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A la une / Récit d'accouchement

L’histoire de mon accouchement déclenché – Partie 1

C’est un lundi pas comme les autres. Après une nuit très courte durant laquelle j’ai eu le plus grand mal à trouver le sommeil, je me réveille fébrile. Je suis partagée entre la peur et l’excitation. Je prends ma dernière douche, avec ce même sentiment. Je caresse tendrement mon ventre à pensant à Mininous qui s’y repose encore, tranquillement, probablement inconscient de ce qui va lui arriver. A quoi va-t-il ressembler ? Je suis à présent impatiente de savoir si ce bébé est une fille ou un garçon. Puis en me préparant je regarde avec attention les moindres détails de notre maison en me disant que lorsque j’y reviendrais, rien ne serait jamais plus pareil. Jamais.

Cesse de rêverie, je suis attendue à la maternité à 8h30 et il ne faut pas traîner si nous ne voulons pas être prisonniers des embouteillages. Sur le chemin de l’hôpital, nous discutons comme si de rien était. Nous avons beaucoup de mal à réaliser que nous y sommes déjà. Ces 9 mois sont passés tellement vite.

Crédit Photo : RyanMcGuire (Pixabay)

Nous avons été accueillis par Salomé, souriante, une sage-femme qui a l’air très gentille. Elle nous conduit dans une salle de pré-travail et nous dit de patienter. Je m’installe sur la table d’auscultation pendant que Chéri essaie de caser les bagages dans un coin. Je sens la pression qui monte et Salomé le voit très bien lorsqu’elle revient. Elle prend quelques minutes pour discuter et je suis contente de pouvoir partager mes craintes. D’ailleurs si je le souhaite il n’est pas trop tard pour tout annuler. Je regarde rapidement Chéri, et en voyant son aire tranquille je sais que c’est le bon moment, je suis décidée, je ne sortirai pas de la maternité sans mon bébé.

 

Et c’est parti

Salomé contrôle mon col : il est toujours fermé, mais raccourci et souple (les litres de tisanes de feuilles de framboisier ingurgités ces derniers jours auraient-ils eu un peu d’effet ?). Elle décide donc de commencer le déclenchement par l’application d’un tampon de propess sur le col. La gynécologue de garde vient alors nous expliquer le déroulement des prochaines heures, voire des prochains jours. Le tampon de propess est en fait un petit cordon imprégné de prostaglandine qui sera placé par la sage-femme en contact avec le col de l’utérus et qui, si cela fonctionne, va lui permettre de maturer et de lancer le travail. Mais cela peut prendre du temps. Beaucoup de temps. Le corps médical laisse 24 heures à mon corps pour se mettre en marche. En gros, si rien n’a bougé d’ici demain matin ils renouvelleront le tampon, et si rien ne se passe au bout de 48 heures ils m’injecteront directement de l’ocytocine.

Pendant les explications de la gynécologue j’ai tellement chaud que je transpire à grosses gouttes, ma tête se met à tourner et mes oreilles à siffler, je fais déjà une chute de tension. Ça promet ! Chéri arrive à la rescousse avec le brumisateur et me fait du vent… avec mon dossier médical (au moins il sert à quelque chose !).

Puis Salomé revient et m’installe d’abord la voie pour la perfusion et puis le tampon et c’est parti pour deux heures de monitoring. Bon et maintenant il faut attendre. Tic…Tac…Tic… Tac… Je blague avec Chéri sur le fait que j’ai survécu à la pose de la perfusion (c’est une première pour moi) et surtout je regrette amèrement de ne pas avoir bu avant de venir car j’ai très soif, et l’interdiction formelle de boire pendant ces deux heures au cas où il faudrait intervenir en urgence. Au bout d’une heure de calme plat je ressens un très léger tiraillement au ventre et le monitoring indique, en effet, qu’il y a eu une activité musculaire. Donc c’est ça une contraction ?  Bon ben jusque-là ça va, je gère !

 

Une longue après-midi en chambre…

Il est presque midi lorsque nous sommes conduits en chambre. Il ne s’est rien passé de plus que cette terrible contraction gérée dans la plus grande des concentrations. On m’annonce que le prochain monitoring aura lieu vers 16 heures, en attendant nous avons quartier libre. C’est vraiment bizarre de voir déjà le berceau qui servira de premier lit à Mininous à côté de mon lit. En attendant mon plateau repas je prépare avec tendresse ses affaires pour la salle d’accouchement. Un body minuscule, un joli pyjama, un petit bonnet et une couverture. J’ai beaucoup de mal à réaliser qu’il y aura très bientôt un bébé, NOTRE bébé, dans ces vêtements.

