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Pourquoi j’ai choisi d’accoucher à domicile


Publié le 13 mars 2020 par Maman Théaulait

Pour la naissance de notre deuxième enfant, mon mari et moi avons fait un choix un peu différent : nous avons voulu essayer un accouchement à la maison. Quand je dis « essayer », attention, c’était un choix bien réfléchi et en nous étant bien renseignés tout au long de ma grossesse, pas question de faire quelque chose de « risqué » pour un événement aussi important où il s’agit de donner la vie. Je vais partager avec toi certaines des raisons de mon choix au départ, et pourquoi dans notre cas, puisque ça s’est très bien passé, et nous n’avons vraiment pas regretté d’avoir pris cette décision.

Le contexte

J’habite en Angleterre où il me semble qu’on a un peu plus de choix quant au lieu où on peut accoucher, par là je veux dire qu’on n’est pas toujours obligé de passer par l’hôpital. Il y a un grand nombre de maisons de naissance au Royaume-Uni (environ 170), et ce depuis longtemps, alors qu’en France c’est plutôt (très) rare – 9 seulement, j’ai vérifié. L’autre possibilité qui concerne environ 3% des femmes, est l’accouchement à domicile. Dans les grandes villes, il y a des équipes de sages-femmes qui sont spécialisées et font uniquement les accouchements à domicile.

Crédit photo (creative commons) : Pixabay

Comment m’est venue l’idée

Dans ce contexte, il m’est arrivé à plusieurs reprises de rencontrer des femmes qui avaient accouché à la maison et semblaient avoir eu de très bonnes expériences. Pendant ma deuxième grossesse, deux femmes de mon cours de yoga prénatal avaient accouché ainsi, et j’ai donc pu entendre le récit de leurs accouchements, très positifs, ce qui m’a donné envie de me donner les moyens d’avoir un accouchement aussi positif, qui s’est tellement bien passé que j’ai envie de te le raconter sur ce blog!

Au-delà de penser à mon expérience de l’accouchement, j’étais assez stressée à l’idée de devoir laisser ma fille aînée, qui n’allait avoir que 19 mois au moment de l’accouchement, pour aller à la maternité. Nos familles habitent loin (surtout la mienne, en France !) et notre fille ne connaît aucun adulte suffisamment bien en dehors de nos familles pour être vraiment à l’aise si on devait la laisser chez quelqu’un. Avec l’accouchement à domicile, elle a dormi tranquillement dans sa chambre toute la nuit, et s’est réveillée avec un petit frère. Pas traumatisant pour elle comme expérience !

Et petit bonus, pour ton mari/compagnon, il a aussi la chance de rester chez lui ce qui est quand même plus tranquille et confortable que d’être assis sur une chaise à l’hôpital et il n’a pas à te conduire à la maternité avec le stress que ça peut occasionner si ton bébé arrive un peu trop vite ! Tu as donc toutes les chances d’avoir un compagnon moins fatigué et plus apte à t’aider à affronter les premiers jours avec un nouveau-né.

Pourquoi avoir une expérience positive est important

Avoir un enfant est l’un des événements les plus marquants dans une vie, et bien sûr l’accouchement n’est qu’une petite partie de ce que ça veut dire, avoir un enfant, mais tout de même, c’est mieux si on peut garder de bons souvenirs de ce jour-là (malgré la douleur des contractions, et dans mon cas, le travail n’est pas rapide, j’y reviendrai dans un autre article !). Il y a toutes les chances pour que tu trouves les premiers jours plus faciles si tu considères que ton accouchement s’est bien passé, et cela t’aidera sûrement à être plus détendue et pourra aussi faciliter l’attachement avec ton bébé, dès le début.

Les conditions

Avec mon mari, nous avons donc commencé à discuter de ce projet et sommes allés rencontrer les sages-femmes de l’équipe d’accouchement à domicile de notre ville. Pour pouvoir avoir son bébé à la maison, il faut avoir une grossesse sans complications, et si on a déjà eu un enfant, ne pas avoir eu de grosses complications pendant l’accouchement précédent. De plus, on ne peut pas accoucher chez soi si l’enfant naît avant terme, donc avant 37 semaines. Et malheureusement, même si on a tout prévu pour un accouchement à la maison, on peut au dernier moment devoir aller à l’hôpital après les vérifications des sages-femmes, par exemple si les battements du cœur de bébé ne sont pas aussi rapides qu’ils devraient.

