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A la une / Témoignage

Du désir d’enfant à la réalité, il y a parfois un grand pas…

Au départ, il y a la rencontre. La première fois où il m’a pris la main, notre premier baiser. Je ne suis pas assez romantique pour dire que j’ai senti immédiatement qu’il était l’homme de ma vie… mais quelques minutes plus tard, pourtant, j’étais complètement « in love with Monsieur Unbringeek ».

Nous nous sommes installés relativement vite ensemble. En fait, dans notre relation, tout est allé relativement rapidement. Le premier « je t’aime », les premiers projets de vie… Au bout de six mois, nous avons commencé à parler d’enfants. Tous les deux, nous avons eu des parents qui étaient très jeunes lorsque nous sommes nés et à 26 et 27 ans, nous avons souhaité enfin fonder notre famille.

Monsieur Unbringeek et moi avons commencé à échanger nos idées de prénoms, nos envies sur le sexe de notre premier enfant, nos idées sur l’éducation. On a imaginé ce que le mélange de nous deux pourrait donner. On traînait dans les rayons meubles d’enfants chez le célèbre marchand suédois, tandis que nous aménagions notre appartement. Oui, il nous manque toujours une case quand les hormones et l’amour s’en mêlent !

C’est ainsi que j’ai pris rendez-vous avec mon médecin pour faire les examens post-pilule et pré-grossesse nécessaires. Et une fois que ce fut fait, hop nous avons mis la machine en marche !

Les semaines ont passé, puis les mois… Et les angoisses et la frustration ont débuté. Dans ces moments-là, je crois qu’on se persuade toutes que le problème vient de nous. Et parfois, il arrive de douter de sa capacité à être mère, parce que l’absence de réponse est pire que tout.

Après un an d’attente, nous avons pris rendez-vous avec mon gynécologue pour parler de tout ceci et on a entamé les premiers examens. Le verdict est tombé assez rapidement.

Nous savons donc à présent que nous n’avons que peu de chance d’avoir un enfant de façon naturelle, Chéri ayant ce qu’ils appellent « une éjaculation rétrograde ». (Je te laisse chercher de quoi il s’agit exactement, mais en gros, une partie de sa semence se loge dans un coin où elle n’a rien à faire… Oui, nous avons toujours aimé faire dans l’originalité tous les deux.)

photo de couple éclaboussés à la peinture

Crédits photo (creative commons) : Maggie Winters

J’ai le sentiment qu’on passe par les mêmes étapes qu’un deuil : tristesse, colère, résignation… Humour ensuite aussi, parfois ! Je dois avouer que lorsque j’entends le langage que certains parents tiennent à leurs enfants dans la rue, ou dans le cadre de mon (ancien) travail, je ressens encore parfois de la colère, en me disant : « Pourquoi ils ne mesurent pas la chance qu’ils ont ? » ou encore « Pourquoi eux, et pas moi ? ». Et à ces instants-là, je taperais bien dans tout ce qui bouge… De là à dire que je stagne à cette phase, non ! Je ne crois à certaines théories psychologiques que lorsque cela m’arrange.

Mais revenons-en à la première étape ! Durant toute cette période d’examens, les doutes nous ont assailli l’un comme l’autre. J’ai ressenti ce manque, cette sensation de vide à l’intérieur de mon corps, alors que ma belle-sœur, ma demi-sœur ou ma cousine annonçaient à peu près au même moment leurs propres grossesses.

Monsieur Unbringeek, lui, a ressenti ce sentiment d’impuissance, cette dévalorisation de sa masculinité à ne pouvoir me donner l’enfant que nous souhaitions. Nous aurions pu sombrer… Mais dans ce cas-là, je ne serais pas entrain de te raconter mon histoire ! Parce qu’à la différence de l’adage, je vais te dire que : tout est mal qui finit bien.

