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A la une / Récit d'accouchement

Mon deuxième accouchement : à la fois semblable et différent du premier…

Ayant dépassé le terme et été déclenchée lors de ma première grossesse, j’appréhende un peu tout ce qui pourrait survenir cette fois-ci…

Je n’ai pas du tout l’expérience d’une première fois où j’aurais déjà eu à savoir quand partir. Donc c’est angoissant comme pour une première fois ! Je n’espère pas non plus le déclenchement, car j’aimerais que ce bébé arrive de lui-même… Mais en plus, d’un point de vue purement pratique, en calquant sur ma première expérience, j’avais dû attendre une journée entre le déclenchement et la naissance. Ce serait une journée de « perdue », sans ma grande fille ! En revanche ça serait plus pratique quant à sa garde, pas d’histoire de voisins et tout le toutim.

Accessoirement, au milieu de tout ça, il y a aussi mon anniversaire (je ne suis pas partageuse de dates ! Et si les anniversaires peuvent être assez éloignés les uns des autres, c’est encore mieux). Et le premier avril, date d’anniversaire qui doit être assez pénible, je pense.

Ces dates passent, et nous voici au rendez-vous du jour du terme. J’ai déjà presque l’impression que le déclenchement sera inévitable… J’ai pas mal réfléchi et je souhaite qu’on fasse un décollement des membranes, ce que me propose justement la sage-femme. Ça ne me fait même pas mal !

Au milieu de la nuit qui suit, je suis prise d’une insomnie… C’est là que je commence à sentir un peu de liquide qui coule. Je me lève : pas de doute possible ! Je préviens rapidement mon mari et fonce sous la douche pour me rincer. La poche est seulement fissurée, pas d’inondation. Mais du coup ça coule plus ou moins en continu. Heureusement il me reste des serviettes hygiéniques de compet’ d’après mon premier accouchement.

Je prépare les dernières affaires tandis que M. Lutin file chercher les voisins. Je vais dans la chambre de Pimprenelle la regarder et lui faire un bisou pendant qu’elle dort. La prochaine fois que je la verrais, le bébé sera né ! J’écrase une larme en pensant à cela.

La route est longue jusqu’à la maternité. Mais à cinq heure du matin, ça roule bien : sans excès de vitesse (de toute façon je n’ai aucune contractions, alors on ne se sent pas tellement pressés…), il nous faut un quart d’heure de moins que d’habitude.

En arrivant à l’hôpital, au milieu du silence nocturne, les premiers oiseaux commencent à chanter.

monitoring accouchement

photo personnelle

Le travail n’a pas commencé. Je gagne donc ma chambre… Encore une chambre double, que je ne devrais avoir à partager avec personne heureusement.

Lors d’un deuxième contrôle en fin de matinée, le monitoring enregistre de faibles contractions que je ne perçois pas.

Je m’applique à rester debout absolument tout le temps, ou assise sur un ballon, afin que le bébé appuie bien sur le col. Je m’accorde juste une sieste en début d’après-midi.

Nous marchons au sein de l’hôpital… Dommage qu’il faille rester là, la ville est jolie, le cadre de promenade serait bien plus agréable que ces minuscules parcs monotones et ces parkings.

J’ai mal au dos. Mais contrairement à mon premier accouchement, en milieu d’après-midi, je commence à repérer malgré tout la montée d’intensité des contractions (en revanche, comme je les sens dans le dos, cette fois encore, je n’ai pas du tout la fameuse sensation de vague qui enserre de plus en plus fort le ventre).

J’arrive à gérer les contractions, mais elles sont de plus en plus fortes… Je voudrais bien un bain pour me soulager. Nous gagnons les chambres de naissance. On me pose un monitoring pour commencer… Puis enfin, je peux prendre un bain. C’est le soulagement !

salle naissance nature peinture

La salle de mon premier accouchement était disponible aussi, mais j’ai préféré varier ! Il y a une troisième salle nature avec une grande peinture… Pour le troisième enfant ?
– photo personnelle –

Mais, après l’apaisement, revoilà les contractions. Toujours dans la baignoire, je demande à ce que l’on contrôle l’ouverture du col. Entre quatre et cinq. Le contractions s’intensifient encore, je n’arrive plus à les gérer, je crie. Je commence à paniquer et finis par pleurer qu’on me pose une péridurale…

M. Lutin va prévenir la sage-femme… Il revient me dire que d’après elle, ça sera vite terminé. Une nouvelle contraction vient. Noyée dans la douleur (presque au sens propre puisque je finis par boire la tasse à force de me tortiller), je ne comprends pas : presque fini, oui enfin vu l’ouverture de mon col il y a un instant, il faudra forcément encore une heure ou deux avant que le bébé ne soit là… Et moi je ne peux plus !

