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Les premiers mois avec mes jumeaux, entre grosse fatigue et baby-blues


Publié le 1 février 2017 par Madame Lucette

Après de longs mois d’absence, me revoici enfin ! Je te prie de me pardonner, j’étais un peu… occupée ! Étonnant, non ?

La dernière fois que je t’ai raconté mon après grossesse, je te racontais que les débuts avaient été émotionnellement difficiles et je te disais comment nous avions survécu aux premières semaines avec des jumeaux. Depuis, comment dire… j’ai découvert que survivre aux premières semaines, c’était, bien mais que les enfants étaient installés chez nous durablement (surprise !!) et que par conséquent nous allions devoir assurer à long terme, pas juste quelques semaines !

Crédit photo : alexisnyal

Grosse fatigue

Ça semble évidemment un peu idiot comme ça mais, vraiment, j’avais le nez sur les premières semaines, les 16 biberons / tétées et 16 couches par jour, les réveils toutes les trois heures. J’étais persuadée que dès qu’ils mangeraient moins et feraient leurs nuits (genre, à deux trois moi, non ? Et ben… non !), hop hop hop nous irions beaucoup mieux et que ce serait beaucoup plus facile.

Ah. Ah. Ah.

Bon, en vrai, peut être que je me serais enfuie très très loin si j’avais pris conscience de la charge de travail totale et à long terme que représentent deux bébés du même âge. Mais peut être aussi que si j’avais compris à quel point la fatigue s’accumule et la pente difficile est à remonter je me serais un peu plus ménagée au départ. Par exemple, nous n’avons pris aucune aide la nuit. C’est pourtant possible (moyennant un gros budget tout de même 100 à 120 euros la nuit) mais nous nous sommes dit «  on prendra quelqu’un pour nous soulager seulement si ça devient trop difficile ». L’erreur, c’est qu’une fois que c’est vraiment devenu trop difficile ce n’est pas une nuit de sommeil de temps en temps qui te remet d’aplomb…

Baby blues

Voilà mon état les premiers mois .

La fatigue, donc. Celle qui s’accumule en couches et refuse de s’en aller. Celle qui finit par faire partie de toi, qui est là, toujours en toile de fond, quelles que soient les heures de sieste que tu arrives à grapiller. Celle aussi qui te rend irritable et impatiente, ce qui n’est jamais bon ni pour toi, ni pour tes enfants ni pour ton conjoint. Le mien étant, heureusement, un maître zen il n’y a pas eu trop de dégâts de ce côté là.

Et puis la terreur. Oui, oui, la terreur. Celle qui t’empêche de dormir, te coupe le souffle, te fait verser des torrents de larmes, te fait culpabiliser. J’imagine que les mamans qui ne font pas de baby blues ont « simplement » peur. Celle qui plongent comme moi sont terrifiées. Terrifiées de mal faire, de se tromper, de rater quelque chose, de ne pas être à la hauteur. Les livres disent que tellement de choses se jouent les premières semaines, les premiers mois ! Qu’il faut répondre aux besoins de ton enfant, faire du peau à peau, le porter le plus possible. Mais comment faire avec deux bébés ? Comment vivre en sachant que faire de ton mieux ne sera jamais suffisant ? Comment faire quand l’un des deux souffre de coliques et que tu dois l’avoir très souvent dans les bras ? Comment supporter de voir celui qui ne pleure pas, qui ne demande rien, seul dans son berceau, te regarder porter son frère et pas lui ? J’en ai versé des larmes de frustration, de culpabilité et de terreur.

Je les aime tellement mes bébés chéris. Je voudrais tant le mieux pour eux. Je voulais que tout soit parfait, que leur vie soit belle et facile et je me sentais tellement responsable… en fait ce que je voulais c’est… être une mère parfaite pour eux, ne commettre aucune erreur.

Le bout du tunnel

Ça a été dur, vraiment dur. Pendant plusieurs semaines j’ai souffert même si j’étais en parallèle folle de joie de tenir mes bébés dans mes bras. J’ai fini par consulter la psy dont la sage-femme à domicile m’avait donné l’adresse. Je l’ai vue plusieurs fois et cela m’a beaucoup aidée. J’ai compris que la mère parfaite n’existe pas. Et qu’elle serait même plutôt néfaste car elle obligerait son enfant à être parfait lui-même.  Qu’une mère « suffisamment bonne* » était assez. Et aussi que non, je n’étais pas responsable de TOUT, que mes bébés sont des personnes à part entière et que leur avenir et leur vie ne dépend pas que de moi.

Ca m’a apaisée et j’ai petit à petit cessé de pleurer.

