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A la une / Témoignage

Mon allaitement au tire-lait : une révélation !

Je suis une toute fraîche maman de 25 ans. Le 1er juillet, après trente-sept heures de long et laborieux travail, et une césarienne en catastrophe, je mettais au monde une jolie PetitePerle.

Évidemment, la question de l’allaitement s’est posée pendant ma grossesse. Et c’était un sujet qui m’angoissait terriblement. À ceux qui me demandaient si j’allais allaiter, je répondais : « Je vais essayer. » C’est dire si ce n’était pas une décision définitive !

J’avais la pression familiale (dans ma famille, toutes les femmes ont allaité), et la pression des affiches placardées dans la salle d’attente du gynécologue (mauvaise mère que celle qui n’allaite pas !).

Biberon bébé

Crédits photo (creative commons) : Sander van der Wel

Les premiers jours, la cata

Lorsque PetitePerle est née, j’ai décidé d’essayer de la mettre au sein. Première tétée d’accueil, tout se passe plutôt bien, même si je suis très surprise de la puissance de la succion.

Deuxième tétée, un peu plus compliquée : le colostrum peine à venir, ma fille s’énerve sur le sein. Une sage-femme tente de me faire un massage aréolaire pour accélérer la sortie du liquide.

Puis on me laisse, avec comme conseil de mettre mon bébé au sein à la demande. OK. C’est quoi « à la demande » ? Un peu naïvement, en jeune maman novice que je suis, je propose le sein à PetitePerle au moindre gémissement de cette dernière. Et c’est le drame, ma fille s’endort sur le sein (j’ai compris plus tard qu’elle voulait juste téter, mais pas manger). En plus, mes mamelons commencent à me faire mal.

Les sages-femmes me proposent alors un bout de sein en silicone. Je le place, mets ma fille au sein, et une crevasse apparaît instantanément ! Tu l’as compris, les deux jours et deux nuits qui suivent ne sont que souffrance ! J’ai les mamelons en sang, des croûtes au bout des tétons, et chaque tétée est une véritable torture.

Une nuit, je me mets à pleurer tellement la douleur est insupportable. Je me crispe et serre ma fille contre moi. Elle hurle et rejette le sein. C’est décidé, j’arrête l’allaitement !

Le miracle du tire-lait

Dès le matin, j’en parle à une auxiliaire puéricultrice, avec qui le courant passe très bien. Elle me comprend, me soutient et me dit de ne pas culpabiliser.

Après sa naissance, on a diagnostiqué à PetitePerle deux sortes de bactéries. Elle est sous antibiotiques, et le fait de l’allaiter me donnait la conviction de l’aider dans sa guérison. Je suis anéantie, mais réaliste : je ne peux pas continuer la mise au sein.

C’est alors que cette auxiliaire me propose une alternative : le tire-lait. C’est l’ultime solution, je tente.

Premier essai, les douleurs sont quand même présentes (on ne cicatrise pas en quelques minutes, évidemment !), mais gérables. C’est plus confortable que la succion de ma fille.

Au fur et à mesure, j’apprivoise la machine. Je peux ainsi « programmer » mes traites et voir la quantité donnée à PetitePerle. Mes mamelons cicatrisent, et je prends la décision de n’allaiter qu’au tire-lait. C’est une sacrée organisation, puisque ça prend deux fois plus de temps qu’une mise au sein, mais j’y arrive.

Avant mon retour à la maison, j’envoie le papa louer un tire-lait à la pharmacie. Je suis épanouie, je peux allaiter ma fille sans douleur ! Et le papa peut lui aussi donner le biberon !

La pression

Je terminerai en disant que ça n’a pas été simple de faire accepter cette façon d’allaiter ! Certaines sages-femmes me mettaient une pression monstrueuse pour que je reprenne la mise au sein une fois mes crevasses cicatrisées. J’ai eu droit à des remarques difficiles :

  • « Vous produisez beaucoup moins de lait au tire-lait ! » Donc si ma PetitePerle ne prend pas de poids, c’est à cause de moi, et non à la canicule ou aux antibiotiques ?
  • « L’allaitement, c’est très difficile au début, toutes les mamans passent par là. » Je ne suis pas très courageuse, c’est vrai. En plus, je suis en pleine forme après un travail de trente-sept heures !
  • « J’espère qu’une fois rentrée chez vous, vous la remettrez au sein ! » Tu n’as qu’à passer voir !

Un soir, elles ont débarqué à deux dans ma chambre pour tenter de me faire comprendre que les crevasses et les douleurs aux mamelons n’étaient pas une fatalité. J’ai dû déballer mes seins pour leur faire voir que je n’exagérais pas.

Au final, je n’ai jamais remis ma fille au sein, par peur d’être à nouveau dégoûtée et de vouloir arrêter définitivement.

J’encourage toutes les mamans qui souhaitent allaiter, mais qui subissent une mise au sein douloureuse, à essayer le tire-lait. Pour les pudiques, ça permet de donner un biberon tranquillement quand on a des invités ou à l’extérieur, sans avoir à sortir son sein ou à s’exiler dans une pièce.

C’est un choix très personnel, ça demande une sacrée organisation (mais j’ai toujours au minimum un biberon d’avance, donc je ne me lève pas la nuit pour tirer mon lait), et ce n’est pas du tout glamour (j’ai un tire-lait à deux téterelles, vive l’effet vache laitière). Mais cette méthode a changé ma vision de l’allaitement.

Et toi ? Tu as connu ces soucis en mettant ton bébé au sein ? Tu as essayé le tire-lait ? Tu es finalement revenue à un allaitement classique, ou comme moi, tu l’as adopté ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Salut moi c'est Doupiou ! Je suis mariée, maman d'une PetitePerle née à l'été 2015 et d'un petit Barbouille né peu avant le printemps 2018. Tatouée, motarde, fan de foot mais aussi très coquette, addict aux robes et aux talons : je suis pleine de contradictions ! Je viens ici te raconter mon quotidien avec mes deux enfants et mes expériences de la parentalité. J'essaie toujours de positiver !