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A la une / Récit de grossesse

La deuxième grossesse, ou quand on ne pense qu’à l’aîné !

Ma grossesse… côte psychologique : où je ne cherche plus la magie.

Déjà, alors que j’attendais Pimprenelle, j’ai mis du temps à réaliser que c’était « pour de vrai ». Puis même s’il y a bien eu un moment où j’ai pris conscience, ce n’est pas devenu ensuite le festival du bonheur intense de la future maman, tel qu’on nous le vend dans les magazines.

Pour cette deuxième grossesse, les choses commençaient mal : elle n’était pas prévue, ou du moins, pas avant six à dix mois plus tard !

Cependant… Je ne suis pas persuadée que cette surprise ait joué tant que ça. Je crois même au contraire que les choses auraient été très similaires à ma première grossesse, avec l’appréhension grandissante au fur et à mesure que les essais approchaient. Au moins, cette période m’aura été épargnée par la force des choses !

Quant à la magie de l’attente… Force est de constater qu’elle n’est pas là. Je sais, pourtant, que ce n’est pas une légende. La légende, c’est que toutes les personnes enceintes la ressentirait, ressentiraient cet amour grandissant, cette émotion intense en ressentant ses premiers coups, cette impatience de rencontrer leur bébé, puis, enfin, cet amour total et immédiat en le rencontrant. Mais oui, plein de personnes ressentent ça. Et d’autres pas. Moi, pas, donc.

Pour avoir discuté avec des mamans de deux enfants et plus, la grossesse alors qu’on a déjà un jeune enfant à gérer, on l’investi généralement beaucoup moins, étant très accaparé par l’aîné.

Je suis un peu déçue à l’idée de ne jamais connaître cela. Oh, ça peut encore changer : a priori, on voudra un troisième enfant. Et puis à défaut de magie de la grossesse, peut-être connaîtrais-je ce grand coup de foudre en voyant mon bébé ?

(Avant la naissance de Pimprenelle, j’avais lu différents témoignages de mamans qui disaient n’avoir pas connu ce coup de foudre. Et heureusement, car cela m’a évité d’encore m’inquiéter parce que je n’étais pas tombée immédiatement amoureuse d’elle ! Donc je le redis : ce n’est pas automatique. Pour Pimprenelle, j’ai ressenti une affection, mais au début, pas plus. Et petit à petit, semaines après semaines, l’amour est né, a grandi. Aujourd’hui, il va sans dire que je suis complètement amoureuse de ma fille !)

Je suis déçue, mais, contrairement à ma première grossesse, j’ai décidé de ne plus essayer. De ne pas me torturer avec ça. Ça ne vient pas, eh bien, tant pis. Je sais que ça ne m’empêchera pas de l’aimer ensuite.

La plus grande frustration est finalement par rapport à ce qu’on nous renvoie comme normal, plus que par ce que je ressens (ou ne ressens pas) effectivement.

D’ailleurs, après la tentative d’une première séance d’haptonomie (au final, ça ne nous correspond pas du tout !), j’ai décidé de ne pas suivre de préparation à l’accouchement.

J’avais envie de garder la surprise du sexe du bébé. Savoir comme ne pas savoir convenait à Monsieur Lutin. J’aurais pu changer d’avis en espérant que ça me permette de me projeter davantage.

Sauf que, d’une part, savoir que j’attendais une fille n’avait pas vraiment changé la donne pour Pimprenelle. Et puis maintenant que j’ai déjà eu un bébé, je trouve qu’un bébé… c’est un bébé. (V’là de la réflexion hautement philosophique !) Je ne vois pas de différence notable entre un bébé garçon ou un bébé fille. Du coup, vraiment, je n’ai pas l’impression qu’avoir cette donnée changerait quoi que ce soit. J’ai plutôt l’impression que ce serait encore une tentative vouée à l’échec, afin d’essayer de coller à cette image de la future mère qui imagine paisiblement le futur.

Donc, on garde la surprise malgré tout !

grossesse avec aîné difficulté à se projeter

Crédit photo : free-photos

Une grossesse où tout est focalisé sur l’aînée

Ce bébé est un peu oublié, au milieu de tout ce qui me préoccupe vis-à-vis de Pimprenelle. En fait, c’est bien simple : jusqu’à très récemment TOUT ce qui m’inquiétait avait rapport à elle.

Je n’appréhende pas d’accoucher.

J’appréhende le moment où Pimprenelle devra peut-être être gardée par un voisin, le temps que ma mère arrive. Une heure ou deux, peut-être plus si c’est la nuit… Et si c’est la nuit et qu’elle se réveille et voit débarquer quelqu’un d’autre que Papa et Maman, est-ce que ça ne va pas lui faire peur ?
J’appréhende parce qu’elle n’est jamais restée sans moi plus de quelques heures.
J’appréhende l’impression d’abandon qu’elle pourrait ressentir.
J’appréhende le fait que ce sera forcément une surprise. Et si ça ne l’est pas parce que l’accouchement devait finalement être déclenché, alors cela signifierait forcément qu’on serait absents plus longtemps. (Le temps que ça se mette effectivement en route devant s’ajouter au temps de l’accouchement puis du séjour.)
J’appréhende parce que ma mère l’a déjà gardée, mais jamais plus de quelques heures, et elle n’a jamais eu à gérer de couchers. Tiendra-t-elle le coup ? Ce n’est déjà pas toujours évident quand on a l’habitude, alors quand on ne l’a pas !

