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A la une / Récit d'accouchement

Mon accouchement tout en douceur


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Je t’avais laissée au neuvième mois dans une ambiance un peu mitigée, en proie aux doutes et aux angoisses.

Nous sommes dix jours avant le terme, et L’Amoureux a un enterrement de vie de garçon prévu ce weekend-là (super timing, je te confirme…). Il part donc avec son portable greffé à l’oreille et interdiction de boire de l’alcool (pour l’ambiance, on repassera). Il en profite pour glisser au bébé que s’il pouvait attendre lundi avant de naître, ce serait super ! Mes parents arrivent pour me tenir compagnie le weekend.

La journée du samedi se passe très tranquillement. Le dimanche matin, fausse alerte : je ne sens plus bouger bébé, qui est pourtant plutôt du genre très très actif d’habitude. Je “l’appelle”, le stimule, marche pendant une heure, mais rien. Je ne suis pas très inquiète, mais je préfère aller faire un tour à la maternité pour être sûre que tout va bien.

Mes parents m’emmènent, et la sage-femme me fait une écho. Elle me confirme que tout est normal, mais qu’en effet, bébé semble un peu “endormi”. À ce moment-là entre L’Amoureux, que j’avais appelé avant de partir. Il pose à peine ses mains sur mon ventre que Petit Viking recommence sa java. Ça fait bien rire tout le monde, et on rentre tous à la maison.

Lundi matin, à 5h30, je suis réveillée par des contractions. Rien de nouveau sous le soleil étant donné que ça fait bientôt trois semaines que j’ai des contractions environ… tout le temps. Je me tourne dans le lit et essaie de me rendormir. Mais une nouvelle contraction arrive, puis une autre. J’ai le sentiment que ces contractions sont un peu différentes : pourtant, elles ne sont ni plus douloureuses ni plus intenses que d’habitude, mais une petite voix au fond de moi me dit que cette fois, ce n’est pas pareil.

Je me lève, descends dans le salon, et commence à marcher et à faire du ballon. Et puis, je comprends finalement en quoi ces contractions sont différentes : elles s’arrêtent. Alors que d’habitude, j’ai l’impression d’une douleur qui s’étale dans le temps, cette fois, chaque contraction a un début et une fin. (Et autant te dire que pour gérer la douleur, savoir que celle-ci va s’arrêter, eh bien ça aide vachement !)

Je sors mon téléphone et je commence à chronométrer. Et là, surprise, les contractions sont déjà parfaitement régulières et rapprochées de cinq minutes. J’ai bien révisé mes cours de préparation à l’accouchement, et je sais que si ça dure comme ça pendant deux heures, direction la maternité !

Je gère pendant une heure toute seule. J’alterne marche, ballon et escaliers. Malgré la douleur qui s’amplifie un peu plus à chaque fois, je me sens super heureuse et très excitée. Nous allons enfin rencontrer notre petit garçon.

À 7h, je vais réveiller L’Amoureux en criant : “Debout, debout, on part à la maternité !” Je suis aussi excitée que lorsque l’on part en vacances. On termine donc de préparer les affaires tranquillement. Les contractions sont de plus en plus douloureuses, mais je gère toujours. On confie la maison et le chat à mes parents, et en route.

Arrivés à la maternité, la sage-femme m’examine. Tout est nickel : je suis à 3 et je peux donc passer directement en salle de naissance. Pour l’instant, tout ressemble exactement à mon scénario d’accouchement idéal ! On s’installe en salle de naissance, et mon gynéco passe me voir. Comme nous sommes lundi et qu’il est rentré de congé, c’est lui qui va m’accoucher. Je suis trop contente !

La sage-femme appelle l’anesthésiste pour la pose de la péridurale.

Une petite parenthèse sur la péridurale. On lit de plus en plus souvent des témoignages de femmes qui accouchent (ou qui veulent accoucher) sans péridurale. Je revendique le droit pour chacune d’accoucher comme elle le souhaite, et tu le sais, sur Dans Ma Tribu, on parle de tous les accouchements sans tabous et sans préjugés.

Malheureusement, ce n’est pas le cas partout, et j’ai aussi entendu le discours parfois un peu extrême qui circule actuellement selon lequel faire le choix de la péridurale, c’était choisir la voie de la facilité (voire de la faiblesse), que c’était choisir de ne pas être actrice de son accouchement et de ne pas le vivre pleinement.

Pour ma part, j’ai choisi d’accoucher sous péridurale et je ne le regrette absolument pas. J’ai vécu et profité de chaque moment de mon accouchement, de chaque sensation, et j’ai sorti mon fils sans douleur, certes, mais pas sans efforts ni sans émotions.

Mais j’en reviens à mon anesthésiste. Le rendez-vous du neuvième mois avec un des anesthésistes s’était très mal passé (disons-le clairement, ce monsieur était un fieffé connard fort antipathique) et je n’avais vraiment aucune envie de tomber sur lui. Je suis donc super soulagée quand je vois arriver son remplaçant (période estivale oblige) : un jeune anesthésiste tout à fait charmant.