Bon en revanche, je suis toujours crevée ! 🙂

 

*La mère suffisamment bonne, de Donald W. Winnicott, PAYOT, “PETITE BIBLIOTHEQUE”.

 

Et toi, as-tu ressenti cette peur après la naissance de ton premier enfant ? ou au contraire as-tu assumé sereinement tes responsabilités ?  je suis curieuse, raconte-moi !

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Commentaires

29   Commentaires Laisser un commentaire ?

Die Franzoesin (voir son site)

Oh la la ma pauvre je suis triste de lire ce que tu as traversé… Très honnêtement j’ai beaucoup de mal à me représenter ce que peut vouloir dire avoir deux bébés en même temps du coup il m’est difficile de te dire « je comprends ». J’imagine seulement à quel point cela peut-être difficile. Mais je peux te dire en tout cas que je t’admire parce que tu as su te rendre compte que tu avais besoin d’aide en allant voir cette psychologue. Et ça c’est une des plus belles qualités de maman, toute imparfaite soit-elle 🙂 .

le 01/02/2017 à 07h43 | Répondre

Madame Lucette

Merci beaucoup pour ton message. Je crois qu’être parent est difficile, en tous cas pour certains d’entre nous, quel que soit le nombre de bébé 😉 Mais deux, c’est sûr, c’est d’abord très fatiguant et ça multiplie les raisons de se poser des questions.

le 01/02/2017 à 14h31 | Répondre

Melimelanie

Non mais on en parle de l’admiration que je te voue??!! Deux bébés quoi. D’un coup!! Quand je vois mon état avec un seul je suis admirative!!
Tu es une super maman et être parfaite c’est totalement surfait. On aime nos parents pour ce qu’ils sont et personnellement j’aurai détesté des parents parfaits…
Je suis désolée de lire que ça a été si dure pour toi mais heureuse de savoir que ça va mieux.

le 01/02/2017 à 08h52 | Répondre

Madame Lucette

ah ah, c’est gentil 😀
C’est « marrant » cette semaine ma nièce m’a parlé d’une amie à elle, dépressive (à 18 ans, déjà…) et au cours de la conversation elle me dit « nan mais elle s’entend super bien avec sa mère, elle l’admire tellement, c’est son modèle absolu… » et là je me suis dit qu’en effet, avoir une mère parfaite devait être super difficile à gérer.
Et ça m’arrange ! 😀

le 01/02/2017 à 14h34 | Répondre

Doupiou

Tout pareil que les filles.. Chapeau !

le 01/02/2017 à 09h05 | Répondre

Hellodie

Madame Lucette, je suis bien triste de ce que tu as traversé. Lorsque mes jujus sont rentrés à la maison, après 6 semaines à l’hôpital, puis lorsque le papa est retourné au travail, j’ai eu le même sentiment que toi. Que mes bras, pour toute aide 2h de menage une fois par semaine, et des tous petits qui réclament tous les deux la même chose: leur maman! J’ai eu une période très dure, où il est difficile de trouver le bon interlocuteur (ca a été la psy de la mater pour moi, mais j’ai bataillé plusieurs mois pour la voir). Je pense que le rythme se « normalise » vers 5 mois, c’est là que nous avions repris quelques projets, bon, qui sont tombés à l’eau vu la suite pour mini 2, et on a repris le cours de notre vie entre leur 12 et 16 mois au final.

Mais je te rassure, aujourd’hui ils ont 23 mois, mini 2 qui rattrape doucement son retard mais qui ne marche pas encore, toujours que mes bras à la maison et un petit frere ou une petite sœur (un seul hein!) les rejoindra cet été, donc oui, on survit très bien aux jujus!

Plein de courage pour la suite.

le 01/02/2017 à 09h57 | Répondre

Madame Lucette

Merci pour ton message Hellodie ! le moral est désormais plutôt bon. Ils viennent d’avoir un an et j’envisage de partir un week end avec mon mari sans eux, la vie reprend doucement son cours…
Félicitations pour ce troisième bébé à venir !

le 01/02/2017 à 14h38 | Répondre

Hellodie

Tu sort du plus difficile ! Pour leur un an nous sommes partis un week-end au bord de mer, a une heure de route, ca nous a fait beaucoup de bien! On les avait emmenés mais c’est parce qu’on avait personne pour les garder et aussi besoin d’être en famille apres les épreuves, mais ca c’est autre chose. Et pour leur 15 mois nous sommes partis une semaine sur la côte atlantique avec eux, super souvenir. Si pour une prochaine fois tu veux les emmener, les résidences Pi€rre et v@cances proposent les chaises hautes, poussettes et lit parapluie sur place sans supplément, on a fait ca et c’était super (par contre il faut bien le réserver à l’avance, quitte à téléphoner plusieurs fois), parce que tout prendre en double … 😉 bon week-end en amoureux !

