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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement déclenché : les jours d’avant et le début du travail

Le soir du 29 juin, je rassemble les dernières affaires pour ma valise. Depuis des semaines, pour me rassurer, j’ai la date du 30 juin en tête. Je suis donc persuadée que les premières contractions arriveront le matin de ce jour. Mais le 30… rien.

Les 1er et 2 juillet, je me dis qu’elle pourrait arriver, mais j’ai une nouvelle idée en tête : ça serait drôle qu’elle arrive pile le jour du terme, le 3. Sauf que le 3, lors du rendez-vous du jour du terme, elle n’est manifestement pas décidée. Le terme étant dépassé, j’ai à présent un rendez-vous tous les deux jours, le matin, pour un contrôle avec un monitoring de trente minutes.

Je suis désormais certaine qu’elle arrivera le 5. Vraiment persuadée. Le soir du 4, je fais d’ailleurs tout comme si je le faisais seule pour la dernière fois. Je me dis que la prochaine fois que je me promènerais dans ce jardin, je serais maman. Le soir du 4 et le matin du 5, telle une coach sportive, je parle mentalement au bébé ainsi qu’à tous mes organes de la zone pelvienne, afin de les motiver pour ce grand moment intense !

Et lors du contrôle, les choses semblent en effet avoir avancé. Mais… Pas au point que les choses aient commencé. Oh, ça pourrait éventuellement se mettre en route quelques heures plus tard, on ne peut jamais être sûrs après tout !

J’attendais de toute façon que tout commence le matin. Je n’y crois plus. Les 6 et 7 juillet, je ne le « sens » pas. Et pour une fois, j’ai raison : elle ne veut pas arriver ces jours-là, malgré les balades du soir que nous décidons de faire pour l’aider.

Le 8 juillet arrive enfin la baisse de température tant espérée (nous sommes alors en pleine période de canicule), une petite accalmie avant que ça ne recommence. Peut-être voulait-elle simplement éviter d’arriver un jour de forte chaleur ? Ce jour-là, je perds le bouchon muqueux, et je commence à sentir de drôles de choses au niveau du ventre… Mais pas de bébé.

Le 9, c’est le dernier contrôle avant la date du terme prévu + une semaine. Les choses ont encore un peu évolué, tranquillement. Et cette fois-ci, j’ai bien des contractions. De petites contractions, courantes en fin de grossesse, qui n’ont rien à voir avec un début de travail sérieux. Mais néanmoins, oui, je sens cet effet de vague.

Pour une raison que j’ignore, je m’étais mis en tête que je ne serais déclenchée que le 11. En fait, en toute logique, ce serait plutôt le 10… Mais la maternité de Lons-le-Saunier est vraiment super : en fait, on peut aller au-delà d’une semaine de dépassement de terme. La condition est de faire un contrôle tous les jours, afin de demander l’avis du gynécologue, qui décidera si on peut encore attendre ou non.

Nous sommes donc prêts à revenir le lendemain et le surlendemain, même si c’est pesant… (Une bonne heure de route l’aller !) Mais c’est vraiment impossible de me faire à l’idée, après tout ce temps, que ce serait le 10 ! La sage-femme contacte le gynécologue de service pour lui parler de ça… Chance énorme : il dit que je peux ne revenir que le 11 ! J’ai du liquide amniotique en suffisance et tout semble aller parfaitement. Le fait qu’il soit le gynécologue obstétricien référant sur ces trois jours joue en ma faveur, il n’aurait sans doute pas pris cette responsabilité s’il avait passé le relais à un-e collègue.

Le matin du 11, à six heures et demie, nous sommes fins prêts pour partir. Je prends le temps de m’imprégnier de l’ambiance de l’instant. Quand je reviendrais ici, nous serons trois, cette fois, c’est certain. Un petit vent frais souffle. Le jour se lève et les premiers rayons du soleil viennent chatouiller le haut des noisetiers…

J’ai rendez-vous à 8h. On m’installe, on vérifie où en est mon col, puis on demande au Grand Sachem gynécologue quelles sont ses préconisations au vu de cette donnée. C’est donc un tampon de prostaglandine qu’on me pose une heure plus tard.

Contrairement à l’injection d’ocytocine, qui a pour effet de déclencher les contractions, la prostaglandine a pour but de faire mûrir le col. Un tampon agit pendant 24h et l’accouchement peut tout à fait ne pas avoir commencé passé ce délai. Dans ce cas, on peut placer un nouveau tampon, injecter de l’ocytocine, ou attendre que les choses commencent seules si cela semble imminent.

