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Notre parcours d’adoption : les entretiens avec la psychologue

Un mois et demi après avoir rencontré l’assistante sociale, j’ai reçu un coup de fil. « Bonjour, je suis la psychologue en charge de votre dossier pour la procédure d’agrément, on peut se rencontrer mercredi prochain ? » Heu… c’est pas un peu rapide ? Mais au moins je stresserai moins longtemps en attendant le rendez-vous surtout que de ce que j’ai lu et entendu, c’est un passage quasi unanimement décrit comme très éprouvant.

Un premier rendez-vous rapide et mitigé

L’entretien débute et nous voilà de nouveau en mode « je raconte ma vie » : enfance, famille, relation avec nos frères et sœurs… Étrangement je suis moins angoissée que pour le rendez-vous avec l’assistante sociale. Peut-être parce que nous ne faisons que répéter ce que nous avons déjà dit (c’est trompeur car le lendemain j’ai décompressé et fait une énorme crise d’angoisse !) Je suis en tout cas soulagée qu’elle ne demande pas à nous voir séparément car la présence de mon mari me réconforte.

La psychologue est très intéressée par le fait que nous soyons tous les deux les aînés de notre fratrie (n’y connaissant rien en psychologie, je ne sais pas si c’est positif ou négatif, je ne m’étais même jamais posé la question. Si quelqu’un a la réponse, je suis preneuse !) Et chose qui nous étonne (et rassure M. Chéridamour) : le fait que Schtroumpfette soit en garde alternée depuis ses 2 ans ne semble pas lui poser problème.

Nous passons ensuite à notre rencontre et notre désir d’enfant. Je suis maîtresse de mes émotions et de je ne m’effondre pas en pleurs (ouf !) même si je suis assez émue. Au contraire, je trouve que mon homme et moi nous en sortons très bien : nous sommes posés, complices, sereins vis-à-vis de ce que nous avons traversé (team « lançons-nous des fleurs »). Quand elle évoque la possibilité d’aller à l’étranger pour un don d’embryon, nous lui disons très sincèrement que cela ne nous a même pas traversé l’esprit ! Nous avons clos le chapitre médical et nous sentons bien mieux depuis.

Crédits photo (Creative Commons) : Alexandra_Koch

Et enfin nous évoquons notre désir d’adoption. Là encore, les choses sont limpides pour nous. Nous lui expliquons nos désirs et nos limites. Nous restons nous-mêmes, refusant de jouer la carte du couple qui veut tout faire pour adopter à n’importe quel prix.

Le rendez-vous a duré moins d’une heure et demi. A la fin de la rencontre, elle veut rajouter un rendez-vous pour clarifier nos envies, que l’on soit un peu plus au clair sur notre projet et nous aider à le construire. Hum, ce n’est peut-être pas très rassurant car en début de rendez-vous elle nous avait dit que le 3ème rendez-vous n’était pas forcément nécessaire. Nous avons sans doute paru trop rigides sur ce que nous fixions comme limites. Mais nous voyons le côté positif : son rapport n’en sera que plus fouillé et nous pouvons de notre côté discuter et avancer sur notre projet. Je suis cependant un peu déçue car je trouve que l’entretien est resté froid. J’ai l’impression que nous n’avons pas pu exprimer tout ce que nous ressentions et ce que nous étions prêts à faire pour notre futur enfant. Mais ce sera peut-être pour la prochaine fois.

Un second rendez-vous en présence de Schtroumpfette

Nous arrivons à ce second rendez-vous un peu plus anxieux. En effet, nous avions compris que la psychologue voulait voir Schtroumpfette seule à seule ce qui inquiétait beaucoup cette dernière. Au final on fera une réunion tous les 4. Nous sentons que la conversation est plus détendue et moins froide que lors du précédent rendez-vous.

Je ressors de cette entrevue avec un sentiment mitigé. Schtroumpfette a eu du mal à trouver ses mots et décrire ses sentiments. Je me suis rendue compte que même si on lui parlait d’adoption, il y avait des infos qu’elle n’avait pas retenues. Et c’est vrai que la psychologue ne se mettait pas à son niveau et lui posait parfois des questions peu évidentes. C’est déjà difficile pour nous d’imaginer ce futur enfant, alors pour une fillette de 12 ans c’est encore plus compliqué ! J’ai donc mis mon grain de sel (et tant pis si je suis passée pour la belle-mère intrusive !) et j’ai traduit certaines questions en version « concrète » pour qu’elle soit plus à même de répondre. Elle a donc réussi à mieux visualiser la situation et une ou deux choses lui sont venues naturellement à l’esprit.

