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Diabète gestationnel : manuel de survie de gourmande

Noooon !  Pourquoi moi ? Qu’ai je fait ? Pitié pitié pitié, le laboratoire s’est trompé, j’ai une homonyme, j’étais pas prête,  on recommence !

Eh eh eh, non. Ma petite dame, les résultats sont là : tu as développé un diabète de grossesse, ou diabète gestationnel. On peut te l’avoir décelé à plusieurs reprises au cours de la grossesse, au cours des examens mensuels (tu sais, la glycosurie que tu fais tous les mois en même temps que la prise de sang pour la toxoplasmose…), ou après avoir ingéré cette délicieuse boisson au goût d’orange chimique et être restée 3h au laboratoire par exemple.

Te voilà donc embarquée dans cette formidable aventure du DG, ou comment réapprendre à te nourrir pour préserver ta santé et celle du petit être que tu portes. Pour être tout à fait honnête avec toi, j’ai pleuré pendant deux jours à l’annonce de ce verdict… oui parce que moi, je suis un peu Caradoc : le sucre et le gras, c’est la vie !

Crédit photo : Diane Dandin

Alors comment faire face ?  Voilà mes quelques commandements :

1/ Tu noteras consciencieusement (et honnêtement) tes repas et tes taux de glycémie

Acquérir en quelques mois une « culture » du diabète, alors que tu t’en souciais comme de ton premier mail jusqu’alors,  ça n’a rien d’évident.  On va t’apprendre à utiliser un petit lecteur de glycémie et tu te piqueras le bout des doigts avant et (1h30) après chaque repas. Tu auras des taux à ne pas dépasser.  Mais comment connaître ce qui fait bondir ta glycémie, ce qui fonctionne ou pas pour te réguler ? Personnellement, j’ai noté. Tout ce que je mange est enregistré dans un tableau Excel avec les taux avant/après, ce qui me permet d’avoir une idée assez précise du « Chouette je peux !/Ouh la la non, vade retro sucre-satanas ! ». Du coup, j’ai pris des habitudes !

Ah, et je te conseille d’être honnête avec toi-même. Tu peux « oublier » de noter cette délicieuse et fondante barre de caramel et chocolat mais au fond de toi, tu SAIS que tu l’as dégustée et tu SAIS pourquoi ce taux est infiniment trop haut. Personne ne va te gronder, mais toi, assumes tu ce « score » ?

2/ Tu suivras les conseils de ton médecin

Oui, bon, c’est basique mais avoir quelqu’un derrière soi qui te suit, te demande des comptes par rapport aux taux que tu lui présentes, c’est… on ne peut pas dire motivant. Mais disons que ça empêche de se décourager, de ne rien y comprendre. Ça permet aussi d’être rassurée, d’avoir des conseils adaptés à toi et pas à ta voisine ou à ta belle-soeur,  parce que ce qui fonctionne pour elles ne fonctionnera peut-être pas pour toi !

Oui, le diabète est fourbe.

3/ Tu apprendras à faire les courses autrement  

Ce fut pour moi une révélation : prenons deux paquets de gâteaux similaires, une marque et une marque distributeur… mais pourquoi y-a-t-il le double de sucre dans l’un par rapport à l’autre ? Et tu savais que, sur le paquet de pâtes,  la « valeur pour 100g », c’est pour 100g de pâtes cuites… c’est à dire environ 40g crues !

Tu vas peut-être découvrir comme moi que le sucre est absolument PARTOUT dans les produits transformés, et que les produits dits 0% ne sont pas si inoffensifs que ça… il va te falloir apprendre à lire les étiquettes et à faire des comparatifs. C’est aussi le bon moment pour passer à la vraie cuisine maison, et délaisser les plats cuisinés. On te conseillera aussi de zapper les féculents « blancs » pour passer à leur version « complète » : pâtes, riz, semoule, blé mais aussi farine.

4/ Tu cuisineras et dégusteras tes repas

On ne va pas se mentir, il y a des repas plus durs que d’autres. Pour moi le pire, c’est le petit déjeuner.  Se passer de confiture, de beurre, de pain blanc, de brioche, de croissants pour manger tous les jours le même muesli avec le même fromage blanc et la même grosse cuillère de compote de pommes maison sans sucre… c’est toujours aussi difficile.

Par contre, tu vas réapprendre à te nourrir et à apprécier tes repas. « De quoi mon corps a-t-il besoin ? » C’est très différent de « De quoi ai-je envie? ». 1/3 de protéines, 1/3 de féculents,  1/3 et plus encore de légumes : ça fait une très grosse assiette finalement, c’est copieux !  Plus un laitage et un fruit pas repas : en réalité, te voilà rassasiée !

Le jour où, de manière exceptionnelle, tu peux déguster ton morceau de pain avec du fromage sans craindre un excès, tu vas aussi réapprendre à le déguster,  à en profiter, tu vas en re-découvrir tout le goût ! Et puis de temps à autre, il faut se faire plaisir : mon carré de chocolat quotidien est sacré (il a seulement noirci un peu), tout comme le dessert du dimanche.

5/ Tu entraineras l’autre parent avec toi dans cette aventure

Moui, bon, facile à dire. N’empêche qu’être soutenue au quotidien c’est important alors si ta compagne / ton compagnon se gave de chips et laisse traîner ses paquets de bonbons sous ton nez, la frustration va vite faire son apparition,  ainsi que l’envie et le craquage ! Il n’est pas question de le/la priver mais d’essayer de faire en sorte de ne pas souffrir de tout ça.

Mon mari a accepté de se passer de la célèbre pâte à tartiner aux noisettes pour la durée de la grossesse (oui, je souffre du syndrome « la-cuiller-dans-le-pot »). Il a également accepté de conserver ses chocolats de Noël dans son bureau au boulot, et il ne se plaint pas de manger des pâtes complètes.  Il m’encourage, partage parfois mon muesli quotidien, me pousse aussi à être raisonnable. Il a conservé son apero du vendredi soir mais sans chips ni cacahuètes.

Bref, il m’aime !

6/ Tu seras indulgente avec toi-même.

Oui, tu vas craquer. Et oui, c’est normal. Ta super copine qui vit à des centaines de kilomètres vient te rendre visite et tu ne pourrais pas lui faire goûter ces délicieux cupcakes dont tu lui rebats les oreilles depuis des mois ? Tu fêtes Noël ?  C’est ton anniversaire ? Eh bien soit, aujourd’hui, pas de chichis… pas de test !

Tant que tes craquages sont raisonnés (pas tous les jours, pas toutes les semaines), il n’y a pas de souci majeur. Il en va de ta santé mentale !

7/ Tu penseras à l’après. 

Ça va s’arrêter. Tout cela a une fin. Oui, il y a des risques que tu deviennes diabétique pour de vrai plus tard. Ceci dit, avant cela, tu vas avoir un bébé en bonne santé, tu seras toi-même en bonne santé, tu vas fondre devant les sourires de ton petit (et en plus il y a fort à parier que du coup tu auras pris peu de poids durant la grossesse…7 kg au début du 9ème mois en ce qui me concerne ! ) : cela ne vaut il pas tous les régimes du monde ?

Il me reste quinze jours à tenir au moment où j’écris ces lignes…ma nouvelle préoccupation est de me demander comment ne pas craquer complètement sur tout ce dont je me suis privée APRÈS la naissance ! Si tu as des conseils, je suis preneuse !

A propos de l’auteur

33 ans, mariée depuis 2014 et maman de Charlotte (2017) et Cyprien (2019)