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Sur le fil du burn-out parental


Publié le 15 novembre 2019 par Mrs Tabitha Twitchit

Hier, j’ai passé l’après-midi avec une amie enceinte. La première de mes amies de lycée enceinte de son premier enfant.

Contrairement à ce que je craignais, le sujet de sa grossesse, qu’elle n’aborde presque jamais avec nos autres amies, n’a pas été tabou. Oui, contrairement à ce que je craignais, car enfin, un ventre de 7 mois, c’est difficile à ignorer, et s’il y a bien un domaine où j’ai une expertise que n’ont pas mes amies, c’est bien celui de la parentalité.

Nous avons devisé grossesse/accouchement à bâtons rompus, sans que ça ne pose problème. Ce sont des sujets que j’apprécie, même si mes deux grossesses ont été globalement épouvantables et mon premier accouchement un peu raté de mon point de vue (mais le second a été top, heureusement). De toute façon, tout ça est derrière moi et j’en parle avec beaucoup de recul.

Et puis est venue la question de ce que ça faisait d’avoir un enfant à la maison. Et j’ai eu beaucoup plus de mal à me montrer enthousiaste sur le sujet : « Tu vas bien voir, hein. » « Je te laisse la surprise… » « C’est fait, c’est fait, de toute façon. » Le tout dit sur le ton de la blague (je ne suis pas sadique), mais tout de même, pensé un peu.

Les enfants, c’est comme mon couple, j’ai du mal à me souvenir de quand ça allait vraiment bien. Comme pour mon couple, j’arrive généralement à nous maintenir à un niveau acceptable d’entente, mais parfois je me demande où sont passés la passion, le plaisir.

Au quotidien, mes enfants sont plutôt de formidables empêcheurs, et pas seulement de tourner en rond. De lire, d’écrire, de dormir, de voir du monde, de sortir, de voyager, de maintenir ma maison agréable à vivre, de manger ce qui me plaît, de dépenser mon argent comme je voudrais… Ils sont toujours là, à côté de moi physiquement, à me demander des choses, à me grimper dessus, à me crier dans les oreilles, à détruire quelque chose discrètement dans la pièce voisine, et même s’ils ne sont pas là physiquement, ils sont en permanence dans un gros coin de ma tête. J’ai l’impression de m’être perdue dans cette maternité.

Crédits photo (creative commons) : Sam Pineda

Souvent, ma journée commence par des pleurs et des cris, se poursuit par des pleurs et des cris, se termine par des pleurs et des cris. Entre, il y a évidemment de beaux moments, où mes filles jouent tranquillement, où nous faisons des activités ensemble, où elles sont adorablement complices, chantent, courent, rient. Il n’empêche qu’une partie de moi reste bloquée sur la dernière crise. Et puis même quand tout va bien, moi qui ai BESOIN de solitude parfois, je vis très mal leurs intrusions continuelles qui me font perdre le fil de ma pensée, perdre le fil de mon activité, perdre la boule en définitive. C’est le supplice de la goutte d’eau.

Je sais que c’est normal, que la vie avec des enfants est une alternance perpétuelle entre conflits et osmose, tristesse infinie et joie exubérante. Je sais aussi qu’être un bon parent, quelle que soit sa conviction éducative, c’est pouvoir se montrer disponible et attentif en permanence, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et pouvoir interrompre n’importe quelle activité personnelle pour s’occuper de leurs problèmes, petits ou gros. Je le sais tout ça, et pourtant je ne le supporte plus. Je déteste mes enfants de me faire subir ça, je me déteste de ne pas réussir à gérer aussi bien que je devrais.

J’essaie de m’expliquer ce gros passage à vide :

  • Ma première qui grandit et n’est plus le petit être naïf qu’elle était il y a encore quelques années, qui est plus violente, plus incisive, plus sensible aux influences extérieures (pas toujours bonnes, évidemment), cette fusion perdue entre elle et moi.
  • Ma seconde qui est en plein terrible two, qui expérimente toute la journée au détriment de nos nerfs, qui refuse tout par principe, qui fait une montagne émotionnelle d’un rien, qui a une immense dépendance affective et veut être portée et câlinée à longueur de temps…
  • Mon travail aussi, qui m’occupe généralement neuf heures par jour en ce moment, et me tient hors de chez moi plus de onze heures en comptant les différents trajets (navette vers les lieux de garde, crochet par les magasins quand nécessaire et trajet domicile-bureau évidement).
  • Et puis parallèlement, les amies sans enfants qui réalisent leurs rêves, mon rêve en vérité, qui écrivent et publient des livres pendant que je joue la police entre mes enfants qui se battent, que j’essaie de maintenir un niveau d’hygiène acceptable chez moi et que je nettoie des culottes sales, ces amies qui se revendiquent écrivaines pendant que mon propre cerveau et ma propre flamme se ratatinent au son des comptines et des hurlements.

Non, ce n’est pas étonnant que je me sente déprimée et surmenée. Mais c’est dur.

Je ne pense être devenue une mauvaise mère pour autant. Forcément, dans cet état d’esprit, je suis moins patiente, je crie plus, je compatis moins. Mais je m’occupe de mes enfants, je les aime et je leur montre toujours. Ils sont toujours ma priorité et ce à quoi je tiens le plus au monde, loin devant tout le reste. Je ne pense pas que je les mette en danger ou qu’ils ressentent le manque de leur mère. C’est surtout à l’intérieur de moi que c’est le bazar. C’est mon individualité qui se rebelle contre ce monstre bicéphale de la mère active qui dévore tout sur son passage…

Mon amie, peut-être un brin effrayée par cette peinture elliptique (je te rappelle que je ne lui ai pas raconté tout ça en détail) mais peu engageante (je l’ai quand même bien teasée), m’a ensuite demandé ce qui était bien avec les enfants. Question qui m’a énormément gênée.

Oui, il y a des choses positives avec les enfants : leurs câlins à tout âge, l’amour indéfectible qu’ils te témoignent, leurs progrès qui t’emplissent de fierté, leur beauté aussi, cette impression de te voir toi mais en mieux, leurs petits mots rigolos et leurs éclats de rire qui réchauffent le cœur. Est-ce que pour autant, le jeu en vaut la chandelle ? Je ne sais pas… Je ne crois pas que le désir d’enfant soit rationnel. S’il l’était, si nous faisions une balance bénéfices/risques avant chaque grossesse, alors sans doute qu’il y en aurait beaucoup moins.

Rassure-toi, je sais aussi que d’autres femmes ne vivent pas tout cela comme des sacrifices et s’épanouissent pleinement dans leur rôle de mère, et je l’ai aussi dit à mon amie. Ne pas lui dire aurait été autant lui mentir que de prétendre que tout est toujours rose et beau dans la maternité. Et je lui souhaite sincèrement de ressentir, elle, cette sérénité et cet accomplissement qui nous sont tant vantés quand on devient mère.

Si nécessaire qu’il soit pour moi, cet article aura été difficile à écrire et à publier. Je terminerai donc en te demandant d’être prudente dans les commentaires. Je ne répondrai à aucun commentaire qui me jugerait pour mes propos (je suis bien consciente de ma chance immense d’avoir des enfants et en bonne santé de surcroît), ni à aucun commentaire qui utiliserait mon ressenti pour mettre son autrice en valeur (si tu es contente de la façon dont tu gères ta maternité, tant mieux, mais tu n’as sans doute pas besoin de moi pour te confirmer que tu assures).

Si je partage ce témoignage, qui fait suite au courageux article de Clémence sur son année à flirter avec la dépression post-natale, c’est pour montrer que le mal-être autour de la maternité peut persister (ou apparaître) également quand les enfants sont plus grands, et rassurer les mères qui ressentiraient la même chose sur le fait qu’elles ne sont pas seules. Je sais au fond de moi que ce n’est qu’un passage et que bientôt, l’horizon s’éclaircira, mais je pense qu’il était important de le verbaliser.

