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A la une / Récit de grossesse

Le premier trimestre de grossesse : le début des galères

Je suis donc à 6 SA et des brouettes à mon échographie de datation. Cela fait environ 2 semaines que je souffre de nausées de plus en plus intense, mais j’ai réussi à m’adapter. Comme beaucoup de femmes enceintes, j’ai fractionné mes prises de repas, et je mène une vie plus ou moins normal. Du moins… j’essaye.

7 SA: Coucou l’infection

Crédit: Kat Jayne – Pexels

A 7 SA j’ai commencé à vomir, 2 à 3 fois par jour. Au boulot, je tentais tant bien que mal de cacher mon état, même si la simple mention de certains aliments suffisait à me donner la gerbe et me faire tourner de l’œil. Un vendredi, je me suis vraiment sentie mal, a tel point que mon patron qui était le seul au courant de ma grossesse m’a ordonné d’aller consulter. Je me suis rendue à la clinique, sur ma pause du midi, assez confiante sur le fait que ça serait juste une consultation de routine qui ne prendrait pas de temps.

Erreur de débutante, au lieu d’aller directement au cabinet de gynécologie, je suis allée à la maison médicale, et je me suis vite rendue compte que lorsque t’es enceinte, on ose pas trop s’avancer sur quoique ce soit.

Après une petite heure d’attente, un médecin m’ausculte enfin. Il prend ma température et grimace un peu. Il revérifie, et m’annonce que j’ai un peu de fièvre, que ce n’est peut être rien mais qu’il préfère avoir l’avis de mon gynécologue avant de me laisser repartir. Sauf que, hasard malheureux, M. B. n’était pas là cet après-midi là. le temps passe mais la fièvre ne descend pas, bien au contraire, je suis nauséeuse, et je refuse d’avaler quoique ce soit. Il finit par demander à ce que je vois le gynécologue de garde.

Une autre heure d’attente plus tard, le gynécologue de garde me reçoit, m’ausculte, et me fait une échographie de contrôle. Petit koala va très bien, il a bien grandi et grossi comme il faut en une semaine. Et cette fièvre sortie de nulle part vient en fait d’un abcès qui s’est développé après une mycose vaginale. J’avais bien senti un bouton un peu gonflé, mais j’étais loin de m’imaginer que ça pourrait me rendre malade à ce point. Le gynécologue a dû le percer, et je crois que je n’ai jamais eu aussi mal de ma vie (oui oui, même en post-partum). Après 3h au total, nous repartons avec une belle frayeur, une ordonnance d’antibiotiques et un rendez-vous le lundi pour vérifier la cicatrisation de l’abcès. Cette grossesse part sur des chapeaux de roues et s’annonce bien médicalisée.

Je te passe les détails du weekend que j’ai passé, antibiothérapie avec le ventre pratiquement vide, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux.

Le lundi, je revois M. B., comme prévu, seule cette fois. Il me trouve un peu fatigué mais ma tension est moins catastrophique qu’il n’y parait (merci le stress pré-consultation). Il vérifie la cicatrisation et me refait une échographie de contrôle. Et là, surprise, on entend nettement le cœur de petit koala battre. En plus, il a déjà presque une forme de fœtus, et M. B s’amuse même a me faire la version 3D pour rendre la chose plus concrète. Ça me rassure, mais pour autant, je ne suis pas émue plus que ça, contrairement à ce que j’aurais cru.

Fin de la consultation, je passe sur la balance, avec 2 kilos en moins au compteur. Je m’inquiète un peu, mais M. B. est rassurant. Cela arrive, surtout chez les femmes présentant de forts nausées et vomissements comme moi. Cependant, il voudrait quand même que je fasse attention, surtout vis à vis de mon diabète, que je ne fasse pas d’hypoglycémie.

09 SA: Coucou l’hyperemesis gravidarium

Le terme ne fait pas rêver n’est ce pas ? et bien je te confirme que c’est tout sauf un moment sympa cette histoire.

En entrant dans ma 9e SA, je ne pensais absolument pas que mon état pourrait empirer et que je pourrais encore plus vomir que je ne le faisais déjà. Mais c’était sous-estimer mon organisme et sa réaction à l’augmentation des hormones. J’ai commencé à vomir systématiquement quand j’avalais quelque chose. Et quand je dis systématiquement, ce n’est pas un euphémisme. Même de l’eau me faisait vomir, si elle n’était pas très très fraîche. Les seules choses que j’arrivais à garder était la glace à la vanille et les nuggets (1 à 2 max). J’étais condamné a être dans un état nauséeux permanent puisque je ne pouvais pas manger pour calmer les nausées. J’ai contacté ma diabétologue paniqué car niveau équilibre ce n’était pas le top. Mais voilà, on était dans une impasse. Elle m’a dit que si c’était ce qu’il passait, de continuer comme ça, en prenant garde de ne pas me déshydrater quand même.

