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A la une / Récit d'accouchement

Trois enfants, trois accouchements différents

Mon premier accouchement

J’ai peu de choses à raconter sur mon premier accouchement : il ressemble à celui de milliers de femmes en France. J’étais allongée sur le dos, monitorée, perfusée, shootée à la péridurale. J’ai accouché sans ressentir de douleurs certes, mais surtout sans rien ressentir du tout.

Je ne peux pas dire que c’était un mauvais accouchement, car je n’ai eu aucune complication, mais simplement, je ne l’ai pas vécu. D’ailleurs, en relisant quelques années plus tard mon récit d’accouchement je me suis rendu compte que j’utilisais la plupart du temps le « on », c’était très impersonnel.

Pourtant, j’étais convaincue par l’accouchement dit « naturel », mais, vu les conditions de ma grossesse, je n’avais pas eu le temps de faire une préparation spécifique, de me documenter, de lire des récits. Je suis donc arrivée à la maternité naïve, pleine de bonnes intentions, mais complètement à l’ouest sur la réalité de l’accueil à l’hôpital, sur les conditions imposées à la plupart des femmes et sur la gestion de mon corps…

3 enfants 3 accouchements différents

Crédits photo (creative commons) : Ben Grey

Mon deuxième accouchement

Dès le début de ma grossesse, cette fois, j’étais déterminée à tout mettre en œuvre pour me rapprocher d’un accouchement naturel. J’ai lu dès le premier trimestre le livre Attendre Bébé Autrement de Catherine Piraud-Rouet et Emmanuelle Sampers-Gendre, qui m’a conforté dans mon choix d’accoucher autrement.

livre Attendre Bébé Autrement accouchement naturel

 

J’ai ensuite entamé une préparation à la naissance avec une sage femme pratiquant la sophrologie. Mais les séances ne tournaient pas qu’autour de ça : elle pratiquait aussi quelques gestes d’ostéopathie, proposait des postures et gestes permettant la gestion de la douleur pendant l’accouchement, donnait des tuyaux au futur papa pour me soulager durant le travail… Toutes ces séances m’ont permis de prendre contact avec bébé, de m’aider à visualiser les changements opérés dans mon corps, de me relâcher, et d’affirmer mes envies. Ça m’a permis d’envisager cet accouchement très sereinement, et plus déterminée que jamais à imposer mes idées.

Le jour J, j’ai géré les contractions une à une, dans ma baignoire, aidée de quelques granules d’homéopathie prescrite par la sage femme. Je ne sais pas si les granules ont vraiment fait effet, ou si le simple fait de devoir me concentrer sur leur prise à intervalle régulier m’a permis de me décentrer de la douleur. N’empêche que le résultat était là : les contractions étaient gérables.

Au bout d’une heure, les contractions se rapprochent toutes les 5 minutes, je décide de partir pour la maternité. Nous appelons ma belle-mère pour qu’elle vienne garder notre grand. À partir de là, les contractions s’intensifient, et je commence à douter sérieusement de ma décision d’un accouchement physiologique. Je suis persuadée d’être au début du « vrai » travail, ou au plus à la moitié, et je ne me sens pas de pouvoir gérer cette douleur longtemps, j’appréhende le trajet en voiture à l’avance.

En attendant sa mère, chéri commence à m’aider à chaque contraction, mais elles semblent être là non-stop. Au bout de peu de temps (à peine 10 minutes je pense), je crie à chéri que ça pousse, et en effet, je sens une bosse au creux de mes jambes. Chéri me demande de me retenir, mais c’est impossible ! Il appelle en catastrophe les pompiers, qui demandent à me parler. Je suis entre deux contractions, j’arrive à leur répondre calmement, mais comme je n’ai pas perdu les eaux, ils ne s’affolent pas.

Et puis, j’ai à nouveau envie de pousser, je suis debout, les mains sur mon canapé, et bébé décide de faire sa sortie à ce moment-là. Chéri le récupère, et je m’assois avec bébé, hébétée, entourée par les couvertures que Chéri a été cherché. Notre grand profite de ce moment pour descendre de la sieste…

Les pompiers arriveront 1/4h plus tard en demandant : « vous avez perdu les eaux ? ». Ah ben, un peu plus que ça Monsieur…

Pour le coup, je l’ai eu mon accouchement physiologique, au-delà de mes espérances !