Et toi ? T’arrive-t-il (souvent) de te sentir dépassée par ton rôle de mère ? De ne pas te sentir vraiment heureuse ? De rêver d’un autre monde ? Viens me dire…


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Commentaires

50   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virg

Ma fille a maintenant 2 ans et demi et j’ai le même ressenti que toi. En revanche, je ne le vis pas mal et je t’explique tout de suite : je ne suis pas une mauvaise mère parce que, après 3 ans de presque « je dois m’oublier bébé a besoin de moi », elle est dans la phase d’affirmer son individualité et me pousse donc à affirmer la mienne. En d’autres termes, si elle pose ses limites, je dois aussi imposer les miennes. Donc maintenant elle apprend à attendre que maman finisse son truc en cours pour s’occuper d’elle, si le truc à manger ne lui plaît pas, je ne lui reproche pas de ne pas le manger. En revanche, je lui impose d’attendre que j’ai fini ma propre assiette avant de passer au dessert.
Ce n’est pas facile mais je considère que c’est ça, la vie sociale et le respect de l’autre. Pourquoi devrais-je m’oublier ? Hors de question. Je suis même en projet de conversion pro.
Je ne porte aucun jugement, ce qui me fait mal, c’est que tu le vives mal. Alors j’ai envie de te dire stop ! Oui, tu es un individu à part entière, oui, chacun ses limites. Et même j’ajouterai quitte à créer une polémique, que je me fais un devoir de ne surtout pas m’oublier car pour moi c’est ça être une bonne mère et donner le bon exemple à ma fille, femme en devenir.
Alors vas-y p’tite mère, fini ton bouquin. J’ai testé maintes fois, si tu leur dis d’attendre que tu aies fini tes mots croisés et que tu tiens ta promesse, ils finissent par apprendre à attendre.
Gros câlin <3

le 15/11/2019 à 07h49 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci beaucoup pour ton gentil message 🙂 C’est vrai que vers les 2 ans de ma première fille, j’ai mieux réussi à prendre mon indépendance vis-à-vis d’elle, à poser des limites pour que je puisse avoir des moments à moi (il le fallait de toute façon puisque je travaillais de chez moi)… C’était un bébé extrêmement pot-de-colle et c’est finalement devenue une petite fille plutôt indépendante… A l’inverse, ma seconde était un bébé assez calme, par contre en ce moment c’est « Maman Maman Maman », tout le temps :/ Et à côté de ça, tout est multiplié par deux : le bruit, les interruptions, les bêtises, leurs soucis… C’est vraiment dur de réussir à se mettre dans sa bulle dans l’appartement dans ce contexte ! Mais bon je sais que c’est une étape et que tout le monde va grandir… En tout cas, je suis tout à fait d’accord avec toi sur le fait que le respect doit aller dans les deux sens, qu’une famille heureuse est une famille où chacun trouve son compte et que les enfants doivent aussi respecter les moments où leurs parents veulent être un peu seuls… Mais c’est un apprentissage, et en ce moment, il n’est pas acquis pour ma petite :/

le 15/11/2019 à 21h46 | Répondre

Virg

Je travaille en partie à domicile et ma fille va chez la nounou, j’ai testé bosser avec elle, j’étais sous tension permanente, l’ordi a failli maintes fois passer par la fenêtre. C’est impossible !

le 16/11/2019 à 10h13 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Oui, elles étaient aussi en partie gardées quand je travaillais à la maison, malheureusement leur temps de garde n’était pas suffisant par rapport à ma masse de travail réelle, donc souvent elles étaient quand même là quand je travaillais… Et effectivement ça n’aidait pas à rester zen… C’est aussi en partie pour ça que j’ai changé de travail…

le 16/11/2019 à 21h47 | Répondre

Victoria

Merci pour cet article.
Merci d’avoir mis des mots sur ce qui, en général, n’est pas exactement acceptable d’être pensé, encore moins d’être dit.
Je rajouterais aussi la solitude sociale, encore plus lorsque l’entourage n’a pas d’enfants au même moment.
Courage! Et tu n’es pas seule 🙂

le 15/11/2019 à 08h24 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci à toi ! Niveau social, tu as tout tout à fait raison. Ce qui m’a vraiment sauvée pour ma plus grande, alors que mes sœurs et mes amies étaient loin bien loin de songer à avoir des enfants, c’est justement les blogs et toute la communauté autour. J’ai gardé de cette période où j’étais très active dans ce milieu de très bonnes amies avec qui je peux toujours discuter de mes soucis de mère. Ca m’aide à garder le cap quand ça va mal en me rappelant que c’est difficile chez les autres aussi (même si ce n’est pas ce qu’on affiche sur Instagram) et vos messages aujourd’hui me prouvent aussi à quel point c’est précieux de pouvoir compter sur ce réseau <3

le 15/11/2019 à 21h57 | Répondre

Chloé

Courage ! J’ose penser que ta situation va s’améliorer. J’ai surtout l’impression que tu as besoin de plus de vacances ou de moments pour toi. Ne pourrais tu pas laisser tes enfants à leur père un soir par semaine et sortir de chez toi pour faire du sport, voir des amis, écrire dans un café/une bibliothèque…? Et de même essayer de laisser tes enfants à de la famille ou des amis pour un long week end ou une semaine en amoureux ? Un break où tu souffles sans être interrompu, où tu redécouvres que tes enfants te manquent… ca pourrait te faire du bien.

Courage aussi, car tu n’es pas seule. Maman d’une petite puce de 9 mois, pourtant plutôt adorable, je suis dans ta situation. Presque toutes les semaines, je me demande si j’ai bien fait d’avoir ce bébé. Même si je l’aime très fort, je découvre que je ne suis pas vraiment faite pour les enfants et que leur besoin d’attention constante et ses sons inarticulés me saoulent grave.
Mon mari m’aide beaucoup et prend le petit et part se balader avec pour que je puisse souffler. Ca fait un bien fou !
Perso, ce qui m’aide aussi c’est de prévoir nos prochaines vacances, à l’étranger, loin et longtemps, comme on le faisait avant et avec le bébé. Pour me prouver qu’il ne change pas tout dans ma vie et que je garde une forme de contrôle.

le 15/11/2019 à 08h25 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci à toi aussi, je dois dire que je ne m’attendais pas à autant de témoignages similaires en cliquant sur le bouton « Publier » (enfin en cliquant sur le bouton « Attente de relecture », je ne veux pas zapper le super travail de Gwénaëlle) ! Je crois que si on arrive un peu depuis quelques années à laisser entendre qu’on peut mal vivre sa grossesse, il est encore très tabou de dire qu’on peut mal vivre sa maternité, parce qu’on ne parle plus d’un état, mais de petits êtres humains dont la vie dépend en très grande partie de nous… Mais reconnaître que c’est dur et que certains (beaucoup ? d’) aspects de notre vie d’avant peuvent nous manquer n’enlève rien à l’amour qu’on leur porte et ne veut pas dire non plus qu’on ne peut pas s’en occuper correctement (à part évidemment dans des cas graves). Et je suis d’accord avec toi, je manque sans doute d’activités extérieures… Je cours tellement toujours après le temps (ou mon sommeil en retard !) que je ne vois pas où je pourrais caser ça. Et c’est vrai qu’une vraie bonne pause nous ferait sans doute du bien aussi (je ne parle que de moi, mais mon mari est très fatigué aussi, c’est d’ailleurs aussi une cause des tensions à la maison…). Il faut que je et qu’on me/se penche sur ces questions !

le 15/11/2019 à 22h14 | Répondre

Lili

Merci pour cet article courageux qui aborde d’autres points de la maternité. Je me retrouve en partie dans tes propos. Mini pirate a 3 ans et je suis quelqu’un de très indépendante, j’ai aussi très mal vécu une période (de 6 mois à 2 ans environ) où je me suis vraiment sentie « prisonnière » avec un ptit boulet tout le temps attaché à mes jambes. Même si j’aime ce ptit boulet plus que tout au monde et je fais tout pour qu’il soit heureux et épanoui, gérer mon ressenti à été très difficile. Entre la culpabilité de ressentir ça, l’envie d’étouffer ma petite voix intérieur qui hurlait qu’elle avait besoin d’air et l’autre partie de moi qui avait envie d’être une maman « normale et épanouie »… Maintenant ça va mieux, j’ai trouvé un équilibre qui me convient !
Mais on parle de numéro 2 et même si j’en ai très envie, ce qui me fait le plus peur c’est de briser à nouveau cet équilibre et de me sentir encore plus entravée qu’avant … bref je pense que chaque femme qui devient mère est différente et gère ça du mieux qu’elle peut. Et ça n’empêche en aucun cas d’être une bonne maman pour ses enfants !

