Menu
A la une / Vie de maman

Pourquoi je voulais trois ans d’écart entre mes enfants

Dans le grand débat « enfants rapprochés ou non ? », mon avis est plutôt tranché.

Je pense que la petite enfance est une période-clé, la base de toute une vie. Et pour établir ce fondement, je souhaite être disponible autant que possible pour l’enfant qui la traverse.

Un jeune enfant a besoin de beaucoup d’attention. Avec un nouveau-né et un bambin, je priverais l’un ET l’autre d’une bonne partie de mon attention, alors que tous deux en auraient particulièrement besoin.

D’un point de vue purement pratique, si l’aîné est en mesure de faire un certain nombre de choses seul ou avec un minimum d’aide, ce sera plus facile que s’il faut encore tout faire à sa place parce qu’il en est absolument incapable seul. (D’autant qu’en tant qu’ancien enfant unique, il a de toute façon tendance à plus solliciter ses parents…)

Puis (là c’est beaucoup plus personnel !), il y a aussi l’allaitement. Pour moi, permettre à mon enfant de recevoir mon lait le plus longtemps possible est très important. Et ce, au minimum, jusqu’à deux ans. Or, s’il est possible de continuer à allaiter enceinte, la grossesse peut aussi, plus ou moins tôt, tarir la source. Chaque femme réagissant différemment, il est impossible de prévoir.

Bref, j’en étais venue à la conclusion que deux ans d’écart étaient vraiment le minimum. Plutôt deux ans et demi, même.

famille fratrie deux enfants

crédit photo (CC) : vborodinova

Le temps passant, je me voyais surtout rallonger cet écart idéal. Pour tout dire, j’avais vraiment l’impression que je trahirais ma fille en lui faisant un petit frère ou une petite sœur avec qui elle devrait nous partager. Je voyais les moments qu’on ne pourrait plus avoir, et ça me serrait le cœur.

J’en étais finalement arrivée à l’idée de trois ans et demi. Après, on serait tombés sur quatre ans ou plus. Or là arrivait un autre problème : pour le coup, cet écart me paraissait trop grand !

Trop grand, peut-être un peu pour les relations entre les enfants… Ce point m’inquiète assez peu en vérité, je connais des fratries avec un écart d’âge similaire ou supérieur, où la relation est vraiment chouette ! Mais ça inquiète M. Lutin.

Lui a connu la vie en fratrie, contrairement à moi (ça doit jouer dans se sentiment de trahison que je ressens !). Ils étaient quatre, avec deux ans entre chaque. Et pendant longtemps, il n’a eu vraiment aucune affinité avec l’aîné (quatre ans plus âgé que lui). Mais il va sans dire que se joue là, non pas une simple question d’âge, mais aussi de caractère… (Bref, du coup, il trouve mon raisonnement cohérent et il est d’accord : trois ans, c’est bien.)

Trop grand aussi… Pour nous ! Même si cette expression m’a longtemps fait grimacer, j’avoue en comprendre davantage l’intérêt à présent. Et c’est peut-être bien pour cela que plus de quatre années, ça me semble trop : mieux vaut « en finir pendant qu’on est encore dedans ».

Ça sonne comme une corvée dont on cherche à se débarrasser. (D’où la grimace.) Mais je sais que ce moment où l’enfant gagne de plus en plus en autonomie est comme un souffle nouveau, c’est une ouverture sur de nouveaux moments à partager en famille. Plus il gagne en autonomie, plus il est capable de s’intéresser à des choses complexes, plus on peut imaginer aller faire des visites culturelles, aller au cinéma ou au théâtre, randonner longtemps, avoir des conversations passionnées…

Bien sûr, la petite enfance est aussi pleine de moments précieux. (Sinon on n’envisagerait pas remettre le couvert !) Bien sûr, même avec un bébé, on peut faire plein de choses. La plus grande barrière est souvent celle que l’on s’impose soi-même.

Mais soyons totalement honnêtes : plein de choses…. mais quand même pas tout pareil que sans bébé. (Cela étant… avec un enfant plus autonome, de toute évidence, ce n’est pas non plus tout pareil qu’entre adultes !)

Trop tard, parce qu’on ne pourrait pas offrir aux plus grands autant de possibilités d’activités avec un bébé à gérer. Bien sûr, ils pourraient aussi faire des choses sans nous, ou avec seulement l’un de nous. Mais ça ne remplace pas, ni pour eux, ni pour nous.

Bref. Entre trois et quatre ans, pour notre famille ça semblait être le bon compromis.

Et puis… Tout ne s’est pas passé exactement comme prévu…

Et toi ? Dans l’idéal, tu préfèrerais avoir des enfants rapprochés, ou plus éloignés ? Quelle est ton expérience avec ta propre fratrie ?
Tu as aussi ressenti cette impression de « trahir » ton aîné quand il a été question de faire un nouvel enfant ? Viens en discuter dans les commentaires !

A propos de l’auteur

J'ai 27 ans et un mari super-chouette ! Notre fille "Pimprenelle" est née à l'été 2015 et nous régale de sa bonne humeur... "Ninette" nous a rejoint au printemps 2018. Je m'occupe d'elles à plein temps. Moi, je suis une lutine lunatique, mais généralement très joyeuse et espiègle. Écolo, féministe, non-violente, végane, cousette, fana de prénoms et de vieilles comédies musicales ! Tu peux aussi me retrouver sur le blog Sous Notre Toit et sur Instagram @danslamalledenilith