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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement de rêve malgré un bébé en siège !

La dernière fois, je t’ai raconté ma grossesse et je t’ai laissée à la fin de mon troisième trimestre, alors que mon bébé s’annonçait en siège. Mais voilà, les jours passent, et toujours pas de signe que quoi que ce soit arrive.

Je me documente à fond pour savoir quand partir à la maternité. Bah oui, je n’ai pas trop envie de m’y faire refouler ou de devoir faire les cent pas dans les couloirs pendant des heures parce que je m’y serai pointée trop vite.

Après lecture et discussion avec ma sage-femme, je comprends qu’il faut que j’aie des contractions toutes les dix minutes pendant au moins deux heures. Et comment tu sais si ce sont des contractions de travail ? Et bah, tu le sais ! Si tu ne sais pas trop, c’est que ce n’est pas ça. Bon, ok.

J’ai tout ça bien en tête et comme, de toute manière, je veux éviter la péridurale, ma sage-femme me dit qu’il vaut mieux rester le plus longtemps possible chez moi. Oui, enfin, pas trop longtemps quand même, parce que même si j’ai choisi d’accoucher avec ma sage-femme, je préfère que ce soit en plateau technique, et non à mon domicile.

Enfin, de toute façon, rien ne se profile à l’horizon. Je n’accoucherai pas un mois avant le terme, c’est passé. Je suis tiraillée entre l’envie d’accoucher un peu avant les fêtes de fin d’année et à la date prévue, c’est-à-dire un peu après les fêtes.

Je ne fais que penser à cette césarienne que je souhaite éviter à tout prix. Mais de toute manière, ce n’est pas moi qui décide, les choses se passeront comme elles doivent se passer. Il faut lâcher prise ! J’essaie donc de voir le positif de chaque cas de figure. Sachant que l’essentiel, c’est que tout se passe bien pour bébé et moi.

Pieds de nouveau-né

Crédits photo (creative commons) : Tim McCune

Une semaine avant le terme, toujours rien. Je m’inquiète un peu, car je sens moins bouger bébé d’amour que d’habitude. Je vais donc faire un tour à la maternité pour faire un peu le point.

Au bilan, tout est ok : le cœur de bébé bat comme il faut. La sage-femme en profite pour regarder mon col : il est ouvert à 1. Je commence à m’enflammer. Alors, c’est que ça va être pour bientôt ? « Oui, ça peut être pour aujourd’hui, comme dans plusieurs jours ». Je suis soulagée, je vais échapper à la césarienne.

Si proche du but, je m’impatiente. Mais les jours passent, et toujours rien. Enfin, j’ai bien quelques petites contractions, qui sont parfois régulières, mais elles ne font pas vraiment mal, donc c’est que ça ne doit pas être ça.

Pour moi, quand on était à 1, ça voulait dire que le travail avait commencé. Eh bien non, chère lectrice, il faut que tu saches que ça ne veut rien dire du tout !

À deux jours du terme, je prends rendez-vous à la maternité, comme on me l’a demandé, pour faire le point le jour du terme et programmer la césarienne. Je dois faire toutes ces démarches à l’hôpital, car ma sage-femme libérale pourra être présente à mon accouchement, mais ne pourra pas m’accoucher, du fait que bébé d’amour se présente en siège. Et il est maintenant peu probable qu’elle se retourne, même si c’est toujours possible.

Le jour du rendez-vous arrive. Avec mon mari, on est un peu stressés. Je sais qu’il n’y a pas de déclenchement possible. Il faut que le travail se passe vite et bien. Ça fait pas mal de choses qui doivent être réunies pour éviter cette césarienne !

Lors du rendez-vous avec la sage-femme, elle fait un monitoring : tout va bien. Elle me fait un peu travailler le col, et elle me dit que je suis entre 1 et 2. Mais je crois que c’est pour ne pas me démotiver ! À cette vitesse, je ne suis pas près d’accoucher, moi !

On fait ensuite une échographie : il y a assez de liquide amniotique, le poids du bébé est ok, estimé à 3 kg. Vu mon pelviscan, elle a largement la place pour sortir. Une autoroute, qu’elles disent, les sages-femmes ! Bonne nouvelle.