le 15/11/2019 à 09h02 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

C’est tout à fait ça, on se sent tiraillée entre l’amour qu’on leur porte et cette petite question obsédante du « est-ce que ce ne serait pas tellement plus facile s’ils n’étaient pas là ? », et forcément la culpabilité est très grande, je dirais que psychologiquement, ça revient un peu à avoir envie de tromper l’amour de sa vie pour dix minutes de plaisir sans prise de tête… Pour ton numéro 2, clairement c’est un peu comme pour mon amie sur le point d’accoucher, je ne suis pas la bonne personne en ce moment pour te rassurer sur la préservation de cet équilibre 😀 Mais si on voit le plan large, c’est magnifique aussi de découvrir ce second petit fruit de notre amour, de découvrir à quoi il ressemble (moi ça me fascine les mystères de la génétique), qui il est, sa personnalité propre et unique, et d’avoir au final deux fois plus de personnes dans sa vie qu’on va aimer à la folie (et qui nous le rendront) (normalement) 🙂

le 15/11/2019 à 22h29 | Répondre

Steph

Merci pour cet article…
Je me sens moins seule dans mon mal être…

le 15/11/2019 à 09h03 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci à toi d’avoir pris le temps d’écrire ce commentaire, vos témoignages m’aident beaucoup aussi !

le 15/11/2019 à 22h32 | Répondre

Maug

Bonjour les filles. J écris sous ma double casquette: maman et psychiatre. Vraiment, oui, les premières années de la vie d un enfant peuvent être compliquées, mais là, je pense que c est plus que compliqué. Pour l article de Clémence, on sentait qu il y avait une amélioration progressive de la situation, mais là, on voit même la difficulté à se projeter dans l avenir. Je vous conseille vraiment d en parler avec votre médecin généraliste, ou de voir un psychologue /psychiatre . Avoir aussi peu de plaisir ressenti dans sa vie n est pas normal. En avez vous aussi parlé avec vos conjoints ?
Bref, oui, le burn out maternel existe, et ce n est pas un presque burn out que vous avez. Si ce que vous écrivez est juste, il est déjà très bien installé. Je vous en conjure, allez consulter. Tout peut changer avec de l aide. Et puis, même sans enfants, ton boulot a l air de suffir à créer ce burn out.
Bref, y a urgence à agir.
Je vous envoie à toutes de gros gros bisous. Non, vous n êtes pas seules, effectivement d autres mamans souffrent, mais il y a aussi des professionnels pour en parler, aider, soulager.

le 15/11/2019 à 09h18 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci pour cet avis de professionnelle. Après, pour avoir connu la « vraie » dépression (j’en ai fait deux pré-natales, à chacune de mes grossesses, et j’ai deux fois été suivie par une psychiatre justement et même traitée pour ça… alors oui j’avoue que ça me fait un sacré terrain favorable et sans doute que j’ai encore des trucs mal résolus avec la maternité, mais), je sais qu’actuellement j’en suis loin. Je n’ai pas cette impression de puits sans fond duquel il est impossible de sortir et de fait, j’en sors, jour après jour, le matin je me lève et ça va bien (enfin jusqu’aux premiers cris !). Mon travail est aussi un facteur aggravant dans le sens où effectivement, ces grosses journées me fatiguent énormément et me stressent aussi (mais j’ai un métier où il y a un énorme coup de bourre en novembre… pas de bol hein, on est en plein dedans ! mais après c’est plus calme et je sais qu’en janvier, je ne ferai plus des journées de neuf heures cinq fois par semaine…), mais c’est aussi sincèrement et honnêtement une vraie bouée de sauvetage, un endroit calme rempli d’adultes bienveillants que j’adore et qui me font aussi un peu oublier ce qui va mal à la maison et retrouver mon individualité perdue. Je ne conteste pas du tout le fait qu’un suivi psy me ferait du bien, mais actuellement je ne vois pas où je le caserais et en vérité, je ne pense pas en avoir besoin dans le sens « c’est ça ou je jette les enfants par la fenêtre (ou je me jette par la fenêtre) ». Il est clair qu’en ce moment je me sens dans un tunnel (il y a aussi le facteur hiver dans cette impression de tunnel puisque clairement mon moral chute avec les températures et la lumière, systématiquement, tous les ans) mais si je ne vois pas encore la lumière de sortie, je crois toujours qu’elle existe et que je vais finir par la croiser. Ma seconde n’aura pas 2 ans éternellement donc les cris, les conflits, l’angoisse de séparation et les pleurs vont forcément diminuer, mon travail se calmera d’ici un ou deux mois, le printemps reviendra. Sans doute que, pour autant, l’impression d’avoir peut-être fait une bêtise en devenant mère ne partira pas, elle, mais est-ce qu’on n’a pas le droit de douter, de se poser des questions ? Encore une fois ça n’enlève rien à l’amour que je leur porte, ça démystifie juste cette figure sacrée et inviolable de la mère dans laquelle beaucoup de femmes se sentent finalement enfermées… Enfin, sauf à croire que tu me parles au pluriel, je comprends que tu t’adresses aussi aux autres personnes ayant témoigné de leur mal-être. Je ne connais pas leur histoire, je ne suis pas dans leur tête, et évidemment si elles ont l’impression de couler comme j’ai pu couler moi durant mes grossesses, je ne peux que leur conseiller aussi de voir un psy. Mais si elles se sentent « juste » mal, ce n’est peut-être pas la seule solution…

le 15/11/2019 à 23h20 | Répondre

Louise

Ouh comme il est dur ton témoignage. J’ai juste envie de te prendre dans mes bras et de te serrer très fort. Je comprends ton ressenti, j’ai traversé le même à la naissance de ma 2e fille, mais comme dit dans le commentaire précédent : c’est une situation normale si elle est passagère. j’ai eu la chance d’en sortir mais pas toute seule, en me faisant aider. Ca m’a fait un bien fou, et aussi beaucoup de bien à mon couple, car comme j’étais malheureuse dans ma vie ça se ressentais énormément sur mon couple également. Alors vraiment je rejoins le commentaire précédent, cherche de l’aide auprès de personnes qualifiées. Il y a des solutions. On peut dire que ce tu traverses est normal, comme avoir la grippe est normal, dans le sens où ça arrive à plein de gens ! Mais tout comme on se soigne pour la grippe, il faut oser se soigner pour un burn-out. Sans culpabilité : ce n’est pas ta faute, ça arrive. Il y a des solutions. Courage courage courage. Tu le mérites !!!

le 15/11/2019 à 09h32 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci pour ta bienveillance et tes câlins, je prends évidemment ! Du coup, je te renvoie un peu à ma réponse précédente (qui est très longue donc qui peut faire pour deux 😀 ). J’ai aussi connu un épisode (et même deux épisodes) de vraie dépression, je me suis fait aider par un professionnel (et même toute une équipe de professionnels), j’en suis sortie (deux fois). Pour moi, il y a une vraie différence entre se sentir très mal tout le temps et se sentir très mal par moment ou un peu mal un peu tout le temps (mais pas non plus sur plusieurs années…). Pour reprendre ta métaphore, c’est un peu la différence entre une grippe et un rhume. Dans les deux cas, si tu prends du paracétamol, ça va mieux. Mais dans un cas c’est facultatif, pour avoir un peu moins la tête comme une citrouille, et dans l’autre cas, c’est indispensable, pour ne pas être écrasé par la fièvre. Je ne vais pas déconseiller aux gens de se faire aider, évidemment que non : s’ils en ressentent le besoin, il faut qu’ils le fassent. Je sais juste que dans mon cas, pour le moment, ce n’est pas nécessaire. Mais je ne jette évidemment pas ce conseil aux orties, et à la première alerte, j’irai me faire aider, vous prêchez une convaincue 😉

