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L’histoire de mon accouchement déclenché – Partie 2


Publié le 6 mars 2019 par Clémence

Je t’ai laissée la dernière fois, entre 6 et 7 heures du matin alors que j’étais en grande souffrance et en perte totale de mes moyens. Je n’arrivais quasiment plus à gérer mes contractions, il m’était devenu impossible de souffler pour les accompagner comme je l’avais appris, malgré toute la meilleure volonté du monde. Chéri, se sent totalement impuissant à mes côtés et essaye de m’aider tant bien que mal. Il ne le sait pas, mais sa présence et son regard à la fois angoissé et plein d’admiration me donnent force et courage.

 

Un coup de pouce pour gérer la douleur

Comme mon col n’est pas encore assez dilaté pour que je puisse bénéficier de la péridurale, la sage-femme me fait une piqûre d’un dérivé morphinique qui doit atténuer la douleur. Nous retournons en chambre le temps que le produit fasse effet. Et quel effet étrange ! Bien que je sombre dans un sommeil profond, les contractions restent toujours aussi douloureuses sauf que leur rythme est considérablement ralenti, du moins c’est ce que je ressens.  Je peux donc me reposer entre chaque contraction et mieux les gérer. Malheureusement cela ne dure qu’un temps limité et les pauses finissent par se raccourcir jusqu’à ce que je n’arrive plus à rien gérer du tout. Je commence à me réveiller et je m’entends gémir, tout en ayant l’impression qu’il s’agit de quelqu’un d’autre. Retour à la case départ.

Lorsque j’émerge, plusieurs infirmières s’affairent à m’installer dans une chaise roulante. Je comprends qu’elles m’emmènent en salle d’accouchement. Il est temps ! J’ai la sensation d’avoir dormi 10 heures, mais je me rends vite compte qu’en fait il est à peine plus de 9 heures. Ce produit a donc altéré ma perception du temps plutôt que ma perception de la douleur.

Crédit photo : Parentingupstream (Pixabay)

 

En salle d’accouchement

L’anesthésiste arrive à peine quelques minutes après moi en salle d’accouchement. Il m’explique rapidement qu’il va m’installer la péridurale (enfin !) après la prochaine contraction. Je n’ai en théorie plus qu’à serrer les dents une fois. Allez c’est le moment, je fais le dos rond et il m’installe le cathéter en moins de cinq minutes et sans aucun problème. Cet homme est mon héro ! Le produit fait très rapidement effet et je peux enfin me détendre et me reposer. Je retrouve avec bonheur Salomé, la gentille sage-femme qui m’avait accueillie la veille.

Le revers de la médaille avec la péridurale, c’est que le travail déjà pas très rapide, se ralentit encore. Mais cela ne me dérange pas tant que ça. L’anesthésie fonctionne à merveille, je ne souffre plus, j’ai tout mon temps et je me sens comme dans un cocon grâce à la playlist acoustique qui passe sur notre enceinte portable. Vers 11 heures Salomé décide toutefois de rompre la poche des eaux pour essayer d’activer la machine et vers midi mon col est dilaté à 8 cm. Victoire ! la fin est proche…. Ou pas… Tu ne peux qu’imaginer ma déception lorsqu’au contrôle suivant, une heure plus tard, plus rien n’a bougé.

Salomé me fait une injection d’ocytocine pour donner un nouveau coup de pouce à mon corps, ce qui fonctionne bien puisqu’à 17 heures mon col est enfin complètement dilaté. Il ne reste qu’à attendre que Mininous s’engage… Sauf que je commence à avoir d’atroces douleurs au niveau de l’anus. Il semblerait que la péridurale ne fonctionne plus complètement ! Et Mininous qui ne s’engage pas ! Il est 18 heures et je n’en peux plus. Je recommence à pleurer à cause de la douleur.

Sur conseil de l’anesthésiste Salomé augmente la dose de la péridurale. L’effet est immédiat, je sens ma tête qui tourne, je vois des étoiles et m’endors très rapidement. Une heure plus tard, lorsque je me réveille, Mininous est là, il n’attend plus que moi pour pousser.

 

C’est enfin l’heure de se rencontrer

Je suis vraiment heureuse et rassurée, car à présent la possibilité que mon accouchement se finisse en césarienne d’urgence est définitivement écartée.

Pendant que Salomé se prépare, avec Chéri nous réalisons que c’est maintenant que notre vie à deux va basculer. Nous allons enfin rencontrer notre enfant, découvrir son visage, et s’il s’agit d’un garçon ou d’une fille. J’oscille entre excitation et crainte de ce qui suit. Mais la playlist de musique acoustique créé une ambiance douce, et les yeux plein d’admiration de Chéri me rendent sérénité et confiance.

