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Mon expérience des couches lavables

Tu commences à me connaître un peu, et tu sais que j’essaye d’avoir un mode de vie sobre. De ce fait, je fais attention à ma quantité de déchets. Et donc, très naturellement, j’ai voulu me tourner vers les couches lavables plutôt que les jetables. Par chance, mon mari ne s’y est pas opposé, a approuvé et accepté de se servir des couches lavables.

J’ai commencé ma démarche en cherchant des renseignements sur Internet. Et quand tu pars de zéro, tu as beaucoup de choses à découvrir dans la jungle des solutions existantes ! J’ai passé un temps monstrueux à chercher des informations, à comprendre les différents types de couches, à deviner ce qui me plairait et ce qui ne me plairait pas, à sélectionner des témoignages utiles pour mon choix et à trouver la boutique ou le site internet pour faire mes achats.

Et vu le temps que j’y ai passé, je me suis dit que mon expérience pouvait peut-être être utile à celles qui sont en pleine recherche d’informations.

Choisir ses couches lavables

Crédits photo (creative commons) : MissMessie

Les couches lavables, quel intérêt ?

Loin de moi l’idée de te convaincre (mais si après mon témoignage, tu es convaincue, j’en serai bien sûr ravie !), je veux simplement t’expliquer mon choix !

C’est économique :

Eh oui, même si à l’achat, ça demande un sacré budget, sur le long terme, c’est hyper rentable. En faisant une moyenne des calculs qu’on peut trouver à droite, à gauche, un enfant jusqu’à 2 ans et demi va coûter entre 1200 et 1800€ de couches jetables, tandis que le budget pour les couches lavables va s’élever entre 500 et 800€. Et ça, ce n’est que pour le premier enfant : pour les suivants, l’investissement est déjà réalisé et ça ne coûte rien (ou presque) !!

C’est écologique :

Tu l’auras compris, les couches lavables génèrent beaucoup beaucoup moins de déchets que les jetables. Et à ceux qui me disent : « Pour laver tes couches, tu utilises de l’eau et de l’électricité pour la machine à laver, c’est pas écolo tout ça… », je leur réponds que fabriquer des jetables demande aussi de l’eau et de l’électricité, et que des études ont montré que, malgré le lavage, l’impact écologique restait beaucoup moins important pour les lavables.

C’est meilleur pour la santé :

Les couches jetables sont bourrées de produits chimiques pour des raisons diverses et variées (augmenter l’absorption, diminuer les odeurs, traiter les fibres, etc.), produits qui sont donc au contact des jolies fesses de bébé. Et pour les garçons, on commence à reconnaître l’impact non négligeable des couches sur l’augmentation de la stérilité masculine : les testicules sont maintenus au chaud, l’air ne circule pas. Je ne dirais pas que les couches lavables diminuent l’humidité ambiante de cette zone (ah ah !), mais les matières des lavables sont plus respirantes, ce qui évite à la température de monter en flèche.

C’est mignon :

Personnellement, je trouve ça plus joli un petit popotin vert, avec des petits singes, ou bleu avec des petits bateaux, que les popotins blancs-pas-vraiment-blancs ! Mais ce n’est que mon avis !

Quelques inconvénients tout de même (car rien n’est jamais parfait !) :

  • Les couches lavables sont plus volumineuses (même s’il en existe des très fines maintenant) que les jetables, ce qui implique de passer plus rapidement à la taille de vêtements supérieure. Par exemple, mon fils ne rentre pas dans les pantalons trop « moulants ».
  • Les couches lavables ont sans doute besoin d’être changées plus souvent. (Je n’en ai pas la certitude : vu que je n’utilise pas de jetables, je ne peux pas comparer ! Mais il me semble.)

Où trouver les informations, comprendre comment ça marche ?

Internet est une mine d’or, mais encore faut-il savoir où chercher. Voici quelques sites et ressources diverses :

  • Une émission de « Comment ça va bien » sur le sujet.
  • Un site internet vraiment bien fourni, avec des vidéos explicatives très sympa. C’est sur ce site internet que j’ai acheté mon kit d’essai (je t’en parle plus bas). Malheureusement, je n’ai pas continué avec eux, car je trouve qu’ils sont souvent en rupture de stock sur beaucoup d’articles.
  • Si tu as la chance d’habiter Paris ou une grande (grande) ville, il existe des magasins spécialisés (d’ailleurs, ApiNapi en est un). Moi, c’est ce qui m’a vraiment manquée : pouvoir aller voir en vrai à quoi ça ressemble, les toucher et les voir de près pour m’aider à faire mon choix. Inutile d’aller chercher dans les grandes chaînes de puériculture : au mieux, ils auront un seul modèle, au pire, ils n’auront que des couches jetables bio…
  • Sinon, il existe peut-être dans ta ville une association de portage qui propose aussi de l’information sur les couches lavables. C’est bête à dire, mais c’est souvent dans ce genre d’associations qu’on rencontre d’autres utilisatrices(/teurs) de lavables.