le 15/11/2019 à 23h42 | Répondre

M+2

Bonjour, c’est curieux moi je ne vois pas de burn-out dans ce témoignage, juste la fatigue/épuisement/écrasement que tout parent peut ressentir. De mon point de vue personnel de ma petite vie à moi, ce n’est pas tant un médecin qu’il faut, mais plutôt que le conjoint assume une part plus importante du temps à s’occuper des enfants, pour rééquilibrer les « corvées parentales ». Et quel bonheur on ressent le jour où on s’octroie de façon systématique un moment ou une activité rien que pour soi (en dehors de la maison, c’est indispensable) où on n’est pas disponible pour ses enfants (1 ou 2 heures de sport/de club couture/écriture, n’importe quoi en fait). Je connais plusieurs personnes (dont mon conjoint), qui ont pris à un moment donné un temps partiel, mais pendant leur jour off ils ne s’occupaient pas de l’enfant (confié à la nounou, la crèche, ou l’école s’il est assez grand), mais juste profitaient de leur temps libre ce jour-là, pour préserver leur santé mentale, pendant les années les plus usantes de leurs enfants. Si les moyens financiers le permettent, c’est une bonne chose à faire, et le parent est plus détendu pour s’occuper des enfants le reste du temps.

le 15/11/2019 à 10h11 | Répondre

Louise

Pour faire un petit point « burn-out or not burn-out » ;-), je vais reprendre le parallèle avec la grippe ! Pour que ton médecin te diagnostique une grippe, il regarde tes symptômes. Bien sûr, entre une petite grippe et un gros rhume les symptômes sont semblables alors on n’est pas toujours sûr. Et il est toujours difficile de faire un diagnostic par Internet bien sûr !! Pour le burn-out pareil, le commentaire de la maman psychiatre est pour cela intéressant : elle a reconnu dans le témoignage une liste de symptômes suffisamment forts pour conseiller d’aller voir un spécialiste. Mais nous sommes sur Internet donc bien sûr c’est un texte (courageux !!!) sur un ressenti, et on ne peut pas faire un diagnostic à l’emporte-pièce. Et les solutions que tu proposes sont de bonnes solutions, mais quand on est dans un burn-out il est difficile de mettre en place des choses pour s’en sortir seul (pas impossible heureusement ! Mais si on peut avoir de l’aide c’est mieux non ?)
Ca vaut quand même le coup de prendre un rdv pour confirmer ou non ? Car ce serait tellement dommage de rester dans cette souffrance… Encore une fois je te souhaite beaucoup de courage, et vraiment sache que tu n’es pas seule, burn-out ou « simple » épuisement passager, ça arrive !!

le 15/11/2019 à 11h21 | Répondre

Maug

Tes conseils sur le couple sont bons. D ailleurs qd je vois une maman épuisée en consultation, je lui propose toujours de revenir avec son conjoint, pour avoir le point de vue de celui-ci. Ça peut aussi être ça, le rôle du soignant: aider la personne à trouver ses propres ressources et ses propres solutions.

le 15/11/2019 à 16h00 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Mon mari est plutôt globalement un bon mari (et je ne dis pas ça parce que c’est le mien 😉 ). Comme beaucoup d’hommes, il n’assume sans doute pas suffisamment de charge mentale, mais il s’occupe de beaucoup de choses dans la maison, y compris des enfants. Le problème est surtout qu’on n’a pas du tout les mêmes horaires, donc qu’au final, nous nous voyons très peu et nous assumons souvent seuls nos responsabilités parentales (c’est d’ailleurs clairement dans ces moments que c’est le pire, quand je suis seule avec les enfants et que je ne peux absolument pas confier une des tâches à mon mari…). Comme je le disais plus haut, il aussi est très fatigué, d’ailleurs, même s’il ne gère pas de la même façon que moi (je pense quand même que c’est un peu moins dur pour lui car si nous sommes tous les deux là, mes filles sont sans cesse sur moi et pas sur lui, quoi que je fasse pour essayer de les envoyer vers lui, et il ne gère jamais seul le morning run et l’evening rush alors que moi je subis seule l’un ou l’autre tous les jours ou presque… mais là encore, ce n’est pas de sa faute, c’est juste… comme ça : les femmes de poissonniers c’est le pendant un peu moins glamour des femmes de marins…). Il faudrait effectivement que j’arrive à me dégager plus souvent du temps pour moi (actuellement c’est mon travail qui fait office de temps pour moi mais je reconnais qu’on a vu plus relaxant comme loisir XD ), mais c’est aussi paradoxalement un effort à faire contre l’épuisement, donc qui ne va pas de soi… Pour le temps partiel, c’est une bonne idée mais pour le coup, les moyens financiers ne le permettent pas (et je crois que psychologiquement, je n’y arriverais pas, à faire garder les enfants alors que je suis à la maison… pas de façon systématique en tout cas… il y a sans doute encore du chemin à faire !) 😉

le 16/11/2019 à 00h12 | Répondre

Galeopsis

Oooh ça fait si longtemps que je n’avais pas lu l’un de tes articles, ici ou sur ton dernier blog, alors merci d’abord de sortir du silence.
J’aimerais te serrer bien fort dans mes bras…

Merci, merci pour cet article courageux qui brise les tabous, et qui montre que la parentalité c’est en réalité assez différent de la vie à paillettes généralement montrée sur les réseaux sociaux (Instagram en particulier, en ce moment), et qui nous font culpabiliser de ne pas avoir une vie aussi épanouie et réussie que toutes ces influenceuses, d’autant plus qu’on est censées vivre actuellement la plus belle période de notre vie.

Je ressens souvent le même épuisement que toi. Mes filles ont le même âge que les tiennes, et comme toi il arrive de plus en plus souvent qu’elles m’énervent et m’agacent, que je me mette à crier et à perdre patience, chose qui n’arrivait jamais avant la naissance de ma deuxième. Alors que, évidemment, je les aime toutes les deux plus que tout au monde…
Alors merci de mettre le doigt sur cette ambivalence.
Oui, incontestablement on a moins de liberté que nos amies qui sont par choix sans enfants ; probablement aussi qu’on est plus anxieuses et fatiguées au quotidien. Je me demande souvent ce que serait ma vie si je n’avais pas eu d’enfants, comme la plupart de mes amies. J’ai l’impression qu’elle serait emplie de loisirs, de passions, de voyages…
En même temps, un jour, nos enfants grandiront, et on retrouvera une forme de liberté non ? Et je me souviens encore de l’époque où tu attendais avec une grande impatience d’être enceinte de ta première fille : je suppose que si tu n’avais pas d’enfants aujourd’hui, tu le regretterais amèrement, et que ce sentiment te minerait autant que l’épuisement te mine actuellement.
Comme il est difficile de trouver le juste équilibre entre tous nos désirs…

On est en plein dans la période de la petite enfance, une période émaillée de joies et de (beaucoup de) fatigue. Oui on n’a pas le temps ni la force d’écrire un roman en ce moment, contrairement à nos amies du même âge. Mais quand nos filles seront adolescentes et qu’elles passeront leur temps enfermées dans leur chambre (!), quand cette période épuisante de la petite enfance nous manquera (!), alors il sera temps d’écrire un livre… (tandis qu’à l’inverse, à 45 ans passés, il devient difficile de devenir parents). Bref, la vie est longue et pleine de surprises, tu auras encore largement l’occasion de vivre tes passions, d’autant plus que tu as eu tes enfants relativement jeune. Les enfants d’abord parce que comme tu l’as dit, « c’est fait, c’est fait » et qu’elles ont besoin de toi, mais ça ne supprime pas pour autant tes autres projets de vie, ça ne fait que les repousser un peu !
Et en attendant, tes filles t’aiment et tu les aimes, et c’est bien le principal, puisque l’amour est le carburant de la vie…

Courage et tiens bon !

