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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement de jumeaux : l’attente

La dernière fois, je t’ai laissée avec un suspense insoutenable : mes petits boys allaient-ils se décider à sortir tout seuls avant la date fatidique du terme prévu ?

Réponse… non ! Absolument pas ! Malgré tous mes efforts (tisane de feuilles de framboisier toute la journée, homéopathie, acupuncture et toute la persuasion dont j’étais capable), ils n’ont pas bougé d’un poil avant la date limite. (Pour info, les jumeaux ont un terme à 39 SA et non 41, tout simplement parce qu’ils sont prêts plus tôt. Va savoir pourquoi, c’est comme ça. Et c’est plutôt bien fichu, crois-moi, car ça devient fort fort lourd à porter, arrivé à ce genre de dates !!)

J’ai donc vécu le truc totalement improbable : après avoir imaginé tous les scenarii possibles (taxi, métro, ambulance, accouchement sur le tapis de mon salon), je suis allée à la maternité en autolib… et c’était moi qui conduisais !

[Minute glamour : le déclenchement présentait un avantage à mes yeux… Je faisais un peu une fixette sur un aspect un peu beurk de l’accouchement : le fait que quand tu pousses pour faire naître ton bébé, tu pousses aussi sur tes sphincters. Tu vois ce que je veux dire ? Avant de recueillir ton bébé, la sage-femme peut recueillir d’autres trucs moins sympas. C’est parfaitement naturel, et elles ont l’habitude, mais l’idée qu’une mauvaise odeur se répande dans la salle dans laquelle il y avait mon mari me gênait. Du coup, connaître la date m’a permis de commencer quarante-huit heures avant un régime « sans résidus », c’est-à-dire de commencer à ne manger que des aliments entièrement assimilés par le corps et qui ne produisent aucune selle : poisson blanc, pâtes ou riz (blancs, pas complets), pain blanc avec une micro dose de beurre pour le matin. Ça fonctionne bien, et j’ai pu arriver sereine par rapport à ça.]

Je t’avoue que j’aurais vraiment aimé accoucher « par surprise » (mais quand même pas sur le tapis de mon salon !), et non en ayant rendez-vous. On avait déjà eu rendez-vous pour les concevoir, j’aurais bien aimé que ça ne soit pas le cas pour les rencontrer, histoire de retrouver un peu de naturel dans tout ça.

Mais bref, ça ne s’est pas passé comme ça, et je préfère mille fois mes petits bébés à terme déclenchés que deux surprises de façon trop prématurée.

salle de naissance

Crédits photo (creative commons) : archibald jude

Me voilà donc le jour J, débarquant tranquillement avec mes valises à la maternité. Pas la moindre ombre de contractions à l’horizon.

Je suis conduite directement en salle de naissance, et une sage-femme vient m’examiner. Elle doit déterminer, selon l’état de mon col, si on me met un produit susceptible de faire effet dans la journée ou un autre qui met vingt-quatre heures à agir (auquel cas, on me conduirait dans une chambre). Mon col est suffisamment mou et effacé pour utiliser le premier produit : c’est parti !

Première étape : poser les monitorings. Ça commence difficilement : il faut une éternité (une heure en tout ??) pour réussir à trouver les rythmes cardiaques des bébés. Je m’explique mal cette difficulté : ces dernières semaines, les petits n’ont pas bougé, et les monitos étaient toujours posés sans difficulté aux mêmes endroits. Mais là, il faut un appareil à échographies, et plusieurs personnes pour trouver les rythmes.

Le gros inconvénient de tout ça, ce n’est pas le temps que ça dure (parce que de toute façon, je suis là pour un bon moment), mais les scrupules que j’ai ensuite à trop bouger, de peur que les sages-femmes perdent les rythmes et doivent tout recommencer. Du coup, avant même la pose de la péridurale, je suis scotchée à ma table. Mon mari installe la petite enceinte qui doit diffuser de la musique douce et sans paroles, selon les conseils de ma sage-femme.

Après les monitos, on me pose le produit de déclenchement (un tampon dans le vagin). Au bout d’un certain temps (désolée pour les durées approximatives de cet article, mes souvenirs sont un peu flous malheureusement : je crois que le cerveau efface certaines choses après coup !!), il commence à faire effet : le monito détecte des contractions (que je ne sens pas vraiment : pour mémoire, j’ai eu le ventre hyper contracté pendant neuf mois, donc un peu plus, un peu moins…), puis enfin, j’ai mal au ventre. Mais bizarrement mal au ventre : je croyais qu’entre les contractions, on n’avait plus mal !! Moi, si ! Mais bon, ça reste largement gérable.

Au bout de quelques heures, mon col est ouvert à 2 et on me pose la péridurale. Eh oui, quand on déclenche, on pose la péridurale très (très) tôt. Franchement, la pose du tuyau n’est pas très douloureuse. Désagréable, certes, mais vraiment pas horrible.

Du coup, me voici avec deux de mes craintes principales désormais derrière moi : les contractions et la pose de la péridurale. Il m’en reste encore une : que le produit ne fasse plus effet vers la fin, quand les bébés vont passer. (Cette crainte se révélera infondée, puisque le produit n’ayant pas fait suffisamment effet des deux côtés, on m’en réinjectera un autre, et je serai tellement anesthésiée que je ne sentirai absolument plus rien du tout du tout.)

S’ensuivent de nombreuses heures d’attente, avec un col qui s’ouvre doucement, puis qui finit par atteindre huit ou neuf centimètres vers 18h. Bien, très bien ! Je demande à la sage-femme si c’est pour bientôt. Elle me répond qu’elle espère m’accoucher elle-même, sachant qu’elle termine sa garde à 20h. Cool, on y est presque !

Euh… en fait, non. Du tout. Mes bébés sont nés à 0h20 !!

La prochaine fois, je te raconte la suite du travail, l’accouchement et ma semaine à la maternité !

Et toi, fais-tu de petites fixettes sur certains aspects de l’accouchement ? As-tu peur du déclenchement ? Ou au contraire, trouves-tu ça plutôt confortable de ne pas te faire prendre par surprise ? Raconte !

A propos de l’auteur

Mariée, 40 ans, parisienne et future maman... de jumeaux ! Quand ils seront là en janvier 2016, on tâchera de résoudre l'équation petit appart et seulement deux bras par adulte avec deux enfants, leurs rythmes et leurs besoins + tout ce que ça implique comme nombre de couches, de biberons, de meubles, de poussettes etc. Mais avec un peu d'ingéniosité et de débrouillardise (et autant d'humour et de recul que nos nuits sans sommeil nous le permettront) on va s'en sortir, j'en suis sûre !