le 01/02/2017 à 14h56 | Répondre

Madame Lucette

là je suis en recherche d’un endroit (Pierre et vacances ou autre) où il y ait un baby club pour leur âge !
Qu’arrive-t-il à Mini2 exactement ?

le 01/02/2017 à 15h25 | Répondre

Hellodie

Ça c’est une colle, le mini club avant 3 ans! J’ai eu de très bon échos sur le club Méd pour les bebes, mais je ne sais pas pour l’âge. Les center parcs aussi, mais pareil, je ne sais pas pour l’âge.
Mini 2 va bien, la rémission se poursuit, il garde des difficultés (d’audition, de marche, avec la nourriture) mais c’est un petit bonhomme plein de vie!

le 01/02/2017 à 17h46 |

Étoile (voir son site)

Ton article me touche beaucoup. Je comprends ce que tu ressens par rapport à la mère parfaite. Cela m’arrive d’avoir aussi des périodes où « je m’en veux », où je pense qu’on ne fait pas les choses aussi biens que l’on voudrait pour Petit Prince… C’est normal et c’est légitime. On aime tellement nos enfants qu’on aimerait faire toujours mieux. Bravo en tout cas pour gérer les deux. Ils sont très réussis et très mignons 🙂 Et j’avoue même si c’est difficile, j’aimerai bien avoir des jumeaux (c’est le seul espoir pour espérer avoir 3 enfants un jour, car mon mari n’en veut que 2…).

le 01/02/2017 à 11h01 | Répondre

Madame Lucette

On ne fera jamais les choses parfaitement. Il y aura toujours une activité, un livre, un mot qu’on aurait pu (dû ?) donner et qu’on n’aura pas donné. Moi je me rassure en lisant des livres, des blogs, tout ce que je peux sur le développement des enfants, la parentalité positive, la motricité libre. Ca me donne le sentiment de faire de mon mieux, c’est déjà pas mal.

le 01/02/2017 à 14h45 | Répondre

Mlle Mora

Je n’ose pas imaginer à quel point cela doit être épuisant, on se découvre des capacités insoupçonnées. Alors simplement un grand bravo ! Je ne doute pas que tu es une maman suffisamment bonne, tes questionnements en sont la preuve ! Tes jumeaux sont chanceux d’avoir une maman aussi investie !

le 01/02/2017 à 13h54 | Répondre

Madame Lucette

Merci pour ton adorable message, c’est vraiment gentil.

le 01/02/2017 à 14h46 | Répondre

Miss mass

Bonjour,
Que je te comprends ! J’ai 2 petits garçons de 3 mois, qui sont plutôt faciles à vivre, leur papa a eu l’opportunité de ne pas travailler depuis leur naissance et je suis (nous sommes) épuisée ! Chaque jour je me demande comment font les femmes qui n’ont pas ma chance et doivent s’occuper seules de 2 enfants en très bas âge… alors je te tire sincèrement mon chapeau !
Je n’ai pas fait de babyblues (une séparation à la naissance a permis de faire couler toutes mes larmes le 1er jour…) et j’imagine que ça a dû être particulièrement difficile. Je suis d’accord avec toi, voir son enfant dans un « coin » qui nous regarde s’occuper de celui qui demande plus d’attention est très dur, nous ne pouvons pas nous occuper de nos enfants de la même manière que s’ils étaient seuls mais en contrepartie, ils ne sont jamais seuls et ça c’est chouette.
Bon courage !

le 01/02/2017 à 13h56 | Répondre

Madame Lucette

J’ai eu beaucoup d’aide, de ma mère, de ma soeur, quand le papa a repris le travail.
C’est super si ton mari peut rester avec toi pendant plusieurs mois !! C’est une très belle façon de commencer leur vie, je trouve, de pouvoir être entourés de leurs deux parents. Nous on a fait successivement puisque mon mari est en congé parental depuis que j’ai repris le boulot !

le 02/02/2017 à 12h17 | Répondre

Miss mass

Par contre pour nous, aucune aide familiale dans la mesure où nos familles sont sur d’autres continents… nous allons commencer à les faire garder une demi journée par semaine, ça va nous faire le plus grand bien de pouvoir sortir un peu en couple…

le 07/02/2017 à 20h01 | Répondre

prettymaryk

Bonjour, moi aussi, ton article me touche beaucoup. Je n’ai pas de jumeaux, seulement une petite fille mais je suis familière de cette affreuse émotion, la terreur, qui peut vous saisir à la naissance d’un enfant. Quand les mois passent et qu’elle te mine la santé et le sommeil, cela devient de plus en plus difficile de s’occuper de son enfant, même quand il est hyper facile comme la mienne. Heureusement, je me fais aider, mais la route est encore longue avant que je me sente à l’aise dans cette nouvelle vie et capable de mener de front, comme toutes les autres, travail et vie de maman. Lire que l’on s’en sort (même avec des jumeaux !) fait du bien. Merci, en tous cas, de partager ton expérience difficile. On a tellement l impression d’être seule dans son cas quand ça vous arrive !