le 15/11/2019 à 10h41 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci infiniment pour ton commentaire qui me fait plaisir d’un point de vue purement affectif parce que je suis contente d’avoir de tes nouvelles et de lire tes gentils mots, et qui me fait aussi du bien d’un point de vue psychologique parce que je me reconnais complètement dans ce que tu écris… et je ne vais pas me dire heureuse de lire que d’autres personnes sont épuisées, mais grandement rassurée, oui ! Tu as tout à fait raison (et c’est ce que je me dis pour relativiser mes accès de « pourquoi j’ai fait ça ? ») : je n’aurais de toute façon pas été heureuse sans enfant, donc ce n’est pas une erreur pour moi d’en avoir fait et je ne peux pas les regretter sérieusement. La vérité, c’est que je voudrais le beurre et l’argent du beurre : mes enfants et la vie libre et insouciante (ou moins souciante) de mes amis qui n’en ont pas… Et j’envie à ces amis le fait de ne pas avoir été eux touchés par cette espèce d’appel de la mer (ou de la mère) (il est très tard, j’ai le droit de partir dans des délires linguistiques tordus) et de pouvoir s’accomplir dans d’autres domaines sans avoir de regrets. Mais tu as raison encore une fois, il sera toujours temps de vivre nos rêves d’écriture plus tard… j’espère juste qu’à ce moment-là, j’en serai encore capable (c’est sans doute stupide mais je m’inquiète sincèrement de la fuite de mes neurones, j’ai l’impression qu’ils sont tombés par poignées, comme mes cheveux, suite à mes grossesses…) :/

le 16/11/2019 à 00h54 | Répondre

Marie

Bonjour,
j’ai l’impression d’être déjà passé par là. Je peux t’envoyer toute ma compassion, je te dis juste comment je m’en suis sortie (ce n’est pas pour me mettre en valeur, c’est parce que tu vas peut-être piocher un truc qui t’intéressera ou te déculpabilisera):
-comme dit plus haut, j’ai osé m’accorder une soirée par semaine pour m’adonner à une passion avec des gens sans enfants , ou très grands les enfants (donc pas pour parler des gosses)
-la société est extrêmement culpabilisante et exigeante avec les mères, et tu n’y es pour rien. Tu as le droit de crier , de ne pas être parfaite. Respire, regarde tes enfants, elles vont bien, et c’est beaucoup grace à toi. Tu as le droit de les mettre devant la télé de temps en temps, de leur dire que c’est toi qui a le dernier mot tant qu’elles habitent sous ton toit et que tu mets des règles pour que tout le monde se sente bien à la maison puis de les envoyer dans leur chambre pour la bonne santé mentale de tout le monde! Tu as aussi le droit de rire à gorge déployée quand elles font des blagues et de leur faire des grimaces.
-Tu peux écouter Rufo plutôt que Filliozat, il est mal aimé parmi les parents branchouille bienveillance, mais il est extrêmement déculpabilisant, et ça fait du bien, il m’a permis de respirer et de ramener de la joie dans la maison!
Elles vont grandir, en attendant ta vie c’est maintenant, fais ce qui te fait plaisir!

le 15/11/2019 à 12h06 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci pour tes conseils ! C’est vrai que l’avantage quand on a des amis sans enfants, c’est quand même qu’on peut s’accorder de vraies pauses sans qu’ils soient au centre de la conversation et ça fait du bien ! Je le fais quand j’ai l’occasion, mais c’est vrai que ce n’est pas régulier non plus, mes (bonnes) amies habitant loin pour la plupart… Et je suis d’accord avec toi pour dire qu’il y a beaucoup de pression sur les parents et les mères en particulier. J’essaie de me souvenir que personne n’attend de moi que je sois parfaite, que finalement les meilleurs juges de l’éducation que je donne, ce seront encore mes enfants et que leur jugement dépendra sans doute plus de l’amour que je leur témoigne que de mon allégeance totale aux grandes théories éducatives…

le 17/11/2019 à 23h58 | Répondre

Mélinda

Que ton témoignage me peine… Déjà parce que ton mal-être est si bien décrit qu’on le ressent, de deux parce que je mets ce texte en parallèle avec ceux que tu écrivais il y a quelques années et qui décortiquaient joyeusement ta maternité. Que te dire… Tu traverses une passe difficile mais tu es lucide sur le fait qu’elle sera un jour derrière toi. Je te souhaite que cela vienne le plus tôt possible. Je te souhaite de nouveaux projets perso qui te comblent et de les réussir. Et comme Galeopsis, je suis sûre que viendra un jour où tu auras de nouveau le temps de te consacrer à tes désirs d’écriture (et autres) et que tu te retourneras avec fierté sur ce que tu auras accompli, dont le fait d’être mère de deux super minettes.

le 15/11/2019 à 12h30 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Je crois qu’il y a toujours eu une part un peu d’ombre dans mon ressenti de la maternité, sans doute parce que j’en attendais énormément et que j’ai connu proportionnellement beaucoup de désillusions (non imputables à mes filles : ce sont des enfants normaux, et même mieux que normaux puisque ce sont les miens… j’étais juste trop naïve quant à ce qu’était la vie quotidienne d’une mère), mais c’est vrai que jusque-là, je n’avais jamais atteint ce point de ras-le-bol… Comme dit ma collègue à chaque fois qu’elle part de son poste en ayant l’impression de n’avoir pas avancé : « Demain, il fera jour ». Merci beaucoup pour tes paroles positives <3

le 16/11/2019 à 01h10 | Répondre

Doupiou

Un très grand merci pour avoir écris cet article rempli d’honnêteté.
Tu es une personne très courageuse.
Je ne suis pas une professionnelle alors je ne me prononcerais pas sur le burn out parental.
Néanmoins, je fais le parallèle avec ce que tu ressens quand tu vois des amies non mamans « profiter de leur vie sans contraintes ». Je me retrouve un peu dans ce cas de figure. Il m’arrive parfois de penser le soir quand je rentre du travail, à tout ce que je pourrais faire si je n’avais pas deux enfants à gérer. Idem le week-end. J’essaie de me rationaliser en me disant je profiterais plus de ma vie quand ils seront grands… Et cette pensée ma culpabilise énormément

le 15/11/2019 à 14h22 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci beaucoup <3 C'est sûr que ces pensées sont énormément culpabilisantes, mais c'est justement parce qu'on aime infiniment nos enfants qu'on a l'impression de les trahir en se projetant dans un monde où ils n'existeraient pas… Mais ces pensées, au fond, ça ne blesse que nous, eux ça ne change rien à leur vie (ce serait le cas si, vraiment, on partait en les laissant derrière nous, mais on ne le fait pas). Je sais que tu assumes beaucoup aussi au quotidien, alors je te souhaite aussi de retrouver vite un peu plus de temps pour toi… Ce ne sera pas de l'égoïsme de profiter de la vie quand ils auront moins besoin de nous, c'est plutôt du dévouement de mettre, en ce moment, notre vie un peu de côté pour eux…

le 16/11/2019 à 01h26 | Répondre

Elodie

Quel douloureux témoignage et quel courage d’avoir osé le livrer. merci.
Je lis des sentiments classiques, que tous les parents ressentent a un moment ou un autre mais aussi des symptômes d’un burn out bien installé. J’ai le sentiment que tu ne vois pas de lumière au bout du tunnel. Que tes enfants modifient ta vie c’est une chose, qu’ils t empêchent de vivre ou t empoisonnent dans est une autre. Ca n’a pas l’air non plus de bien aller dans ton couple.
Consultez. vraiment c’est le meilleur conseil qu’on peut te donner. Le plus dur, c’était de faire ce premier pas , tu l’as fait, maintenant il faut vous faire aider.

