souvent. Et le plus souvent il est complètement impuissant. A-t-il la moindre idée de ce que nous traversons ? Je te parie que non. Après avoir vécu une naissance, il croit peut-être savoir. Mais nous savons pertinemment que c’est indescriptible. Bien sûr, nous sommes contentes d’avoir un soutien moral (quoique… ça dépend de l’état du papa !) mais la douleur des contractions, la poussée, peut-être la césarienne, l’épisiotomie, les œdèmes… Pas facile de donner la vie !

Et l’homme ? Rien à signaler ! Ah si ! Il peut être amener à se lever à une heure incongrue pour nous amener à la maternité !

Après la naissance

La femme est une loque qui n’aspire qu’à une chose : dormir ! (et regarder son bébé) Mais entre les soins pour le bébé, les soins pour elle, la famille, les amis… la chambre est un vrai moulin à vent. Et bébé a beau beaucoup dormir au début, ce n’est jamais aux bonnes heures. En plus de ça, les hormones sont en chute libre. Baby blues bonjour ! L’homme est là, mais encore une fois, comment peut-il comprendre tous ces changements ? Que l’état de fatigue ne résulte pas QUE de la nuit qu’on vient de passer et que notre corps va avoir besoin de temps pour récupérer ? Et puis, il y a peut-être l’allaitement que la femme essaye de mettre en place. Une autre source d’épuisement, d’incompréhension… et l’homme est rarement d’une grande aide !

Et l’homme ? Un petit changement quand même, l’homme est papa ! Et le papa moderne s’investit. Il change les couches, donne le bain… et ça soulage la maman.

Et puis vient le congé mat’, les « vacances » pour certains (AH AH). La femme se retrouve en tête à tête toute la journée avec ce bébé qui pleure / qui régurgite / qui ne dort jamais quand il faut. Les douches ? Oubliées. Les repas ? Que ce qui ne se mange qu’à une main.

Et l’homme ? Il dort moins bien la nuit. Mais la journée, c’est comme d’habitude. Le boulot, les collègues, les pauses café… Il a toujours sa vie sociale.

Alors, une fois qu’on sait tout ça, quoi de plus normal qu’à la naissance l’homme offre quelque chose à la femme pour lui dire « merci de m’avoir donné un enfant » ? Quelque chose qui dure longtemps (un bijou le plus souvent), parce qu’on le sait tous, un enfant, c’est pour la vie !

Et toi ? Tu es attachée au cadeau de naissance ? Ou au contraire, tu trouves ça complètement déplacé ? Raconte !

A propos de l’auteur

Je suis maman d'un "grand" garçon (6 ans) qui a combattu un cancer à l'aube de ses 4 ans, d'une petite fille (4 ans) et d'un petit garçon (2 ans). Grande lectrice, amatrice de cinéma adorant voyager, j'ai mis beaucoup de choses entre parenthèses pour me consacrer à mes petits monstres !