La sage-femme débarque lors de la contraction suivante, accompagnée d’une aide. Elle me demande si j’ai l’impression de pousser (je n’en sais rien) et demande si je suis d’accord pour qu’elle m’examine (j’acquisse d’un vague geste).

La poussée a déjà commencé ! La phase de désespérance peu avant le dénouement final n’est donc pas une légende en ce qui me concerne : comme pour la première fois, je craque au moment où ça y est. (Et forcément, passer d’un col ouvert à peine à cinq doigt à une dilatation complète en cinq minutes… Ça douille un peu.)

On me fait sortir du bain (situé dans une petite pièce séparée) pour rejoindre une chambre de naissance. Je ne trouve pas de position confortable, j’ai affreusement mal aux jambes, je me sens vaciller. Je trouve quand même moyen de balbutier qu’il y a trop de monde : la personne venue aider à me transférer s’éclipse donc.

Comme je m’épuise, la sage-femme me propose de me mettre sur le lit… C’est finalement sur le dos (semi-assise exactement) que je suis le moins inconfortable. Je parviens à appuyer mes pieds sur l’espèce de portique (un truc plus haut et moins limité que les étriers). Entre chaque poussée, je rêverais de pouvoir poser mes jambes plus bas, mais ce n’est pas possible (le lit est ouvert à ce niveau, il n’y a que du vide).

Je ressens comme une brûlure à la vulve. Le bébé commence à fatiguer aussi, c’est long. Un moment, la sage-femme parle même d’aller chercher la pédiatre. Mais heureusement, le bébé arrive finalement. Il présente son visage en premier au lieu du haut de son crâne, ce qui a rendu les poussées moins efficaces.

Encore un effort pour les épaules, et le voilà posé sur mon ventre. Il est 19h03.

Le premier orage de la saison gronde ; gardant le soleil pour compagnon, il baigne la chambre d’une lumière jaune.

photo maman bébé

photo personnelle

Comme nous ne connaissons pas le sexe, on nous demande si nous avons vu ce que c’était. Je réponds juste que ce n’est pas important. C’est vrai, ça m’est toujours complètement égal. C’est un peu bête de nous poser la question, ça force la chose. Sans cela on aurait regardé bien plus tard ! Au final quelques minutes après, on regarde donc : c’est une fille ! Je suis assez surprise, mais ravie. Sur internet, elle sera surnommée Ninette.

J’adore ce moment où le bébé est tout contre moi, ses petites fesses nues dans ma main. Il reste longtemps ainsi, tandis qu’on me nettoie. (Et moi je rêve toujours de poser mes jambes. Ce que je pourrais enfin faire après ce qui m’a semblé une éternité.)

Notre vie à quatre commence. Ce soir, M. Lutin rentrera pour s’occuper de Pimprenelle et relayer un peu ma mère. Demain, nous serons tous réunis et nous retournerons à la maison ensemble (eh oui, après moins de 24h !).

Et toi ? Tu as vécu un premier déclenchement et était persuadée d’y avoir droit à nouveau ensuite ? Tu es familière de la phase de désespérance ? Viens en parler !

A propos de l’auteur

J'ai 27 ans et un mari super-chouette ! Notre fille "Pimprenelle" est née à l'été 2015 et nous régale de sa bonne humeur... "Ninette" nous a rejoint au printemps 2018. Je m'occupe d'elles à plein temps. Moi, je suis une lutine lunatique, mais généralement très joyeuse et espiègle. Écolo, féministe, non-violente, végane, cousette, fana de prénoms et de vieilles comédies musicales ! Tu peux aussi me retrouver sur le blog Sous Notre Toit et sur Instagram @danslamalledenilith