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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement déclenché, terminé en césarienne

On peut dire que j’ai eu une grossesse de rêve. Moi qui, plus jeune, angoissais à l’idée d’être enceinte, la nature a été bien bonne avec moi.

Mise à part la grosse fatigue du début, les pauses pipi et le mal de dos, ma grossesse s’est déroulée à merveille. A tel point que le jour de la DPA (date prévue d’accouchement), je faisais les courses à Leroy Merlin avec mon mari. Bon, OK, je m’asseyais toutes les 10 min sur les sièges que je pouvais trouver : je devais ressembler à une baleine échouée par hasard dans un magasin de bricolage.

Oui, ma petite puce était bien dans mon ventre, et j’avoue que je la trouvais bien là où elle était aussi (même si à la fin c’est long d’attendre !). Donc rassure-toi, future maman : la grossesse peut aussi être juste simple !

Le jour de la DPA, avant d’aller à Leroy Merlin, j’étais bien sûr allée à la maternité pour un contrôle : tout allait bien, et si rien n’arrivait d’ici 4 jours, alors l’accouchement serait déclenché. C’est la pratique de cette maternité. A priori, d’autres le font plus tôt, d’autres plus tard. Dans tous les cas, il ne faut pas laisser le bébé trop longtemps après la DPA, car le liquide amniotique est de moins bonne qualité et diminue, ce qui fragilise la santé du bébé.

Je n’avais jamais pensé que mon accouchement pourrait être déclenché, mais étrangement, contrairement à tous les témoignages que je trouvais sur le net, ça ne me faisait pas peur. Ça me rassurait presque, parce que n’ayant pas pu suivre de cours de préparation à l’accouchement, ce moment m’angoissait pas mal (et si je n’arrive pas à pousser ? Et si je ne me rends pas compte que c’est maintenant qu’il faut aller à la maternité ?…).

Mon inconscient devait être assez fort pour que ma fille reste encore en place les 4 jours suivants, parce que même en montant un meuble IKEA ou en tentant la méthode italienne, elle n’a pas voulu sortir !

Le matin, nous avons appelé la maternité qui nous a dit qu’on pouvait venir pour déclencher l’accouchement. Chouette ! J’ai pris ma valise, prête depuis quelques semaines, et avec Chouchou, nous avons pris le tramway tranquillement jusqu’à la maternité, tout excités à l’idée que nous allions rencontrer notre fille aujourd’hui ! C’est ce qu’il y a de rassurant avec le déclenchement : pas de panique, pas de taxi à appeler au milieu de la nuit… (Ça perturbait Chouchou, car en tant que parisiens, nous n’avons pas de voiture !)

En arrivant à la maternité, nous sommes pris en charge tout de suite, tout le monde est détendu et agréable. L’aide-soignante, en voyant mon ventre, me dit d’emblée : « waouh, comment vous faites pour porter ça ?! ». Ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille…

photo nouveau-né

Crédits photo (creative commons) : Beth

La journée commence par une injection d’ocytocine, qui est censée déclencher les contractions au bout de deux heures. Il ne reste qu’à attendre. À midi, toujours rien… La sage-femme me fait monter dans ma chambre et commande le déjeuner pour moi : je vais avoir besoin de forces !

Je commence à ressentir des douleurs pendant le repas. Je le finis quand même, j’ai pas envie d’avoir faim plus tard ! Nous redescendons dans la salle d’accouchement, et les contractions sont de plus en plus fortes. La sage-femme est contente, le travail a démarré. Elle est très gentille et me donne des conseils pour mieux appréhender les contractions.

La douleur s’intensifie, mais le col ne s’ouvre pas. Il faut attendre que le col soit ouvert de 3 cm pour pouvoir avoir la bienheureuse péridurale. Elle me donne un ballon pour faire des mouvements dessus et accélérer le travail.
Je souffre comme jamais, c’est indescriptible, la douleur s’intensifie tellement que je n’arrive plus vraiment à prendre mes respirations correctement. Chouchou est avec moi et me soutient, il est parfait. Qu’est-ce que je souffre !

Enfin, je peux avoir la péridurale. L’anesthésiste arrive, je le gratifie d’un « Mon sauveur ! » En voyant mon état, il me dit « Ça sent le déclenchement d’accouchement, ça ! ». Il m’explique qu’il repère tout de suite les femmes qui sont déclenchées de celles qui ont des contractions naturelles. En effet, l’ocytocine provoque des contractions qui vont crescendo et ne laisse pas le temps de faire des pauses, ça augmente sans discontinuer, c’est donc beaucoup plus douloureux qu’à la normale.

Heureusement, après la pose de la péridurale, je ne sens plus rien. D’ailleurs, je n’ai même pas senti quand il l’a posée, j’avais tellement mal qu’il aurait pu m’ouvrir le dos, je n’aurai rien senti ! Je peux maintenant observer les contractions sur le monitoring et remercier la médecine de m’épargner la douleur.

N’empêche que le temps passe, et que mon col ne s’ouvre pas plus malgré les contractions de plus en plus rapprochées et vives. Le rythme cardiaque de ma fille subit des ralentissements, elle souffre de cet accouchement. La sage-femme n’a plus la main sur l’accouchement, l’artillerie lourde arrive : la gynéco, son interne et son externe. Waouh, tout ça pour moi ?