Un accouchement à l’hôpital, ce n’est pas plus sûr ?

Statistiquement, au Royaume-Uni, ce n’est pas plus risqué pour le bébé et la mère d’accoucher à la maison qu’à l’hôpital (si on respecte toutes les conditions mentionnées ci-dessus). Cela peut être rassurant pour beaucoup de femmes d’aller à l’hôpital, mais en fait plus on médicalise l’affaire, et plus on a de chances de créer des complications qui peuvent nécessiter des interventions pas très agréables, comme les forceps par exemple.

En accouchant à la maison, on est dans un lieu dans lequel on est à l’aise, et cela permet à l’accouchement de se dérouler de façon plus naturelle, et sans interruption pour se rendre à la maternité! J’ai été dans ma chambre (et occasionnellement ma salle de bains) pendant toute la durée du travail et c’est là que notre fils est né.

à l'intérieur, adorable, amour

Crédit photo (creative commons) : Lisa Fotios

Un accouchement physiologique, pas du tout médicalisé

C’est ce que nous voulions, et c’est aussi ce que nous avons eu. La naissance de Petit Dauphin a été très calme (enfin, moi, j’ai fait du bruit, mais l’environnement, le contexte étaient très calmes !) Il est né dans une piscine d’accouchement, ce qui aide avec la douleur, et permet aussi au bébé de passer de l’eau dans ton ventre, à l’eau de la piscine, et hop ! directement dans les bras de Maman ! C’était merveilleux d’être la première personne à l’avoir tenu dans les bras, puisque c’est moi qui l’ai récupéré à sa sortie, et il est resté dans mes bras pendant un bon moment. Je te raconterai le déroulement de l’accouchement dans un prochain article.

Par contre, quelque chose qui en fera peut-être hésiter certaines : On ne peut pas avoir de péridurale si on accouche à la maison. Et si tu te dis : « Quoi ? Mais c’est impossible, j’aurais trop mal ! », personnellement je n’ai pas eu la péridurale non plus pour mon premier accouchement, et en fait en accouchant en maison de naissance, ce n’est pas une option non plus, donc pour moi ça n’a pas été un argument contre un accouchement à domicile. Là encore, le contexte a joué, puisqu’en Angleterre, la péridurale est beaucoup moins systématique (après vérification, seules 30% des femmes y ont recours, contre 80% en France), donc je n’avais pas prévu de la demander lors de mes accouchements et n’en ai pas ressenti le besoin au cours de ceux-ci.

Enfin, dernier avantage que je mentionnerai ici (il y en a plein d’autres, que j’évoquerai plus en détails dans le récit de mon accouchement), le suivi de la naissance pour Maman et Bébé se fait aussi à la maison. Petit Dauphin a pris la voiture pour la première fois à l’âge de 11 jours et est allé à l’hôpital pour la première fois (pour tester son audition) à l’âge de deux semaines ! Les suites de l’accouchement sont donc aussi calmes et détendues. Pour les femmes qui veulent allaiter, un soutien personnalisé est aussi en place avec des visites à la maison. Mon fils a eu un début de vie calme et adapté à ses besoins de nouveau-né, et je suis heureuse d’avoir eu la chance de pouvoir lui offrir ça.

Et toi, serais-tu tentée par un accouchement physiologique chez toi ? Est-ce une option à laquelle tu avais réfléchi ? As-tu accouché à la maison ? Raconte-moi!


Guide accouchement

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Commentaires

8   Commentaires Laisser un commentaire ?

Virg

Je suis convaincue des bienfaits de ce type d’accouchement quand il est possible. Malheureusement, en France, ça reste hors norme. Ça se débloque un peu avec la mise en place du suivi sage-femme et la location du plateau technique mais on en est encore loin.
En te lisant, je me suis fait une réflexion, elle m’est venue tout de suite car nous sommes dans la situation de devoir déménager : comment on fait pour se séparer d’une maison où tant de souvenirs forts sont rattachés ?

le 13/03/2020 à 08h41 | Répondre

Maman Théaulait

Merci pour ton commentaire Virg! C’est amusant mais je ne m’étais pas encore fait cette réflexion par rapport à la maison. Nous sommes propriétaires de notre maison depuis 3 ans et pensons y rester au moins 5 ans de plus je pense, mais pas toute notre vie, donc effectivement ce sera difficile de s’en séparer. En même temps je me dis qu’à la maternité on a aussi des souvenirs forts et ça n’empêche pas de rentrer à la maison! Ce sera difficile de quitter cette maison mais c’est la vie. Sur l’acte de naissance anglais de mon fils il y a notre adresse pour le lieu de naissance donc il reste une trace écrite de ce moment fort.

