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A la une / Témoignage

Où il est question du Père Noël… et du sens de Noël

La grande question du mois de décembre : faire croire au Père Noël, ou non ? Pour certaines familles, c’est une évidence : pas de Noël sans son monsieur barbu. Pour d’autres, c’est un mensonge pas cool fait aux petits. Je vais te raconter mon point de vue sur la question.

Crédit photo (creative commons) : suju-foto

Parce que je n’ai pas (vraiment) grandi avec ce mythe

Pour moi , la question ne se posait pas. Je vais t’avouer un truc : je n’ai jamais cru au père Noël. Je me rappelle des Noëls de mon enfance j’avais une orange et j’étais contente. Naaaan, j’avais des jouets. Mes parents ne m’ont jamais dit que mes boîtes de playmobils et de dînettes étaient apportés par un vieux monsieur en rouge. Je savais que c’était offert par papa, maman, papy, mamie, tata, etc.

Je te rassure, nous n’avions pas problème avec la figure du père Noël, et pour tout de dire, chaque année, un de mes oncles se déguisait. Avec une fausse barbe et une houppelande rouge, il distribuait les cadeaux aux enfants. Imagine le moment tant attendu : 10 cousins, de 1 à 10 ans à peut près, en délire, guettant l’arrivée du « Père Noël » par le jardin. LE moment le plus intense de l’année ! Je ne sais pas comment mes cousins vivaient cette rencontre avec le « père Noël », mais je me souviens avoir toujours su. Pour moi c’était comme au carnaval , ou comme la Disney Parade : je savais que c’était pour de faux . Non seulement ça n’empêchait pas la magie d’opérer, mais ça faisait même partie de la fête.

Et pour mes enfants ?

Pour moi en tant que maman, la question ne s’est posé une seule seconde : pas question de mentir à mes enfants. Dit comme ça, c’est un peu violent, mais au final c’est bien une sorte de mensonge, même si l’intention n’est pas négative. Dans ce que nous disons à nos enfants, je pense que c’est important d’être toujours sincère.

Il y a ce que l’on affirme, parce que c’est vrai, parce que c’est prouvé : par exemple dire à son enfant que la Terre tourne autour du soleil, ce n’est ni un mythe, ni une opinion. C’est une réalité, tout simplement. Les enfants ont besoin d’avoir des réponses claires et vraies à toutes leurs questions. Même sur les sujets difficiles, pour lesquels il faut redoubler de délicatesse pour s’adapter à leur âge.

Il y a ce que l’on pense, nos opinions… il y a aussi ce à quoi l’on croit, en tant que parent. A mon avis c’est important de pouvoir parler de nos valeurs à nos enfants, en tant que parent. C’est aussi l’occasion d’aider nos enfants à construire un esprit ouvert et tolérant, en disant par exemple « je pense que… mais d’autres gens pensent différemment ».

Il y a les contes, les mythes, les histoires : tout ce qui ouvre vers le merveilleux, le monde de l’imaginaire, et qui permet aussi d’aborder des grandes questions de la vie. c’est nécessaire, et en même temps, les enfants, y compris les petits, savent faire la différence entre le « pour de vrai » et le « pour de faux » .

Le sympathique barbu en rouge entre, à mon avis, dans la troisième catégorie. C’est un mythe très beau, qui exprime la générosité, l’amour, le rythme des saisons… Le Papa Noël est un mélange de plusieurs beaux mythes : celui du vieil homme passant le relais à un jeune, symbolisant le passage à la nouvelle année et le solstice d’hiver, les petits génies nordiques de l’hiver, Saint Nicolas distribuant des cadeaux aux enfants sages… Je suis fan de la légende, sous plein de formes: livres, décorations, bricolages (oui, le fameux père Noël en rouleau de sopalin avec sa barbe en coton, je suis sûre que tu l’as déjà rencontré!)… le père Noël est bien présent, mais chez nous, ça reste ce que c’est : une belle histoire. J’ai quand même eu la question : « mais en vrai, il existe ou pas ? » posée après de vives discussions dans la cour de récré. J’ai préféré répondre simplement: oui, il existe, mais dans les histoires. En vrai, le père Noël, c’est un peu, nous, un peu toi aussi . Mes filles n’ont donc jamais écrit « leur lettre ».

Crédit photo (creative commnos) : Javi Indy

Alors pour les cadeaux, ça se passe comment ?

Et oui, qui dit pas de lettre, dit aussi, pas de liste. Au passage c’est aussi un aspect qui me gêne un peu, cette histoire de liste : le fait de lister les cadeaux, ça devient presque un dû dans la tête de l’enfant. Pour peu qu’en plus la liste devienne un prétexte à faire du chantage, en mode « attention, le père Noël te surveille », ça devient carrément flippant : Big Father Noël ! On en oublie un peu le sens du cadeau : une preuve d’amour de la part de celui qui l’offre ; Quand l’offreur disparaît, et qu’à la place de mamie/ tonton/ pépé, etc, l’offreur est une entité abstraite vivant au pôle Nord, on perd un peu le sens du cadeau. L’absence de liste ne nous a jamais gênés pour trouver des idées de cadeaux. Ça va de la surprise au cadeau demandé explicitement. Il y a aussi l’idée lancée au hasard d’une balade, le « oh regarde c’est trop beau » à une expo Lego, l’idée trouvée à partir des goûts (quand on a une fille très amatrice d’Harry Potter, les idées ne manquent pas )… A l’inverse de la lettre au père Noël (qui est surtout une liste d’exigeances) , je préfère faire un petit atelier carte de vœux : expliquer à un enfant que la carte va faire plaisir à la grand tante par alliance qu’on ne voit pas très souvent et qui s’ennuie chez elle, ça donne un autre sens à la lettre.

Crédit photo (creative commons) : Freepik

Le sens de Noël

Finalement, on en arrive au plus important : le sens de la fête.

Noël est une fête qui a de multiples visages et qui peut être célébrée de façons tellement différentes, et même, pas fêtée du tout. Le sens qui nous mettons derrière est forcément très personnel. En tant que chrétienne, pour moi Noël est d’abord la naissance de Jésus. C’est peut être aussi pour ça que nous avons choisi de ne pas « faire croire » au père Noël. Et logiquement, si on célèbre la naissance d’une personne qui a prôné inlassablement le don et l’amour du prochain, ça me paraît important d’être en cohérence. Oui aux cadeaux, qui disent que l’on s’aime. Non à l’avalanche de cadeau perçue comme un dû, façon Dudley Dursley. Pendant l’Avent, j’aime inciter mes filles à faire des gestes altruistes : donner des jouets à des collectes, envoyer un don à une association en les laissant choisir le bénéficiaire, apporter un sac de croquettes à la SPA… Les enfants ont en eux des trésors de générosité !

Et chez toi, ça se passe comment: tes enfants croient au Père Noël ou non? Posent-ils des questions? Les cadeaux, listes ou surprises?

A propos de l’auteur

Bretonne ou presque, la trentaine, mariée et maman de deux filles de 10 et 5 ans, écolo (un peu), créative (beaucoup), organisée (pas du tout), férue de fait-maison et de système D !