Comment j’ai procédé : se créer un kit d’essai et faire son choix

Je t’invite vivement (une nouvelle fois) à regarder la vidéo de présentation d’ApiNapi pour comprendre la suite de mon article !

J’ai donc compris qu’il existait trois types de couches : les classiques, les Tout-En-Un (TE1) et les Tout-En-Deux (TE2 ou couches hybrides). Il y a à chaque fois une partie absorbante, pour le pipi, qui passe à la machine. On peut aussi rajouter un voile de protection pour récupérer les selles et les mettre à la poubelle ou dans les toilettes sans en avoir plein les mains.

Autant les couches jetables sont globalement « universelles », autant pour les lavables, c’est moins vrai : certaines vont parfaitement correspondre à un bébé, tandis qu’un autre bébé sera mieux avec une autre marque. De même, certains types de couches vont plus facilement séduire certains parents utilisateurs que d’autres, selon leur mode de fonctionnement, leur fréquence de machines, leurs goûts, etc. Ainsi, il est fortement conseillé de commencer par un kit d’essai avant de faire son choix et de commander les couches en plus grande quantité.

Il existe des kits tout faits sur les sites spécialisés (comme ApiNapi ou Lilinappy), mais moi, j’ai préféré me créer mon propre kit.

Voici ce que j’ai acheté avant la naissance :

  • deux couches TE1 des marques Blueberry et TotsBoots
  • deux couches classiques des marques TotsBoots et Storchenkinder, ainsi qu’une culotte de protection de la marque TotsBoots
  • deux couches TE2 des marques Bummis et Hamac

J’ai également investi dans un flacon d’huile essentielle d’arbre à thé (quelques gouttes au fond du seau permettent de désinfecter et de limiter les odeurs) et dans un rouleau de voile de protection. J’ai recyclé une poubelle retrouvée dans la chambre d’enfant de mon mari pour l’utiliser comme seau à couches. Ce premier achat m’a coûté 187€.

Les couches étaient tellement mignonnes que j’avais hâte que bébé arrive pour les utiliser !!

À la maternité, je n’ai pas poussé Mémé dans les orties, et nous avons utilisé des jetables. Moi qui n’avais jamais changé de couches de ma vie, je voulais commencer par apprendre à le faire avant de me compliquer un peu la vie !

En arrivant à la maison, on s’est laissé un mois pour tester les différentes couches et faire notre choix. Le kit d’essai n’était pas suffisamment fourni pour pouvoir fonctionner exclusivement avec les lavables, donc on fonctionnait en mixte lavables/jetables. Et honnêtement, au bout d’une semaine, quand j’ai vu la vitesse à laquelle se remplissait ma poubelle de salle de bain, j’ai redoublé de motivation pour passer au tout lavable !

Au bout d’un mois, on a fait un bilan avec mon mari :

  • Les TE1 Blueberry sont vraiment trop mimi, mais on a eu des fuites à chaque fois.
  • Les couches classiques font vraiment un gros popotin à notre bébé, et comme on était en été, on avait peur que ça lui tienne trop chaud. Néanmoins, celles-ci sont conseillées pour la nuit : on a donc décidé d’en acheter deux autres pour avoir un roulement la nuit.
  • Les TE2 Bummis sont pas mal, mais mettent du temps à sécher. En revanche, les Hamac sèchent super vite, elles sont relativement fines sur les fesses de bébé, et on n’a jamais eu de fuites. On se décide donc pour ce modèle de couches.

J’ai donc refait une commande pour nous équiper en couches Hamac, ainsi que deux autres TE1 Blueberry et des couches « classiques » pour la nuit, le tout pour 253€.

Voici notre équipement en Hamac pour avoir un roulement efficace en faisant une lessive tous les deux jours : quatre culottes et dix inserts. J’avais des inserts en microfibre et d’autres en chanvre/coton. Les chanvre/coton sont sympa, mais ceux en microfibre sèchent tellement vite qu’elles sont vraiment plus pratiques.

Notre bilan à 3 mois

Finalement, les TE1 Blueberry que j’avais rachetées n’ont pas beaucoup servi, puisqu’on a continué à avoir des fuites à chaque fois. Bien que je les trouvais vraiment mimi, j’ai laissé tomber !

Je n’ai jamais mis les couches « classiques » à mon fils la nuit. Ni la journée. Elles n’ont quasi pas servi. En fait, la nuit, on a pris l’habitude de lui mettre des Pampers, car comme il se réveillait déjà la nuit pour manger, on voulait être sûrs qu’il n’ait pas une autre raison de se réveiller, comme une fuite dans la couche, par exemple ! Et puis, il y a eu la canicule, et je n’ai pas eu le cœur de lui mettre ces grosses couches. Car comparé aux Hamac, les couches lavables classiques n’ont pas l’air confortables !