le 14/03/2020 à 14h30 | Répondre

Marie Obrigada

Chouette projet ! Je l’avais aussi pour mon ainée mais ça ne s’est pas fait et pour ma 2e je ne l’ai pas envisagée (mais je ne pense pas que cela aurait été possible vu que même la salle nature m’a été refusée).
Donc 2 accouchements à l’hôpital mais en arrivant assez tard, en gérant seule sauf au moment de la poussée et sans péri. Au final, cela correspond tout à fait à mes souhaits !

le 13/03/2020 à 12h34 | Répondre

Maman Théaulait

Ce qui compte effectivement, c’est d’avoir un accouchement qui correspond à ses souhaits, où on sent qu’on a gardé le contrôle et qu’on n’a pas été poussée à accepter des procédures médicales qui ne nous plaisaient pas et n’étaient pas absolument nécessaires. Pour moi, que l’accouchement soit à la maison ou ailleurs, avec des sage-femmes ou des médecins, que ce soit une césarienne ou pas, ce qui compte c’est qu’autant que possible ce soit une « bonne » expérience. Je considère que j’ai eu de la chance de pouvoir le faire à la maison, mais l’idée ne plaît pas à tout le monde, même pour les femmes qui ont la possibilité de le faire.

le 14/03/2020 à 18h28 | Répondre

Lumi (voir son site)

J’aurais adoré accoucher à domicile ou au moins en maison de naissance mais effectivement c’est (beaucoup) plus compliqué en France… Et maintenant, avec un antécédent de césarienne, je suis écartée d’office. Mais c’est un gros regret, je dois l’avouer !

le 13/03/2020 à 21h34 | Répondre

Maman Théaulait

J’ai eu de la chance que mon premier accouchement ait été sans complications, ce qui m’a laissé plus de choix pour le deuxième. Avant de tomber enceinte, j’étais très critique du système médical anglais mais à ce niveau-là j’ai eu une bonne expérience et je pense en effet que ça aurait été assez différent en France. Cela dit, si on a une césarienne la première fois en Angleterre, ils ont aussi moins tendance à laisser les femmes accoucher en maison de naissance la deuxième fois (mais certaines sont complètement rattachées à un hôpital, donc parfois c’est quand même possible puisqu’il suffit de traverser un couloir pour passer de la maison de naissance à la maternité)

le 14/03/2020 à 18h35 | Répondre

Raphaelle

C’est un joli projet! Meme si moi mon premier accouchement s’est mal passé donc je n’oserais pas pour un deuxième.. petite question: il semblerait que tu as accouché la nuit puisque ton aînée dormait: qu’est que tu aurais fait avec elle si tu avais dû accoucher la journée? J’ai l’impression que voir sa maman pleurer, se tordre, convulser et vormir de douleur peut être assez traumatisant pour un petit non?

le 14/03/2020 à 08h24 | Répondre

Maman Théaulait

J’ai effectivement accouché la nuit, ce qui a bien marché pour nous. Nous avions bien sûr prévu tous les cas de figure. Dans la journée en semaine, ma fille était à la crèche à temps plein (j’avais repris le travail à temps plein entre mes deux enfants) donc si le travail se déclenchait en journée, ma belle-mère, qui habite à deux heures de chez nous, devait venir la chercher et s’occuper d’elle chez nous (nous avons une assez grande maison). Si elle ne pouvait pas arriver assez tôt pour la fermeture de la crèche, nous avions plusieurs amis qui habitent près de chez nous qui étaient prêts à venir chercher notre fille et à s’occuper d’elle jusqu’à l’arrivée de ma belle-mère. Donc dans tous les cas je n’aurais pas eu à m’occuper d’elle, et mon mari pouvait aider sa mère si elle avait des questions, puisque nous étions à la maison de toute façon. L’avantage d’accoucher à la maison est qu’on pouvait vraiment éviter le changement de routine, et qu’on n’avait pas trop à s’inquiéter de devoir soudainement se précipiter à l’hôpital sans avoir le temps de la confier à quelqu’un.

le 14/03/2020 à 18h42 | Répondre

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