le 15/11/2019 à 14h22 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci pour tes conseils. Pour ce qui est de consulter, j’ai répondu plus haut 🙂

le 17/11/2019 à 23h59 | Répondre

Camille

Merci
Merci pour cet article qui me donne les larmes aux yeux.
Je ressens tellement ce genre de sentiments.
Je culpabilise tellement et je me dis que la maternité n’est vraiment pas pour moi.
Et pourtant je l’ai tellement voulu.
Merci d’avoir brossé ce tableau qui n’est pas rose pour tout le monde même si on souhaiterait que tout se passe sans douleur.
Pour moi, c’est une douleur et pour d’autres tout est naturel.
Mais j’aime ma fille et je donnerais ma vie pour elle. <3
Merci et je vous souhaite beaucoup de plénitude 😀
Camille

le 15/11/2019 à 16h56 | Répondre

melibie

oui c’est tellement ça chez moi aussi, je me dis comment j’ai fait pour vouloir à ce point être mère et que finalement aujourd’hui ce soit tellement dur de l’être…

le 15/11/2019 à 21h35 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Je comprends tout à fait ce que tu décris : j’ai voulu mes enfants plus que tout au monde, je les ai désirés des années et des années, et je crois qu’au final, ça m’a fait d’autant plus mal de découvrir que la réalité n’était pas vraiment conforme à ce que j’imaginais (non pas que j’imaginais une vie sans difficultés, mais je me voyais plutôt comme une sorte de super-héroïne qui gérerait tout sans difficulté, avec douceur, patience et bienveillance… on en est loin !)… C’est aussi probablement un effet de notre tendance en tant que société à idéaliser les mères… au final nos enfants crient, pleurent, font des bêtises comme tous les enfants depuis que le monde est monde, et aucune cape ne nous pousse dans le dos pour bien gérer tout ça…

le 16/11/2019 à 01h35 | Répondre

100drine

Oh je te trouve courageuse d’écrire un article sincère sur un sujet souvent tabou !
J’espère que cela va s’améliorer pour toi car on ressent un grand mal être dans ton article.
J’ai l’impression que dans la vie ce qui rend malheureux souvent c’est lorsqu’on a l’impression de « subir ». Pour cela j’essaye de me rendre actrice de ma vie et de reprendre la main sur les situations où je me sens « piégée « . Tu pourrais commencer par lister ce qu’il te faudrait pour être plus épanouie : du temps seule, du temps pour écrire par exemple. Et ensuite le plus dur : trouver des solutions pour obtenir ce dont tu as besoin.
Du temps seule : tu peux peut être réduire ton temps de travail, passer à 80% ou 90% et te libérer une journée par semaine ou toutes les deux semaines (en laissant les enfants chez la nounou, l’école…) ou encore faire garder les enfants une journée par un proche, une baby sitter, leur papa…
Tu as besoin de temps pour écrire, tu veux écrire un livre : tu peux te trouver un atelier d’écriture sur un créneau qui te convienne pour y aller toutes les semaines comme une séance de sport hebdomadaire !
Tu veux écrire un livre et tes enfants veulent passer du temps avec toi : écrivez un livre ensemble ! Si les enfants te sentent motivée par cette idée : il y a de grandes chances qu’ils soient enthousiastes et que vous
preniez tous du plaisir à le faire !
Quel dommage de passer des semaines, des mois voire des années à subir et à attendre…attendre que ça aille mieux, attendre que les enfants soient plus grands, attendre… parfois il suffit de peu pour reprendre la main et s’épanouir beaucoup plus!
Bon courage et prend soin de toi (et des tiens… ensuite !).

le 15/11/2019 à 22h24 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci beaucoup pour tes mots pleins de sagesse ! Je suis d’accord avec toi, c’est insupportable d’avoir l’impression de subir sa vie, et je crois que c’est justement le problème, que finalement quand tu as des enfants, tu perds une partie du pouvoir que tu avais sur ta vie : beaucoup de choses ne dépendent plus uniquement de toi ! Concernant les solutions que tu proposes, réduire mon temps de travail ne sera pas possible tant financièrement que d’un point de vue pratique (je vois assez ma collègue galérer à vouloir faire entrer un poste à plein temps dans un mi-temps thérapeutique – la personne complétant son poste n’étant pas aussi gradée, elle ne peut pas complètement la remplacer…) et faire un livre avec mes enfants s’éloigne un peu de mon objectif de base (mais c’est vrai que c’est une chouette idée d’activité familiale !). Mais oui il faudrait que j’arrive à dégager du temps pour moi, pour écrire ou pour autre chose, ça c’est certain ! Je vais travailler sur cette idée 🙂

le 16/11/2019 à 01h46 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

C’est un article qui me fait de la peine pour toi et qui donne envie de te faire tout un tas de câlins.
Il me parle aussi énormément car à peu près au moment des 1 ans de Choupette, j’ai eu ce sentiment : de la rejeter de ne pas vouloir qu’elle soit là, qu’on avait peut être fait une erreur.
J’en avais parlé ici et en effet en plus du soutien, j’avais aussi décidé de prendre une semaine piur moi. Mon mari était parti avec notre fille et j’avais rattrapé mon manque de sommeil et j’avais fait des choses piur moi. Ça m’avait beaucoup aidé.
Je sais aussi que pour cette seconde grossesse contrairement à la première pkusieurs facteurs seront très différents et je compte bien en profiter : mes parents seront plus disponibles, l’appartement plus agréable pour s’isoler et j’espère que cela suffira !
Inespéré qu’une fois le rush du boulot et la période oh combien relou dû maman à tout va , tu pourras retrouver un leu de sérénité. Et tu le sais si tu as besoin de parler tu sais où me trouver ça sera avec grand plaisir.

le 16/11/2019 à 08h21 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Oui je me souviens qu’il y a eu aussi une période où ça n’allait pas bien du tout avec ta Choupette :/ Je crois qu’à des degrés et pour des durées différentes, on est beaucoup à passer par là… Je réfléchis à mettre sur ma liste de Noël un week-end de garde (voire un week-end tout court, hôtel compris et tout :p ) pour faire une vraie pause tous les deux sans enfants… Merci beaucoup pour ton soutien et tes gentils mots, et je te souhaite à toi aussi le meilleur avec le prochain bébé, dans des conditions effectivement beaucoup plus favorables 🙂

le 16/11/2019 à 21h56 | Répondre

Floconnette

Bonjour,
Ton article je le trouve très bien écrit. J’apprécie de lire cela car je fais une overdose des blogs « parentalité merveilleuse et toute rose » où on t’explique qu’il suffit d’appliquer 3 conseils clés pour que ta vie redevienne un long fleuve tranquille.
J’ai 2 fils de 3 ans et 5 ans et demi. Mon aîné est extrêmement difficile et il m’arrive de ressentir ce que tu décris vraiment bien. Mon grand j’ai vraiment l’horrible impression qu’il me pourrit littéralement ma vie par moments, je m’en veux beaucoup quand je ressens cela. Mais c’est très dur. TU parles de journées commencées dans les cris, ici c’est dans la panique de ce qui m’attend à l’école. TOUS LES JOURS y’a autre chose, convocation, « madame je dois vous voir », etc et… Il a été renvoyé d’une nounou même ! depuis 2 ans nous avons vu 8 psys différents, il est suivi de façon hebdomadaire, personne ne nous a aidés, personne!!! on me dit « il est précoce et peut être TDAH » mais personne ne l’a testé! J’ai rdv mercredi avec une neuropsy mais je n’ose même plus croire à un changement.
Nous avons vu une psycho pédagogue qui nous a donné quelques trucs qui marchent un peu depuis quelques semaines. Je me sens revivre. Je me sens du coup aussi triste de me dire qu’en fait, il rythme nos vies, fait la météo familiale. Et le petit frère, ill a 3 ans donc s’oppose, et subit aussi la tension familiale. Je me sens stupide souvent aussi, car mes garçons sont explosfis, volcaniques, dérangeants en société. Ils posent mille questions, touchent à tout.. Je me suis faite incendier par mon pédiatre car ils n’écoutent rien, c’est ma faute disait-il, j’aurais pas dû, je cite, « laisser les modes de garde élever mes enfants »… Et puis « tout se joue petit vous savez c’est trop tard vous avez raté le coche ».
Je travaille aussi sauf le mercredi qui est ma journée la plus éreintante, même si j’en profite quand même.
Pour sortir de ça, je me suis « forcée » à reprendre des activités que j’aime. C’est dur, je suis crevée, je dors peu, mais ça me rebooste. Je fais de l’athlétisme, je me suis remise à courir, je suis dans un club lemardi soir où entre trentenaires et quarantenaires on parle des gosses, du taf, de bouffe ( haha) et on décompresse. Le samedi c’est mon grand qui a athlé et je suis bénévole pour encadrer les 3 à 6 ans, j’aime beaucoup. Je me suis « forcée » à reprendre la lecture et parfois je lis qd ils prennent le bain (et des bouqins que j’aime, plus forcément l’un de mes nombreux livres sur les enfants atypiques!), à côté de la baignoire. Je tricote de nouveau, je fais du sport 2 à 4 fois par semaine (course à pied donc, mais aussi yoga, fitness..)… Ca va mieux même si c’est pas toujours facile! J’essaie aussi de ne plus arrêter de vivre, de sortir pour eux, c’est dur mais j’y arrive (demain j’ai une course, avant je le faisais pas car je culpabilisais qu’ils attendent avec mon mari pendant que je courais, ou avec moi quand mon mari courait) .J’ai surtout un problème de stress énorme , je stresse beaucoup trop au travail! et à la maison! j’espère quand même que la neuropsy nous aidera.
Je te souhaite de voir le bout du tunnel et encore une fois, je te remercie d’avoir parlé librement . Vu les commentaires, c’était nécessaire 🙂