La sage-femme pense qu’il est possible de m’accorder un délai supplémentaire. Elle appelle la gynéco qui m’a suivie pour avoir son feu vert. Nous gagnons deux jours ! Youpi !

On reprend rendez-vous pour dans deux jours. Si d’ici-là, rien de nouveau, une césarienne sera programmée pour le lendemain. On sait maintenant avec certitude que dans maximum trois jours, on verra notre bébé d’amour… Mais nous espérons que le travail commencera avant.

Du coup, je vais voir ma sage-femme libérale, qui suit toutes mes péripéties. Elle décide de me faire travailler le col pour accélérer un peu les choses. À la fin de la séance, elle me dit qu’il est un poil plus ouvert, mais bébé d’amour n’est toujours pas décidée à sortir.

Je prends mon mal en patience. On a rendez-vous le lendemain matin à la maternité. Je profite de ma dernière nuit pour bien dormir.

Mais vers 4h du matin, je me dis : « Mince, je me suis fait pipi dessus ! » À peine le temps de réagir que la poche des eaux se perce complètement, alors que je n’ai même pas bougé ! C’est bébé d’amour qui a dû la percer en bougeant. J’inonde le lit.

Je réveille Chéri et lui demande d’aller vite chercher des serviettes. Le pauvre ne comprend pas trop ce qui se passe et s’exécute comme il peut. Me voilà bien avancée, qu’est ce que je fais maintenant ?! Je n’avais pas prévu que ça se passe comme ça, moi, j’attendais les contractions ! Enfin, le travail commence, j’ai des contractions. Je sais que c’est pour aujourd’hui, je suis toute excitée.

Je dis à Chéri d’aller vite chercher le téléphone, et j’appelle ma sage-femme pour savoir ce que je dois faire : attendre ou partir à la maternité. J’ai beau avoir lu sur le sujet, quand on y est, on oublie presque tout ce qu’on a lu ! Le temps qu’elle émerge un peu, elle me dit de prendre une douche, de prendre ma valise et qu’on se retrouve à la maternité.

Je veux me lever du lit, mais ça ne fait que couler. Je n’avais pas vraiment envisagé ce cas de figure ! Je mets une serviette entre mes jambes, c’est trop sexy ! Mais pas vraiment pas agréable. Chéri pourra faire le ménage pendant mon séjour à la maternité !!

J’arrive dans la salle de bain, je prends ma douche. Et me pose une bonne question : je m’habille comment pour aller à la maternité ? Je ne peux pas mettre de pantalon, puisque ça continue de couler et que je dois garder une épaisse serviette éponge pour ne pas en mettre partout. J’opte pour une robe. Super sexy avec la serviette éponge que je tiens entre les jambes.

Chéri prend aussi une douche, car il se doute que le journée va être longue. Nous rassemblons nos affaires et partons pour la maternité. En sortant de la voiture, je me dis qu’heureusement, nous sommes en pleine nuit et il n’y a personne. Vu mon accoutrement, je ne fais pas la fière !

Nous rejoignons ma sage-femme pour mon admission à la maternité. Les contractions se font de plus en plus fortes. Elles ont lieu environ toutes les sept minutes. J’arrive à les gérer, je contrôle bien ma respiration, puis je fais des vocalises. Ma sage-femme me masse et appuie sur des points d’acupuncture pour me soulager un peu.

Je suis vraiment contente que ma sage-femme libérale soit avec moi, car avec Chéri, on n’y connaît rien. C’est elle qui fait le lien avec l’équipe pour le moment : moi, je peux rester dans ma bulle, car j’ai une entière confiance en elle. Chéri est aussi rassuré. Nous sommes dans des conditions optimales.

Vers 7h du matin, ça commence à être sérieusement difficile. Ma sage-femme regarde mon col. Je suis dilatée à 4. Trop peu pour moi : je sais que je n’arriverai pas à gérer les contractions pendant encore des heures, je demande la péridurale. Seulement, ça va bientôt être le changement d’équipe. Je dois attendre la nouvelle équipe.

Lors de la relève d’équipe, je découvre que la sage-femme qui va m’accoucher est celle qui m’a fait l’acupuncture. Je suis super contente, car elle est super sympa. Elle me dit que, de toute manière, pour un siège, la péri est préconisée.