J’appréhende ce qu’elle ressentira vis-à-vis de cet intrus. J’ai l’impression de la trahir en lui imposant ce bébé qui va forcément prendre beaucoup de place, qui la privera forcément d’une partie de notre attention. Qui ne lui permettra plus de pouvoir avoir facilement, là, tout de suite, un câlin ou que sais-je.

Ce n’est que tout récemment que j’ai eu quelques flashs de prise de conscience.

Ce n’est pas seulement Pimprenelle qui va vivre une aventure, dont nous sommes les personnages secondaires.

J’ai un premier rôle, moi aussi. Je vais être à nouveau maman, avec tout ce que ça implique de responsabilités.

Comment Pimprenelle voit l’arrivée de ce bébé ?

Nous avons proposé quelques livres à Pimprenelle autour de ce sujet, notamment Un amour de Petite Sœur et Balthazar et comment sont fait les bébés (en zappant la partie sur les chats – dont je ne comprends pas l’intérêt – et celle sur les jumeaux, destinée plutôt aux plus grands), dont te parle plus longuement Madame Biologie dans cet article. Ainsi que Toi, Moi, Nous (éditions Marcel et Joachim). On a aussi récupéré deux vieux livres sur le sujet.

Elle semble avoir assez bien compris ce qui se tramait. Elle parle de temps en temps du bébé et de ce qu’il fait : il tète beaucoup, il a besoin de Papa et Maman, il pleure… Elle dit qu’elle lui fera des câlins et lui changera la couche.

Elle fait parfois des câlins furtifs à mon ventre et parle un peu au bébé (mais il ne répond pas ce bébé, oh la la !)

Elle ne manifeste pas de jalousie. Pas trop de changements de comportements à noter.

On lui explique souvent ce qu’il va se passer, quand on devra partir à la maternité… Elle l’a d’ailleurs visité lors de mon dernier rendez-vous, ce n’était pas prévu initialement, mais en fin de compte c’était sûrement une très bonne chose !

De son côté, c’est plutôt encourageant ! Ouf !

À deux semaines du terme…

J’ai enfin (presque) terminé ma valise de maternité. J’ai mis l’alèse imperméable dans mon lit, au cas où la poche des eaux se rompe dans la nuit.

Je reste tout de même persuadée que ce bébé n’arrivera pas avant mon anniversaire, dans quelques jours. (Et je ne suis pas partageuse : c’est le jour de MON anniversaire, ho !) Mais, par la force des choses, j’apprivoise enfin l’idée que c’est bientôt. Tout bientôt.

J’essaye d’imaginer comment se passerait idéalement cette naissance. Mais je n’y arrive pas, parce qu’en vérité (notamment vis-à-vis de Pimprenelle, toujours !), il y a toujours un truc qui ne colle pas !

Puis on a demandé à sortir le plus tôt possible (dans les 24h si tout va bien)… Mais à quel point pourra-t-on sortir tôt ? Et tout bêtement, y a-t-il un.e pédiatre disponible pour donner son accord (ou non) de sortie quand il est, mettons, huit heures du soir ? Du coup je ne sais pas si je ferais mieux d’imaginer une sortie effectivement au bout d’environ 24h, ou si je peux imaginer que ce soit au bout de 6h.

Si j’imagine un temps de travail court, ça risque de faire TROP court pour envisager accoucher dans le même hôpital d’un troisième enfant, plus tard.

Il n’y a donc pas vraiment d’idéal. Même s’il y en avait un, on n’aurait guère de contrôle dessus ! Mais ça aurait peut-être pu m’aider à me projeter davantage, étant donné que ce n’est pas encore trop ça.

Ça approche, ça approche… Prête ou non, nous serons bientôt quatre. Heureusement, Monsieur Lutin, lui, a passé la période d’appréhension. Il est impatient de rencontrer ce bébé, et que notre petite famille soit réunie. Ça me rassure que, sur les deux parents, il y en ait au moins un qui soit dans un état d’esprit tout à fait positif !

Et toi ? Tu étais entièrement concentrée sur ton aîné pour tes grossesses suivantes ? Te sentais-tu coupable vis-à-vis du bébé ? De l’aîné ? Viens en parler dans les commentaires !

A propos de l’auteur

J'ai 27 ans et un mari super-chouette ! Notre fille "Pimprenelle" est née à l'été 2015 et nous régale de sa bonne humeur... "Ninette" nous a rejoint au printemps 2018. Je m'occupe d'elles à plein temps. Moi, je suis une lutine lunatique, mais généralement très joyeuse et espiègle. Écolo, féministe, non-violente, végane, cousette, fana de prénoms et de vieilles comédies musicales ! Tu peux aussi me retrouver sur le blog Sous Notre Toit et sur Instagram @danslamalledenilith