La pose de la péridurale se passe très bien, je ne sens absolument rien. Je découvre les nouvelles sensations dans le bas de mon corps, et c’est vraiment étrange. Je “sens” tout, je peux encore bouger mes jambes, mais je ne ressens plus du tout la douleur. Je me sens légère (alors que je redoutais plutôt l’inverse) et incroyablement détendue. La sage-femme attend que la péridurale agisse et me perce la poche des eaux.

Je me sens parfaitement bien. L’Amoureux est à mes côtés, nous allons bientôt rencontrer notre bébé.

Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre. Je sais que pour un premier accouchement, la dilatation peut prendre beaucoup de temps. Je discute avec L’Amoureux, nous lisons les petits mots laissés par les invités pendant la baby shower (et nous finissons en pleurs tous les deux tellement nous sommes émus), je lis un peu, et L’Amoureux part prendre un café.

Mais je le rappelle assez rapidement car après un nouvel examen, la sage-femme m’indique que je suis déjà à 7. Petit Viking est du genre pressé ! Je demande à baisser un peu la péridurale pour mieux sentir les contractions, et je change plusieurs fois de position pour accélérer le travail. Et ça fonctionne, puisque j’arrive très vite à 9.

J’ai du mal à y croire. Cette fois, c’est vrai. Notre fils arrive. Je me sens bien, zen et excitée à la fois. Je me sens prête.

Et là, c’est le drame. La dame dans la salle juste à côté de la mienne accouche, et visiblement, c’est très très douloureux. Pendant un temps qui me semble interminable (en fait, vingt minutes seulement), je l’entends littéralement hurler de douleur. Moi qui étais hyper zen, je commence à me liquéfier. Euh, je peux encore changer d’avis ? Je peux faire demi-tour ? Et puis d’abord, pourquoi plus personne ne passe nous voir ? J’étais à 9 il y a presque une heure, ça doit être bientôt mon tour, non ?

Mais la sage-femme arrive, et cette fois, c’est à moi de jouer. Elle me vide la vessie, m’installe les jambières, et il faut commencer à pousser.

Elle me guide, m’aide à respirer, et je pousse plusieurs fois avec elle. Mon gynéco arrive et prend ensuite le relais… mais il me guide beaucoup moins bien, et du coup, je mets un peu de temps à reprendre le rythme. Je pousse. Je pousse. La sage-femme et le gynéco me répètent les mêmes consignes en boucle, et l’Amoureux m’encourage… mais j’aimerais mieux que tout le monde se taise pour que je puisse me concentrer.

J’ai l’impression que ça dure des heures, mais un coup d’œil sur la pendule me rassure : ça ne fait que dix minutes que j’ai commencé à pousser. Je guette également le rythme cardiaque du bébé, je sais que s’il baisse, les choses vont s’accélérer. (Là, tu te dis que plutôt que de penser à tout ça, je ferais mieux de pousser… et tu as bien raison.) Je fatigue, j’ai l’impression de ne pas faire les choses comme il faut, et au moment où je me dis que ce p**** de bébé ne sortira jamais, le gynéco me sort cette phrase culte : “Regardez, il vous fait coucou !”

J’ouvre les yeux, et en effet, je vois la main de mon fils que le gynéco agite. Et là, en un quart de seconde, j’attrape mon fils, je le pose sur mon ventre et je me mets à pleurer comme une madeleine. Il est là. Mon fils est là, et tout va bien.

L’Amoureux coupe le cordon, la sage-femme lui enfile un petit bonnet et une couche (au bébé, pas à L’Amoureux), même s’il a déjà eu le temps de me faire pipi dessus. Elle nous enveloppe dans une couverture, c’est notre premier câlin tous les trois.

Mais je sais “qu’en bas”, ce n’est pas fini et je ne peux m’empêcher d’y penser.  Mais tout se passe bien : mon placenta met du temps à sortir, mais il est entier, et le gynéco s’attaque à la couture car j’ai eu droit à une épisiotomie.

Et puis, tout le monde quitte la salle en nous laissant tous les trois. Le temps s’arrête.

Après une petite heure, la sage-femme revient pour m’aider à mettre Petit Viking au sein. Mais il n’a besoin de personne et trouve le truc tout seul très vite. Je suis d’ailleurs surprise de la douleur qui me traverse. J’ai l’impression d’avoir un piranha qui s’attaque à mon mamelon.

L’heure des soins arrive : je ne perds mon bébé des yeux que quelques secondes, le temps de la pesée, mais le reste des soins se fait sur une table à roulettes juste à côté de moi, sous le regard attentif de L’Amoureux. Tout va bien pour bébé comme pour moi, et c’est déjà l’heure de remonter dans notre chambre.

Nous sommes le 25 juillet. Notre fils est né à 13h, et nous sommes une famille.

accouchement péridurale serein

Crédits photo : Photo personnelle

Et toi ? Comment as-tu reconnu les contractions de travail ? Est-ce que tu as aussi l’impression d’avoir vécu un accouchement de rêve ? Raconte !

A propos de l’auteur

Lilloise d'adoption, j'ai 27 ans, un poste à responsabilité dans le domaine de la culture et une légère tendance à l'hyperactivité ! En couple avec L'Amoureux, Petit Viking nous a rejoints en juillet 2016. J'aime les journées bien remplies, l'automne, la pluie, faire ma valise et les films de zombies !