C’était au moment où les sages-femmes étaient en grève, on a bien ressenti comme la sage-femme se faisait un peu rabaisser par la gynéco, c’était un peu gênant. Surtout que la sage-femme m’avait suivie toute la journée, elle avait été super, mais là, c’était la gynéco et son équipe de choc qui prenait le relais, parce que j’étais « un cas ».
L’interne s’est présentée en me fourrant le bras dans l’utérus et me demandant si ça ne me dérangeait pas qu’elle le fasse pour ses études. Euh… Dans l’absolu je veux bien (au point où j’en suis), mais bon, elle aurait pu attendre ma réponse avant de mettre le bras dedans quoi…

Bref, la gynéco utilise des termes comme : « si elle ne sort pas par là, faudra trouver une solution » ou « il va falloir la sortir ». Chouchou et moi comprenons alors que l’accouchement ne va pas tourner comme nous l’avions imaginé. Mais comme le mot n’est pas dit clairement, Chouchou finit par demander à la sage-femme « ça veut dire qu’elle va avoir une césarienne ? ». La sage-femme nous répond que oui, mais qu’on va encore attendre un peu.

Bon, là, j’avoue que oui, j’avais peur de l’accouchement, mais je n’avais jamais envisagé la césarienne, même si j’avais été informée que ça pouvait arriver. C’est le genre d’info quand tu visites la maternité, tu l’entends, mais tu ne l’enregistres pas vraiment. Tu te dis que ce ne sera pas pour toi de toute façon !

Il est 20h, je suis là depuis 9h du matin. Ma fille n’arrive pas à sortir, son cœur ralentit, elle n’est pas tournée dans le bon sens, c’est ma première grossesse, et j’apprends de la bouche de la gynéco qu’en plus, c’est un gros bébé. Donc, il vaut mieux faire une césarienne en urgence pour le bien de ma fille.

A ce moment, tout va très vite, c’est incroyable. Mon mari va se préparer (heureusement qu’il pouvait venir avec moi, car je commençais à paniquer !). On me prépare avec une nouvelle anesthésie (qui passe par la péridurale), je me retrouve en salle d’opération avec une impression de déjà-vu. Ah oui, à trop regarder les séries médicales, on a l’impression qu’on a déjà été opéré, sauf qu’en fait non.

Mon mari me rejoint, la gynéco me commente tout ce qu’elle fait. Les anesthésistes sont vraiment très gentils et nous parlent pour nous rassurer. Ça va très vite, quelques secondes après qu’elle ait dit « incision », j’entends le son de la voix de ma fille pour la première fois. C’est indescriptible, elle est là. Un des anesthésiste s’exclame : « oh les joues ! ».

J’ai peur un quart de seconde avant qu’on me la présente : elle est parfaite, elle a de bonnes joues, oui !
La présentation est assez courte car il faut l’emmener, mais je sais qu’elle est avec mon mari, alors j’ai peu d’inquiétude.

C’est l’après qui est long : quand ils referment tout. Je ne sens plus rien, je suis crevée, mais je reste éveillée à écouter les histoires des médecins et infirmières qui m’entourent (comme dans Grey’s Anatomy quoi !).

On m’annonce le poids de ma fille : 4,765 kg ! Je n’avais pas eu une prise de poids excessive, ni de diabète gestationnel, il n’y a pas de gros bébés dans nos familles, cela reste un mystère ! Dire qu’à la dernière échographie, on nous avait prédit 3,5kg…

Après avoir été recousue, c’est un peu la descente aux enfers. On ne sent plus son corps, on ne peut rien faire. Je peux à peine prendre ma fille dans les bras. On me transporte et on me transvase dans le lit de ma chambre, je me sens comme un bout de viande. Ma fille restera dans la nurserie cette première nuit de sa vie, car je ne peux pas m’occuper d’elle (je resterai allongée sur le dos toute la nuit sans bouger avant de retrouver l’usage de mon corps). C’est ce qui est frustrant après la césarienne, car on doit vraiment récupérer.

Ça a permis à mon mari d’avoir des contacts privilégiés avec elle dès le début : il lui a chanté une chanson de bienvenue, lui a donné son premier bain, fait les premiers soins avec elle… Et je me suis rattrapée deux jours plus tard, mais c’est la seule chose qui m’a manqué : ne pas pouvoir être une maman aux premiers instants.

Avec le recul, je ne suis pas déçue de mon accouchement, car finalement, c’est peut-être un peu honteux à dire, mais l’accouchement par voie basse me terrifiait tellement que j’ai presque été soulagée quand on m’a dit que ce serait une césarienne.

Aujourd’hui, tout va bien, ma fille est en bonne santé et je me sens pleinement sa maman. Maintenant, pour le deuxième enfant, je sais que tout sera différent, et je devrai certainement affronter réellement ma peur de l’accouchement naturel…

Et toi, as-tu vécu un accouchement déclenché ? Une césarienne ? Comment l’as-tu vécu ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner et raconter ton accouchement ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Trentenaire (eh oui !) mariée, maman d'une géniale Little Girl et d'une ravissante Poupoune, j'aime écrire, lire et commenter mes séries TV et films préférés. J'adore voyager, d'ailleurs, avec Chouchou, nous avons fait un tour du monde d'un an : que nous rêvons de réitérer, avec notre tribu !