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A la une / Témoignage

Une journée dans la vie d’une famille sans école

Nous sommes mardi matin, je jette un coup d’œil au réveil. Il est 8h. Je me lève sans bruit et passe aux toilettes. Quand j’en sors, j’entends « Maman, c’est le matin ! ». Nine, 3 ans, vient de se réveiller. Elle vient de finir une nuit de 11h de sommeil et me donne l’impression d’être réveillée depuis bien plus longtemps que moi. Nous prenons le petit déjeuner ensemble, je vérifie mes mails professionnels, je prends une douche et lui accorde pendant ce temps un épisode de Charlotte aux fraises. Puis nous nous préparons à partir. Il est 9h45.

fillette jouant dans la nature

Crédits photo (creative commons) : Travis Swan

Nous ne sommes pas en vacances, nous ne sommes pas en retard. C’est une journée comme une autre. Et en même temps comme aucune autre.
Car, comme la loi nous autorise à le faire, Nine ne va pas à l’école. Et n’ira pas tant qu’elle n’en fera pas une demande explicite et argumentée. Son « je veux aller à l’école pour jouer au toboggan » est pour l’instant systématiquement refusé.

Pour utiliser la terminaison officielle, nous pratiquons l’Instruction En Famille, dite aussi IEF. Il y a autant de façon de faire l’IEF qu’il y a de familles. Si le nombre d’enfants qui ne vont pas à l’école change rapidement d’une source à une autre, toutes semblent d’accord pour dire qu’il y a environ 3000 enfants entre 6 et 16 ans qui ne sont pas scolarisés et ni inscrits à un cours par correspondance réglementé. Étant donné qu’avant 6 ans, l’instruction n’est pas obligatoire, les plus jeunes comme Nine ne sont pas comptabilisés.

Sur ces 3000 enfants, il y a ceux dont les parents reproduisent l’école mais à la maison (avec salle de classe, manuels, cours bien organisés par les parents), ceux qui optent pour les pédagogies créés par Montessori, Freinet, Mason, etc. Chez nous, ce sont les idées de John Holt sur les apprentissages autonomes (dit aussi unschooling) qui nous guident. Mais comme l’IEF nous permet de faire à notre sauce, nous empruntons une bonne dose de Montessori et un soupçon de Mason.

Concrètement, cela signifie que les apprentissages de Nine sont dirigés par les envies de Nine. Sa passion pour les cartes de géographie nous ont conduit à en installer une dans la cuisine pour l’avoir tout le temps sous les yeux. Et les pays qu’elle connaît sont ceux qui ont une existence réelle à ses yeux : une copine brésilienne, une carte envoyée aux États-Unis, etc.

Mais contrairement à ce que l’on entend dire sur les apprentissages autonomes, notre vie ne s’organise pas autour de Nine. Offrir l’autonomie n’a rien à voir avec le laxisme.

Alors ce mardi, j’ai envie d’une promenade en forêt, afin de voir s’il y a de la neige quelque part, puisque tout le monde en parle. On ramasse des fougères, on prend des photos et on raconte des blagues. Puis après le repas, nous faisons du coloriage ensemble. Elle s’applique sur son héroïne du moment, Charlotte aux fraises, pendant que moi j’avance dans mon cahier de coloriage par Fabrice Backes. Je lui propose de m’aider à faire un brownie, mais elle n’accepte que de lécher le fond du bol.

Il y a ensuite une séance de contes à la bibliothèque. D’ailleurs, tous les mardis après-midis, nous y passons une heure, pour lire, renouveler notre stock de livres, discuter avec les autres usagers.

Passée l’heure du goûter, j’ai toujours l’impression que la journée disparaît brusquement dans un flou trop routinier. Ne reste que les trois histoires du soir et les deux chansons.

Le coucher de Nine est aussi synonyme de début du travail pour moi, pas tous les soirs, mais plus ou moins régulièrement.

Qu’a-t-elle appris aujourd’hui ? Que le brownie au chocolat est succulent, qu’il existe des fougères, que tous les enfants ne restent pas assis pendant une histoire. Qu’a-t-elle fait aujourd’hui ? Du sport, du graphisme, de l’initiation au patrimoine littéraire.

Que fera-t-elle demain ? Je n’en ai aucune idée ! Elle passera une partie de sa matinée avec son père car je travaille (à la maison mais en n’étant absolument pas disponible) jusqu’à 10h15. Souvent, le mercredi, elle va au parc. Et j’aimerais bien ressortir les éponges pour faire de la peinture. Mais qui sait ce que Nine aura en tête à son réveil !

Et toi ? Tu connaissais l’instruction en famille ? Comment imagines-tu la vie d’une famille sans école ? Pourrais-tu faire ce choix ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Maman et blogueuse. Accro au chocolat et voyageuse. Curieuse et rêveuse. Nous vivons sans école, nous nous sommes promenés pendant presque un an en Europe et nous sommes incapables de faire des projets plus de 3 mois avant ! Découvrez toutes nos aventures sur le blog http://avenuereinemathilde.com