Par contre, la psychologue a été surprise que Schtroumpfette soit venue avec nous à la consultation du médecin de la COCA (Consultation d’Orientation et de Conseil en Adoption). Cela lui a montré qu’on l’impliquait vraiment dans notre projet et qu’elle savait à quoi s’en tenir sur les difficultés qui nous attendaient. Elle a d’ailleurs pu verbaliser ce qui l’inquiétait le plus, notamment le fait que l’enfant à venir serait certainement malade/avec un problème physique.

A la fin de la séance, la psychologue s’adresse davantage à M. Chéridamour et moi. Elle nous demande où nous en sommes de notre projet et le fait que nous ayons avancé dans nos réflexions semble jouer en notre faveur. De même, elle a pu voir que nous avons déjà réfléchi sur l’arrivée de l’enfant et de manière qui apparemment lui paraît très positive.

Le troisième rendez-vous

Je dois te dire que ce dernier rendez-vous a été assez surprenant. Nous retrouvons la psychologue et cette fois-ci le courant passe mieux. Peut-être que nous sentons que la fin de la procédure arrive et que nous sommes désormais soulagés ? La conversation est plus aisée et naturelle, nous sommes plus détendus.

De quoi avons-nous parlé ? Étonnamment l’un des gros sujets a été (presque) complètement déconnecté de l’adoption ! M. Chéridamour et moi venions d’acheter une nouvelle maison et nous en parlons avec elle. Ce changement de logement pose d’ailleurs question : doit-on retarder notre passage en commission d’agrément pour avoir tous les papiers en ordre ou vaut-il mieux ne rien décaler quitte à ce que les mises à jour ultérieures soient sources de problèmes ? Après discussion, il s’avère que si nous décidons de reporter, cela nous retarderait non pas de 2 mois comme je le pensais mais de 4 à 6 mois ! Elle nous conseille donc de laisser les choses en état. Notre futur déménagement sera signalé dans les rapports et un additif sera fait lorsque les travaux seront réalisés et la nouvelle maison prête à nous accueillir.

Crédits photo (Creative Commons) : Free-photos
J’ai un peu peur que les travaux donnent ça !!

La psychologue nous pose presque les mêmes questions que l’assistante sociale. Qu’avons-nous prévu pour l’accueil de l’enfant, où en sommes-nous de notre projet… Nous indiquons envisager faire des formations par le biais de l’EFA et de l’AFA car nous considérons qu’avoir l’agrément n’est que le premier pas vers l’adoption. Nous sommes tout à fait conscients qu’il faut absolument se préparer à accueillir cet enfant pour que les choses se passent le mieux possible. Elle nous apprend que des sessions en visioconférence vont sans doute être mise en place dans les mois qui viennent et propose de nous y inscrire ce que nous acceptons avec plaisir.

Elle insiste assez fortement pour savoir si nous avons un (ou des) pays en vue. C’est le cas, mais nous sommes très réticents à les nommer car s’ils se retrouvent dans son rapport, cela peut nous poser souci par la suite. Nous le faisons finalement, en lui expliquant ne pas vouloir nous fermer de portes.

C’est à l’occasion de ce rendez-vous que nous apprenons une information très importante. Depuis le début de nos démarches, nous sommes axés sur une adoption internationale car les critères dans notre département ne nous permettent pas d’adopter un pupille en France. La psychologue nous apprend que la situation ces derniers mois a beaucoup évolué suite à une loi (sur la protection de l’enfance le 14 mars 2016 et les décrets qui ont été publiés en 2017 de ce que j’ai trouvé pas la suite sur Internet). Notre projet d’adoption d’un enfant 0-5 ans avec particularités légères ou réparables qui était inenvisageable au moment de notre réunion d’information (j’avais posé la question et je suis donc certaine qu’à ce moment-là c’était infaisable) est désormais une option possible. Nous ne nous sentons toujours pas capables d’adopter un enfant avec des incertitudes de développement (elle nous donne l’exemple d’un bébé secoué) mais il y a d’autres cas que nous nous sentons aptes à prendre en charge et qui nous sont ouverts. Nous lui donnons donc le feu vert pour inscrire dans notre dossier que nous acceptons d’être tenus informés si un dossier correspond à nos critères. Voilà un nouveau sujet de réflexion pour les mois à venir…

Ça y est nous sommes au bout du parcours d’agrément. Reste maintenant à attendre la décision de la commission.

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Et toi, as-tu déjà eu affaire à un psychologue ? Comment cela s’est-il passé ?

A propos de l’auteur

Coucou ! Moi c'est Mme Espoir. J'ai 37 ans, mon mari et moi sommes ensemble depuis 9 ans et je suis l'heureuse belle-maman d'une Schtroumpfette de 12 ans. Après des années de galère en PMA, mon mari et moi avons décidé de nous lancer dans l'adoption. La route est encore longue avant de devenir maman !