Et puis le temps s’écoule et rien ne se passe. Nous discutons, lisons des magazines, regardons la télé et j’essaie de m’activer en faisant des « 8 » et des cercles sur un ballon. 13h… 14h…15h… Ah… Ça y est,  je commence à sentir quelque chose. C’est vraiment très brouillon, et pas très intense, mais ça commence à chatouiller un peu. Ou alors je rêve ? Non non, j’ai bien des contractions, le second monitoring le confirme. Chouette ça avance !

 

Suivie d’une nuit bien agitée

Nous dînons tranquillement avec Chéri puis nous regardons un film, ponctué de contractions aux intensités et durées totalement anarchiques, mais encore largement supportables. Au bout d’un moment on se dit (quand même) qu’il serait peut-être judicieux de dormir un peu. Juste au cas où…

Mais c’est sans compter sur une alarme qui s’est mise en branle et qui a sonné pendant plus d’une heure avant que quelqu’un ne l’arrête. Et manque de bol c’est à ce moment que les contractions sont devenues trop douloureuses pour que je réussisse à m’endormir. J’essaie alors de les accompagner en soufflant comme on l’avait vu en préparation. Je suis vraiment déroutée par leur irrégularité autant dans la durée que dans l’intensité. Elles s’étendent sur plusieurs minutes, mais avec plusieurs pics de douleurs. Je ne m’attendais pas à ça, je ne les comprends pas et je ne sais absolument pas quoi faire. Appeler une infirmière ? Attendre ? J’ai la sensation (idiote) de ne pas être légitime et de ne pas avoir assez souffert, et j’ai peur de déranger le personnel soignant pour rien. C’est d’ailleurs une sensation que j’aurai tout au long de mon accouchement. Finalement vers 4 heures du matin c’est Chéri qui, ne supportant plus de me voir souffrir, va chercher une infirmière.

Par chance il y a une baignoire de libre et elle me propose d’emblée de prendre un bain en m’expliquant qu’il peut y avoir deux effets, soit une atténuation de la douleur, soit une accélération du travail. Chéri me fait donc couler le bain pendant que je me déshabille tant bien que mal. Quel merveilleux soulagement quand je me glisse enfin dans cette eau chaude délicieuse. Je sens mes muscles du bas du dos se détendre instantanément. Il semblerait donc que dans mon cas le bain soulage et je prends volontiers ces instants de répit.  J’arrive même à m’endormir un peu… Sauf que progressivement, les contractions reviennent, mais plus intenses et surtout plus régulières. C’est le moment de les chronométrer.

Suivant sagement ce que nous avions appris, on attend d’atteindre le rythme de trois contractions de plus d’une minute par intervalle de temps de dix minutes pour chercher une sage-femme, mais nous nous rendons vite compte que ces contractions ne sont pas si régulières que ça. Cependant leur intensité augmente de contraction en contraction et je tente au mieux de les accompagner plutôt que de lutter contre. « Les contractions sont mes amies, les contractions sont mes amies »…

Mais je me fais petit à petit dépasser par l’intensité de la douleur, je perds mon souffle, me tord de douleur dans la baignoire et je me mets à pleurer de soulagement à la fin de chaque contraction. Chéri décide une nouvelle fois d’aller chercher une sage-femme qui me fait sortir du bain pour un nouveau monitoring. Mais il ne fonctionne pas. On perd sans cesse le cœur de Mininous et les contractions sont à peine visible, alors que ce coup-ci j’en suis sure, elles sont bien là !!

Au bout d’une demi heure, la sage-femme revient et examine mon col (au risque de déloger le tampon de propess) et là, c’est le drame ! À mon grand désespoir, il n’est même pas ouvert à deux doigts. Il est alors quasiment 7 heures.

OK les gars, c’est bon j’ai plus envie d’accoucher, on arrête tout, je veux juste rentrer chez moi maintenant, et me rouler en boule sous ma couette pour oublier. Ah bon ? Je ne peux pas ? Vous êtes sûrs ? …

 

Et toi ? Comment s’est passé le pré-travail lors de ton accouchement ? As-tu pu gérer les contractions ? Raconte-moi tout !

A propos de l’auteur

La trentaine passée, j'attends mon premier bébé pour Novembre 2018. La maternité n'était pas une question évidente pour moi et il m'a fallu beaucoup de temps pour que l'envie d'avoir un enfant s'installe vraiment. Et j'ai hâte de pouvoir en parler avec toi !