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A la une / Témoignage

Ce jour où on a mis les pieds dans la PMA… et celui où on a tout arrêté.

Tout commence à l’été 2012. Diplôme en poche, jeunes mariés, Monsieur et moi souhaitons passer à la suite : fonder une famille. En effet, ça fait longtemps que nous savons que nous voulons des enfants. Nous attendions juste que notre situation soit favorable.

Au rendez vous pré-conception avec ma gynécologue, elle redit les mots que j’entends à chaque rendez-vous de contrôle : ovaires polykystiques. Jusque-là je n’y avais jamais vraiment fait attention, et elle ne m’avait jamais expliqué ce que c’était. Mais là, à sa tête, je vois bien que quelque chose ne va pas. Elle m’explique donc que les ovaires polykystiques ne sont pas franchement favorables pour démarrer une grossesse. Elle m’explique les bases de la fécondation humaine et se montre rassurante, en me disant qu’après 6 mois d’essais, 8 couples sur 10 voient une grossesse démarrer. Mais elle me conseille quand même de revenir la voir dans 6 mois si je ne suis pas enceinte.

S’ensuit alors un cycle de 118 jours, où, pleine d’espoir, je fais un test de grossesse quasiment chaque semaine. Le cycle suivant ne dure que 18 jours, puis enchaîne sur un cycle de 72 jours… et ainsi de suite jusqu’à la fin des 6 mois, où j’ai à nouveau rendez-vous avec la gynécologue.

silhouette aux ballons

Crédits photo (creative commons) : Joseph Vasquez

Étant donné mes cycles plus qu’anarchiques, elle me conseille de prendre rendez-vous avec un spécialiste de la fertilité en centre PMA (procréation médicalement assistée), afin de faire quelques examens avant d’éventuellement démarrer un traitement. Je prends donc rendez-vous dans le centre le plus proche de chez moi, et Monsieur et moi commençons les examens. Ceux-ci confirment le diagnostique des ovaires polykystiques pour moi, et montrent également que Monsieur a un taux de survie assez faiblard.

Le centre nous conseille donc de démarrer les insémination artificielles avec sperme du conjoint (IAC). Nous sommes en juin 2013. Après avoir fait le deuil de notre grossesse naturelle, nous nous décidons à commencer les traitements en novembre 2013. À partir de là, nous avons l’impression de vivre par 14 jours, entre phase folliculaire et phase lutéale. J’ai le sentiment de n’être pour les médecins qu’une taille de follicule, une épaisseur d’endomètre et un taux de LH.

Les rendez-vous ne concordent jamais avec mes horaires professionnels, et il n’est jamais possible de déplacer, ne serait-ce que de 10 minutes. Du coup, je justifie mes absences et mes retards comme je peux (je n’ai pas la moindre envie de partager cette intimité avec mes collègues). Monsieur se sent impuissant face aux examens invasifs que je subis, et nous nous sentons dépossédés de nos corps.

Chaque retour des règles est un coup de massue de plus en plus douloureux pour notre couple. Et dans la vraie vie, je deviens indifférente aux annonces d’heureux évènements. À une réunion de famille, je m’emballe sur une tante qui me demande « quand on compte s’y mettre », et je fonds en larme en voyant un livre des prénoms offert par belle-maman. Monsieur et moi tirons en permanence la tronche et n’arrivons plus à nous réjouir de rien.

Aujourd’hui, après plus de 2 ans de tentatives, d’espoir et de déception, nous avons décidé d’arrêter les traitements et le suivi en PMA. Et nous ne savons même plus si nous avons encore envie d’avoir un enfant.

Aujourd’hui, la seule chose qu’on aimerait, c’est retrouver notre « vie d’avant » : la vie où on ne comptait pas les jours, où on faisait l’amour au lieu de tenter de se reproduire, et où on pouvait gazouiller avec un bébé sans avoir un coup de poignard dans l’estomac et des larmes plein les yeux.

Et toi, tu as dû entrer en PMA ? Y a-t-il un moment où tu as décidé de tout arrêter ? Viens en parler !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Mariée depuis 2 ans, chez moi la cigogne n'a pas voulu se montrer...