Menu
A la une / Témoignage

Je ne veux pas faire croire au Père Noël

Il parcourt le monde toute la nuit, jovial et rond. On le reconnait à sa hotte, sa barbe et son beau costume. Ses bras chargés de cadeau. Ses rennes magiques. Son rire musical et sonore.

Ah le Père Noël ! Une bien jolie histoire. Une histoire que j’aime énormément !

Mais une histoire que je refuse de faire croire à mes enfants.

Non, je ne fais pas croire au Père Noël. (Sacrilège ! Horreur ! Brise-rêves !) Voici pourquoi.

père Noël et petit garçon

Crédits photo (creative commons) : USACE Europe District

Je n’aime pas mentir à mes enfants

Est-ce qu’il m’arrive de mentir à mes enfants ? Oui, bien sûr, comme tout le monde, il m’est déjà arrivé de prendre un air innocent pour répondre « non non, je ne sais pas où est ton dessin ! » à ma fille, alors que je sais pertinemment où est son « œuvre » encombrante aux couleurs criardes (merci la maîtresse) qui a trainé 5 mois, orpheline, dans le placard de l’entrée. (Indice : à la poubelle.)

Je suis humaine. Parfois, oui, je prends un raccourci pour m’éviter une crise de larmes et une petite fille qui insiste pour que j’aille chercher dans la grande poubelle qui de toute façon est déjà partie avec les éboueurs il y a 2 semaines. Et je n’en suis pas fière.

Mais le mensonge collectif autour du Père Noël m’a toujours éberluée.

  • Que les adultes usent de subterfuges plus sophistiqués les uns que les autres pour que les enfants ne découvrent pas le pot aux roses.
  • Qu’ils se lancent des clins d’œil amusés quand un petit enfant s’inquiète parce que sa maison n’a pas de cheminée.
  • Que la Poste paie des gens pour répondre à des enfants de la part d’un personnage imaginaire !

Surtout que de l’autre côté, on passe notre temps à dire à nos enfants qu’il ne faut pas mentir.

  • Que non, ce n’est pas bien d’accuser à tort sa petite sœur d’avoir mangé le chocolat en cachette (surtout quand on a encore des traces autour de la bouche).
  • Que non non, les sorcières et les dragons qu’il imagine sous le lit ne sont pas vrais. (« Pour de vrai de vrai ? » Oui oui, pour de vrai de vrai.)
  • Que non, il ne peut pas poser de la vraie viande sur le sol de sa chambre pour nourrir son lion imaginaire, qui n’existe pas, bin non, mon chéri. (Ça sent le vécu, hein ?)

La différence entre l’imaginaire et la réalité est déjà bien difficile à comprendre pour un enfant de 3, 4 ou 5 ans. Et quand tu ajoutes tous les mensonges socialement obligés (« oui, il faut dire à Mamie que tu aimes bien le pull qu’elle t’a fait, même si c’est un peu un mensonge »), c’est encore plus confus.

Alors pourquoi est-ce qu’on se complique encore la tâche en mentant à nos enfants juste pour le plaisir ?

Quand je m’étonne de cette histoire de Père Noël, on me rétorque : « mais, c’est une belle histoire ! C’est pour la magie de Noël ! »

Certes. D’ailleurs comme je disais, je trouve effectivement que c’est une belle histoire. Mais comme celle de Kirikou !

Ce n’est pas pour autant que je vais aller affirmer à mon enfant qu’il existe vraiment un petit bonhomme minuscule qui a su marcher dès qu’il est sorti (tout seul) du ventre de sa mère ! Ni que j’attends que le centre commercial du coin embauche des enfants noirs avec des problèmes de croissance pour que mes enfants puisse prendre une photo avec le « vrai » Kirikou.

Alors non, je ne fais pas croire au Père Noël

Je ne cache pas les cadeaux.
Je ne dis pas que le père Noël arrivera par la cheminée (surtout qu’on a pas de cheminée).
Je ne demande à personne de se déguiser en Père Noël le soir du 24.
Et je n’hésite pas à dire que oui, le Père Noël, en vrai, « c’est les parents ».

Est-ce que mes enfants sont quand même émerveillés par la magie de Noël ? Bien sûr que oui ! Les lumières, les calendriers de l’avent, les maisons en pain d’épices, la promesse d’une montagne de cadeaux et de chocolats à volonté, ça suffit largement à ce qu’ils aient des paillettes dans les yeux quand on évoque Noël !

Et parfois, mes enfants y croient quand même !

Parce que le Père Noël est partout en cette saison.

Un jour, ma fille de 3 ans est rentrée de l’école en me disant : « Il existe, c’est sûr ! Je l’ai vu !! » Et c’était vrai : le directeur s’était déguisé.

Comment pouvais-je lutter ?

Parce que oui, j’ai longtemps lutté. Avec mes deux aînés, j’expliquais chaque fois qu’il s’agissait de personnes déguisées, que c’était juste « pour de semblant ». Je dépensais beaucoup d’énergie pour contrer le mensonge généralisé que je vivais comme du lavage de cerveau. Sauf qu’ils y croyaient quand même.

Alors aujourd’hui, je ne lutte plus. Je dénonce pas systématiquement tel ou tel Père Noël comme un faux. Il m’arrive d’ailleurs souvent d’expliquer à mes enfants que c’est un secret à garder, histoire de ne pas avoir (trop) de soucis avec la majorité des autres parents, qui eux, n’apprécient pas toujours que je ne joue pas le jeu.

Mais je préfère toujours ne pas présenter le Père Noël comme faisant partie de la réalité.

Finalement, je me comporte avec le Père Noël comme avec n’importe quelle autre belle histoire. Il vient nourrir notre imaginaire, et c’est déjà un joli cadeau.

Et toi, tu fais croire au père Noël ? Est-ce que tu joues cette carte à fond (messages du père Noël, déguisement d’un complice…) ? Ou au contraire, tu as fait le choix de ne pas dire à tes enfants que le père Noël existe ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je suis entrepreneur, auteur et fondatrice de plusieurs sites (dont celui-ci !). Je viens de quitter la région parisienne pour m'installer en Ardèche avec mon mari, nos 4 enfants et notre chien. J’adore recevoir, décorer et surtout cuisiner. Tellement, d'ailleurs, que j'ai aussi un blog cuisine où je propose des recettes crées avec des produits locaux et de saison.