le 16/11/2019 à 22h31 | Répondre

Chloé

Courage Floconette !
Je n’ai pas de solution à te donner si ce n’est de continuer à essayer de penser à toi et à ton mari.
Et surtout change ton abruti de pédiatre ! Rien n’est joué et tout n’est pas de ta faute !

le 17/11/2019 à 10h41 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Je suis vraiment désolée de lire tout ça, et comme tu peux l’imaginer, je compatis vraiment… Ça doit être d’autant plus difficile avec un enfant avec des besoins particuliers, quand la société se charge également de te rappeler ce qui ne va pas. J’espère que vous trouverez rapidement ce qui convient à ton grand en termes de suivi (et que ton rendez-vous de mercredi sera concluant !) et que son enseignant et les prochains également apprendront aussi à le connaître pour que ça se passe mieux à l’école et que tes angoisses s’atténuent… Il suffit parfois de pas grand chose… Je trouve déjà super que tu aies trouvé le courage de reprendre toutes ces activités et je vais essayer aussi de prendre un peu plus de temps pour moi pour sortir de cette spirale… Je t’envoie tout plein de courage en tout cas <3 (Ah oui et ton pédiatre est un imbécile, il y a des tas de mamans qui travaillent sans impact négatif sur leurs enfants (depuis le temps que les mères travaillent, je pense qu'on l'aurait vu si tous les enfants gardés avaient des soucis !) et évidemment que rien n'est foutu après 2 ans, que chaque personne a toute sa vie la possibilité d'évoluer avec le soutien et l'environnement adéquats…)

le 18/11/2019 à 00h24 | Répondre

Mme Espoir

« Tout se joue petit vous savez c’est trop tard vous avez raté le coche » !! Carrément !! Hé bien, ça laisse peu d’espoir aux (futurs) parents adoptifs comme moi ! Heureusement que c’est faux. Oui, beaucoup de choses se jouent avant 2 ans, mais certainement pas tout. Et l’attention qu’on offre à nos enfants leur permet d’évoluer.

Bon courage en tout cas, j’espère que le neuropsy pourra vous fournir des réponses.

le 18/11/2019 à 09h36 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Oui j’ai beaucoup pensé à toi en lisant ça :/ En plus d’être méchant, c’est idiot !

le 18/11/2019 à 23h02 | Répondre

sophie

« Je sais aussi qu’être un bon parent, quelle que soit sa conviction éducative, c’est pouvoir se montrer disponible et attentif en permanence, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et pouvoir interrompre n’importe quelle activité personnelle pour s’occuper de leurs problèmes, petits ou gros. »

Ta phrase m’a immédiatement interpellée…

Comme beaucoup, je me sens souvent tiraillée entre l’injonction d’être une « bonne mère, toujours disponible », et celle de « prendre du temps pour soi » …
… mais finalement on te dit de prendre du temps POUR TOI, … pour revenir plus patiente et reposée… pour tes enfants !!!

Et si le problème venait finalement de cette conception de la bonne mère  » toujours disponible », toujours prête à s’interrompre pour ses enfants, même pour leurs petits besoins ?

J’ai souvent besoin de me coacher pour me rappeler qu’on peut être une maman  » suffisamment bonne », pas attentive et disponible en toutes circonstances.

Tu es championne en tous cas d’avoir publié cet article.
J’espère que tu trouveras vite un fonctionnement qui te correspondra au mieux !

le 18/11/2019 à 10h36 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Je me doutais en l’écrivant que cette phrase ne serait probablement pas comprise telle que l’entendais moi. En fait ce que je veux dire, ce n’est pas qu’il faut intervenir dans la seconde à la moindre sollicitation, ni qu’il ne faut jamais confier son enfant à quelqu’un d’autre, mais qu’être parent nécessite d’être toujours être en alerte, parce qu’à tout moment quelque chose de grave peut se passer comme un accident, ou même quelque chose de pas très grave mais à recadrer immédiatement, comme des enfants qui se tapent dessus (évidemment dans ce cas, si l’enfant est gardé, c’est à la personne qui les garde d’intervenir et elle ne va pas nous appeler pour ça, mais sinon, on peut difficilement les laisser faire sans rien dire !)… Il n’y a jamais de moment de vraie insouciance où l’on ne peut penser qu’à soi… Merci en tout cas pour tes encouragements et oui, il est certain qu’il va falloir que je me bouge un peu pour dégager du temps pour moi…

le 20/11/2019 à 11h02 | Répondre

Fanny

Bonjour,
Atrticle et commentaires très intéressants (conne tout ce blog d’ailleurs).
Je n’ai pas d’enfant et je me suis reconnue dans votre phrase sur vos connaissances sur vos connaissances célibataires et/ou sans enfants qui « réussissent » ( dans leurs carrières ou leurs loisirs )pendant que vous vous debattez dans l’éducation de vos petites.
Alors oui certes ne pas avoir d’enfants (par choix ou parceque la vie / le destin nous l’impose) permets de se « réaliser  » dans certains domaines. Oui l’on fait ce qu’on veut quand on veut…
Mais l’herbe est toujours plus verte chez son voisin
J’ai ressenti cette jalousie de la part de parents débordés qui m’ont dit :
« Ta maison doit être nickel » « tu as le temps de faire de jolie chose « ….
Certes
Mais quand je rentre chez moi il n’y a pas de petits petons trottinants pour m’accueillir
Il n’y a pas de beaux dessins sur mon frigo
Il n’y a pas de rires
Il n’y a pas de calins
Il n’y a pas des yeux admiratifs….
Je pense que l’on idéalise la vie de l’autre.
Dans un de tes commentaires j’ai lu que tu ne pensais pas recevoir autant de témoignages similaires au tien. On se pense souvent le/la seul(e) à vivre telle situation que tous les autres gèrent (les réseaux sociaux n’aident pas avec toutes ces images de la mère parfaite qui perd ses kilos de grossesse en 2h et qui, 5 minutes après l’accouchement poste des photos fraiches et disposes et font des décos tendances)……
Le quotidien n’est parfait pour personne. N’ayant pas d’enfants je ne peux pas vous conseiller utilement. Mais dis toi que ce n’est pas d’être avec ou sans enfants qui vas te permettre de te réaliser c’est ta propre envie. Si te réaliser c’est avoir des enfants bien éduqués et d’écrire un livre fonce….
Sache aussi que si tes connaissances se vantent d’avoir écrit un livre ou autre c’est aussi pour cacher les failles de leus vies (ou ce qu’elles estiment être cemme telles). Dire que l’on a écrit un livre, fait un voyage grandiose, chanter sur la scène de l’olympia, c’est envoyer du rêve à son interlocuteur et c’est sous-entendre  » toi tu fais le ménage et moi je vis mes rêves » c’est mesquin, et j’avoue avoir eu recour à cette technique. Mais c’est à la fois de l’auto-défense (combien de parents m’ont dit tu n’as pas d’enfants tu ne peux pas comprendre) et aussi de la revendication car oui quand une femme n’a pas d’enfants elle est souvent « zappée ». Car il est vrai que dans une conversation entre femme le sujet ce sont les maris et les enfants ….alors la femme qui n’a ni l’un ni l’autre va parler de ses propres réalisations.
Voilà, je ne sais pas si je me suis bien fait comprendre.
En définitive il ne faut pas culpabiliser d’être dans notre situation mais si elle ne nous convient pas il faut essayer de l’améliorer dans la mesure du possible.
Dans votre cas cela peut être d’achever le chapitre entamé (ou le café ou la part de gateau) avant de répondre à vos filles (sauf urgence) dans un premier temps. Ce peut-être aussi de vous octroyer une après-midi par mois pour faire ce que vous souhaitez (coiffeur, écriture…) vous serez plus sereine dpnc plus patiente avec vos petites donc plus compréhensive avec votre conjoint.
Ne mettez pas la barre haute, ne regardez pas l’herbe de votre voisin…
Et les rêves se réalisent à tout age….