À 9h, on me pose enfin la péridurale : c’est une délivrance. Je revis et peux enfin me reposer un peu. En effet, je commençais à avoir du mal à gérer la douleur physiquement : je tremblais de tout mon corps et je vomissais le ventre vide ! Je commençais à être à bout. La péri est bien dosée : je ne sens plus rien, je ne peux plus bouger mes jambes, mais je n’ai plus mal.

Je me repose et vers 13h, je sens que quelque chose arrive. Je suis toute seule avec Chéri, car tout le monde est parti manger. Je lui dis que ça vient, qu’il faut qu’il aille chercher du monde. La moitié du service débarque. Eh oui, un accouchement en siège par voie basse, ce n’est pas si fréquent !

Je pousse, avec difficulté, car je ne sens pas grand chose, du fait de la péri. Mais je me concentre pour essayer de ressentir les contractions et de pousser à ce moment. Ce n’est pas assez efficace. La sage-femme m’aide (traduction : elle me fait une épisiotomie).

Et bébé d’amour sort d’un coup. Je la réceptionne. Je suis tellement émue de rencontrer enfin mon bébé, de voir sa petite bouille. Je suis submergée par les émotions, tellement heureuse d’avoir pu accoucher par voie basse. J’ai eu un merveilleux accouchement avec une super équipe. Je ne pouvais rêver mieux.

J’ai tellement entendu dire qu’un accouchement, c’était difficile, douloureux. Je me disais que c’était un mauvais moment à passer. Et c’est vrai, ça a été douloureux. Mais j’ai été tellement bien accompagnée par Chéri, ma sage-femme libérale et toute l’équipe de la maternité que ça a été un merveilleux moment. Accoucher ne me fait plus du tout peur.

C’est aussi le message que je voulais faire passer. Je pense que l’accompagnement est primordial, car il est évident que si je n’avais pas été accompagnée comme je l’ai été, ça aurait été une autre histoire. Je n’aurais peut-être pas eu un si bon souvenir de mon accouchement. Il est donc vraiment très important de bien le préparer.

Moi, j’ai besoin d’être en confiance. Alors j’ai fait un double-suivi. Sage-femme libérale et gynéco de l’hôpital, et je faisais mes échos à l’hôpital. Je voulais bien connaître la maternité pour être rassurée le jour J. Si j’avais tout fait à l’hôpital, je me serais retrouvée un peu seule à la sortie de la maternité, et si je n’avais vu que ma sage-femme libérale, je n’aurais pas eu suffisamment confiance en l’équipe de la maternité. Pour moi, les deux suivis ont été très complémentaires.

Je voudrais aussi t’en dire une peu plus sur l’épisio, car j’y étais véritablement opposée, je préférais une déchirure. Mais il faut savoir que dans le feu de l’action, j’ai eu entièrement confiance en l’équipe médicale. C’est sûr que c’est douloureux, surtout les dix jours après l’accouchement. Il est très important de se reposer et de rester allongée le plus longtemps possible : comme ça, ça fait moins mal, et on se remet plus vite. Pour ma part, un mois après, c’était comme si rien ne s’était passé. Finalement, ça a été moins dramatique que je ne le pensais.

Je ne t’ai pas raconté mon accouchement en détails, avec la pose de la péri, la sonde urinaire, tout ça… Sur le coup, rien ne m’a semblé bizarre, on m’a tout expliqué à chaque fois. Et comme j’étais en confiance, dans ma bulle, il n’y a rien que je n’ai mal vécu ou trouvé intrusif. Et six mois après, franchement, j’ai déjà oublié beaucoup de choses… celles qui étaient les moins importantes.

Et toi ? Tu as accouché d’un bébé en siège ? Tu redoutais aussi la césarienne ? Comment ça s’est passé ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

La trentaine. Mariée depuis 3 ans après 10 ans avec chéri. En Janvier 2015, Choupette a fait de nous une famille. Je suis très intéressée par tout ce qui touche à l'écologie et au maternage. J'allaite et je porte Choupette pour notre plus grand plaisir à toute les deux.