le 01/02/2017 à 18h18 | Répondre

Madame Lucette

Merci pour ton message. Je crois que cette sensation que j’ai eue, et que tu as, n’as rien à voir avec le nombre d’enfants. Avec un seul, même « facile », on peut se trouver face à toutes ces questions, toute cette responsabilité qui nous noie. Et je pense que nous sommes très nombreuses dans notre cas mais que personne n’en parle sur le coup. Après seulement certaines langues se délient. Pour moi aussi, il était très difficile d’en parler autour de moi.
Voir une psy quelques séances m’a vraiment fait du bien, m’a permis de prendre du recul. Est-ce que tu es suivie de ton côté ?

le 02/02/2017 à 12h09 | Répondre

Madame Fleur (voir son site)

Je retrouve beaucoup de ce que ma mère nous a raconté sur sa première année avec nous. Comment elle a fait un gros baby blues, comment c’est difficile et culpabilisant de prendre l’un et pas l’autre qui bien sur te regarde.
Je te rassure, je me suis toujours sentie autant aimé que ma soeur et aimé par mes deux parents.
J’espère que tout va mieux et que ça ira de mieux en mieux.

le 01/02/2017 à 20h39 | Répondre

Madame Lucette

Ca me rassure, merci !!
oui, ça va beaucoup mieux même si je pense que je n’aurais jamais fini de me poser des questions et de penser que je pourrais mieux faire !

le 02/02/2017 à 12h10 | Répondre

Camomille (voir son site)

Avoir des jumeaux, c’était ma hantise ! Alors bien sûr les débuts ont été difficiles, je le crois sans problème, mais tu t’en es sortie avec brio et tu as toute mon admiration pour ça !

le 01/02/2017 à 22h11 | Répondre

Madame Lucette

Merci beaucoup, c’est gentil ! 😀

le 02/02/2017 à 12h11 | Répondre

Léa

Quand je vois à quel point c’est du boulot, c’est crevant et responsabilisant d’avoir un bébé, je n’imagine pas la difficulté d’en avoir deux. Le soutien du père / des proches / d’une personne extérieure est indispensable, sinon on a vite fait de sombrer… mais je ne pense pas (plus) qu’être une mère parfaite soit un but en soi, cela met tellement de pression à l’enfant (et ton commentaire sur la copine de ta nièce ne fait que renforcer ce sentiment) ! Finalement faire du mieux qu’on peut est déjà bien suffisant…

le 02/02/2017 à 06h54 | Répondre

Madame Lucette

Oui, il faut beaucoup d’aide, l’association Jumeaux et plus dont je fais partie ne cesse de le répéter. malheureusement, toute l’aide du monde ne suffit pas à guérir la dépression qui peut suivre une naissance 🙁

le 02/02/2017 à 12h14 | Répondre

Inno

En te lisant j’ai tt de suite pensé à la notion de mère suffisamment bonne. Normal, je suis psy 🙂 C’est bien que tu aies vu quelqu’un qui t’aide là dessus. Car effectivement être une mère parfaite est impossible et si c’était possible ce serait délétère pour bébé. La mère parfaite c’est Bree dans Desperate Housewives…ça fait flipper.

Comme d’autres l’ont déjà dis, tu as tte mon admiration car pour moi, s’occuper de mon unique bébé était déjà extrêmement difficile au début alors avec 2 bébés je n’ose imaginer.

le 05/02/2017 à 09h55 | Répondre

Madame Tout Court

Comme ça me fait plaisir de te retrouver!
Tu as toute ma compassion pour ces premiers mois difficiles… il me semble que mes jumelles ont juste un mois de moins que les tiens?
Je suis heureuse de savoir que tu t’en es sortie maintenant et j’ai hâte de lire la suite! Pour ma part, je me traîne encore cette fatigue chronique (faut dire que l’aînée qui sort à peine de son terrible two, et le boulot à plein temps, n’aident pas) et je sens que je suis borderline depuis des mois, à la limite du burn out parental…
Du coup je suis un peu mauvaise quand les gens me disent qu’ils rêvent d’avoir des jumeaux lol!

le 13/02/2017 à 16h13 | Répondre

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