le 18/11/2019 à 11h27 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Oui, j’ai bien conscience de cette tendance à voir toujours l’herbe plus verte ailleurs et de toute façon, comme je le disais à Galeopsis, je sais que je n’aurais pas été pleinement heureuse sans enfants. Je me rends aussi compte que certaines de mes amies m’envient ma vie de famille, ou même peut-être le fait que ça ait été si simple pour moi de me lancer, que je ne me sois finalement posé que très peu de questions avant de le faire quand elles sont tiraillées par le doute. Enfin, j’ai conscience que leurs activités d’écriture ne sont qu’un pan de leur vie et que le reste n’est pas forcément rose, qu’elles ont aussi leurs problèmes, et à vrai dire je n’échangerais ma vie contre aucune des leurs (si j’avais voulu faire exactement les mêmes choix qu’elles, après tout j’aurais pu, mais ça n’a pas été le cas). C’est plus du domaine du fantasme. Quant à écrire, c’est aussi du domaine du fantasme. Une (autre) amie me demandait si c’était une question de temps ou de motivation. C’est à la fois les deux et ni l’un ni l’autre. Théoriquement, je pourrais trouver du temps, et la motivation je l’ai, mais je n’ai jamais assez d’attention disponible pour ça. M’enfermer ne serait-ce que deux heures par jour dans ma chambre sans bruit de fond, c’est impossible… ou alors le soir quand les enfants sont couchés, mais à ce moment-là, mon cerveau est en bouillie, tout juste bon à somnoler devant Danse avec les Stars. Donc vivre ses rêves, non, ce n’est pas toujours possible. Ou en tout cas ça nécessiterait des sacrifices que je ne suis pas prête à faire, comme laisser majoritairement d’autres personnes élever mes enfants ou rogner sur mes rares heures de vraie détente (car oui écrire c’est un vrai travail quand on veut le faire bien, et je n’envisage pas de le faire autrement)… Merci en tout cas pour ton commentaire, et je te souhaite aussi le meilleur dans ta vie (y compris des enfants bientôt si c’est ce que tu veux car je ressens aussi un peu de tristesse dans ton commentaire par rapport à ça – mais ça peut aussi être comme pour moi un vrai choix émaillé de petits regrets et évidemment jamais je ne jugerai quelqu’un pour ça)…

le 20/11/2019 à 11h32 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

(et à propos de l’attention disponible pour écrire, je conseille le livre de Virginia Woolf « Une chambre à soi » qui explique très bien pourquoi il y a eu peu de femmes écrivains – et il y en avait encore peu à son époque – tant que les femmes n’étaient pas émancipées. Evidemment je suis émancipée comme la plupart des femmes en France au 21ème siècle, mais je n’ai toujours ni chambre à moi, ni temps disponible pour rêvasser comme préconisé dans ce livre, je suis toujours majoritairement occupée par les tâches de mon foyer… Ça m’a beaucoup déculpabilisée, ça m’a permis de comprendre que ce n’était pas juste de la fainéantise qui m’empêchait d’écrire, mais un vrai problème de fond…)

le 20/11/2019 à 11h44 | Répondre

Mlle Mora

Câlin et courage… Pense à toi, tu vas y arriver.
Et bien sûr, elles vont grandir et dans quelques années, tu raconteras que tu te languis d’elles ! 🙂
Ce sera une merveilleuse occasion d’écrire un roman, un bon roman, plein de ta sagesse et de ton expérience ! (sérieusement, tu as tant d’amies que ça qui se font publier ?!!)

le 18/11/2019 à 17h31 | Répondre

Mrs Tabitha Twitchit

Merci beaucoup ! Je me languis déjà parfois d’elles quand ça fait longtemps que je ne les ai pas vues, c’est juste que je me rappelle vite pourquoi j’étais contente de partir à la base 😀 Mais oui j’espère que quand elles seront plus indépendantes, j’aurai le courage de commencer cette nouvelle vie… Et proportionnellement, oui, j’ai beaucoup d’amies qui écrivent : parmi mes amies de lycée ou de fac, quatre qui le font de façon quasi professionnelle, et deux qui ont déjà été publiées… Sans compter toutes les personnes que je connais de façon plus lointaine qui publient des livres également… En fait, vraiment, sur ce point, je n’ai pas de bol : je sais qu’il y a peu de vrais écrivains, mais ils sont tous dans mon entourage !

le 18/11/2019 à 23h13 | Répondre

Jessica

Bonjour,

Tout d’abord je trouve que tu as beaucoup de courage pour avoir écris ce texte si sincère.

Effectivement, dans notre société actuelle nous devons être des mères parfaites qui élèvent leurs enfants dans la bienveillance, des « working-women » qui assurent une carrière d’exception, des gouvernantes de maisons éclatantes de propreté et rester des femmes belles, sportives, minces et désirables pour leur mari ou conjoint! Bref cela est malheureusement impossible!

De plus, nos enfants sont sur-stimulés, actifs et hyper connectés dès le plus jeune âge, ce qui est épuisant au quotidien.

Oh que je te comprend Mrs Tabitha Twitchit!!
Je suis moi-même maman d’une petite Choupi de 3 ans qui demande énormément d’attention. Etant enfant unique, elle veut que l’on joue avec elle, que l’on parte se promener ou faire du vélo, tous les soirs en rentrant, faire des bricolages, de dessins, des gommettes, des puzzle… et j’en passe.
J’ai bien du mal à gérer toutes ses sollicitations en plus du travail, du trajet maison-boulot (je vis à 1h de mon lieu de travail), des corvées ménage-courses-paperasse.
Je m’entends dire à longueur de journée et de soirée « Attends », « pas maintenant », « plus tard »…

Comme toi, j’étouffe parfois dans cette relation mère-enfant. Même si le papa fais de son mieux. La charge mentale reste sur mes épaules (les RDV médecins divers, les déclarations de salaire de la nounou, la garde robe de la Choupi…).

Comme toi, j’étais une solitaire avant, j’aimais lire tranquillement dans un fauteuil en buvant un bon thé, dans le calme (ce que je n’ai pas fais depuis des années). Mais contrairement à toi je n’ai plus d’amies sans enfants. Je n’ai que des amies à l’air « mères-parfaites » qui adorent leurs enfants en toute circonstance, qui font des tas d’activités manuelles et sportives avec leur mômes et qui me font culpabiliser.
Mais je me rends compte aujourd’hui, avec ton texte et tous les commentaires qu’il a suscité, que je ne suis pas la seule à me sentir déprimée et débordée depuis que j’ai un enfant.

Alors encore merci pour ce témoignage.

Et pour finir sur une touche positive, je trouve que ma fille est la chose la plus belle du monde, je la trouve intelligente, pleine de caractère (bref tout ce que je ne suis pas) et je me dois de tenir le coup encore quelques années dans ce rythme effréné et éprouvant car je sais qu’un jour tout cela me manquera.
Je sais qu’un jour, lorsqu’elle me demandera de sortir avec ses copines, lorsqu’elle partira en voyage scolaire ou qu’elle ira faire ses études loin de moi, elle me manquera du fond du cœur.

Alors, trouve le bon côté des choses et apprécie ces moments présents avec tes filles.

Je te souhaite plein de courage pour sortir de cette période difficile.

le 26/11/2019 à 09h56 | Répondre

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