Je suis monitorée pour deux heures. Je sens bien des contractions, comme les jours précédents. Elles montent en vague, c’est net… Mais ce n’est absolument pas douloureux. Du tout. Pourtant, le monito indique une pression maximale ! Elles sont presque régulières… Elles vont par groupe de quatre, puis une pause au moment où la suivante aurait dû arriver, et ça recommence.

monitoring-déclenchement-accouchement

Deux heures plus tard, pas d’évolution : je suis libérée du monitoring et on m’installe dans une chambre. Nous sommes bien contents d’avoir prévu un stock de magazines pour nous occuper !

En fin d’après-midi, toujours rien… On se renseigne quant au lit d’accompagnant. Douche froide : comme je suis dans une chambre double (sans voisine pour l’instant), aucune chambre simple n’étant disponible, ce n’est pas possible, le second lit pouvant être occupé à n’importe quel moment. Oh, en vérité, je m’en doutais un peu en arrivant dans cette chambre double, mais j’avais préféré ne pas y penser. Je me mets à pleurer, pleurer, pleurer… D’autant que même si mon mari peut passer la nuit sur le fauteuil (super confort, hum), là encore, si une nouvelle patiente arrivait, il ne pourait pas rester là.

Au début de la nuit, on vient me faire un monitoring à nouveau. Aucune contraction n’est enregistrée. Moi, j’ai simplement un mal de dos assez désagréable, mais c’est tout. On suggère donc à mon mari de rentrer à la maison, malgré l’heure de trajet. Heureusement, nous n’écoutons pas. Au pire, si quelqu’un devait arriver dans la nuit pour partager la chambre, il irait dormir dans la voiture.

J’essaye de dormir, sauf que j’ai mal, au dos, mais surtout… aux cuisses. Au point que je ne parviens pas à rester allongée plus de dix minutes. Ce sont alors des alternances de déambulations dans le couloir et de moments où je m’efforce d’essayer de me reposer malgré tout.

Je commence à repenser à ce témoignage dans lequel Louna parlait de contractions « dans les reins », particulièrement douloureuses. Et si c’était ça ?

Je finis par avoir très mal en bas du dos, je prends une douche en dirigeant le jet à pleine puissance sur cette zone. Ça soulage bien, mais je ne peux pas rester là éternellement. Je réveille M. Lutin pour qu’il me masse à l’aide de 2 balles de tennis, comme on l’avait appris pendant la préparation. (En les faisant simplement rouler sous ses mains, c’est assez efficace et moins fatiguant pour le masseur.)

Je décide de sonner puisque ça empire depuis quelques heures. Je dis que j’ai horriblement mal au dos. On me demande ce que je souhaiterais… Eh bien, déjà, tout simplement, si on pouvait contrôler comment ça se passe en bas !

Le temps que la sage-femme de garde arrive, je vais vomir, alors que j’avais déjà de la diarrhée. (Glamour… oui bon bah c’est un accouchement quoi hein !) Je sais que ça peut être un signe que l’accouchement est bien en route.

Elle m’examine : mon col est à trois doigts. Je suis partagée entre grand soulagement (ouf, ça a bien commencé, je ne souffre pas pour rien) et crainte mêlée de tristesse.

En effet, j’espérais un accouchement sans péridurale, et je me souviens bien de cette moyenne : un centimètre par heure. Même en sachant que les premiers centimètres sont généralement plus longs à gagner, je suis sûre d’en avoir pour encore pour plusieurs heures ! Or avec cette violente douleur continue dans le dos, je me vois mal tenir tout ce temps là…

(Comme je suis très bavarde, la suite sera pour la prochaine fois ! Mais cette fois-ci, promis, tu n’auras pas à attendre bien longtemps.)

A propos de l’auteur

J'ai 27 ans et un mari super-chouette ! Notre fille "Pimprenelle" est née à l'été 2015 et nous régale de sa bonne humeur... "Ninette" nous a rejoint au printemps 2018. Je m'occupe d'elles à plein temps. Moi, je suis une lutine lunatique, mais généralement très joyeuse et espiègle. Écolo, féministe, non-violente, végane, cousette, fana de prénoms et de vieilles comédies musicales ! Tu peux aussi me retrouver sur le blog Sous Notre Toit et sur Instagram @danslamalledenilith