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Mon accouchement après une fissure de la poche des eaux

Les prémices: mercredi après midi et soir d’avril 

Pour ma première grossesse, je suis arrivée à terme. Je suis donc à la maison, à attendre d’accoucher. La sage-femme m’avait dit que je pouvais accoucher n’importe quand. Je suis impatiente mais je ne fais pas d’effort particulier pour accélérer le processus. J’ai perdu le bouchon muqueux (tu sais, ce truc gluant au fond des toilettes. J’ai dû faire quelques recherches sur internet sur le moment ^^). J’ai ma mère par sms et elle me soutient que j’allais accoucher autour du 22 avril, car la lune l’avait dit…Elle est un peu portée sur l’astrologie et l’ésotérisme, ce qui n’est pas tout à fait mon cas ^^ Je suis donc sur mon ballon, à rebondir comme une folle, et mon téléphone, posé sur ma table basse, vibre. Je me lève, récupère mon téléphone, et dans le même mouvement, me rassoit…dans le vide. Je me retrouve, les fesses par terre. Bon, je n’ai pas mal, mais évidemment, je me sens un peu bête. Je retourne sur mon ballon, jusqu’à ce que je me rende compte que « tiens, je me suis fait pipi dessus ». Après plusieurs vérifications, une pose de serviette hygiénique, une petite recherche internet, je me dis que le plus prudent serais d’aller à la maternité. Je ne suis pas trop stressée, j’attends mon chéri qui revient un peu plus tard du travail, et lui annonce. Futur papa clown ne panique pas non plus. Je contacte ma sage-femme qui me dit que pour elle, je fais une fuite de liquide amniotique et qu’en effet, il faudrait se rendre en maternité. Comme je n’ai aucune contraction, nous prenons le temps de manger le repas du soir (que je mange du bout des lèvres), car nous ne savons pas quand nous pourrions manger ensuite. Je me dis que ça y est, je vais accoucher. A ce moment-là, oui, je commence à stresser.

Nous nous rendons à l’hôpital public où je m’étais inscrite et où je souhaitais accoucher. Dans la salle d’attente, nous voyons plusieurs profils de femmes sur le point d’accoucher :

  • La femme qui avait beaucoup de contractions douloureuses et qui a dût attendre très longtemps avant d’être prise en charge
  • La femme qui venait (selon ses dires) pour la troisième fois pour une fausse alerte et qui insultait les médecins
  • Les femmes qui venaient seules et d’autres qui étaient accompagnées

Le tout dans une ambiance de professionnels fatigués et qui râlaient sur leurs conditions de travail. Je suis prise en charge par une sage-femme qui me pose un monitoring. Les contractions sont présentes, de faible intensité et irrégulières. Elle me dit que l’on allait me garder, car en effet, il y avait une fuite de liquide et qu’il y avait un risque d’infection, mais qu’il fallait que j’aille marcher environ deux heures sans quitter l’enceinte de l’hôpital. Je me retrouve donc à marcher dans un hôpital vide, à minuit, et à monter et descendre des escaliers. Futur papa Clown en profite pour me faire rire et prendre des vidéos afin de se moquer de moi. J’en garde un très bon souvenir. À un moment, il me propose d’aller chercher à manger un fast-food et nous nous retrouvons debout, avec notre sandwiche et nos frites, dans cet hôpital désert et en travaux. Je crois que c’est le meilleur souvenir de mon début d’accouchement.

L’équipe médicale m’appelle sur mon téléphone vers 2h du matin. Après un autre monitoring, ils m’annoncent qu’ils souhaitaient me transférer dans une autre maternité, car ils n’ont pas de place pour moi (ou ils préféraient garder de la place pour des cas plus complexe que le mien). Je monte dans une ambulance et je suis en route pour une autre maternité. Mon chéri suit en voiture.

 

Accouchement la suite: jeudi et vendredi journée 

J’arrive dans cette autre maternité et je ne suis pas inquiète. L’ambiance est beaucoup plus calme, c’est plus silencieux, les professionnels ont l’air d’avoir envie d’être là. Je vais passer assez rapidement sur ces deux jours car il y a finalement très peu à dire. Je rencontre un nombre incalculable de docteurs, sage-femmes, infirmières, auxiliaires de puériculture, qui  piquent et m’inspectent dans tous les sens. Les contractions s’accentuent en nombre et en douleur et très sincèrement, je perds la notion du temps. Tout ce que j’entends c’est que le col ne s’ouvre pas. Je me souviens d’une sage-femme qui m’a demandé si j’avais pensé à prendre une douche. J’ai pensé « une douche ? Je m’en fiche de ta douche, je suis sale mais je m’en balance ! J’ai mal et je veux que cela s’arrête ! ». Elle m’a sauvé avec son histoire de douche. J’ai dû en prendre deux ou trois avec futur papa Clown.

