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A la une / Témoignage

Je ne suis plus sûre de vouloir un deuxième enfant

Moi qui voulais à la base être multi-maman, aujourd’hui, je panique complètement à l’idée d’un petit deuxième. Je n’en veux pas, je n’en veux plus, je culpabilise et je doute…

Pour t’expliquer mon ressenti, il va falloir que je remonte loinnnnnnn dans le temps pour que tu englobes tout le pourquoi du comment… Je vais essayer de faire court.

Depuis que je suis petite, je me suis toujours vue avec plusieurs enfants. Deux au moins. Mon Kiri, lui, en a toujours voulu au moins trois… Voire une équipe de foot, si possible ! Autant pour l’équipe de foot, je ne le sentais pas vraiment, autant être la vénérable matriarche d’une (petite, quand même, non mais oh !) flopée de morpions, là oui, j’adhérais !

D’autant que ma sœur, atteinte d’une malformation génétique, ne pourra jamais avoir d’enfants. Et bien évidement, comme une majorité de femmes, elle l’a très mal vécu, et a encore du mal aujourd’hui… Je me sentais presque « obligée » de faire une grande famille, pour avoir, en quelque sorte, les enfants qu’elle ne peut pas avoir, comme une petite vengeance sur la nature.

Quand j’ai rencontré Kiri, je me suis tout de suite dit en le voyant « Oh mon Dieu, c’est lui !!! »… Gros coup de bol, ça a fait « tilt » pour lui aussi ! Il a tout quitté pour venir vivre chez moi (enfin chez ma mère, à l’époque je n’avais que 19 ans), on a très vite pris un appartement ensemble, et assez vite on a commencé à parler bébé sérieusement.

Et là, bizarrement, blocage de ma part. J’en mourrais d’envie à certains moments, je le ressentais dans mes tripes, et à d’autres, rien que l’idée d’être mère, j’en avais des nausées… Je pensais que je n’étais simplement pas prête, sans situation stable, et qu’il valait donc mieux que j’attende.

portrait petit garçon

Crédits photo (creative commons) : Bniice Hugs N Kisses Photography

Le déroulement de ma grossesse

Nous nous sommes finalement lancés fin 2010, après plus de 5 ans d’hésitations et un déménagement à quatre heures de chez nous. Je suis assez rapidement tombée enceinte. Au début, j’ai éprouvé énormément de joie. Mais très rapidement, la situation s’est dégradée.

Déja, Kiri, qui avait pourtant trèèèèès envie d’être père, ne s’est pas, mais alors pas du tout, intéressé ni impliqué dans la grossesse. Au contraire, quasiment dès qu’il à appris que j’étais habitée, il s’est mis à sortir pratiquement tous les soirs et tous les weekend… Étant loin de ma famille et de mes amis, durant ses neufs mois, j’ai ressenti un énorme sentiment de solitude et d’abandon. Pas génial, tu en conviendra, dans cette période où on ressent justement le besoin d’être dans une bulle de douceur et d’attentions !

Pour la petite explication, il m’a avoué assez récemment qu’il n’avait vraiment réalisé qu’il était père que plusieurs mois après la naissance de mon petit chou… (Quoi, long à atterrir le mec ??? Noooooooon…) Depuis, il a bien repris son rôle de père (et de mec aussi, accessoirement !), il est même en train de nous construire des ses mains une maison rien qu’a nous !

N’empêche, ma grossesse, quand j’y repense, elle me laisse toujours cette sensation désagréable et amère d’être seule, abandonnée, incomprise… Pendant cette période, je me met à douter, à avoir peur de mon futur statut de maman, de ne pas être une bonne mère, de tout faire de travers… J’ai même peur de ne pas aimer mon fils quand il sera là…

Comme tu l’as compris, je ne pouvais pas vraiment trouver de soutient auprès du papa. Ma sœur, euh… Ben, tu penses bien que j’ai évité de lui en parler ! Tous les autres rigolaient quand je disais ce que je ressentais : « Si t’en voulais pas, fallait pas en faire ! » Mmm… Merci du soutien…

Arrive enfin (ou pas) le moment de l’accouchement (ATTENTION, ne lis pas ce passage si tu n’as pas encore accouché, s’il te plait !!! Je ne voudrais pas te faire peur…)

Là non plus, rien ne s’est passé comme prévu. 36 heures de travail, un accouchement « par les reins » comme ils disent, une douleur insoutenable à cause de la fatigue, des vomissements à chaque contraction, pas moyen d’avoir une péridurale car je n’étais pas assez dilatée… Quand arrive le moment de pousser, je n’ai plus de forces je suis à deux doigts de tomber dans les vapes.

Je pousse aussi fort que je peux, mais bébé est coincé, il a le cordon ombilical enroulé autour de la tête et des épaules. Il remonte dès que j’arrête de pousser. Il est en souffrance fœtale, il prend sa respiration à l’intérieur, il s’étouffe… Le gynéco le sort d’urgence à grands coups de ventouse et d’épisiotomie, mon homme est à deux doigts d’étrangler tout le monde car il croit qu’on va mourir… Lucian sort, il est tout bleu, ne respire pas… Ils l’emmènent en urgence, je n’aurais pas nouvelles pendants deux heures, les plus interminables de ma vie. Finalement tout va bien, ouf !