Car avec les doutes, vient aussi la réflexion, le pourquoi de cette envie, ou devrais-je plutôt dire, ce besoin, de vouloir un enfant.

Pour ma part, ça a toujours été clair : ce que je voulais, c’était être mère. Peu importait que je porte cet enfant ou non, l’essentiel n’était pas là. Mais lorsque le médecin nous a parlé de la possibilité de devoir faire appel à un donneur, ça a été très difficile d’imaginer d’avoir un enfant qui ne serait pas biologiquement celui de mon chéri. Et je ne parle même pas de la difficulté que c’était pour Monsieur Unbringeek d’envisager ça !

Oui, car avant, j’avais toujours imaginé que je serai mère un jour, mais avant, c’était sans la présence de mon amour à mes côtés. Or, le désir d’enfant a été présent car je l’ai rencontré, et c’est un mini-nous, la représentation physique de notre union dont je ressentais le besoin et si je ne pouvais l’avoir, j’avais du mal à accepter que cet enfant puisse être de moi et pas de Monsieur Unbringeek.

Est donc venue l’étape de la discussion, et c’est aussi là que je pense que notre amour s’est renforcé réellement… Pour mon chéri, l’adoption s’avère être la dernière solution, il a encore du mal à s’y faire aujourd’hui. Mais nous n’en sommes pas encore à cette étape, nous avons encore l’espoir que je puisse porter un enfant.

Après maintes réflexions, Monsieur Unbringeek m’a fait comprendre que peu lui importait que cet enfant ne soit pas biologiquement de lui si la FIV n’était pas réalisable. Car ce qu’il souhaitait le plus au monde était de me voir m’arrondir, de m’accompagner dans la grossesse, d’assister à la naissance… Et que oui, c’était tout ceci qui ferait de lui un père, tout ceci, et l’amour qu’on se porte depuis le début.

C’est un soir, après cette discussion, qu’est venue la demande. Cette demande que je n’attendais pas, car je savais que mon chéri considérait le mariage comme un « fardeau ». Cette demande en mariage, qui oui, est venue parce que nous avons eu ces petits désagréments, qui nous ont fait nous rendre compte que ce que nous souhaitions, avant même d’avoir un enfant, c’est être unis tous les deux, être notre propre famille. Et que notre amour, qui aurait pu disparaître avec tous nos doutes, mes pleurs ou la culpabilité (non fondée) de mon amoureux, s’est renforcée au fil des mois.

Tout ceci, ce n’est que du positif, qui nous a permis de savoir ce qui était essentiel pour nous, revoir nos priorités et qui, encore aujourd’hui, me donne l’occasion de prendre des décisions radicales quant à mon avenir professionnel. Nous qui étions déjà considérés comme adultes, je pense que nous le sommes devenus presque définitivement à présent, et ceci aussi, c’est une bonne chose !

Actuellement, ce que nous savons, c’est qu’il y a une possibilité que nous ayons un enfant biologiquement de nous et cela nous rend fous de joie, même si l’impatience me gagne de plus en plus. Nous préparons aussi notre mariage, c’est ainsi que j’ai atterri ici, et que je peux partager avec toi cette partie de mon, son, notre histoire, et ça me donne le sourire.

Et toi, as-tu aussi eu des difficultés à concevoir un enfant ? Comment l’as-tu appréhendé ? Ça a permis de faire « mûrir » ton couple, pour toi aussi ? As-tu des conseils à me donner, alors que nous entrons d’ici quelques semaines en PMA ? Viens me dire !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Jeune femme de bientôt 28 ans, animatrice... au chômage, gribouilleuse de mots à mes heures, adore la récup et les activités manuelles, la littérature plus ou moins contemporaine, le théâtre, la musique un peu pop et beaucoup rock, le cinéma des frères Coen, et le ballon rond. En couple avec celui que nous appellerons Monsieur Unbringeek, amateur de jeux en ligne, de ballon rond aussi et tout comme moi, gaga de nos deux chats!