En revanche, on a vraiment bien aimé les Hamac. Comme je te le disais, elles sont fines, elles sèchent vite (culotte et insert), comme la culotte et l’insert se séparent, on n’est pas obligé de laver la culotte à chaque fois, elles se mettent facilement grâce au système à scratch, elles ne fuient pas et, petit bonus, elles ont été conçues et fabriquées en France !

Seul bémol : il y a une manipulation à prévoir pour monter la couche : il faut donc anticiper et préparer la couche avant de mettre bébé les fesses à l’air trop longtemps et risquer un pipi inopiné sur le polo-de-Papa-qui-retourne-au-travail-juste-après !

Les couches Hamac existent en différentes tailles. On avait donc la taille S, qui va normalement jusqu’à 8 kilos. À la fin de l’été, notre bébé de 3 mois et demi pesait presque 7 kilos, et pendant une semaine, on a eu des fuites tous les jours. J’ai donc fait une nouvelle commande avec la taille M (qui ira jusqu’à ses 1 an au moins) : quatre culottes, douze inserts, trois inserts spécial nuit et plusieurs rouleaux de voile de protection, pour 274€.

Notre bilan à 9 mois

Avec quatre culottes et douze inserts, on tient facilement le rythme d’une lessive tous les deux jours, sans paniquer. On n’a pas de fuites, la nounou a adopté le principe et s’en sort très bien, et les fesses de mon bébé n’ont presque jamais été rouges.

J’ai été bluffée par les inserts spécial nuit : je n’y croyais pas vraiment, mais ça tenait bien ! Sauf vers ses 5 mois, quand il a recommencé à téter deux fois la nuit. Et là, il n’y avait vraiment que les Pampers qui étaient suffisamment absorbantes pour tenir la nuit. Depuis qu’il ne boit plus la nuit, je voudrais repasser aux lavables, mais l’habitude des Pampers est tenace, et je ne m’y suis pas encore résolue !

Alors oui, c’est vrai, des fois, il faut y mettre un peu les mains. Quand la couche a été touchée par les selles et qu’il faut la rincer, on fronce le nez, et ça passe vite !

Concernant les lessives, je passe d’abord les couches en programme rinçage-essorage pour enlever le gros du pipi, et ensuite, je rajoute tous nos vêtements, et je lance la machine. De temps en temps, il faut faire une lessive spéciale pour « décrasser » les couches et leur rendre leur pouvoir d’absorption mis à mal par le calcaire.

Notre bilan à 16 mois

On a eu un épisode de plusieurs jours, vers ses 12 mois, où on avait pas mal de fuites. Je ne sais pas trop ce qu’il s’est passé à ce moment-là : peut-être que Crapouillou a eu une poussée de croissance qui lui donnait très envie de faire pipi ?!

On le change effectivement un peu plus souvent qu’un bébé aux couches jetables : il utilise en moyenne quatre à cinq couches par jour. La nuit, on alterne entre les Pampers et les lavables. Je crois que je n’ai tellement pas envie d’être réveillée la nuit que je ne veux prendre AUCUN risque de ce côté-là. Et pourtant, on n’a pas de problèmes de fuite les fois où on lui met les lavables !

Il porte toujours la taille M, et on devrait pouvoir l’utiliser encore entre deux et quatre mois, je pense.

On a également découvert, un jour où Crapouillou portait une couche jetable, que les couches lavables sont beaucoup moins odorantes lorsqu’il y a des selles ! Gros avantage en terme d’odeurs, mais ça demande une plus grande vigilance afin d’éviter que bébé reste deux heures dans son caca.

Conclusion

Côté financier : nous avons dépensé pour l’instant 791€ (plus les voiles de protection : environ un rouleau à 4€ par mois), sachant que certains achats ont été inutiles et que les dépenses ne sont pas finies, puisqu’il faudra se ré-équiper en taille L. Mais l’investissement sera moindre, car les culottes L s’utilisent avec des inserts M.

Mais quand je vois le prix d’un paquet de couches Pampers, je suis heureuse de ne pas dépenser 30€ par semaine ! Et surtout, je sais que ça finira par être rentable, surtout que nous envisageons d’avoir plusieurs enfants.

Quant aux couches qui ne nous conviennent pas, je pense soit les revendre, soit en faire don à une association de promotion des couches lavables. Ou bien les garder pour fournir un kit d’essai aux femmes de mon entourage qui voudraient tester. Après tout, nous on a préféré les Hamac, mais peut-être que d’autres préfèreront les Blueberry !

Et toi ? Tu utilises des couches lavables ? Quelle est ta marque de prédilection ? Quels avantages et inconvénients y vois-tu ? Dis-nous !

A propos de l’auteur

Nous nous sommes mariés en mai 2014 et la famille s'est agrandie pile 1 an après avec l'arrivée de notre premier fils. Crapouillou est devenu grand frère 20 mois plus tard. Madame vélo parce que je me déplace beaucoup à vélo, normal je travaille dans le développement durable (bonjour le cliché !).