Menu
A la une / Vie de maman

Une petite fille sensible

Choupinette chouine. Beaucoup. Tout le temps. Des fois pour rien, des fois pour de bonnes raisons. Souvent, pour une petite contrariété « j’arrive pas à mettre mes chaussures », un micro-bobo « j’ai maaaaaaaaaallllll », ou pour une gamelle avec spectateur (quand elle tombe, on fait parfois semblant de n’avoir rien vu, elle nous regarde du coin de l’oeil, se relève, se frotte les mains, et repart). Mais cette attitude cache surtout une grande sensibilité.

Les peurs

C’est un fait : nous avons une petite fille peureuse. Je ne sais pas pourquoi, nous ne la mettons absolument pas dans du coton. Mais elle a la trouille pour beaucoup de choses. Des chiens, des chats, des « bêtes » (je te passe la crise de panique la dernière fois lorsqu’elle a vu un moustique se poser sur sa jambe…). Elle a peur du vide, elle a peur du pommeau de douche. La dernière trouille : Choupinette était sur le balcon (alors qu’elle n’a pas le droit). Son papa lui a dit « attention derrière toi, un pigeon ! » et là, Choupinette a littéralement bondit vers le salon en criant. Finalement, en se retournant, elle s’est rendue compte qu’il n’y avait rien, et elle a dit « blaaaaaaaaaaague » en riant. Elle a peur du ridicule, peur de mal faire. Elle voulait des carambars en rentrant du square la dernière fois. Elle me dit « MAMAN MAMAN paramba » en prononçant « paramba » d’une toute petite voix. Du coup, non seulement elle ne parlait pas assez distinctement pour que je comprenne, mais surtout pas assez fort ! Pourtant, jamais nous ne nous sommes moqués d’elle lorsqu’elle fait des erreurs, de dextérité ou de prononciation. Au contraire, nous essayons de la faire répéter distinctement. Comme me l’a fait remarquer M. Tad, elle se comporte comme nous quand nous parlons anglais et qu’on ne maitrise pas pleinement la prononciation d’un mot : on dit la phrase en glissant le mot approximatif en yaourt, en espérant que ça passe ni-vu ni-connu.

La sensibilité

Choupinette est très gentille et serviable. Elle nous aide à la maison « m’aider ! », me dit-elle quand elle veut aider à casser les œufs dans la cuisine. Elle met la table, rempli le lave-vaisselle et le lave-linge avec ses vêtements de son panier (alors je te rassure : elle n’a pas la possibilité de lancer seule la machine à laver parce qu’il faut claquer très fort la porte). A la crèche, l’an dernier et alors qu’elle n’avait que 18 mois, elle connaissait les doudous et tétines de tous ses camarades (et les puéricultrices lui demandaient qui était le propriétaire de tel ou tel élément !). Cette année, elle allait carrément remettre les tétines aux bébés de la section des petits. A la maison, avec l’arrivée de Numérobis, elle faisait pareil. Bon, en appuyant fermement sur sa tête (ahhh la fontanelle qui s’enfonce !) et en lui posant le doudou sur le visage, mais ça partait vraiment d’une bonne intention. Elle m’appelle quand il commence à pleurer. Et je l’ai vu à plusieurs reprises à côté de son frère en train de lui caresser la tête en lui chuchotant « chut chut bébé, je suis là, tout va bien, calme toi » (et là, mon coeur de maman fond plus vite que la calotte arctique). Le revers de la médaille ? Elle ne sait pas répondre à la violence. Elle ne comprend pas, elle ne sait pas quoi faire. Lorsqu’elle se fait taper, pincer, tirer les cheveux, mordre, pousser… elle n’a aucune ressource à part pleurer.

Comment l’aide t-on ?

Ce n’est pas facile. Pour ses peurs, on lui explique, on lui montre qu’elle est capable d’aller au delà. Nous devons souvent insister pour qu’elle essaie de faire ce dont elle a peur (marcher sur une structure en hauteur ajourée, grimper sur une échelle en corde, voir de près un insecte, caresser un chien du bout des doigts (je parle d’un chien de la famille, pas de chiens inconnus), …). Pour les petits changements dans sa vie (une absence de l’un de nous, un RDV chez le médecin, ou même juste une fête familiale), nous anticipons pour lui expliquer ce qu’il va se passer. Par exemple,  lorsque son papa part pour plusieurs jours en déplacement, il lui explique qu’il ne sera pas là le soir, pour lui faire un bisou, mais qu’il l’appellera sur la tablette. Ça n’empêche pas que les nuits suivants son retour sont difficiles, parce qu’elle l’appelle. Juste pour vérifier qu’il est bien là….

Crédit photo : Counselling

C’est plus compliqué de lui expliquer comment se défendre quand l’un de ses camarades l’importune. On l’a entrainé à dire « non ! » vigoureusement, pour empêcher ses camarades de venir la solliciter quand elle ne le souhaite pas (à la crèche, beaucoup d’enfants font des câlins ou des bisous, et Choupinette n’aime pas ça). Concernant tout ce qui est bousculades, morsures, etc… Nous lui avons expliqué qu’elle pouvait taper en retour. M. Tad l’a fait s’entrainer sur un coussin à la maison. « Imagine que c’est Alfred. Tape ! ». Alors oui, je sais. Ce n’est pas une réponse que l’on devrait lui enseigner. N’empêche que les puéricultrices sont débordées et ne la protègent pas assez physiquement. Ainsi, en allant chercher Choupinette un soir, je l’ai observé (j’adore regarder les enfants dans leurs jeux quand ils ne nous voient pas). Elle était assise sur un coussin avec une poupée. Une de ses camarades était assise dans une petite niche sur une étagère à proximité, et s’en servait comme cabane. Cette petite est descendue, a violemment poussé Choupinette qui a basculé en arrière en se tapant la tête, et est retournée se cacher. La puéricultrice, qui n’a pas vu la scène, a dit à Choupinette que ce n’était pas grave de tomber et qu’il ne fallait pas pleurer pour rien. Je suis intervenue pour expliquer ce qu’il s’était passé, et l’autre petite a été punie. N’empêche que si Choupinette avait su répondre en se défendant, en repoussant l’autre petite, cette dernière aurait compris qu’il ne fallait pas l’embêter. Je ne veux pas que mon enfant soit un bourreau mais je ne veux pas qu’elle soit une victime. Dès qu’elle aura l’âge, nous l’inscrirons au baby-karaté, pour qu’elle sache qu’elle a des ressources physiques pour se défendre. Je veux qu’elle puisse répondre si elle se fait tyranniser, sans chercher à exercer de la violence gratuite.

 

Et toi, ton enfant est-il sensible ou non ? Casse-cou ou trouillard ? Comment fais-tu pour l’aider à grandir ?

A propos de l’auteur

Je suis Rigel, mariée, maman d'une Choupinette née début 2016, et de Numérobis, de début 2018. Je n'aime pas le matin et le dimanche soir. J'aime les plannings bien organisés, le sport et le chocolat.