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A la une / Récit de grossesse

Le zèbre qui est en moi

La première grossesse

Lorsque je suis tombée enceinte de Choupinette, je ne savais si j’aimerai être enceinte. Bon, j’avais quand même des doutes, parce que je savais que mon corps allait se transformer sans que je ne puisse rien y faire (et j’aime contrôler les choses). Je n’ai pas aimé être enceinte. J’étais gênée par les nausées, puis mon poids, mon ventre, ce physique que je ne maitrisais plus, les seins qui grossissent et qui coulent. Je dormais mal. Je trouvais ça bizarre d’avoir un bébé qui bougeait énormément dès que je m’allongeais. Après l’accouchement, les mouvements du bébé m’ont manqué, pendant plusieurs mois. Paradoxe, quand tu nous tiens…

Avant d’être enceinte de Choupinette, je pratiquais encore un sport en compétition. J’ai du arrêter le sport en question, incompatible avec une grossesse. Au final, pendant les 6 premiers mois, je n’ai pas eu besoin de vêtements spécifiques, on aurait juste dit que j’avais un peu trop mangé (merci les abdos bien musclés !). J’ai bien gonflé le dernier mois, et paf ! le dernier jour avant l’accouchement, les coutures ont craqué : une vergeture autour du nombril. OK. Ce n’est pas si grave. Enfin SI, c’est grave, mais j’ai vécu avec. J’ai dégonflé, et il est resté une espèce de petite peau fripée au dessus du nombril comme quand il manque un peu de graisse. C’est moche, mais M. Tad, dans son immense sagesse de mari m’a dit que franchement, si on ne savait pas ce que c’était, on n’y prêtait absolument pas attention. N’empêche qu’en maillot de bain, ça restait moche. Je m’étais dit que quand Choupinette ferait sa crise d’ado, j’exhiberai mon ventre déformé pour lui dire « comment oses-tu mal parler à ta mère, elle qui t’a porté au prix de sacrifices incroyables ?! » (non, on ne fait pas trop dans le mélodrame chez nous, tout est dans la pondération).

Entre l’avant et l’après accouchement, mes abdos n’étaient plus aussi toniques. J’ai une légère diastase des grands droits. J’ai fait beaucoup d’abdos hypopressifs (mon périnée me dit merci !) pour essayer de tonifier cela. Je te conseille fortement ce genre d’exercices, dès que tu auras le feu vert des médecins. Au final, j’ai réussi à récupérer un ventre presque plat en 3 mois ! Plat mais un peu abimé.

La deuxième grossesse

Pour Numérobis, j’espérais avoir globalement le même genre de grossesse, en terme d’impact physique. Évidemment, arrêt du sport (je n’ai jamais pu reprendre en compétition, par manque d’enthousiasme pour les entrainements intensifs), je me suis mise au yoga. Bon, c’est bien le yoga, mais c’est pas non plus ultra physique. Ça tonifie, mais il me faudrait quasiment une séance par jour pour que ce soit vraiment efficace et comment te dire… Glander sur le canapé avec du chocolat ou me contorsionner sur un tapis, mon choix est fait !

Crédit photo : BPBricklayer

Mes abdos sont toujours un peu ramollos par rapport à avant. Et puis, lorsqu’on est enceinte, ce n’est plus le moment de solliciter ses abdos (pour éviter de favoriser ou intensifier cette fameuse diastase). Numérobis est à l’avant du ventre, en boule, alors que Choupinette était répartie sur toute la largeur de mon ventre. Résultat : la peau est ultra tendue. Peau tendue -> crac ! Je me transforme en zèbre ! J’ai des vergetures autour du nombril et sur le bas du ventre. J’ai tout essayé pour empêcher/limiter : des crèmes, des huiles, des papouilles intensives pour assouplir la peau. Verdict du dermatologue : si des vergetures doivent apparaître, elles apparaitront, quelque soit le traitement préventif mis en place. L’hydratation peut éventuellement un peu améliorer la situation mais c’est tout. Merci la peau ultra fine et ultra fragile de rousse. Je pourrais choisir l’option culpabilisation à l’adolescence pour Numérobis également : « tu vois, là, c’est à cause de ta soeur, mais là, là et là, c’est TOI ! Du coup, je pense que tu peux faire un effort pour aider ta mère et aller mettre toi-même tes chaussettes dans le bac à linge sale ! »

En attendant, je vais continuer à me tartiner de crème et huile, à encourager ma peau à produire plus de collagène (ne me demande pas comment, c’est un encouragement purement psychologique !), et à espérer que Numérobis ne prenne pas trop ses aises sur ma paroi abdominale (s’il te plait petit bébé, installe toi contre ma colonne vertébrale  plutôt que juste derrière mon nombril !).

Et après ?

Tu as probablement lu l’article de Camomille concernant le cadeau de naissance. Personnellement, je ne porte que très peu de bijoux (je suis ultra économique : allergie à l’or et à l’argent ! Je ne tolère que le platine  (ok, c’est pas économique) ou l’acier, ça limite terriblement le choix !). Du coup, j’ai négocié avec M. Tad : si j’estime que les cicatrices résiduelles sont trop importantes pour que je les tolère, il me paiera les traitements dermatologiques voire chirurgicaux nécessaires. Ça sera sa contribution à la fabrication de notre famille.  J’ai déjà commencé à regarder les tarifs, et les traitement envisageables. Il y en a pour 500 à 5000€ en fonction des méthodes (de la moins contraignante, à base de laser, à la plus lourde, avec de la chirurgie plastique). Bien évidemment, il faudra que j’aille voir un médecin pour identifier quelle serait la meilleure technique. Et accessoirement, s’il y a besoin de chirurgie, qu’on prenne le temps d’économiser (sur plusieurs années… ce qui me laisserait potentiellement le temps de m’accommoder de la situation).

Il faudra que j’attende de dégonfler, de refaire du sport. J’estime le délai à un an. Sauf qu’il faut traiter immédiatement les vergetures rouges, tant qu’elles n’ont pas cicatrisé. Tu vois le dilemme ?

Je me rend bien compte que mes préoccupations physiques peuvent te sembler futiles. Après tout, qu’est ce que sont quelques cicatrices par rapport à la joie d’avoir un enfant ? N’empêche que j’ai besoin de me sentir bien dans ma peau préférentiellement non zébrée. Une maman bien dans ses baskets, c’est exactement ce qu’il faut pour un bébé équilibré !

Et toi, es-tu plutôt de l’avis de laisser ton corps tel qu’il est ou es-tu prête à passer par la case chirurgie si besoin ?

A propos de l’auteur

Je suis Rigel, mariée, maman d'une Choupinette née début 2016, et de Numérobis, de début 2018. Je n'aime pas le matin et le dimanche soir. J'aime les plannings bien organisés, le sport et le chocolat.