Salomé est prête, moi, je ne sais pas trop… Mais il paraît qu’à la prochaine contraction je dois pousser. Et je la sens qui arrive, c’est le moment ! Je pousse de toutes mes forces, une fois, je respire, une deuxième fois, je respire, une troisième fois, et je sens que Mininous descend. Chaque poussée me rapproche un peu plus de notre rencontre et j’y mets toutes mes forces et plus encore sous les encouragements de Salomé et de Chéri. Mais malgré tous mes efforts, la tête qui s’était présentée dès la seconde poussée refuse de sortir. Je désespère et j’ai mal. Je me demande si je pousse vraiment bien, et Salomé me rassure, elle me le dirait si je me débrouillais mal. Au bout d’une dizaine de poussées, elle m’annonce finalement qu’il va falloir inciser pour éviter la déchirure. La présence de la tête de Mininous coincée juste à la sortie depuis si longtemps me fait tellement mal que j’ai envie de la prendre dans mes bras. Nous attendons la prochaine contraction, Salomé incise et quel soulagement énorme de pouvoir enfin mettre ce bébé au monde lors de cette ultime poussée.

On me le pose directement sur le ventre pour un moment de peau à peau. Je découvre son visage et je le trouve magnifique. A côté de moi Chéri est en larmes. Selon la Salomé il aurait poussé au moins autant que moi. Nous réalisons tout doucement que nous sommes à présent parents et nous sommes désormais prêts à découvrir le sexe de Mininous. Chéri soulève doucement le draps qui nous recouvre et me chuchote, les yeux toujours humides « C’est un Lutin »…

 

Épilogue

Je vais être honnête avec toi, j’ai trouvé mon accouchement terriblement long et douloureux et ce n’est de loin pas le plus beau jour de ma vie. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir été accompagnée par une sage-femme fantastique qui a été d’une douceur incroyable et à l’écoute tout au long de cette épreuve, et bien sur par Chéri qui a été d’un soutien sans faille.

Il est certain que je n’oublierai jamais cette journée où ma vie a basculé et surtout que le moment où j’ai senti pour la première fois mon fils contre moi est à jamais gravé dans ma mémoire.

 

Et toi ? comment s’est déroulé ton accouchement ? S’agit-il du plus beau jour de ta vie ? Dis-moi tout !


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Commentaires

10   Commentaires Laisser un commentaire ?

Christelle

Accouchement long et douloureux pour moi aussi : 60h de travail au total qui se sont terminés par une épisiotomie, la ventouse (bébé avait trop de cheveux !) puis les forceps, la sortie de bébé dans un bain de sang et pour finir la délivrance qui a dû être faite à la main (c’est encore plus douloureux que l’accouchement en lui même !!!), ce n’est pas non plus le plus beau jour de ma vie…
Je vois plutôt ça commeune épreuve, un marathon qui a enfin pris fin après toutes ces heures de souffrance ! Alors oui, j’aime mon bébé plus que tout mais c’était vraiment très dur et ça refroidi pour un éventuel deuxième enfant…

le 06/03/2019 à 07h36 | Répondre

Clémence (voir son site)

Lors des cours de préparation, ma sage-femme avait en effet dit qu’il fallait se préparer à un marathon. J’espère que si tu as un jour un deuxième enfant, tu auras également un bel accouchement !

le 15/03/2019 à 14h17 | Répondre

Doupiou

Des accouchements compliqués ici aussi donc je te comprends totalement sur le fait que ce ne soit pas le plus beau jour de ta vie.
D’ailleurs j’ai toujours eu une vraie colère contre ceux qui disent : c’est pas grave si ça a été dur pour toi, l’essentiel c’est que ton bébé aille bien !

le 06/03/2019 à 09h14 | Répondre

Clémence (voir son site)

Ben oui, hein, finalement la maman on s’en fout ! c’est bien connu.

le 15/03/2019 à 14h19 | Répondre

Workingmutti (voir son site)

Je n’ai jamais vraiment accouché car j’ai toujours eu des césariennes. J’ai tenté une voie basse mais échec car le col stagnait à 3 au bout de 12h de travail et bébé n’allait pas bien.