Après un baby blues assez carabiné (ça fait quand même bizarre, de pleurer sans s’arrêter comme ça, pour tout et n’importe quoi !), nous rentrons enfin à la maison. Mon fils et moi nous sommes apprivoisés. Je l’aime d’un amour viscéral, plus grand que l’univers, le soleil se couche et se lève sur lui, bref, je l’aime d’un amour de mère.

On fait le petit deuxième ? Ou pas…

Aujourd’hui, il a trois ans. C’est un enfant plus qu’adorable, intelligent, débrouillard, beau comme un dieu, son rire est magique, ses bisous et ses câlins sont les plus beaux cadeaux du ciel (pourquoi j’ai le sentiment que tu ne va pas me trouver très impartiale ?).

Mais attention, si je dois vraiment être franche avec toi, il a aussi hérité du caractère merdique difficile des ses deux parents : impulsif, jaloux, colérique, violent même parfois (ça par contre, je ne comprends pas d’où ça sort). Ses colères font trembler tout l’immeuble, je ne peux pas m’approcher d’un autre enfant pour sa propre sécurité (il a mis une calotte énorme à son cousin quand on a été le voir à la maternité et que j’ai voulu le prendre dans mes bras… pauvre bichounet !). On doit maintenir la vis assez serrée, car il s’engouffre dans la moindre faille du système… Mais bon, pour l’instant, on ne s’en sort pas trop mal, au vu du caractère du bestiau, on limite plutôt bien les dégâts ! Vivement la fin de la crise d’opposition !

Kiri commence à me gonfler insister gentiment pour que nous lançions le petit deuxième. Oui mais voila. Moi, je ne veux pas. J’ai pô envie. Pourquoi ? Parce que :

  • Je n’ai pas envie d’avoir moins de temps à consacrer à mon fils. Je ne veux rien manquer, être toujours là pour lui, pour lui donner tout l’amour et l’attention dont il a besoin.
  • J’ai peur. De beaucoup de choses. J’ai peur que mon aîné ne supporte pas son petit frère ou sa petite sœur, qu’il lui fasse du mal, et/ou qu’il soit malheureux de ne plus avoir sa maman pour lui tout seul. J’ai peur d’être à nouveau seule pendant ma grossesse. J’ai peur de revivre un accouchement comme celui que j’ai eu. J’ai peur d’aimer moins le deuxième que je n’aime le premier, ou de moins aimer le premier une fois que le deuxième sera là… J’ai du mal a croire que je pourrai aimer mon deuxième autant que j’aime Lou, ça me paraît inimaginable ! Et je ne veux pas faire de différence entre mes enfants… Mais comment faire pour être parfaitement juste si j’en aime un plus que l’autre !
  • J’ai peur d’être débordée. Mon fils demande actuellement une attention quasi constante, mais il faut aussi aller travailler (accessoirement, ça peut servir), s’occuper de la maison… Je sais bien que plein de femmes y arrivent, mais je suis pas sûre de pouvoir assurer avec deux enfants.
  • Étrangement, ne pas être mariée ne m’a pas posé de problème pour Lou, mais je ne me vois de toute façon pas faire un deuxième sans être mariée… Bizarre, hein ??

J’ai parlé de ça à ma mère. Elle m’a dit « Mais si, il faut ! Tu sais, moi non plus je n’en voulais pas d’autres, mais bon, je ne voulais pas laisser ta sœur toute seule, ce n’était pas bon pour elle… ». OK, merci Maman, en gros mon frère et moi n’étions pas vraiment désirés, on était là pour tenir compagnie à la frangine… Hors de question pour moi, ça ne sera pas la raison qui fera que j’aurai un deuxième enfant ! Ce ne sera que si je le désire tout plein !

D’un autre coté, j’en ai quand même encore un peu, un tout petit peu envie, de cet enfant.

Malgré ma solitude, j’ai adoré la grossesse en elle-même. J’aimerais prendre une petite revanche et avoir un accouchement normal, pour exorciser le premier que j’ai vécu comme un traumatisme. Et si, par le plus grand des hasards, je peux aimer un petit être autant que j’aime Lucian, je voudrais revivre ça! Mais je suis paralysée par mes peurs et mes angoisses…

Peut être que, dans quelques temps, l’envie reviendra, ou que les peurs s’apaiseront un peu… Je me laisse jusqu’à notre mariage, en 2016, pour y penser. Ou peut être que Lou sera fils unique, contrairement à ce que je pensais quand j’étais plus jeune. Seul l’avenir nous le dira !

Et toi ? Tu voulais avoir plusieurs enfants et tu as changé d’avis ? Tu as fait le choix d’avoir un enfant unique ? Tu avais des peurs particulières pour ton deuxième enfant ? Raconte !

Toi aussi, tu veux témoigner ? C’est par ici !

A propos de l’auteur

Kiri, 28 ans, et moi, 29 ans, ensemble depuis 9 ans, sommes les heureux parents d'un petit Lucian depuis le 15/11/2011. Nous habitons en Auvergne ou mon homme est en train de nous construire un petit nid douillet. Notre petite lumière a eu la très bonne idée de prendre le caractère de ses parents. résultat : un enfant à la fois adorable et très difficile... Construire sa maison et gérer le petit diablotin en même temps : comme dirait Barney, "Défi accepté!"