Parce que le plus gros ennemie de l’hyperemesis, c’est effectivement la déshydratation. Je passais mon temps à boire de l’eau glacée et à sucer des glaçons pour ne pas me déshydrater. Et je me pesais chaque jour parce que j’avais peur… et avec raison. A l’issue de la semaine, j’avais perdu 4 kilos en plus. J’ai appelé mon gynécologue pour le tenir informé, et évidement, j’ai eu droit à une nouvelle échographie de contrôle. Malgré mon état de fatigue évident, j’ai refusé qu’il m’arrête, et il a du négocier pour qu’au moins quelque temps, je ne prenne plus les transports en commun. Mais il a insisté sur le fait que je devais me ménager.

Au total, j’ai perdu 13 kilos au premier trimestre, et environ 9 kilos en même pas 3 semaines. Mais je tenais quand même le choc. Je me refusais à me plaindre parce que je m’estimais chanceuse d’avoir quand même un fœtus qui s’accrochait malgré tout. Et plus on se rapprochait des 12 SA, plus je me rassurais en me disant que le risque de fausse-couche était lui au moins passé.

11 SA: Coucou la menace de fausse couche

vers 11 SA, j’ai commencé à pouvoir remanger un peu et par conséquent, je revivais. Avec Lhomme, nous nous sommes offerts un weekend de 4 jours pour nos noces de coton. Je pensais le plus gros derrière moi, encore une fois. Le premier jour, nous avons fait un repas pas mauvais à premières vues, mais qui m’a causé des crampes énormes à l’estomac et une indigestion monumentale. Je ne me suis pas posée plus de questions que ça, mais aujourd’hui avec le recul, je pense que ça aurait du m’alerter.

Les 2 jours qui suivent. Je profite à fond de notre weekend, et j’en oublie presque je suis enceinte (hormis quand mon corps me rappelle à l’ordre et m’oblige à m’asseoir à cause de la fatigue). Mais malgré cela, on marche, et on marche même beaucoup.

Le 4e jour, alors que nous prenons un goûter tranquillement, je décide d’aller au toilette, et là, c’est le drame, flot de sang dans la culotte.

J’ai fondu en larmes pratiquement instantanément et suis sortie en trombe rejoindre mon mari en lui disant de but en blanc que j’étais surement entrain de faire une fausse couche.

Puisque nous étions dans un hôtel, nous allons à l’accueil qui gentiment fera venir un médecin qui me prendra température, tension et glycémie. Tout était dans le rouge. Il essaya de me rassurer en me demandant de lui décrire le dérouler de la journée et a fini par me dire qu’il s’avancerait pas pour une fausse couche directement, mais plus un signe d’alerte que je dois me stopper. Mais comme il voyait que ça ne suffisait pas à me rassurer, il m’a invité à appeler mon gynécologue (parce que je n’avais toujours pas ce réflexe).

La secrétaire de M. B. me le passe directement et il me pose des questions très précises: intensité du flux, couleur, occurrence de la première perte, et surtout, intensité de la douleur ressentie. Avec tout ça en main, il n’est pas trop inquiet, et me dit qu’il pense aussi que j’ai trop forcé, une fois de plus. Il m’ordonne un repos absolu et me donne rendez-vous le lendemain pour une échographie qui ferait office d’échographie officiel du trimestre 1.

Nous nous rendons mon mari et moi au cabinet, plus stressés que jamais. J’avais encore eu des saignements durant la journée, mais aucunes douleurs. A notre tour, M. B. a été appelé pour une césarienne en urgence, ce qui a retardé le rendez-vous d’une longue et interminable heure.

Et finalement, le verdict : petit koala était bien toujours là, et il était super dynamique. On le voyait bien bougé et il ressemblait encore plus à un petit bébé que 2 semaines auparavant. C’est à ce moment précis que j’ai été émue de le voir et d’entendre son cœur battre.

Crédit: photo personnelle

Evidemment, tout ça était fragilisé, et je suis ressortie avec une grosse mention « MFC 11 SA » sur mon dossier. Mais on était surtout ressorti avec une DPA en bel et du forme, fixée au 30 juin 2018 « à peu près ». Ça aurait pu être le 01 juillet, mais avec notre accord, M. B a noté le 30 juin. « De toutes façons, on ne devrait pas avoir à atteindre cette date » avait-il dit, mais sans rentrer dans les détails, pour l’instant, il valait mieux que nous restions sur notre petit nuage.

Et toi, as-tu eu un premier trimestre compliqué? as-tu réussi a géré les désagréments?

A propos de l’auteur

Après avoir raconté mon mariage sur Mademoiselle Dentelle, je passe de l’autre coté pour te parler de mon approche de la maternité. Je suis devenue maman en 2018, et ce fut un grand chamboulement qu’il me tarde de te raconter. Si tu veux suivre nos aventures au quotidien, je t’invite à me retrouver sur instagram sous le pseudo el_m_b