En parlant de lui, il est génial. Il est présent tout du long. Pour tenter de m’accompagner, il réclame le monitoring, car ainsi, il peut voir les contractions, me prévenir et me dire quand souffler. Cela l’occupe et lui permet de sentir qu’il sert à quelque chose, lui qui était si démuni face à ma douleur croissante. Je ne vais pas vous le cacher, ce n’est pas une partie de plaisir. J’ai très mal, je suis exténuée et à un moment, désespérée. J’ai appris bien plus tard que cela s’appelait la phase de désespérance. Une autre sage-femme (celle qui m’a accueillie au tout début) m’a aussi sauvé la vie. Le vendredi soir, je n’en peux plus et le col ne s’ouvre pas du tout. Elle m’a proposé un cocktail en perfusion (je ne pourrais pas vous dire ce que c’était, j’étais dans le flou), afin de dormir un peu, calmer la douleur, mais ne pas arrêter le travail. J’ai dit oui tout de suite. Mon chéri dors deux heures, moi aussi. Lorsque les douleurs me réveillent, j’essaye de tenir le plus longtemps possible sans faire de bruit afin de le laisser dormir le plus longtemps possible. J’ai besoin de lui, et le plus en forme possible. Mes gémissements l’ont tout de même réveillé vers 1h du matin le vendredi soir.

 

Le vendredi nuit: l’accouchement, enfin!

Nous appelons les sage-femmes. Elles m’examinent et je descends en salle de travail. Enfin, le col s’était ouvert ! Enfin, j’accouche ! Le temps de me déplacer, je souffre le martyr et je ne peux que me laisser faire. Je n’arrête pas de parler, d’une voix suraiguë. Lorsque j’arrive en salle de travail, je ne cesse de demander l’anesthésiste qui tarde à arriver selon moi parce qu’« il arrive le bébé, il est là le bébé ». Je suis en plein délire, je parle sans cesse et d’une petite voix, personne ne m’écoute. J’ai du mal à m’assoir et à faire le dos rond pour que l’anesthésiste puisse poser la péridurale. Apparemment, j’ai failli m’évanouir et heureusement que mon chéri était là pour me retenir. En fait (je m’en suis rendue compte après), je crois que je m’asseyais sur la tête de mon bébé. Parce que, quand la sage-femme a regardé à l’endroit fatidique, elle a dit «  ah oui, en effet, il est là le bébé. On n’aurait pas dû vous poser la péridurale, il va falloir pousser. »

Je ne sais plus trop si j’ai mal ou pas, mais je sais que je pousse trois ou quatre fois et que mon bébé est sorti.

Je m’attendais à des hurlements de bébé, mais non. La mienne a bêlé, d’un tout p’tit cri magique. Elle est posée sur moi, et je regarde son visage tout fripé, son regard vague tentant de me regarder, et je la trouve la plus belle du monde. Comme si je mangeais une énorme boule de chewing gum, je dis à mon chéri :« Regarde, regarde ce qu’on a fait. Elle est trop belle ».

Papa Clown coupe le cordon, on me met ma fille au sein pour la première tétée, on me demande si je veux voir le placenta…je ne sais plus, je suis dans les vapes et exténuée. Elle part pour les premiers soins. Un peu plus tard, elle revient sur moi et nous attendons. Longtemps. Papa Clown m’a avoué par la suite qu’à ce moment-là, il en avait vraiment marre, il a pensé « Bon, ben c’est bon, le bébé est sorti, on peut remonter en chambre là, on peut aller dormir? ». Je rappelle qu’il n’était pas loin de trois heures du matin. Autre souvenir : Je ne m’en souviens plus, mais apparemment, j’ai regardé ma fille et j’ai immédiatement crié « Elle est bleue! », relayé par mon chéri. En effet, elle s’étouffait des excréments qu’elle avait relâché dans le liquide amniotique.

Enfin, on nous dit que nous pouvons remonter en chambre. Alors, avec un peu d’aide du papa, je me lève et je commence à mettre mon pantalon. Avant de me faire houspiller par les sage-femmes: « Mais qu’est-ce que vous faites Madame??? Mais attendez, il faut rester assise ! Et pour remonter, on va aller vous chercher un fauteuil! ». Je refuse. J’ai mis mon pantalon et je suis remontée en chambre debout, un papa fatigué d’un côté, un bébé de l’autre.

Et voilà, c’est la fin du récit de mon accouchement, un moment riche en émotions, que j’espère vous avoir un peu transmises. Et petite anecdote pour terminer : dans les jours suivants mon accouchement, on entendait les sages-femmes parler entre elle de « la femme qui a eu une péridurale, qui a mis son pantalon et qui est remontée en chambre toute seule ». Et ouais, j’ai impressionné l’équipe de la maternité ! ^^

Et vous, comment s’est passé votre accouchement ? 

 

 

A propos de l’auteur

Jeune maman d’une petite fille de deux ans et enceinte d’un petit garçon prévu pour septembre 2021, un papa clown et un chat squatteur viennent compléter ma petite famille. Animatrice et formatrice, je profite de mon congé parental pour me lancer dans l’aventure de l’écriture !