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A la une / Témoignage

Avoir un bébé avec un Papa déjà Papa

[Aparté : cette chronique est le fruit de mes sentiments qui, si tu le lis, n’ont pas toujours fait l’objet d’une grande rationalité. Sachant que notre bébé va bien, si tu as connu un malheur, ça peut raviver une douleur. Je préfère te prévenir en avance. De manière objective, nous avons eu énormément de chance tout au long de notre parcours vers la parentalité et cette chronique vise à te partager mes sentiments et à aider d’autres femmes qui se retrouveraient dans la même situation. Des copines m’ont souvent dit qu’elles n’auraient pas pu avoir un enfant avec un homme déjà Papa alors je te partage comment moi, je l’ai vécu.]

Avant de te raconter ma grossesse, je vais te situer un peu le contexte.

Comme tu le sais, Mari Didou était déjà Papa avant qu’on ne se mette ensemble et depuis pas très longtemps. Avec sa femme, ils s’étaient quitté un peu avant la naissance de Petit Dhomme.

Accepter ce Petit Dhomme dans ma vie et ma future vie

Quand nous nous sommes mis ensemble, l’enjeu me semblait énorme. Est ce qu’on sentait assez que nous deux ça allait durer pour que je puisse entrer dans la vie d’un tout petit bonhomme qui n’avait rien demandé si ce n’est de grandir et d’être heureux.

Mais aussi : est ce que j’étais prête à faire ma vie avec quelqu’un qui avait déjà découvert les joies de la paternité ? Qui s’était déjà penché sur tout ce qui touche à la puériculture ?

Avant, je me disais que si faire ma vie avec un homme divorcé ne me dérangeait pas (référence au mariage à l’Eglise), je ne voulais pas m’engager avec un homme déjà Papa, sauf éventuellement si le ou les enfant(s) étai(en)t grand(s). Je voulais vivre les découvertes de la maternité en même temps que les découvertes de la paternité de mon homme (et je me disais que si ses enfants étaient grands, ce serait une redécouverte pour lui donc que je pourrais m’en accommoder).

Tu remarqueras que j’ai eu tout faux … Déjà, pendant la préparation du mariage, j’ai eu du mal à accepter qu’on ne puisse pas se marier à l’Eglise. Bref .. Ensuite, Petit Dhomme était bébé quand on s’est mis ensemble. Il n’avait même pas 2 ou 3 ans, non non, il avait juste 6 mois.

J’ai accepté par Amour. Vraiment, ça a été une longue réflexion pour moi. Accepter de faire ma vie avec un homme déjà Papa, ce n’était pas simple à accepter mais pour Mari Didou, j’étais d’accord

Ça a mis 6 mois entre le jour où nous nous sommes mis ensemble avec (futur) Mari Didou et ma rencontre avec Petit Dhomme, ce qui, en soit, est relativement court. On vivait ensemble depuis 3 mois/3 mois et demi. Tout allait bien entre nous, on pensait à la suite donc j’ai rencontré Petit Dhomme.

Ça s’est tout de suite très bien passé ! Bon, il m’a vomi dessus le jour où je l’ai rencontré … mais c’est un détail. On va dire qu’il marquait son territoire.

Avec Petit Dhomme, une complicité est rapidement née. C’était mon bonhomme, je lui préparais ses repas, on faisait des petites activités ensemble, on jouait.

Parfois c’était dure. J’avais peur de trop m’accrocher à lui alors que je ne suis pas sa mère et que si on se séparait avec son père, je n’aurais aucun droit pour savoir ce qu’il devient.

Pour tout te dire, nous marier m’a fait ni chaud – ni froid. Ça n’a, pour moi, strictement rien changé dans notre couple. Par contre, le soir du mariage, je suis allée coucher Petit Dhomme et là je me suis dit que j’étais vraiment sa belle-mère.

[Nb : Si tu es belle-maman mais non mariée, je ne pense évidemment pas que tu n’es rien dans la vie de ton bel-enfant, je te partage juste le sentiment que j’ai eu le jour de notre mariage.]

Et puis, avec Mari Didou, nous avons souhaité avoir notre bébé à nous.

Le chemin vers la maternité avec un Papa déjà Papa

J’ai hésité à ajouter au titre « … ou la jalousie ».

Et oui … J’étais jalouse, excessivement jalouse. J’étais jalouse que Mari Didou ait connu les joies de la paternité avec une autre femme. J’étais jalouse qu’il se soit réjoui d’avoir un bébé avec une autre femme que moi. Pour parler crûment, j’étais jalouse qu’il ait fait un bébé à une autre femme que moi.

Dans les faits, je ne l’ai pas montré parce que j’étais consciente qu’il n’y était pour rien et surtout, que je le savais depuis le début. Disons que ce n’est pas quelque chose que j’avais découvert en me réveillant de notre nuit de noces.

Par contre, intérieurement, je n’étais pas bien et ça s’en est ressenti sur les essais puis la grossesse. Je ne voulais pas faire « moins bien » qu’elle (alors qu’il n’y a pas de mieux ou moins bien dans la maternité mais bon … je n’étais pas très rationnelle par rapport à ce sentiment de jalousie).

Déjà, je savais qu’elle était tombée enceinte très rapidement. Au 1er cycle dixit Mari Didou .. (Ne me demande pas comment je savais ça, aucune idée et j’aurais préféré ne pas le savoir). Je ne voulais donc pas faire moins bien … Loupé, cycle 2 mais ça allait. J’étais hyper heureuse que ça ait quand même marché super vite (finalement, j’ai tout de même gardé un micro fond de rationalité). Au 1er cycle, nous étions en voyage de noces donc je n’avais même pas vraiment conscience qu’on essayait d’avoir un bébé. Bref, je n’ai pas mal vécu ce « moins bien ».