Mais le premier qui me dit que ce n’est pas grave, que tout le monde va bien, je lui plume la tête XD

le 06/03/2019 à 11h11 | Répondre

Emilie

Il a été HORRIBLE une vraie boucherie. Péridurale inefficace, forceps, épisio, un cauchemar.

le 06/03/2019 à 13h57 | Répondre

Clémence (voir son site)

Je suis vraiment désolée 🙁
J’espère que tu t’en es remise.

le 15/03/2019 à 14h20 | Répondre

charlotte

je suis très heureuse que votre fils aille bien mais ton récit me bouleverse car il me rappelle la naissance de ma fille il y a bientôt un an et qui ne cesse de me hanter chaque jour. j’ai été déclenchée par gel sur col défavorable la veille de mon terme car il manquait un peu de liquide… c’était surtout 2 jours avant un jour férié…quand j’ai lu la 1ère partie de ton récit, j’ai tout retrouvé. ces contractions à plusieurs pics, les sanglots et l’incapacité à récupérer. et si mon accouchement de 37h en tout s’est très très bien fini (aucune séquelle) j’ai passé 27h à souffrir avec des SF peu bienveillantes. j’ai entendu les paroles suivantes : un accouchement, ça fait mal, on ne peut pas toujours avoir la péridurale, de toute façon je ne vous donnerais rien… Lors d’un TV, j’ai subi un décollement des membranes à mon insu, j’endurais les contractions depuis déjà 20h. j’ai envisagé de me faire du mal pour que ça s’arrête, les conditions étaient réunies. j’avais la peur panique d’accoucher et je suis tombée sur des gens qui m’ont forcé à vivre ma terreur. pas tous, quand l’équipe a changé, la jeune SF est entrée et m’a dit qu’elle allait m’en remettre une dose. elle a pris juste 2 minutes pour me voir prostrée et elle a tout fait pour que je sois soulagée. c’est elle qui a eu les mots qu’il fallait : je vous traite comme j’aimerais être traitée… je suis en colère qu’on m’ait forcé la main pour ce déclenchement (décidé en quelques secondes debout dans un couloir) sans me dire quels seraient les effets, triste d’avoir du vivre ma terreur, je vis désormais chaque jour avec elle. j’hésite vraiment à avoir un autre enfant même si j’en meurs d’envie mais je ne peux plus revivre ça. j’ai perdu confiance dans le corps médical. le protocole hospitalier balaie tout sur son passage. heureusement ma fille est ce qu’il y a de plus beau dans ma vie

le 07/03/2019 à 09h47 | Répondre

Clémence (voir son site)

Quelle tristesse de lire votre récit. Etre entourée de personnel médical qui n’est pas bienveillant c’est terrible car on a un tel besoin d’être accompagnée pendant un accouchement. Auriez-vous la possibilité de changer de maternité pour un éventuel deuxième enfant ?

le 15/03/2019 à 14h35 | Répondre

charlotte

Merci de votre gentille réponse et désolée d’y répondre aussi tard. J’ai la chance d’habiter dans une grande ville et d’avoir beaucoup d’alternatives. Mais le choix de cette maternité était très symbolique pour moi, ma maman y avait travaillé pendant plus de 20 ans, c’était mon quartier d’enfance (mais pas l’endroit où je suis née qui n’existe plus d’ailleurs…). C’est donc avec un sentiment mitigé que je vais choisir un autre endroit (recherche commencée) car j’aurais toujours l’impression d’un échec après cette 1ère expérience, le sentiment que c’est à moi d’aller ailleurs et non à eux de corriger leurs pratiques. Je redoute de devoir expliquer plus tard à ma fille pourquoi son/sa/ses frère(s)/sœur(s) est né(e/s) ailleurs qu’elle. Je pensais qu’aller en CHU niveau 3 était ce qu’il y avait de mieux et quand on me posait la question de comment ça s’était passé, à peine j’évoquais le fait que j’avais été déclenchée, et mes interlocuteurs prenaient un air entendu ah ben c’est comme ça le déclenchement… j’avoue que quand j’ai lu votre article sur le choix d’accepter le déclenchement, j’ai tout de suite pensé « mon dieu, qu’est-ce qu’elle fait ». il n’y avait aucune méchanceté aucun jugement et j’attendais votre récit avec impatience. j’ai vu mon obstétricien 5 mois après la naissance après lui avoir écrit mon ressenti, il m’a écouté et m’a dit qu’il échangerait avec les SF en question. mais au fond de moi je sais que la confiance en l’institution (le lieu, les personnes) est perdue. cependant tout n’est pas noir, j’ai eu la chance d’être sauvée par une personne bienveillante et tout s’est très bien terminé. J’espère que votre fils grandit bien (ça passe si vite !) et que vous en profitez à fond.

le 21/03/2019 à 17h29 | Répondre

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