Mon troisième accouchement

Bizarrement, c’était pour cet accouchement que j’étais le plus stressée. Ayant eu un accouchement qui, pour moi, était idéal pour mon deuxième, j’avais peur d’être déçue pour celui-là.

Concrètement, nous ne voulions pas faire le choix d’accoucher à la maison sans assistance médicale : c’est très différent de « subir » un accouchement à la maison et de le choisir. Et Chéri, même s’il a bien vécu l’expérience, n’avait pas spécialement envie de recommencer à jouer les sages femmes. Enfin, nous n’avions pas de sage femme pratiquant l’accouchement à domicile dans notre région. Donc je savais que j’accoucherais à la maternité, avec les contraintes que cela peut comporter, et que je ne voulais en aucun cas subir.

J’ai donc fait l’autruche pendant une bonne partie de ma grossesse, refusant de réfléchir à ce qui me semblait insolvable : vouloir un accouchement à la maison, mais sans le vouloir consciemment. Et puis, je ne voulais pas des suites de l’accouchement comme pour mon deuxième : sous prétexte d’avoir accouché à la maison, ils ont démultiplié les examens sur notre bébé pour vérifier sa bonne santé. Les pédiatres nous regardaient et nous parlaient comme à des demeurés (style : on n’est plus au Moyen Âge, pourquoi avoir accouché à la maison ?!).

À 8 mois de grossesse, je me suis enfin décidée à rappeler la sage femme de ma grossesse précédente, pour faire le point, car j’étais en train de réaliser que je n’étais absolument pas prête à accoucher. Elle a pris le temps de m’écouter, et a su trouver les mots pour me rassurer. En 2 séances, elle m’a redonné les bases des postures, des relaxations, elle m’a checké sur le moment où je devais penser à partir à la maternité, et surtout elle m’a reboostée pour que je sache exprimer mes envies à la maternité. Pour elle, à partir du moment où j’expliquerai que j’ai déjà accouché à la maison une fois, les sages femmes auraient plus de facilité à me laisser tranquille.

Le jour J (enfin plutôt la nuit J), j’ai tout de même décidé de prendre un bain pour soulager mes contractions, même si on me l’avait déconseillé vu l’effet qu’il avait eu sur la rapidité de mon accouchement précédent. Mais je m’étais donné une limite : dès que mes contractions passaient en dessous de 10 minutes, on partait. Sauf que, elles sont passées d’un coup de 15 minutes à 3 minutes. Là, je me suis vite mise en mouvement, Belle-Maman est arrivée très vite pour garder les garçons, Chéri a roulé un peu plus vite que la moyenne, et nous sommes arrivés à la maternité !

Nous avons été accueillis par une auxiliaire de puériculture et une sage femme très à l’écoute, qui m’ont laissé faire ce que je voulais. J’ai simplement marché, la plupart du temps, fait un peu de ballon, et les contractions se sont vite intensifiées. La suite a énormément ressemblé à mon accouchement précédent, le « ça pousse » alors que je suis debout, accoudée à une baignoire cette fois, la perte des eaux quand bébé pousse pour sortir.

La seule différence est que la sage femme a voulu que je m’allonge, car elle ne pouvait pas atteindre bébé qui sortait dans cette position… Et moi, ne pouvant/voulant pas bouger, j’hurlais non. Chéri m’a carrément portée sur la table, et bébé est arrivé ainsi quelques secondes après.

Au final, je suis super satisfaite de cet accouchement, car j’ai su le gérer de A à Z, je ne me suis pas laissé surprendre, et je ne l’ai pas subi.

Et toi ? Tu as vécu des accouchements très différents les uns des autres ? Tu as aussi connu le bain « accélérateur d’accouchement » ? À quel moment as-tu perdu les eaux ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

30 ans, mariée, 3 enfants, une maison, un travail, des loisirs, et plein plein de choses à raconter !