Après, j’étais terrorisée par l’idée de faire une fausse couche. Certainement plus que s’il n’y avait pas eu de Petit Dhomme. Elle n’avait pas fait de fausse couche donc je ne voulais pas offrir de déception à Mari Didou (là pour le coup, rationalité 0).

J’ai eu peur pendant toute la grossesse de perdre le bébé. Ce n’était pas que lié à l’ex-femme de mon mari mais ça a joué.

Petit Dhomme n’a été au courant de la grossesse que vers 4 mois et demi. C’était un mélange de « une grossesse c’est long pour un petit », « si on perd le bébé, ça me sera trop difficile de lui expliquer », « je ne veux pas que sa mère soit au courant qu’on va avoir un bébé », « si je perds le bébé, je ne veux pas que sa mère sache que j’ai perdu notre bébé ».

On ne l’a d’ailleurs pas tout de suite dit à sa mère. On a attendu que Petit Dhomme sache le sexe, de l’annoncer en grande pompe sur les réseaux sociaux la semaine où Petit Dhomme était avec nous pour ensuite prévenir l’ex femme de mon mari du changement qui allait arriver dans la vie de Petit Dhomme.

Et puis, elle avait accouché avant 40SA donc je voulais faire plus … Au final, je n’ai eu que quelques jours de grossesse de plus qu’elle mais j’ai passé les 40SA quand dans le carnet de santé de Petit Dhomme, il y a noté 39SA. [Pour te rassurer, je me rends totalement compte du ridicule de la situation]

Elle avait accouché assez vite donc je ne voulais pas d’un accouchement long. Je pense qu’elle a accouché un tout petit peu plus vite mais vraiment pas grand chose.

En fait, je ne voulais pas que Mari Didou puisse comparer et dire que c’était mieux avec elle. S’il y avait comparaison, je voulais qu’il puisse dire que nous, c’était mieux.

Ceci dit, concernant le sexe du bébé, si au départ je voulais une fille (alors que j’ai toujours voulu avoir un garçon) pour « offrir » quelque chose de différent à Mari Didou, pendant le T1, j’étais persuadée d’être enceinte d’un garçon et j’en étais super heureuse.

Etre Maman avec un Papa déjà Papa

J’en étais arrivé à un stade où j’aurais pu tout faire différemment que ce qu’il s’était passé entre Mari Didou et son ex-femme, juste pour que ça ne soit pas pareil.

Sauf que ça ne s’est pas passé comme ça.

Je suis devenue Maman. J’ai fait ce qui me semblait être bon pour notre fille et nous.

J’ai allaité ma fille parce que c’est ce que je pensais être le mieux pour elle et que j’en avais envie. Petit Dhomme n’a jamais été allaité.

Ma fille a fait du cododo avec nous. Pas Petit Dhomme qui est directement allé dans sa chambre.

Je faisais des siestes avec ma fille. Pas elle avec Petit Dhomme.

J’ai fait tous les plats de ma fille quand elle a été diversifiée. Petit Dhomme n’a toujours eu que de l’industriel.

Et tout ça, je ne l’ai pas fait pour ne pas faire comme la mère de Petit Dhomme. Je l’ai fait parce que c’est ce en quoi je croyais. Je ne me suis jamais demandé comment elle avait fait pour faire différemment. Je savais comment elle avait fait mais j’ai fait comme bon ME semblait.

Et puis, Mari Didou ne vit pas la paternité de notre fille de la même manière que celle de Petit Dhomme. Il a été là les 1ers mois de sa vie, contrairement à ceux de Petit Dhomme. Je lui fais prendre sa place de Papa quand la mère de Petit Dhomme a toujours été très exclusif, sur-protectrice, avec lui.

Notre couple est différent. Nous sommes différentes. Nos enfants sont différents. Je garde toujours un sentiment de jalousie et j’ai peur que notre fille soit moins bien que Petit Dhomme mais j’avance petit à petit, j’accepte, je me détache de tout cela. Je porte notre fille comme je pense être le mieux.

Mari Didou fait parfois des comparaisons et c’est toujours notre fille qui serait moins bien. « A 6 mois, Petit Dhomme faisait ses nuits » … alors euh … j’aimerais bien savoir ce qu’en pense sa mère parce que j’en doute, Petit Dhomme a quand même eu pendant longtemps des « soucis » de sommeil et puis de toutes les façons, notre fille dort comme elle veut dormir ; etc.

Je le renvoie dans les choux et on passe à autre chose. Mari Didou compare d’ailleurs de moins en moins parce qu’il sait que je n’apprécie pas du tout.

Ceci étant, parmi tout ça, j’ai désormais un lien indéfectible avec Petit Dhomme. Même si avec son Papa on devait se séparer, je saurai toujours ce qu’il devient parce qu’il est le grand frère de ma fille et je suis la Maman de sa sœur.

Crédit photo (creative commons) : Victoria Borodinova

Comme dirait ma Grand-Mère, Petit Dhomme est la cerise sur le gâteau. Oui ce n’est pas mon fils mais je l’aime tout comme, ma fille a un grand frère (ce que je trouve super chouette) et il y a une vie, de la joie, en plus dans la maison grâce à sa présence.

Et s’il fallait finir sur une note liée à cette jalousie, je n’ai peut être pas rendu mon mari Papa mais j’ai fait de mon beau-fils, un grand frère et mine de rien, aujourd’hui, c’est avec moi que Mari Didou vit, est marié et a vraiment choisi d’avoir un bébé.

A propos de l’auteur

30 ans, Maman et Belle-Maman, épouse, femme, rêveuse, bosseuse (un peu), passionnée (par trop de choses), je te raconte ici un peu de ma grossesse et de mon quotidien de parent et beau-parent.