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A la une / Témoignage

10 choses qu’on dit aux couples infertiles qui appuient là où ça fait mal

Pour être moi-même passée par la case infertilité (il m’a fallu plus de 4 ans et demi avant de connaître les joies de la maternité), je sais combien c’est difficile tandis qu’on galère d’entendre les propos de certaines personnes qui ont des enfants à la minute même où ils l’ont décidé !

Et pourtant, si j’écris aujourd’hui, c’est pour donner quelques infos aux personnes qui souhaitent aider leurs amis infertiles. Parce qu’avoue, ce n’est pas évident…

Pour comprendre, voici les principales difficultés auxquelles font face les couples qui ont des problèmes de fertilité :

  • L’incertitude totale : si on nous disait « Il faut attendre deux ans avant d’être parents. », on pourrait encore se dire « OK, soyons patients. » Mais l’infertilité, ce n’est pas ça. Et cette incertitude nous enferme dans une solitude énorme, on se sent complètement seul (ce qui est incroyable d’ailleurs, quand on sait qu’un couple sur cinq connaît des difficultés à concevoir un enfant !).
  • Bien sûr, il y a la lourdeur du médical : le rythme fatigant des traitements hormonaux, des examens à n’en plus finir (et en prime, si tu es dans un hôpital universitaire, tu as droit à toute la promo de médecine qui vient assister…).
  • Les échecs à répétition : chaque mois est un constat d’échec, et les jours qui précèdent l’arrivée des règles sont des faux espoirs, nourris du moindre symptôme de grossesse.
  • Le couple en prend un coup, parce qu’en plus des câlins programmés (pas top pour la libido, surtout avec les années…), un sentiment de culpabilité peut aussi émerger (surtout si un seul des deux est diagnostiqué comme ayant un problème de fertilité).
  • En prime, cette infertilité remet en question toute la féminité ou virilité de la personne. Ça va bien plus loin que l’enfant tant attendu, c’est son corps qu’on finit par détester ! (Les femmes détestent souvent leur ventre puisqu’il n’est pas capable de donner la vie, elles se sentent « vides à l’intérieur ».)
10 choses qui font mal qu'on dit aux couples infertiles

Crédits photo (creative commons) : Simon & His Camera

Au fur et à mesure de mon parcours, j’ai fini par comprendre que les maladresses des amis fertiles partaient en fait d’une bonne intention (enfin au moins 9 fois sur 10). Mais je confirme qu’on ne le perçoit pas du tout comme ça au moment même…

Je te présente donc ces quelques conseils si tu veux éviter les maladresses… Voici les 10 choses qui ont tendance à remuer le couteau dans la plaie :

1/ « C’est parce que tu y penses trop ! »

Celle-là, vraiment, on n’en peut plus ! 
Parce qu’avec les mois (et les années) qui passent, cette sacrée horloge biologique qui s’est mise à faire tic tac, les examens à n’en plus finir, les câlins sur commande et les traitements à heure fixe, avec la meilleure volonté, je ne vois pas trop comment on pourrait arrêter d’y penser ?!

En prime, ça sous-entend que c’est un peu de notre faute. La culpabilité en plus, non merci !

2/ « Je te comprends »

À moins que tu sois toi-même passée par là, tu ne peux pas comprendre… Tu peux imaginer, oui, mais pas comprendre.

Le pire c’est quand on nous dit « Ah oui, moi c’était pareil, on a attendu 3 mois ! » 
Nooooon, ce n’est pas pareil ! Même sans être dans la compétition d’expérience (on n’est pas là pour savoir laquelle a le plus mal), compare des pommes avec des pommes : quelques mois versus plusieurs années, ce n’est pas comparable (surtout passé la trentaine, où le taux de fertilité diminue constamment).

3/ Nous demander constamment « alors, vous en êtes où ? »

En gros, la réponse c’est « toujours au même point » ! En PMA, la lenteur médicale est à peu près identique à l’arriéré judiciaire, on met 3 ans ! 
Le pire surtout, c’est que ça nous renvoie à ce stand by. Dis-toi bien que le jour où il y aura du nouveau : tu le sauras !

4/ « Vous devriez partir en vacances/vous marier/déménager… »

Si des vacances, un mariage ou un déménagement étaient un remède à l’infertilité, ça se saurait !

5/ Te plaindre devant nous de tes gamins qui n’ont pas rangé leur chambre (ou des maux de grossesse)

Ces problèmes-là, on donnerait tout l’or du monde pour les avoir…

6/ Les remarques du style « Vous, au moins, vous pouvez profiter ! »

Profiter de quoi ? Des rendez-vous médicaux à 7h du mat’ quand tu as une heure et demie de route pour te rendre au centre PMA ? Profiter des piqûres que tu peux te faire seule comme une grande  (et de te cacher dans les toilettes du restaurant en évitant de passer pour une toxicomane qui prend sa dose !), des hormones qui jouent aux montagnes russes (et les kilos qui font pareil !) ?

7/ Nous rappeler la lourdeur des traitements et des examens

Je me souviens d’une amie qui me disait « Oh lala, moi je ne sais pas comment tu fais pour tenir le coup. Après 4 mois et sans aucun examen, j’étais déjà complètement démoralisée… ». Oui c’est sûr qu’en pensant comme ça, on n’aurait aucune chance de savoir ce que c’est que d’être parents. C’est suffisamment dur, ce n’est pas la peine d’en rajouter.

8/ Partir du principe que l’un des deux dans le couple a forcément un « problème »

Aujourd’hui, 15 à 20% des cas d’infertilité sont inexpliqués. Qu’un diagnostic médical ait été posé ou non, le fait de demander lequel des deux a un problème revient à nous demander : « c’est qui le coupable ? ».

9/ Vouloir rassurer sur les fausses couches, en nous disant que « c’est bon signe, ça veut dire que ça marche ! »

Non, une fausse couche n’est pas un bon signe! C’est une douleur supplémentaire, c’est tout.

10/ Nous rassurer sur notre âge

Avec la meilleure volonté du monde, la sympathie vis-à-vis de notre âge ne changera en rien les statistiques médicales. Nous dire « vous êtes encore jeunes », c’est peut-être vrai pour un job, mais malheureusement pas pour la fertilité.

Le sujet des problèmes de fertilité met mal à l’aise, bien sûr. Il y a des moments où on ne sait pas quoi dire. Et bien tu sais quoi ? Ce n’est pas grave. Une simple petite phrase pour nous dire « si tu as envie d’en parler ou de te changer les idées, je suis là pour toi » suffira largement.

Chacune réagira de façon différente, certaines voudront parler de leur infertilité, de leurs examens, alors que d’autres n’en diront pas un mot. Peu importe, il n’y a pas de mode d’emploi. On a juste besoin de savoir qu’en amitié, l’autre est là pour nous. Que ce soit pour se changer les idées ou se confier.

Et toi ? Il t’est déjà arrivé de te montrer maladroite en essayant de remonter le moral à un couple en PMA ? Tu es toi-même en PMA et tu as entendu tout ça mille fois ? Comment réagissais-tu ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Je m’appelle Mia FIEVEZ, et après avoir attendu plus de 4 ans et demi pour connaître enfin les joies de la maternité, j’ai décidé d’aider ceux qui aujourd’hui traversent cette épreuve. Mon objectif est de les aider à mettre toutes les chances de leur côté pour qu'ils puissent vivre leur parcours le plus sereinement possible, et en leur apportant une nouvelle définition de la PMA : Positive Mind Attitude!